Drivers Callaway Mavrik vs TaylorMade SIM : Le match des têtes

Pour cet essai comparatif, j’ai mis en place un nouveau protocole, visant à ne comparer que les performances des têtes, des nouveaux drivers Callaway MAVRIK et TaylorMade SIM. Pour cela, JeudeGolf a acquis des manches Project X HZRDUS Black stiff 6.0, coupés à la même longueur (44,5 inches), et munis du même grip Golf Pride Align Standard. Pour chaque manche, un connecteur adapté à une tête TaylorMade, et une tête Callaway, ainsi, au lieu de comparer des drivers fournis par les marques avec des spécifications parfois légèrement différentes, dans ce cas, pour deux têtes de loft 10.5 degrés, le test se concentre sur ce qui supporte le plus le marketing, la tête.

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Comparer seulement les têtes avec le même manche

Comparer des têtes à iso-shafts est un projet assez ancien, et déjà suggéré par notre consultant Alexandre d’Incau, clubfitter à Seignosse.

Pour y parvenir, il fallait pouvoir mettre en place plusieurs conditions, comme être propriétaire d’un studio d’essai indépendant, de s’équiper d’un minimum d’outils de fitting (une balance à swing weight), d’un radar Trackman 4, et in fine, identifier le shaft à acheter pour plusieurs marques.

A force de milliers de tests en bientôt 10 ans, je suis de plus en plus convaincu qu’un bon driver, c’est un set-up relativement complexe à identifier du premier coup d’œil, entre les nombreuses caractéristiques d’une tête, celles d’un shaft, et celles d’un grip.

En ce sens, je vais donner raison à un argument du clubfitter parisien, André Thaon d’Arnoldi, il existe des milliers de combinaisons possibles, de sorte que trouver le bon driver peut se révéler un jeu de hasard.

Les marques proposent chaque année de nouveaux clubs, ce qui n’est pas dénué d’intérêt, si vous considérez que ces têtes présentent très souvent des différences, peut-être pas forcément perceptibles pour un amateur, souvent noyées dans beaucoup de marketing, alors que le plus important, ce sont justement les caractéristiques de la tête.

Les caractéristiques… ce sont justement la forme de la tête, ses dimensions globales, les dimensions de la face, la hauteur de la face, sa largeur, la profondeur de la tête, le placement du centre de gravité, le poids global de la tête, son équilibrage entre le talon et la pointe, les possibilités d’ajustements…

De mon point de vue, ces très nombreuses caractéristiques sont trop occultées par les marques, car complexes à exprimer dans une idée simple, au profit d’un marketing de la face, de la couronne ou de la semelle.

C’est dommage, car cela relativise trop l’importance du travail réel des ingénieurs, pour concevoir des bonnes têtes, et des têtes qui comparées aux précédentes présentent un intérêt, justement dans le cadre d’un fitting.

Cela peut paraître étonnant, et notamment du point de vue des consommateurs, que des marques comme Callaway ou TaylorMade, et comme les autres, changent tous les ans les têtes.

Si on prend le cas de TaylorMade depuis la sortie du M1, première version, assorti du M2 avec les débuts de la famille M en 2016, que quatre ans plus tard, on dépasse les 10 têtes proposées au marché, en passant par M3, M4, M5, M6 et maintenant SIM, et SIM MAX.

Le message un peu difficile à argumenter, c’est de faire croire que chaque tête est encore plus performante d’une année sur l’autre, alors qu’il y a un autre bénéfice réel à mettre en avant.

C’est plus de 10 occasions de trouver la bonne tête pour soi, et compte tenu des différences, même légères de caractéristiques.

Processus idem pour Callaway !

Quelque part, en remplaçant chaque année deux ou trois têtes de drivers par le même nombre de nouveaux modèles, au lieu de les empiler dans une offre de fitting qui s’enrichirait, les marques passent peut-être à côté d’une opportunité de croissance, basée sur cette logique d’un golfeur, une tête !

Ce n’est pas nécessairement la dernière qui a raison.

S’agissant maintenant de ce qui nous intéresse, les têtes 2020, avec le même shaft, et le même grip, peut-on distinguer des différences de performances ?

