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Test bois 3 TaylorMade M2

Test bois 3 TaylorMade M2

Plusieurs centaines de tests nous ont appris que d’un driver à un bois de parcours, bien que d’une même gamme, il peut y avoir de grandes différences. Un bon driver ne fait pas nécessairement un bon bois de parcours, et inversement. Pour cet essai, nous avons fait appel à trois testeurs aux swings distincts pour évaluer le nouveau bois de parcours TaylorMade M2. Quel smash factor ? Quel gain par rapport aux précédents Aeroburner ou R15 ? Les réponses de notre test au trackman.

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1.Le club testé : un bois 3 HL TaylorMade M2

Pour cet essai, nous avons utilisé un bois fourni par la marque. Concernant le shaft, nous avons eu recours à un seul modèle, le produit standard monté sur la tête.

Soit un shaft à la fois court et relativement lourd.

Court, tout est relatif ! En règle générale, un bois 3 propose un shaft de 43.5 inches. Sauf qu’en 2015/2016, de plus en plus de marques proposent des shafts de 43.25 inches. De ce point de vue, le M2 sur son shaft Fujikura Reax est dans la norme.

Concernant le poids de ce shaft regular, la moyenne 2015/2016 est de 59 grammes. Dans ce cas, le Reax est au-dessus de cette moyenne.

1.1 La catégorie du club testé

Ci-dessous, un résumé de notre panel de clubs testés jusqu’à présent, et de leurs configurations (loft, poids du shaft, et longueur du shaft).

Premier constat, le club proposé par TaylorMade au test a plutôt des caractéristiques d’un shaft stiff (poids et longueur) alors que c’est pourtant un shaft regular.

2. Les conditions du test

Pour ce test, nous avons fait appel à trois testeurs au magasin US Golf de Champagne-Au-Mont-d’Or.

Ci-dessous, les données moyennes de nos testeurs par rapport à tous les bois 3 essayés avec shaft regular.

Ces données permettent de fournir un étalonnage.

Le smash factor est l’indicateur de la tolérance (capacité à ramener régulièrement la balle au centre de la face), tandis que le degré d’efficacité est le ratio entre la distance générée au carry (avant la roule), et la vitesse de swing déployée pour générer cette distance. Ces deux indicateurs sont les plus importants dans nos tests.

Précision : Le troisième profil (20 à 29 d’index) est un senior de 65 ans, tandis que les deux autres profils sont des hommes entre 30 et 40 ans.

Tous sont des golfeurs très expérimentés avec plus de 20 ans de pratique.

3. Ce qu’il faut savoir à propos du bois de parcours TaylorMade M2

Avec le bois de parcours de la famille M2, TaylorMade revendique une toute nouvelle ambition : Apporter une couronne composite à la place d’une couronne en acier pour économiser 14 grammes de poids en tête !

Objectif : Comme souvent en la matière, abaisser le centre de gravité alors que sur les précédentes têtes, ce poids était réparti sur l’ensemble du châssis.

En plus de modifier considérablement la conception de la tête, TaylorMade continue de miser sur un élément de différenciation majeure pour eux : l’alliance du blanc et du noir favorable à la création de contraste, et donc l’alignement !

Entre son aîné le M1, et ce M2, les différences sont minimes.

La tête du M2 est un peu plus profonde de l’avant vers l’arrière (plus allongée), et semble aussi un peu plus arrondie.

Concernant l’équilibre, le M1 semble plus lourd tandis que le dessin de la tête obéit à des considérations plus favorables aux désidératas des joueurs du tour qui veulent un look plus agressif, tandis que les amateurs préfèrent des têtes qui inspirent confiance.

Cependant, la principale différence réside dans la semelle. Si le M1 propose deux petits poids qui peuvent glisser sur un rail, pour le M2, il s’agit au contraire d’une large speed pocket comparable à celle de l’Aeroburner. Celle-ci étant cette fois peinte en noir.

De l’aveu de Benoit Vincent, ingénieur en charge de la production chez TaylorMade, cette speed pocket n’est pas réellement attachée à la semelle mais bien plus en bas de la face, ce qui lui permet de se « plier » plus aisément.

En fait, pour un novice, les différences visibles entre le M1 et le M2 sont très tenues. En réalité, la conception des deux têtes diffère.

Au niveau du M1, il y a un petit pont en acier qui fait la jonction entre les poids glissants, et c’est ce qui fait que la « speed channel » du club est plus rigide.

Pour le M2, le fait de proposer une speed pocket plus flexible permet en fait de réduire le spin de 400 à 500 tours par minute, ce qui en théorie peut donner un gain de distance de quelques mètres.

Autre élément important concernant le M2, et repris du Aeroburner, le hosel collé qui se démarque du hosel ajustable.

Pas de réglage au niveau du loft, mais d’autres gains, et notamment un gain de poids et de coûts.

Effectivement, il n’est peut-être pas indispensable de changer le loft de son bois 3 en permanence.

Tout comme la série de fers M2, TaylorMade a aussi cherché à gagner du poids sur le hosel en adoptant un tout nouveau style cannelé.

Objectif : Gagner du poids tout en conservant de la force sur cette partie du club.

Alors par rapport au précédent Aeroburner que nous avions bien aimé en 2015, le M2 devait donc se démarquer sur les points critiqués : le touché et le son.

Avec la couronne en composite, c’est imparable ! Ces deux éléments sont forcément modifiés avec un son plus léger, et plus solide à l’impact.

La combinaison d’une tête en composite, d’un hosel cannelé, et d’une plus grande speed pocket est censée donner un touché globalement plus appréciable.

C’est vrai que sur ce point, l’Aeroburner ne défrayait pas la chronique. Mais est-ce que cela souciait beaucoup de joueurs ?

