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Test de la twisted face sur les drivers TaylorMade M3 et M4

Test de la twisted face sur les drivers TaylorMade M3 et M4

Quelques semaines après avoir découvert en avant-première les nouveaux drivers TaylorMade M3 et M4, j’ai reçu les premiers échantillons et pu me livrer à un premier essai, muni du radar Trackman 4. Après avoir été impressionné par la présentation de Brian Bazzel, concepteur de cette technologie, quel allait-il en être dans la réalité ? Ces nouvelles faces dites « Twisted » vont-elles réellement révolutionner le golf, et le driving en particulier ? Peut-on réellement, à l’image de Dustin Johnson, l’actuel numéro un mondial, bénéficier d’une telle technologie, en tant que simple amateur ? Ou alors est-ce qu’il s’agit d’une opération marketing savamment menée…

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Préambule sur la Twisted Face et les nouveaux drivers TaylorMade M3 et M4

Après le rendez-vous de Londres, au Mercedes-World, comme tous mes collègues européens, j’étais sorti enthousiaste, et plein d’espoirs pour une nouvelle ère golfique.

Plus de cent ans que personne n’avait réellement remis en cause, et avec une telle force de communication, le principe de bulged face.

Personne n’avait osé remettre en cause le gear effect avec un tel aplomb, une telle certitude, tout en s’appuyant sur des études menées par de puissants ordinateurs.

Personne n’avait pu jusqu’à présent ébahir six des meilleurs golfeurs du monde, dont quatre numéro un (Dustin Johnson, Rory McIlroy, Jason Day… et même Tiger Woods).

TaylorMade compte dans son écurie les meilleurs frappeurs de balles de la planète, si en plus, on ajoute Jon Rahm, et Justin Rose.

On a envie de croire dans cette histoire tant elle est bien racontée. J’ai beau écrire sur le golf, rapporter, analyser, commenter, décrire, observer… je n’en suis pas moins, ni plus, un golfeur.

Un cas concret pour comprendre la dispersion au drive

Si je prends du recul sur ma saison 2017, et le fait que j’ai tâché de jouer plus régulièrement. Avec le bénéfice de l’application Arccos 360, j’ai pu faire un véritable bilan de mes forces et faiblesses.

J’ai pu me rendre compte que le driving était ma plus grande faiblesse.

Non pas parce que je peux taper potentiellement un drive à 245 mètres. Mais bien entendu, parce que je suis loin de le faire régulièrement quand on se trouve sur le tee, sur ce bref instant où il n’y a pas de Trackman, de coup d’essai, de Mulligan, de deuxième chance, que c’est entre vous, la balle et le parcours.

Ce moment qui dure moins d’une seconde où le moindre écart d’un degré sur le chemin du club ou sur la position de la face, voir les deux, peut transformer un coup génial en un coup catastrophique.

En 2017, si j’en crois Arccos, mon niveau de jeu au driving valait un index 24 alors que mon niveau de jeu global par rapport au PAR était 11.

Au drive, ma distance moyenne sur des parcours sur 14 parcours différents a été de 206 mètres (et non pas 245). Mon drive le plus long a été tapé à Chassieu en été sur sol dure pour 269 mètres.

Cependant, je n’ai pris que 46% de fairways en régulations. J’ai manqué à gauche dans 31% des cas, et 22% à droite.

Si je pouvais augmenter ma régularité de 46 à seulement 56% au drive, sans même gagner en distance, je pourrai gagner 4 à 5 coups par cartes de scores, et jouer à un chiffre.

Alors quand TaylorMade nous, me, parle de dispersion, j’écoute.

Comprendre le fond du sujet : le Gear effect n'est pas toute la dispersion

Tout est question de réduction de la dispersion avec les nouveaux drivers M3 et M4.

Toutefois, il y a un nota bene à bien comprendre, et je crains que la communication de TaylorMade induise une petite incompréhension.

La twisted face est en réalité une solution pour limiter le GEAR EFFECT, ce qui donne du sidespin à la balle quand elle est tapée en pointe ou en talon… mais en supposant que la face soit square à l’impact.

Cette dernière supposition va avoir une importance capitale dans tout ce que je vais démontrer ci-après.