Depuis déjà trois ans, j’ai commencé à mettre de l’eau dans mon vin, et arrêtez de classer les drivers par performances, et comme le font pourtant toujours des sites comme MyGolfSpy, et nombreux bloggeurs anglo-saxons.

A force de l’expérience, j’ai détecté que les différences étaient de plus en plus ténues, pour ne pas dire inexistantes. Pas seulement d’une année sur l’autre, mais aussi entre les marques…

Même quand MyGolfSpy produit des tests sur la base de dizaines de testeurs et établit des moyennes, pour déterminer un numéro un, un numéro deux, un numéro trois, etc… c’est faux !

Vous n’êtes pas une moyenne ! Vous êtes un et un seul swing !

En testant deux têtes sur des manches identiques, vous allez constater que les performances sont identiques, et pourtant, au-delà du marketing, de l’intelligence artificielle d’un côté, de la twist face de l’autre, les deux têtes présentent des caractéristiques de design radicalement différentes.

Des têtes totalement aux antipodes

Entre la tête SIM et la tête MAVRIK, les deux têtes n’ont rien à voir entre elles.

Elles sont même diamétralement opposées.

Regardez comment se termine la couronne !

Dans le cas du MAVRIK, son bord de sortie tombe vers le sol, alors que pour la SIM, le bord de sortie est plus haut, et du fait du nouveau « Inertia generator » placé sous la semelle.

La face utile du SIM est réduite en hauteur par partie en acier peinte en blanc de la couronne qui déborde dessus, utile pour créer une aide à l’alignement.

La face utile du MAVRIK est de ce point de vue plus haute.

La semelle du MAVRIK est nettement plus bombée que la semelle du SIM passée en soufflerie pour réduire la traînée.

Callaway a percé des trous sous la semelle pour intégrer JAILBREAK, et TaylorMade a percé des trous sur la face pour la SPEED INJECTION.

Le SIM reste ajustable entre draw et fade par un poids sur un rail coulissant, tandis que Callaway a abandonné cette idée.

Encore plus important, la bague de réglage située sur le hosel est une véritable différence entre TaylorMade et Callaway.

La bague Callaway permet de régler le loft et le lie indépendamment, et certes, seulement de – 1 à +2 degrés de loft.

TaylorMade ne dissocie pas le réglage du loft de l’ouverture ou la fermeture de la face ou -2 ou +2 degrés de loft.

Si vous fermez le loft de -2 degrés avec la tête SIM, vous ouvrez la face du driver, et à l’inverse, si vous augmentez de +2, vous la fermez.

Les deux systèmes présentent des avantages.

Bien que beaucoup d’amateurs ne s’en servent pas, préférant régler le driver une fois pour toute, et ne plus y toucher, néanmoins, de mon point de vue, c’est l’une des fonctions les plus utiles proposées sur les drivers modernes.

Cela disqualifie en partie les têtes collées, surtout quand le placement du shaft sur la tête ne convient pas au chemin de club naturel de son propriétaire, élément ultra sous-estimé au moment de l’acte d’achat, et qui pousse des golfeurs à jouer des clubs inadaptés, sans comprendre d’où vient le problème.

Je pourrai encore égrener longtemps les différences entre les deux têtes tellement elles sont nombreuses, et encore notamment la forme de la face qui est plus longiligne chez TaylorMade, et plus ovalisée chez Callaway.

Quand je place les deux clubs sur la balance à swing weight, avec un manche identique, j’obtiens dans les deux cas un équilibrage en D1.

Au global, je trouve une différence de poids de seulement 5 grammes entre les deux têtes. La tête Callaway est légèrement plus lourde.

Le poids d’un club a une importance sur la vitesse de swing, et sur la vitesse de balle.

En pratique, je mesure plus de vitesse de swing avec un driver plus léger, mais un rapport vitesse de balle sur vitesse de swing plus favorable au driver le plus lourd.

5 grammes, ce n’est pas la différence la plus spectaculaire que j’ai pu relever.

Après cette longue introduction, j’en conviens, j’en arrive au test alors que j’ai réglé la tête SIM en position neutre (entre draw et fade) pour ne pas créer une différence avec le MAVRIK, non ajustable pour la trajectoire.

