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Test driver Cleveland HB Launcher Turbo 2019

Selon beaucoup de fabricants, pour aller plus loin depuis le tee de départ, il faut swinguer plus vite.  Pour 80 à 90% des amateurs en France, driver est loin est plus un problème qu’une opportunité. Le nouveau driver Cleveland HB Turbo présente de nouvelles technologies, comme la face cup TurboCharged, un hosel ultrafin ou une couronne Hibore redessinée. Plus de vitesse pour plus de distance, est-ce vrai ? Nous avons demandé à trois testeurs de tester ce nouveau driver lancé à la fin de l’été 2019.

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Le driver Cleveland HB Launcher Turbo testé par 3 testeurs amateurs

Pour ce nouvel essai, Cleveland nous a prêté un driver de loft 10,5 degrés sur un manche regular de 55 grammes, le C Kua 4443.

Pour une longueur standard de 45,5 inches, le niveau de rigidité est considéré comme moyen du butt jusqu’à la section avant le tip, et encore plus flexible sur l’extrémité proche du tip, sans doute pour ajouter du « fouetté », notamment pour les vitesses de swings les plus lentes.

A contrario, pour les vitesses de swings plus rapides, cette faible rigidité en tip, peut avoir pour effet inverse de faire légèrement remonter les mains après le club dans la zone d’impact, et ajouter du loft dynamique.

Cette configuration est donc censée privilégier les golfeurs avec une vitesse de swing modérée ou faible.

L’équilibre du swing est annoncé en D3, et devrait représenter un set-up abordable, entre le poids de la tête, et le poids du club.

Tête et manche paraissant vraiment légers dans les deux cas. Les ingrédients semblent bien réunis pour accélérer la vitesse de swing. Mais plus important, est-ce que cela peut favoriser une augmentation de la vitesse de balle ?

Ce club a tout du profil du driver à moment d’inertie élevé. Il n’est pas ajustable, ni au niveau du hosel, ni sous la semelle pour changer les trajectoires.

Son look à la « Batman » est particulièrement réussi, mais c’est en fait un driver basique dont le prix de vente (en-dessous de 350 euros) sera un argument à prendre en considération, sur un marché où les distributeurs aiment plutôt orienter les ventes sur des drivers à 500 euros…

Plus cher, est-ce vraiment meilleur ?

Le seul élément relativement rédhibitoire pour un bon golfeur avec ce driver se situe au niveau du décalage créé entre la position des mains sur le manche, par rapport à la tête à l’adresse au sol. L’offset prononcé trahit bien la cible recherchée par Cleveland : Les sliceurs !

Comme 80 à 90% des drivers mis sur le marché, cette tête non-ajustable s’adresse donc principalement aux golfeurs qui exagèrent un chemin de club extérieur-intérieur avec une tendance à ouvrir la face de club dans la zone d’impact.

En revanche, si vous présentez un chemin inverse, à savoir intérieur-extérieur, ce type de tête va entraîner une tendance difficile à inverser de coups qui démarrent à droite de la trajectoire pour revenir à gauche…en hook.

Si vous voulez éliminer les coups à droite du fairway, c’est parfait. En revanche, n’espérez pas taper de petits fades contrôlés, sans procéder à des ajustements extrêmes…

C’est un point capital à vérifier au moment de l’achat d’un nouveau driver : Quel est votre chemin de club naturel ?

Pour ce test, 3 testeurs, Jacky et Luc, 2 profils seniors (plus de 60 ans) avec des vitesses de swings au drive de 75 et 70 mp/h. Je complète le test avec une vitesse au-dessus de 100 mp/h, et donc moins adaptée à ce produit.

Synthèse des 3 testeurs

Ce tableau recense les principales données collectées à l’aide du Trackman, et regroupées en 9 catégories : la tête (loft), le manche (poids et longueur), la vitesse (club et balle), la trajectoire (décollage et atterrissage), les ratios de performances (smash factor, efficacité et spin sur angle de lancement), les distances (carry, totale, et maximum), le spin, la roule, et la tolérance (écart entre la moins bonne, et la meilleure balle).

Les données sont affichées pour les 3 profils avec en plus sous chaque joueur sa moyenne sur plusieurs drivers testés dans l’année, et dans les mêmes conditions.

Ma synthèse de ce test

Pour ma part, le club testé est très proche de ce que je teste depuis le début de l’année 2019 (poids, loft, et longueur du manche). Je trouve bien un gain de vitesse de swing mais que j’aurai tendance à relativiser, ou en tout cas, plus imputer à ma propre évolution de swing plutôt que le seul fait du club.

La vitesse de balle est tout de même dans ma moyenne haute (148 mph).

La distance produite est aussi dans ma très bonne moyenne de l’année malgré un taux de spin trop élevé.

Ci-dessus, une vision du test driver selon la fonction Optimizer du Trackman 4 qui pour 5 critères (spin loft, vitesse de balle, angle de lancement, taux de spin, et hauteur de balle) examine la cohérence et l’optimisation des performances entre le club, et le joueur.

Pour la vitesse et le swing d’un golfeur, Trackman détermine des plages de valeurs optimales (en bleu), et les compare avec les données réelles du joueur (en orange).

Sur le graphique en haut à droite, il compare la trajectoire idéale pour gagner de la distance versus la trajectoire réalisée.

Pour ce test, Trackman estime que pour ma vitesse de swing (103 mph), la distance au carry de 219 mètres n’est pas à l’optimum, qui serait plutôt de 234 mètres.

