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Test bois de parcours Persimmon contre tête moderne

Test bois de parcours Persimmon contre tête moderne

Il vous arrive peut-être de vous rendre à des vide-greniers ou des brocantes, et parfois vous tombez par hasard sur de vieux clubs de golf. En dehors de la question de l’usure, et par exemple du grip qui peut être changé, que vaudrait aujourd’hui un bois de parcours Persimmon en performance pure par rapport aux derniers bois de parcours ultra technologiques développés par les marques actuelles ? Nous avons justement pu faire le test avec un radar trackman !

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Le match ancien contre moderne : un éternel débat !

Par le hasard d’un ménage de printemps dans notre atelier, nous avons retrouvé un bon vieux bois de parcours Persimmon de la marque Mitsushiba.

Vous voudriez acheter ce club aujourd’hui, même pour en faire un collector, qu’il serait très difficile à trouver. Il n’est plus fabriqué depuis près de vingt ans.

La marque japonaise semble elle-même avoir disparue depuis 2010. Impossible de trouver la moindre information technique sur le site du fabricant qui ressemble plutôt à un navire fantôme abandonné dans l’océan du web.

Le bois de parcours Mitsushiba Et-2000 est ou « était » un club dans la plus pure tradition persimmon.

A savoir une tête mesurant près de 100 cc contre 170 cc en moyenne aujourd’hui, montée sur un shaft de 41.5 inches contre une moyenne actuelle à 43.25 inches.

Autrement dit, les caractéristiques principales d’un bois de parcours dit persimmon correspondaient à une petite tête sur un shaft court.

Aujourd’hui, ce serait plutôt l’inverse.

Dans les années 80/90, date de sortie de ce bois Mitsushiba, nous étions encore loin des notions de fitting, et d’optimisation des trajectoires de balles par l’ajustement du club.

Bien entendu, à propos d’ajustement, la tête de ce bois 3 en loft 15 degrés n’était pas ajustable au niveau du hosel.

Bref, un club pure jus sans aucun artifice technique ou autre amincissement de la face, réduction du poids, modification du centre de gravité, travail en soufflerie pour augmenter la distance, et autres techniques de productions modernes.

Toujours est-il qu’avec ce club, nous avons pu appliquer notre protocole de test habituel pour déterminer les données importantes comme la vitesse de club, la vitesse de balle, le smash factor, le degré d’efficacité, le spin, et la distance…

En testant le club dans des conditions identiques aux autres clubs modernes déjà testés, nous avons pu faire des comparaisons très intéressantes sur la réalité du progrès technique depuis trente ans.

Pour ce faire, nous avons bien entendu utilisé la même balle, une Srixon Z-Star comme pour tous les autres tests.

Avant d’aller plus loin, il y a une première idée reçue dont il nous faut tordre le coup.

Entre un club moderne (années 2010-2016) et un bois persimmon, il ne faut pas parler d’amélioration de la vitesse de swing au sens brut.

La vitesse de swing est réellement propre au joueur. Si elle peut être optimisée, elle n'est pas fondamentalement transformée.

Un golfeur qui swingue à 90 mph (144 kmh) va plus ou moins swinguer dans sa vitesse quel que soit le club.

Ce n’est pas parce qu’un club a trente ans ou sort de l’usine depuis une semaine que vous allez foncièrement changer votre vitesse de swing.

Ceci dit, il peut y avoir des ajustements à la marge. Il est difficile d’être très précis. Disons que vous pouvez trouver des écarts de plus ou moins 3 mph, ce qui sera déjà très important à iso conditions de tests.

En préparant ce sujet, nous avons pu voir que certains sites américains ayant réalisé le même exercice, trouvait des écarts de plus 7 mph dans le même exercice.

Ce n’est pas vraiment vérifiable.

En revanche, la grande vérité entre un persimmon et un bois 3 d’aujourd’hui ne va pas systématiquement se voir dans les chiffres, mais de manière encore plus évidente…

Il est très clair qu’une petite tête d’à peine 100 cc, le niveau d’exigence en termes de centrage de balle dans la face est très important.

