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Les drivers d’aujourd’hui (2019) dispersent-ils vraiment moins les balles que les drivers des années 2000?

Des études foisonnent dans tous les sens pour nous expliquer que les nouveaux drivers sont plus performants que les drivers de générations précédentes, et par exemple ceux de 2019 versus ceux du début des années 2000. En plus de quinze ans, les marques de matériel auraient amélioré substantiellement les performances des têtes, et des manches, pour à la fois gagner en distance, et réduire la dispersion. Justement une étude de la société Club Champion (clubfitter aux USA) tendrait à démontrer que les nouveaux drivers réduiraient fortement la dispersion. Est-ce vraiment vrai ? On a testé un driver Nike Sasquatch de 2006 non-fitté versus un driver Titleist TS2 fitté, le dernier modèle…

Pour performer sur le parcours, il y a deux paramètres à combiner parfaitement : Précision et distance au drive.

Gagner 15 mètres au drive, si c’est pour pousser la balle encore un peu plus à gauche ou à droite, quel intérêt ?

Sur le PGA Tour, selon l’architecte de golf Jeffrey Brauer, la largeur d’un fairway n’excèderait pas en moyenne 30 mètres. Sur les majeurs, cette largeur diminuerait à moins de 25 mètres.

C’est d’ailleurs pour cette principale raison que les statistiques de fairways en régulation de la part des golfeurs professionnels ne dépasseraient que rarement les 70% sur 14 trous.

Pour les amateurs, les largeurs des fairways sont sans doute un peu plus élevées, mais pas du simple au double.

Aux USA, les parcours pour les golfeurs amateurs présenteraient des moyennes de 40 à 35 mètres, et bien entendu, en fonction de la longueur du trou.

Plus un trou est court, et plus la largeur diminue.

Par exemple, un par-4 de 400 mètres de long peut présenter un fairway d’une largeur d’environ 40 mètres, alors qu’un par-4 de 350 mètres de long peut voir sa largeur diminuer à 35 mètres…

Dans un sport où il est avéré que le fait d’être sur la « piste » est un avantage indéniable pour la suite des coups à réaliser, et surtout le score en sortant du trou, une faible dispersion est autant un avantage, qu’un coup dix mètres plus long, qui permettrait de jouer le coup suivant avec un club de moins, un fer 9 plutôt qu’un fer 8.

Le driver est certainement le club de golf le plus fitté, et aussi paradoxalement le plus souvent changé par les amateurs, alors qu’en plus, il est celui qui coûte le plus cher.

C’est le produit le plus fitté car souvent, c’est celui qui propose le plus de combinaisons possibles entre têtes, manches, et grips.

Surtout, au niveau de la tête, et cela le distingue des fers, vous pouvez de plus en plus déplacer le centre de gravité à l’aide de masses supplémentaires, sans parler du fait de changer le lie et le loft, sans nécessairement passer par un clubfitter professionnel.

Driver en 2006 : L'exemple de Tiger Woods

Au début des années 2000, le golf était en plein dans l’avènement des drivers en titane.

En 2006, Tiger Woods perdait son père Earl. Il fera une pose de 9 semaines entre le Masters terminé à la troisième place, et l’US Open dont il ne passera pas le cut. En 2006, dans son sac de golf, il jouait justement un driver Nike Sasquatch.

En 2006, il remportait brillamment le British Open, sans jamais sortir le driver de son sac, comme s’il avait voulu démontrer à son père qu’il pouvait jouer avec son cerveau, et moins avec sa force.

Sur seulement 15 tournois disputés cette saison-là, il remporta tout de même 8 victoires avec 11 top-10 et 14 cuts passés pour une année qui restera dans les mémoires.

Il drivait alors à 306 yards (279 mètres) de moyenne avec 60% de fairways pris en régulation.

Il était alors le sixième plus long frappeur sur le circuit.

En 2019, pour l’instant, et la saison n’est pas achevée, il drive à 298 yards (272 mètres) de moyenne pour 65% de fairways en régulation. Il se classe parmi les 60 plus longs frappeurs du circuit.

Un peu moins long, et un peu plus précis avec son nouveau driver TaylorMade M5 ?

On peut faire dire beaucoup de choses aux chiffres.