La nouvelle face twisted ajoute du loft en pointe, et en réduit en talon pour diminuer le side spin donné à la balle sur les coups décentrés.

J’étais impatient de tester ces nouveaux clubs, et je l’ai reçu juste 48 heures avant de m’envoler pour Orlando afin d’assister au PGA Merchandise Show.

Est-ce que le M3 allait se révéler plus maniable que le M1 de l’an passé ? Est-ce que le M4 allait se montrer aussi performant que le M2, un des meilleurs drivers de 2017 ?

J’ai entamé ces tests avec beaucoup d’enthousiasme. Et si une marque avait trouvé une innovation capable de faire une vraie différence ?

Une différence que toutes les autres marques auraient été obligé de reprendre à leur compte pour faire changer l’industrie, et le destin de beaucoup de balles perdues.

Le processus du premier essai

J’ai commencé par le M3, tête 10,5 degrés monté sur un manche regular.

Au bout de 3 balles, j’ai eu une drôle impression…

McIlroy, Day, Johnson avaient l’air si dithyrambiques sur ces nouveaux clubs.

Quelques heures plus tôt, dans le cadre du HSBC Abu Dhabi, une image m’avait interpellé. Celle de Dustin Johnson frappant un drive pris au shot tracer et s’échappant complètement à droite dans un énorme slice. Tiens ! Curieux ?

La semaine précédente, vainqueur du Tournoi des champions en manquant d’un cheveu l’opportunité de rentrer un drive en un à plus de 350 mètres, le numéro un mondial avait assuré une sacrée promotion de son nouveau driver.

Avant de commencer le test, j’avais pris le soin de me « chauffer » avec le driver Callaway ROGUE en 10,5 degrés sur regular.

Ci-dessus, une image que je vais répéter à la suite pour que vous puissiez juger de la dispersion, et des données.

Pour un tour de chauffe, la vitesse de swing moyenne a été de 95,2 mph avec un smash factor plutôt correct (1.48).

La moyenne de distance a été de 231 mètres, diminuée par une balle sur six écartée très à gauche.

Les balles sont majoritairement à gauche car la forme de mon swing implique cette trajectoire.

Le chiffre à retenir est la relation de la face par rapport au chemin du club (face to path à -4,1 degrés).

Cela signifie que si le chemin était idéalement à 0 degré (dans l’axe), alors la face fermée à 4 degrés à gauche impliquerait cette trajectoire à gauche du fairway.

Le chemin du club étant à corréler à la face, cela crée un effet.

Au départ, la balle ne part pas complètement à gauche comme l’indique la « launch direction » seulement à -1 degré à gauche en moyenne. 0 degré étant l’axe neutre.

En réalité, le chemin du club à l’impact est à droite pour 2,4 degrés, alors que la face est à gauche pour -1,7 degrés et donc dans l’autre sens, d’où la trajectoire de balle droite-gauche pour un écart avec le centre du fairway de 28,3 mètres en moyenne.

Le constat est posé. Mon geste génère cette dispersion. Est-ce qu’un club peut réduire cette dis…torsion.

En réalité, techniquement, je sais quelle est l’origine du mal : Trop de vitesse du haut du corps, et pas assez de vitesse du bas du corps.

Un coup exagérément à gauche est bien le résultat d’un manque de rotation des hanches dans mon cas.

J’ai donc testé le M3 et tapé 42 shots dans différentes configurations de lofts (9,5 ou 10,5 degrés), de shafts (stiff ou regular), d’ajustement des poids (moins de spin, plus de MOI ou du fade), et enfin, j’ai testé ma propre solution « technique » pour réduire ma dispersion.

Ci-dessous, six frappes avec le M3 en 10,5 degrés de loft sur manche regular sans que je modifie mon geste.

Si vous regardez comme moi, par rapport au premier écran, surprise ou tristesse, je ne disperse pas moins !

L’écart avec le centre du fairway est toujours de 26 mètres.

Pour rappel, chaque golfeur a sa propre tendance pour les coups manqués.

La twisted face donne normalement plus de loft en pointe pour réduire la dispersion à gauche.

Dans ce premier cas, ce n’est pas flagrant.

Rentrons dans le détail de deux shots distincts : Le plus à gauche, et le plus au centre.

