Test comparatif bois de parcours TaylorMade SIM MAX versus M6

Chaque année, la marque américaine TaylorMade annonce un nouveau bois de parcours. En 2019, le bois M6 apportait plusieurs innovations dont la Twisted Face. En 2020, le SIM MAX pour Shape in Motion, la forme en mouvement, doit favoriser une augmentation de la vitesse de swing, et espéré par conséquent, une hausse de la vitesse de balle. Pour les marques, l’enjeu pour vous convaincre reste toujours l’augmentation de la distance, mais est-ce vraiment le bon sujet concernant les bois de parcours ? Entre M6 et SIM Max, peut-on un percevoir un gain de performance ?

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Les bois de parcours TaylorMade testés

La famille M de TaylorMade s’est longtemps décomposée en M1 et M2, M3 et M4, puis M5 et M6.

Avec la série SIM, il y a une petite différence d’appellation, avec SIM et SIM MAX. Le SIM MAX est bien cependant le remplaçant du M6, et donc un club assez comparable.

Comparable pour un élément souvent sous-estimé par les golfeurs, et pourtant crucial : l’Offset !

Dans les deux cas, il s’agit d’abord et avant-tout de bois de parcours imaginés pour les golfeurs avec un chemin de club extérieur-intérieur assez prononcé, et pour certains, qui ajoutent une face ouverte à l’impact, pour résultat, des trajectoires en slices.

TaylorMade pousse le vice à proposer un bois de parcours SIM-MAX D où cet offset est encore notablement accentué. C’est vraiment de la gourmandise, car ce nouveau SIM MAX en est déjà suffisamment pourvu.

Si cela représente un avantage pour une partie des golfeurs, c’est un énorme inconvénient pour les autres, ceux qui, comme moi, jouent assez naturellement avec un chemin de club intérieur-extérieur.

Dans ce cas, ce type de tête engendre systématiquement des trajectoires en hook, et pour les contrer, il faut se forcer à sortir la face de club ouverte à l’impact. En gros, il faut créer une compensation.

Passé ce premier élément clé, le bois de parcours SIM MAX est d’un point de vue des caractéristiques primaires assez classique : Le loft est de 15 degrés. L’équilibrage me parait légèrement au-dessus de D2 sur la balance à swing weight.

En réalité, par rapport au M6, la principale différence vient du shaft fourni de base par Fujikura, et produit en très grande série, le Ventus qui vient supplanter le précédent Atmos.

J’ai souvent eu du mal à dissimuler mon aversion pour ce manche Atmos.

Ce serait intéressant que TaylorMade explore un peu d’autres marques de shafts pour ses propositions standards. Pour en avoir essayé d’autres, et notamment un Aldila, cela ouvrirait d’autres perspectives… 

Pour avoir pesé les deux bois M6 et SIM MAX, j’ai constaté, malgré des différences de grammages annoncées, un poids strictement similaire entre les deux clubs testés, soit 305 grammes.

56 ou 63 grammes pour les manches, l’écart est très minime, et joue surement sur la légère différence d’équilibrage mesurée sur la balance à swing weight. Sans peine, les deux têtes pèsent le certainement même poids.

La différence se situe plus probablement au niveau du grip Golf Pride Z Grip de 47 grammes par rapport au précédent Lamkin Dual Feel.

Dans les deux cas, des grips assez/trop basiques qu’il ne faut pas hésiter à changer dans le cadre d’un fitting avec la marque.

Pour dire deux mots de la nouvelle tête SIM MAX… la principale nouveauté vient sous la semelle avec le retour de la V-Steel.

Il s’agit d’un nouveau dessin de la semelle pour limiter les frictions avec le gazon et au moment de l’impact.

L’idée, c’est d’augmenter votre niveau de confiance depuis n’importe quel lie…

A bien y regarder, cette V-Steel n’est pas si différente ce qu’il y avait déjà sous le bois M6. Elle est simplement un peu plus prononcée dans sa forme et sa profondeur.

Test sur tee

J’ai démarré l’essai des deux bois 3 par un test sur un tee.

Avec le M6, pour une vitesse de swing de 98 mph, j’ai obtenu une vitesse de balle de 144 mph, et surtout constaté un paramètre : Le chemin du club était très intérieur-extérieur (7.4 degrés) avec pour conséquence, avec une face relativement square, de créer des trajectoires en hook.

Avec le SIM MAX, dans le même exercice, pour une vitesse de swing de 99 mph, j’ai obtenu une vitesse de balle de 147 mph.

Cette valeur est certes très supérieure à celle du M6, mais en fin de compte, d’un point de vue de la distance, les résultats sont cependant très comparables.

Sans véritable surprise, SIM MAX ou M6, le niveau de performance est très similaire, pour ne pas dire identique.

Entre les deux tests, il semble surtout que j’ai légèrement abaissé mon loft dynamique avec le SIM MAX, et augmenté la compression de la balle.

Dans les deux cas, j’ai produit des trajectoires qui ne me plaisaient pas : Des hooks plus ou moins prononcés. Je ne pouvais rien y faire. C’est la nature de la tête qui l’explique.