En matière de matériel de golf, il y a souvent beaucoup de fantasmes et de mythologies, pourtant, ce ne sont souvent que des mathématiques ou plutôt de la balistique.

En 2006, Tiger jouait un driver Sasquatch Tour 460 cc de loft 8,5 degrés.

Pour son manche, il privilégiait un Dynamic Gold X100 d’une longueur de seulement 43,5 inches (loin des drivers de 45,75 inches actuellement commercialisés dans les pro-shops), et équilibré en D4.

En 2019, il joue un driver TaylorMade M5 avec un manche Diamana D+ White 70 TX.

En réalité, Woods a réalisé des petits changements significatifs sur son manche, et sa tête de driver au fil des années, et particulièrement ces 18 derniers mois.

En 2018, il a souvent modifié la longueur du manche, remontant même à une longueur de 44,75 inches.

Finalement, il est redescendu à 44,5 inches, soit un inch de plus que ce qu’il utilisait en 2006. Ce n’est pas anodin sur la vitesse de swing, et la possible dispersion.

Autre élément très important sur le manche, par rapport à plus de 10 ans en arrière, Woods a procédé à un autre changement subtil : Il a diminué le poids d’environ 10 grammes, descendant de 75 à 65 grammes.

Pour le loft de sa tête de driver, il a aussi beaucoup changé pour monter à 10,25 degrés à un moment de la saison précédente, et alors qu’il utilise une tête de loft d’origine à 9,5 degrés.

En résumé, entre la logique technique des drivers du milieu des années 2000, et celle des drivers actuels, le fitting et le trackman sont passés par là.

Aujourd’hui, on dispose de beaucoup plus de données pour ajuster tous les paramètres d’un driver.

Quand Woods a changé le loft de son driver, il était dirigé par la volonté d’optimiser son taux de spin donné à la balle, et en fait augmenter sa portée, pour rivaliser avec les nouveaux jeunes et longs-frappeurs sur le circuit.

Donc, pour comparer des drivers de 2006 à 2019, il faut déjà être vigilant sur les spécifications techniques des produits, qui plus que les technologies avancées, ont changé.

Le driver Nike Sasquatch Tour 460 à ma disposition pour réaliser un test est bien un driver 9,5 degrés de loft monté sur un manche d’origine et non-modifié de 45 inches, un Fujikura E Fit-on 350 stiff.

Pour le match des anciens contre les modernes, j’ai opté avec notre consultant Xavier Bretin, pour un driver Titleist de loft équivalent, à savoir 9,5 degrés sur un manche Mitsubishi Tensei AV Series 55 stiff, et long de 45,5 inches, la nouvelle norme du moment en matière de longueur de shaft.

Les deux clubs ne sont pas identiques, mais symbolisent les produits de leurs époques. Le premier n’a pas été fitté, alors que le second l’a été.

Quels bénéfices puis-je en tirer ?

Le test du driver Nike (ancien) sur la question de la dispersion

Sur 12 balles, 7 sont en moins de 15 mètres d’écarts par rapport au centre du fairway.

2 balles sont juste à 15 mètres.

3 balles sont bien au-delà de 15 mètres.

En moyenne, les balles parcourent 220 mètres pour une vitesse de swing de 92,3 mp/h. Cela fait un ratio de 2,36 mètres par mp/h.

L’écart de dispersion est de 50,7 mètres entre la balle la plus à gauche, et la balle la plus à droite.

En moyenne, les balles courbent de 14,9 mètres sur la gauche par rapport à mon swing.

Le test du driver Titleist (moderne) sur la question de la dispersion

Sur 12 balles, 8 sont en moins de 15 mètres d’écarts par rapport au centre du fairway.

1 balle est juste à 15 mètres.

3 balles sont bien au-delà de 15 mètres.

En moyenne, les balles parcourent 230 mètres pour une vitesse de swing de 94,1 mp/h. Cela fait un ratio de 2,44 mètres par mp/h.

L’écart de dispersion est de 62,6 mètres entre la balle la plus à gauche, et la balle la plus à droite.

En moyenne, les balles courbent de 19,2 mètres sur la gauche par rapport à mon swing.