Pour ce coup très à gauche, en dehors de la certitude d’avoir décentré dans la face (smash factor à seulement 1.37 au lieu de 1.51), on peut avoir une petite idée du fonctionnement de la twisted face.

Sachant que mon dynamic loft moyen est de 15 degrés, sur ce coup tapé à 10 degrés, j’ai donc tapé bas dans la face.

Sachant que le smash factor est bas, que la forme du coup est à gauche, et j’ajoute une nouvelle notion (le spin axis est décalé à gauche de -28,5 degrés), la balle a été plutôt tapée basse dans la pointe.

Quelle est la véritable cause de ce coup ?

Encore une fois, c’est la direction du swing qui est fautive avec un désaxage de 11,1 degrés par rapport au centre. La face étant quant à elle à -5,2 orientée à gauche : On obtient une balle en énorme hook à gauche.

La twisted face ne peut absolument rien pour moi.

Deuxième cas de figure, cette fois la balle est bien centrée.

Effectivement, plus que le club, c’est moi qui ait mis le chemin de club à 0,8 et la face à 0,9 ! Résultat de la face par rapport au chemin : 0 !

La balle est centrée en hauteur (loft dynamique à 15 degrés), et un soupçon décentré dans sa verticalité (spin axis à -1,2 degrés).

Est-ce que la twisted face a influé ? Peut-être, mais c’est surtout le geste qui est performant.

Etonné par les balles très à gauche, je modifie le set-up du club pour déplacer les poids ajustables vers l’arrière, afin d’augmenter le moment d’inertie. Je cherche à augmenter le smash factor, en acceptant une hausse du spin.

Pas franchement plus convaincant, d’autant que je n’augmente pas vraiment le smash factor, et je monte bien le spin de 300 tours supplémentaires.

Dans ce cas, nous avons une variante de la balle à gauche. Cette fois, elle n’est pas prise pointe basse, mais pointe centre en hauteur (loft dynamique à 15 degrés).

Le spin axis est pourtant à -30 degrés !

La direction du swing est moins catastrophique que sur certains autres coups (6,9 degrés), mais la face est toujours nettement à gauche (-5,7 degrés).

Le rapport face sur chemin est alors catastrophique (-10,5 degrés). Aucun club au monde ne peut corriger cela.

Test suivant, j’ai ramené les poids sur une position faible spin, utilisé jusqu’au bout la logique du rail en Y du M3. J’ai placé un poids dans la position fade. J’espérais atténuer les balles à gauche.

En moyenne, j’ai légèrement réduit la dispersion latérale de 5 mètres par rapport aux essais précédents. De là, à dire que je tape des fades ! Il y a encore du chemin à faire.

Là-aussi, les ajustements de la tête de club ne font pas le golfeur.

Vous pouvez régler le driver sur fade… Si votre relation chemin sur face est importante et à gauche, vous enverrez les balles… à gauche.

Test suivant, toujours avec le TaylorMade M3 en 10,5 degrés sur manche regular, réglé en low spin, et en réduisant la correction du fade au minimum du rail.

Là-encore, on ne voit pas une tendance du club à franchement réduire la dispersion… car la correction du GEAR EFFECT n’agit pas sur les principales causes !

Avant que la Twisted Face agisse en ma faveur, il faudrait déjà que je résolve préalablement deux problèmes : la face qui n’est pas square sur tous les coups, et le chemin qui n’est pas droit sur tous les coups.

Prenons l’exemple ci-dessus où la balle pourrait bénéficier de la correction twisted face.

La balle est à priori prise plein centre de la face (smash factor à 1.50), et la face est pratiquement square (-0,3 degrés).

Dans ce cas, malgré ces deux excellents chiffres, la direction du swing était quant à elle à +10,1 degrés à droite ! Cette importante distorsion entre la direction du swing et la face crée l’effet de la balle qui part loin à gauche (plus de 35 mètres…).

Cela ne veut pas dire que TaylorMade affirme quelque chose de faux concernant la Twisted Face. Cela résout sans doute un problème très important pour Dustin Johnson ou Rory McIlroy.

Quand sur un coup square, ils tapent légèrement décentrés, peut-être que le GEAR EFFECT est légèrement optimisé.