Les deux drivers testés

J’ai laissé les deux têtes sur le loft 10.5 qui n’est pas le réglage qui m’est le plus adapté.

J’ai swingué plusieurs balles jusqu’à avoir 20 frappes comparables, et pour une vitesse de swing quasi identique de 100 mp/h (160 km/h).

Dans les deux cas, j’ai laissé les très mauvais coups, notamment en dispersion latérale, trop à gauche ou trop à droite.

Avant d’arriver à ce test, j’ai rencontré différents problèmes qui m’ont demandé, et un peu comme l’an passé avec le test du M5 versus le M3, de taper des centaines de balles sur plusieurs jours.

Par exemple, j’ai eu un problème de mise à jour du logiciel Trackman, qui a faussé les premiers résultats du test.

J’ai eu aussi un sujet sur la bonne hauteur du tee pour utiliser correctement ces têtes.

La hauteur du tee est un point cruciale pour changer radicalement la performance, et combiné, les sensations à l’impact, entre très mauvaises ou très bonnes.

J’ai aussi paramétré le Trackman, avec l’aide du consultant et coach, Xavier Bretin, pour rentrer les mesures exactes des deux têtes, à la fois en hauteur de face, et en largeur.

Ce réglage permettant de mieux assurer la justesse de la fonction « Impact location » du Trackman pour laquelle, il y a tout de même une petite marge d’erreur, par rapport à une étiquette fixée sur la face, pour vérifier la position des points d’impacts.

Cette notion présente un intérêt quand on s’intéresse au smash factor, rapport entre la vitesse de swing, et la vitesse de balle, optimisé quand la balle est impactée au plus proche du sweet spot, situé le plus souvent, au centre de la face, et qui pour rappel, est un point minuscule, de la taille d’une tête d’épingle.

Toutefois, plus que le smash factor, le point le plus important concernant un driver, et notamment la face, c’es bien plus la vitesse de balle en elle-même !

C’est ce paramètre qui m’intéresse avec ce nouvel essai.

Test du TaylorMade SIM

Premier constat important, et ce sera vrai pour les deux têtes, sans que je n’arrive à comprendre vraiment ce qui s’est dégradé sur mon swing, j’ai tapé majoritairement les balles en talon, et haut dans la face.

Est-ce le tee ? Est-ce le manche ? Est-ce la tête ? Est-ce le joueur ?

Toutefois, pour un comparatif, l’avantage, c’est que je reproduit le même problème pour les deux tests.

Il n’y aura donc pas de faux avantage pour une tête par rapport à une autre.

Ce test mélange de très bonnes frappes avec des très mauvaises (dispersion forte).

C’est plus représentatif du test d’un golfeur amateur, qui peut taper plus haut, plus bas, plus à gauche, plus à droite.

Je n’ai pas eu à me forcer beaucoup pour être aussi irrégulier.

Par conséquent, le smash factor n’est franchement pas très bon (1.42).

Pour la meilleure, j’ai tapé à 1.48, et la moins bonne à 1.30.

S’agissant du critère le plus important, la vitesse de balle, j’ai été de 132 à 149,2 mph avec la tête SIM.

Ma relative moindre performance avec cette tête vient aussi en partie du loft 10.5 degrés.

Pour maximiser les rendements de cette tête, j’ai remarqué qu’il faut un tee plus bas, et moins de loft, pour faire baisser la valeur du loft dynamique.

Dans mon cas, 16 degrés de loft dynamique, c’est trop, et cela entraîne des frappes en haut de la face, moins de smash factor, moins de vitesse de balle, et de moins bonnes sensations.

A l’inverse, un golfeur avec moins de vitesse de swing pourrait au contraire avoir besoin de lancer plus haut…

On ne peut pas dissocier les résultats d’un test de l’objectif. Avec 10,5 degrés de loft, le seul loft que je pouvais réellement comparer entre les deux têtes, je savais à quoi m’attendre.

Test du Callaway MAVRIK

Pour la même vitesse de swing, roulement de tambour, j’obtiens la même vitesse de balle !

C’est donc bien un match nul entre les deux têtes, et c’est l’information la plus importante de cet article, MAVRIK ou SIM, vous aurez potentiellement la même performance.