Autant les clubs d’aujourd’hui favorisent les amateurs, autant ce type de club persimmon est à réserver aux index à un chiffre, et c’est d’ailleurs cela qui a précipité sa disparition.

Dès que vous touchez la balle avec le bord de la semelle ou avec la couronne, cette dernière est immédiatement éliminée.

La première grande différence entre ses deux types de clubs vient de la dimension, et ce, bien avant de parler de centre de gravité ou d’aérodynamique.

Maintenant quand la balle est correctement tapée dans la face, effectivement, l’écart de performance va pouvoir se mesurer sur des indicateurs précis.

Les données du test

Ci-dessous, les données brutes du test avec le bois Mitsushiba pour un golfeur swinguant en moyenne un bois 3 entre 90 et 95 mph.

Notez qu’avec cet ancien club de golf, sa vitesse de swing moyenne (94 mph) n’a pas réellement été moins bonne que sa moyenne usuelle, et ce malgré le shaft plus court.

A la lumière de la comparaison avec d’autres bois de parcours plus modernes, et swingués par ce même testeur dans une vitesse comparable, il ressort plusieurs éléments intéressants.

La véritable différence technologique se matérialise au niveau du smash factor, ce fameux indicateur de tolérance, et de performance de la tête, notamment en capacité de restitution d’énergie.

Quand un bois moderne peut proposer jusqu’à 1.47 de smash factor, soit une vitesse de balle qui part à l’impact à près de 138 mph pour une vitesse de swing avoisinant les 94 mph, le smash factor du bois Mitsushiba ne dépassera pas les 1.36.

Le décalage est de près de 10 mph de vitesse de balle, ce qui se traduit par un écart de distance de près de 26 mètres en moyenne.

Une étude similaire menée aux Etats-Unis a trouvé un écart de vitesse de balle de près de 8 mph pour un écart de distance de 20 mètres.

Considérons que les données se recoupent.

En-dehors de cette question de la vitesse de balle, nous ne constatons pas d’autres écarts franchement rédhibitoires.

Ce bois 3 permet tout de même d’atteindre une distance moyenne de 200 mètres par rapport à la vitesse de swing du testeur. Surtout, les angles de décollages et d'atterrissages ne sont pas très différents, et l’écart de taux de spin n’est pas abyssal.

Entre les trois bois de parcours qui ont servi à la comparaison, les bois TaylorMade M1, M2, et Callaway XR 16, la moyenne de spin est de 3000 tpm, soit un écart de 500 tpm avec le Mitsushiba.

Dans le détail, cet écart est tout de même de 1000 tours par minute avec le XR 16.

En fait, le dernier élément qui corrobore la question de la tolérance concerne l’écart de profondeur entre la balle la plus courte, et la plus longue.

Dans le cas du Mitsushiba, cet écart est de près de 55 mètres quand avec des têtes plus tolérantes, l’écart n’est que de 25 mètres en moyenne.

Nous en revenons à la question de la dimension !

Plus gros, plus tolérant, les bois actuels permettent surtout de limiter les effets négatifs d’un coup mal centré.

Sur le précédent tableau, notez qu’une balle a tout de même été tapée à 220 mètres avec le Mitsushiba.

Ce qui illustre que parfaitement centré, ce club peut tout de même atteindre des distances comparables aux clubs d’aujourd’hui !

Simplement, en fonction de l’expérience du joueur, il le permettra moins souvent ou moins régulièrement.

En conclusion, en matière de Smash Factor, l’écart réel de performance est de l’ordre de 6.5% (1.45 – 1.36)/1.36) et l’écart d’efficacité de l’ordre de 8.5% à trente ans d’intervalle, ce qui traduit en distance donne un écart de 10%.

Si ces écarts paraissent relatifs, il faut néanmoins prendre en compte la notion de facilité pour centrer la balle.

Pour un golfeur débutant ou irrégulier, ces taux devraient avoir tendance à augmenter de manière spectaculaire.

Nous aurons l’occasion de compléter ce sujet…

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