Bilan sur la question de la dispersion

Indéniablement, le driver moderne est plus efficace que le driver ancien sur la question de la création de distance, soit 2,44 mètres par mp/h pour le Titleist, versus seulement 2,36 mètres par mp/h pour le Nike.

La réelle amélioration des drivers en plus de 15 ans se situe à ce niveau, mais ce n’est pas de la magie. L’allongement des manches de près de 0,5 inches, et l’amélioration des manches a contribué à l’augmentation de la vitesse de swing (soit dans ce cas +1,8 mp/h).

La forme de tête et la face peuvent aussi expliquer en partie cette amélioration du rendement. Nous n’avons pas les outils pour faire la distinction entre tous les paramètres.

A noter, l’angle de lancement reste constant alors que le spin baisse de 200 tours, ce qui peut favoriser l’accroissement de distance.

Cela confirme aussi que les têtes (les faces) modernes favorisent mieux les coups décentrés et perdent moins de vitesse de balle.

En revanche, l’augmentation de la distance (10 mètres en 13 ans) entre un produit non-fitté et un produit fitté s’accompagne d’un constat peu reluisant sur la question de la dispersion.

Sous l’effet de la vitesse supplémentaire, elle s’accentue. Ce n’est pas de la magie. Ce n’est pas un mythe. C’est de l’arithmétique.

Les balles qui courbent, courbent plus avec plus de vitesse !

Or, un amateur et même un golfeur professionnel tape rarement et systématiquement des traits.

Les balles courbent toujours un minimum sous l’effet d’une différence entre le chemin du club, et la position de la face à l’impact.

Sur la dispersion brute, le résultat du test démontre une augmentation du rayon des 12 balles tapées de près de 12 mètres au maximum entre les balles les plus à gauche ou à droite.

Si on devait calculer le nombre de fairways en régulation, avec le TS2, effectivement, sur 12 balles, il serait de 62% alors qu’avec le Nike, pour une balle de moins, ce taux descendrait à 58%, ce qui pourrait faire conclure que le nouveau driver est moins dispersant.

En fait, c’est sensiblement la même chose, sauf que dans le cas des balles les plus manquées, la vitesse agit comme un facteur aggravant, et écarte plus les balles du centre du fairway.

Le gain potentiel de 10 mètres en plus en distance peut se perdre avec 12 mètres de plus sur les côtés.

Affirmer que les nouveaux drivers sont moins dispersants est un pari osé.

En revanche, un driver moderne fitté se rapproche plus de l’idéal balistique pour un golfeur amateur, et comme on peut le voir ci-dessous en utilisant la fonction Optimiser du Trackman.

Avec le TS2, en optimisant certains paramètres du driver, je peux réduire l’écart entre ma distance moyenne, et ma distance optimale de 7 mètres.

Il faut comprendre qu’avec une hauteur de balle plus importante (plus de spin ou plus d’angle de lancement), je peux encore gagner 7 mètres de moyenne, sans changer la vitesse de swing.

Avec le Nike, toujours sans changer de vitesse de swing, l’écart entre le réalisé et l’optimum monte à 11 mètres, sensiblement pour les mêmes raisons. Il faudrait augmenter l’angle de lancement, et la hauteur de balle pour porter plus loin.

Toutefois, même en optimisant le driver (ce qui est difficile puisqu’il s’agit d’un driver non-ajustable), je pourrais à peine rattraper le driver moderne avec un maximum de 231 mètres pour l’ancien, contre un maximum possible de 236 mètres pour le nouveau.

Le débat est donc toujours le même au golf : Distance supplémentaire ou précision supplémentaire ?

Le nouveau driver est plus séduisant. Le look est plus tendance. Les sensations sont meilleures, mais quand je disperse avec, je disperse plus loin sur les côtés…

Plus qu’ancien ou moderne, ce qui reste là-encore de la mythologie, il faut en revenir à l’arithmétique. Le manche du nouveau driver est trop long (45,5 inches), c’est ce paramètre qui accentue la dispersion.

En fin de compte, la possible bonne solution consiste à opter pour un driver moderne, mais faire attention, à ne pas jouer un manche trop long pour réduire justement la dispersion.

Sur ce point, les pros montrent l’exemple. Woods joue du 44,5 inches… 

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