Vous observerez que l’angle d’attaque, le plan de swing ou la position de la face à l’impact sont pratiquement identiques, entre les deux essais, symptôme d’un même testeur.

Le loft dynamique sur 20 balles a été en moyenne un peu plus élevé par rapport au test du SIM.

En vitesse de balle, de la plus mauvaise à la meilleure, je suis allé de 130,7 à 148,5 mph avec la tête MAVRIK.

Pour les plus observateurs, vous noterez un écart de distance au carry de 3 mètres en faveur du Callaway.

Toutefois, n’étant pas un robot, il y a tout de même un écart de 0.7 mph de vitesse de swing en faveur du Callaway, et malgré tout, des petites différences dans la façon d’amener la tête de club à la balle, et plus imputable au testeur qu’au club.

La raison, la prudence et les trop faibles écarts, me font penser que les deux têtes sont aussi performantes l’une que l’autre.

Cela résout un débat, mais pas tous les débats.

Enseignements

Malgré des différences de conceptions absolument incontestables, les deux têtes arrivent au même résultat.

Cela tient aux limitations imposées par la législation.

Dans les deux cas, les fabricants sont au maximum du possible.

Qu’est-ce qu’auraient été les résultats si j’avais mieux centré les balles dans la face ? Pour l’avoir fait, je serais arrivé au même constat. Je ne peux pas distinguer un vainqueur et un vaincu.

C’est peut-être le constat qui embêtera le plus les deux marques.

Ce test n’a pas toute la vérité.

Objectivement, ce n’est finalement que le test d’un joueur avec un même manche. Qu’en serait-il pour d’autres joueurs et d’autres manches ?

Surtout qu’en serait-il avec d’autres configurations ?

C’est là où vous introduisez tellement de variables, que les résultats peuvent changer drastiquement.

Je ne renie pas mon premier test de la tête SIM MAX avec un manche Aldila qui m’avait été proposé par Sylvain Debiais (TaylorMade), et fait aux Canaries. Le résultat avait été excellent.

Déjà, c’était une tête 9,5 degrés avec un manche plus long, et certainement un autre équilibrage.

La vérité, c’est que si les composants sont bons, la vraie difficulté pour trouver un bon driver, c’est bien plus la recette que les ingrédients.

Pour être pratique, mon modeste conseil sur la base de ma modeste expérience serait de vous inviter à raisonner à l’inverse de ce qui se fait aujourd’hui.

Ne cherchez pas un driver. Cherchez une recette, et puis des composants.

Et dans les composants, cherchez la tête en dernier.

Identifiez d’abord le shaft et le grip, et ensuite la tête.

Les marques gagneraient peut-être à ne plus aborder le marché en poussant des nouvelles têtes qui chassent les anciennes, mais au contraire, par enrichissement de leur offre.

Qui vous dit que la tête qui va mieux fonctionner n’est pas la M1 ?

Pour ma part, chez TaylorMade, c’est indiscutablement la M4, et chez Callaway, mon cœur balance entre Epic Flash et MAVRIK, car ce n’est pas toujours si flagrant.

Bien entendu, il faut définir ce qu’est une tête qui fonctionne mieux !

Je dirai une tête qui donne de la confiance à travers de bons résultats obtenus sur le parcours, en distance, mais aussi et surtout en faible dispersion.

Pour finir sur un avis personnel entre les deux têtes, le système d’ajustement du hosel proposé par Callaway me paraît meilleur quand on ne veut pas changer la position et l’axe d’un manche.

Le système TaylorMade permet d’ouvrir la face quand on baisse le loft, ce que j’apprécie souvent, et à cause de mon chemin de club naturellement intérieur-extérieur.

Après avoir testé les deux têtes pendant de longues heures, je trouve la tête TaylorMade un peu plus difficile à appréhender. Il m’a fallu plus de temps pour parfaitement m’ajuster, et trouver enfin le meilleur rendement possible.

J’ai joué sur la hauteur du tee, sur mon propre angle d’attaque, pour obtenir d’excellents résultats.

A l’inverse, le Callaway me paraît plus facile. Je n’ai pas eu vraiment à m’ajuster au club.

A vous de tester les deux, et de trouver votre recette…

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