Certains paramètres ne sont donc pas optimisés, à commencer par la vitesse de balle, et le taux de spin.

L’explication d’un niveau de vitesse de balle insuffisant tient en 2 raisons : Le club étant trop léger (même raison que pour le test de l’Epic Star), dans la zone d’impact, il y a une tendance à ajouter trop de loft. Le manche ne reste pas assez en position et la tête passe trop rapidement avant les mains…

Malgré des coups centrés dans la face, le smash factor n’est pas assez élevé. Je peux soit ajuster mon swing, ou tout simplement opter pour une tête de club plus lourde…

Autre phénomène en liaison avec le moment d’inertie élevé, le taux de spin est bien trop élevé (plus de 3400 tours). Dans ce cas, le moment d’inertie censé stabiliser la tête pour un meilleur smash factor n’a pas d’intérêt pour ma vitesse de swing (pas de bénéfice), et au contraire, me prive de distance.

Enfin, quand on regarde les angles de lancements, et d’atterrissages, trop prononcés, les balles ont tendance à ne pas être assez tendues pour optimiser la distance.

Dernier commentaire, j’ai noté une forte dispersion latérale, et en profondeur, signe de l’inadéquation pour moi de ce set-up, et notamment du shaft trop souple, et trop léger.

La synthèse de Jacky

Dans ce type de test, chaque testeur tape plus d’une dizaine de balles, mais je ne garde qu’un échantillon de coups bien mesurés par le radar, et sans fautes trop grossières du joueur, pour ne pas fausser le test.

Pour Jacky (60 ans) tout à fait dans la cible imaginée par Cleveland, le gain de vitesse de swing ne se vérifie pourtant pas, et par rapport aux autres clubs que nous avons pu lui faire tester.

En revanche, il a bien le plus important, un gain de vitesse de balle, à la faveur d’un meilleur smash factor (1.50 contre 1.46 en moyenne).

Jacky a donc parfaitement optimisé ce club, et gagné 3 mph de vitesse de balle pour 0 de vitesse de swing supplémentaire. Cela s’explique par le fait que Jacky a plutôt testé des clubs encore plus légers que ce driver Cleveland ! Il faut le faire !

Avec ce driver, ces trajectoires ont été plutôt tendues (trop même) pour une distance d’environ 170 mètres. Si Jacky gagne bien en vitesse de balle, le gain de distance réel est plutôt modéré, pour ne pas dire faible.

D’un point de vue du Trackman, si Jacky obtient une excellente vitesse de balle, il ne lance pas assez haut pour réellement optimiser ce driver. Une version 12 degrés serait à privilégier avec ce shaft.

Son angle d’attaque n’est pas assez remontant pour lever la balle. Cela étant Jacky a plutôt eu des bonnes sensations avec ce driver versus son habituel driver PXG, et a gagné 7 mètres.

La synthèse de Luc

Sans être complètement à l’optimum, c’est pour Luc que le résultat est le plus probant. Avec la moins rapide des 3 vitesses de swings (72 mph), par rapport à tous les autres drivers testés, Luc obtient ses meilleurs résultats avec ce type de driver.

Tout comme Jacky, Luc obtient un réel gain de vitesse de balle (environ 3 mph). Il est exactement dans le profil du golfeur qui aurait besoin d’un driver très léger, car versus un driver plus classique.

Si la vitesse de swing ne varie pas autant que l’on aurait pu le croire, sa vitesse de balle peut varier de 94 à 102 mp/h, selon le club utilisé.

Un petit peu comme Jacky, Luc ne lève pas assez sa balle. L’angle d’attaque dans son cas est même descendant au lieu d’ascendant.

Il suffirait de corriger techniquement ce point pour optimiser encore mieux la distance. Les trajectoires de Luc ne sont pas assez hautes, ce qui lui fait perdre potentiellement 9 mètres.

Avec ce driver, Luc frôle les 150 mètres de distance, alors qu’avec d’autres clubs, il dépasse à peine 140 mètres. Une tête de loft 12 degrés ou surtout une correction technique de son angle d’attaque pourrait lui permettre d’augmenter cet écart, et le porter à 20 mètres.

Bilan du test

Il n’y a rien d’absolument évident en matière de clubs de golf ! Le driver Cleveland HB Launcher semble plus correspondre à des golfeurs avec une vitesse de swing d’environ 70 à 75 mp/h, à condition de bien vérifier la question des angles de lancements, et des hauteurs de balles.

Entre Jacky et Luc, attention aussi aux trajectoires, autant pour Luc, la dispersion a été faible, et l’offset du club semblait bien se marier avec son chemin de club, autant pour Jacky, la dispersion semble trop forte, et ne lui apporterait pas assez de confiance sur le parcours.

Le principal problème du driver HB Launcher sera sans doute d’être surtout sous-valorisé par les distributeurs qui seront frileux à l’idée de le soumettre à leurs clients, en raison de son prix : Pas assez cher et donc pas assez de marge !

Ce serait bien dommage pour certains golfeurs amateurs qui n’ont pas forcément besoin d’un driver à 500 ou 700 euros, quand un driver à 350 pourrait suffire, au moins dans un premier temps !

Pour un golfeur avec une vitesse de swing élevée, le HB Launcher Turbo présente deux inconvénients : L’offset qui prive de la possibilité de varier les trajectoires entre draw et fade facilement. Le moment d’inertie trop élevé qui engendre trop de spin, et enlève de la distance.

A contrario, on voit bien que Luc et Jacky ont profité du moment d’inertie pour obtenir de meilleurs smash factor.

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