Test directement sur le sol

Finalement le grand intérêt d’un bois de parcours numéro 3, c’est sa polyvalence !

A la différence du driver, vous pouvez plus facilement le jouer sur tee, et sur le fairway.

Cependant, le niveau de performance, et le type de trajectoires changent mécaniquement.

Avec le M6, j’ai swingué un peu moins vite (95 mph) pour une vitesse de balle de 138 mph. La hauteur de trajectoire et le spin ont baissé par rapport au test précédent.

Avec le SIM MAX, j’ai swingué sensiblement à la même vitesse (94 mph) pour une vitesse de balle de 138 mph. La hauteur de trajectoire et le spin ont baissé.

En comparaison, les deux clubs produisent là-encore une distance sensiblement équivalente.

Ce n’est pas vraiment l’information la plus importante, à mesure que l’on comprend qu’il n’y a pas suffisamment d’amélioration entre SIM MAX et M6.

Plus important, ce test m’invite à vous sensibiliser à la question de l’intérêt d’un bois 3 dans le sac de golf.

Pour toutes les marques, ce club est devenu si performant que l’écart avec le driver est de moins en moins spectaculaire.

Dans mon cas, il oscille entre 20 et 30 mètres, et de tel sorte que je l’utilise de moins en moins comme alternative au driver.

Son intérêt se manifeste plutôt sur des départs étroits, car la dispersion est en théorie moins forte puisque la distance maximum est moindre.

Le bois 3 aurait finalement un plus grand intérêt sur le fairway.

Sauf que je trouve ces clubs finalement à l’inverse encore trop difficiles à manier.

De polyvalent, le bois 3 devient trop un mini-driver, pas si intéressant sur un tee de départ, et pas encore assez tolérant sur le fairway !

Ce n’est pas que valable pour le SIM Max, mais bien pour toutes les marques.

Il serait peut-être beaucoup plus intéressant d’emmener un bois 5, qui ne serait pas une solution depuis le tee, mais bien plus utile sur le fairway.

C’est la réflexion principale qui me vient après ce test.

Malgré la V-Sole, je n’ai pas trouvé encore assez de facilité avec ce club directement sur le sol.

Test en adoptant volontairement un chemin extérieur-intérieur

Il y a un autre enseignement important de ce test et au sujet de ces bois TaylorMade avec beaucoup d’offset. C’est vraiment difficile de slicer avec !

Pour créer les conditions inverses à mon swing naturel, j’ai donc fortement exagéré une organisation de swing en fade, les pieds très orientés vers la gauche (je suis droitier), et en exagérant le déplacement de ma tête de club, loin de mon corps, pour tenter de répliquer une direction de swing très extérieur-intérieur.

Malgré cela, j’ai eu du mal à créer ce chemin très extérieur-intérieur.

En moyenne, avec les deux bois, dont vous avez compris qu’ils sont très similaires (le flex du club est insignifiant dans ce test), mon chemin de club a bougé de 6 degrés (ce qui est beaucoup) pour juste redevenir neutre (0.4 degrés) dans la zone d’impact, et selon le Trackman.

Pour moi, c’est quasi impossible de swinguer à -6 degrés extérieur-intérieur avec de tels clubs.

Sur 20 balles tapées avec les deux clubs, je n’ai envoyé que 2 balles à droite du fairway.

Si vous avez peur du slice, parce que justement votre chemin de club naturel est très extérieur-intérieur… ce type de club vous apportera une solution assez forte.

Pour mon cas, je retiens que si je devais jouer de tels clubs, je n’aurai pas d’autres solutions que les jouer comme si je voulais faire du fade… pour faire partir les balles droites !

L’offset du club est trop prépondérant.

Bilan du test

SIM MAX ou M6, le niveau de performance dans toutes les situations est pratiquement identique. Le M6 était déjà très similaire au M4 précédent… Il devient difficile de trouver des sauts de performances sur moins de 3 à 4 générations de clubs, et ce, dans toutes les marques.

Les marques ont largement atteint le maximum possible pour le rendement de la tête de club. Les possibilités de progrès viennent bien plus du shaft et/ou du grip.

Il faut surtout se poser la question de l’intérêt du bois 3 dont les performances sont trop proches d’un driver depuis le tee, et ne propose pas encore assez de tolérance, et de facilité pour lever la balle depuis le fairway.

Opter pour un bois 5 pourrait bien être la vraie bonne idée pour compléter son sac de golf.

Enfin, ces têtes avec un maximum d’offset rendent le fait de slicer particulièrement compliqué.

Pour un golfeur qui voudrait faire du fade avec un chemin de club naturellement intérieur-extérieur, cela paraît même impossible !

Si vous êtes propriétaire d’un bois de parcours vieux de 5 à 6 ans, vous pourrez tout à fait considérer ce bois, et surtout si vous craignez de slicer.  

A l’inverse, vous l’aurez compris, si votre chemin est intérieur-extérieur, il vous faudra opter pour une autre combinaison tête-shaft, et probablement chez TaylorMade, le SIM… tout court.

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