Dans mon cas, et dans celui de 90% d’amateurs, le problème, ce n’est pas d’optimiser un drive tapé square… c’est de taper des drives squares !

C’est comme si nous avions l’équation suivante. Pour résoudre un problème, la face square ou le chemin square pèse 98% du problème, et le GEAR EFFECT, 2% (données à titre d’exemple).

Résoudre 2% du problème est sans doute une avancée considérable. Par contre, notre problème, c’est les 98% restants, et là, je doute qu’un club de golf puisse swinguer la balle à notre place, amener la face square, amener le chemin square.

Autant, personne n’a entendu le R&A dénoncer la Twisted Face comme illégale (c’est un signe). Autant, le jour où une marque apportera un club qui square mieux ou automatiquement, et là, ce n’est pas dit que le produit soit autorisé bien longtemps.

Concernant la communication de TaylorMade, j’ai donc peur que le consommateur ne se sente devant une grande incompréhension.

Les nouveaux drivers Twisted Face sont certainement géniaux pour Tiger Woods et les pros. Pour les amateurs, avant, il y a déjà pas mal d’autres problèmes à régler pour réduire la dispersion.

Ci-dessus, plutôt que de changer un paramètre de plus sur le club, cette fois, j’ai « triché » et changé un paramètre technique.

Constatant que naturellement je peux rapidement mettre ma face à gauche à l’impact (erreur la plus fréquente), pour contrer cet état de fait, j’ai reculé le pied droit par rapport à la ligne de mon stance, créant les conditions d’une exagération de ma direction de swing à droite.

Finalement avec cette nouvelle organisation, dans les faits, ma direction de swing n’est pas franchement plus à droite (9,7 degrés). Par contre, la face n’est plus en moyenne légèrement négative mais au contraire assez positive (+3,7 degrés).

Sur le graphique ci-dessus, on voit que les balles sont très nettement moins dispersées, et moins à gauches. Le joueur prend bien le dessus sur le club.

Avec le même club, le même réglage, et la même vitesse de swing (96 mph), la dispersion et du coup la distance sont largement modifiées et bonifiées.

Plus qu’un driver avec une nouvelle Twisted Face, il me faut au mieux une direction de swing neutre et une face neutre ou plus à droite…du fait de mon geste.

Ci-dessus, j’ai voulu tester comme seul changement, le loft à 9 degrés au lieu de 10 degrés, on constate un gain marginal de 3 mètres de roule supplémentaire du fait d’une trajectoire très légèrement abaissée et tendue.

On peut s’en rendre compte en suivant 4 paramètres : angle de décollage, hauteur de balle, angle d’atterrissage, et différentiel carry par rapport à distance totale.

C’est bien entendu sans effet sur la dispersion.

J’ai reproduit le test en changeant le manche pour passer sur du stiff. J’ai aussi procédé aux mêmes tests avec le M4 pour arriver à la même conclusion.

Avant de parler d’optimisation du GEAR EFFECT, ce qui suppose des balles tapées squares, il faut déjà amener le chemin du club ou la direction du swing à 0 et la face à 0.

Il faut donc bien corriger le principal avant de réduire l’accessoire.

En revanche, je comprends bien que pour les meilleurs joueurs du monde, qui centrent très souvent la face, c’est un argument qui peut faire une énorme différence.

Je vais continuer la procédure de test M3/M4 en extérieur et sur le parcours. Dans les jours à venir, je vais solliciter le pro, Xavier Bretin, qui centre beaucoup mieux la balle, pour évaluer avec lui, la performance du GEAR EFFECT, en extérieur. Il y aura sans doute encore beaucoup de choses à relever, et à commenter sur cette importante innovation.

De plus, je vais associer à ce test le nouveau shaft TPT, lui aussi censé réduire la dispersion. Les deux associés, avons-nous une solution ultime ?

Innovations qui demandent des commentaires précis, et notamment sur le fait que TaylorMade parle bien de réduction de la dispersion… pour une face square à l’impact, et non pas d’une réduction de dispersion globale, ce qu’il m’a fallu du temps pour comprendre.

Pour ma part, si je veux réellement obtenir un gain notable au driving, il faudra surtout travailler techniquement. To be continued…

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