4. Les enjeux du test

Quelle performance en plus pour le M2 par rapport au Aeroburner ? Comment le M2 se positionne par rapport à la concurrence de 2016 ? Le niveau de spin continu-t-il à baisser chez TaylorMade ?

5. Les paramètres clés d’un test de club

Pour nous, un test doit aborder quatre thématiques :

  • · La tolérance ou maniabilité exprimée par le smash factor, rapport entre la vitesse de club produite par le golfeur avec le club, et la vitesse de balle produite à l’impact.
  • · La puissance ou distance exprimée par le degré d’efficacité du club, rapport entre la vitesse de swing, et la distance finalement générée au carry.
  • · L’optimisation du vol de balle, croisement de l’angle de lancement et du taux de spin.
  • · La précision ou dispersion des balles tapées avec le club, exprimé en écart horizontal et vertical par rapport au centre du fairway.

5.1 Tolérance & puissance

Ce graphique représente le croisement du smash factor et du degré d’efficacité pour déterminer le rapport entre tolérance et puissance.

* les données « panel » incorporent les bois 3 stiff et regular

Le résultat du test est assez net ! Dans les trois cas, le TaylorMade M2 est moins tolérant que le panel des clubs testés par chacun des profils.

En revanche, pour les deux profils les plus concernés par ce type de club, il y a un gain en puissance.

Pour le profil 10-19 avec lequel nous avons le plus d’éléments de comparaison, vous avez une tendance assez précise. Le M2 est moins tolérant que l’Aeroburner, et en contrepartie, légèrement plus puissant. Au-delà du travail effectué sur la tête, il nous semble que c’est surtout le changement de shaft standard qui préside aux résultats. En 2015, avec l’Aeroburner, TaylorMade avait mis l’accent sur la vitesse de swing et un shaft parmi les plus légers.

En 2016, avec le M2, stratégie complètement inverse avec un des shafts les plus lourds du marché pour mettre du poids dans la balle…

Plus que la note de la tête, c’est la note du shaft qui transpire de ce test.

Dernière remarque, en 2015, notre testeur senior avait particulièrement mal géré la légèreté de l’Aeroburner. Le poids additionnel du shaft du M2 a plutôt profité au senior avec un bien meilleur smash factor. Ce n’est pas pour autant le club avec lequel il a été le plus à l’aise.

5.2 Distance (carry) en mètres

C’est souvent l’indicateur le plus recherché par les golfeurs. Veuillez trouver ci-dessous les données brutes du test.

Bien que le loft du bois 3 HL testé soit plus légèrement supérieur à un bois 3 classique, ce qui aurait pu favoriser le smash factor, ce dernier n’est pas meilleur par rapport à un bois 3 R15 ou Aeroburner.

En 2015, nous considérions qu’il s’agissait de bons clubs. Dommage que le marché ne l’est pas ressenti ainsi, car le M2 n’est pas de ce point de vue franchement meilleur, notamment pour l’index intermédiaire.

Comme évoqué plus haut, si le golfeur senior a gagné beaucoup de vitesse de swing avec l’Aeroburner, cela ne convenait pas à son swing.

Ceci étant en swinguant beaucoup moins vite, le senior a porté sa balle aussi loin qu’avec un bois 3 swingué 5 à 6 mph plus vite ! Le M2 est pour lui nettement plus efficace.

En réalité, pour comprendre le gain apporté par le nouveau M2, il faut regarder du côté du carry chez le golfeur 10-19.

5.2.1 Comparatif :

Vision de l’ensemble des bois 3 testés

En nous fournissant un bois 3HL de 16.5° au lieu d’un bois 3 15° comme demandé à toutes les marques, TaylorMade s’est auto-pénalisée.

En comparaison, avec un degré et demi de loft en plus, le M2 sera forcément plus court qu’un bois 3 classique. Ne nous demandez pas l’intérêt d’un tel club ?

Maintenant, pour tout de même élaborer une comparaison, il faut constater chez l’index 10-19 que le M2 porte la balle aussi loin que le Ping G qui lui ne fait que 14.5° !

En fait, à bien y regarder, le M2 n’est pas si peu performant…

Dans le cas présent, il ne faut pas trop regarder la distance totale, mais plutôt la distance au carry qui est très proche d’un club 15° de loft.

5.3 Optimisation du vol de balle

En théorie, plus l’angle de lancement est élevé, et plus le taux de spin est bas, et plus la balle a des chances de parcourir une distance importante.

Ci-dessus, on constate les différences d’utilisations entre un testeur qui swingue à plus de 100 mph par rapport à un testeur qui swingue à 70 mph !

La hauteur de trajectoire est deux fois supérieure, et l’angle d’atterrissage beaucoup plus prononcé.

Le deuxième profil se rattrape un peu sur la roule.

C’est rarement expliqué, mais une faible vitesse de swing a aussi une conséquence sur une hauteur de trajectoire souvent insuffisante pour produire une grande distance.

5.4 Précision & dispersion

Les points d’impacts représentent les points d’arrivées de la balle après le roulement.

La dispersion est bien entendu plus le fait du testeur que du club ! Cependant, certains clubs ou certaines opérations de fitting permettent d’en atténuer les effets.

Testant toujours des configurations standards, nous considérons que tous les clubs sont à armes égales.

Pour le testeur 0-9, si la dispersion latérale est plus que convenable, le contrôle de profondeur est beaucoup plus aléatoire. Ceci étant, cela ne peut pas être complètement imputé au club…

Pour le testeur 20-29, même constat que pour le précédent testeur…

La dispersion latérale est même plutôt satisfaisante. Mais c’est aussi le signe d’un joueur qui a un swing assez régulier, et qui ne « se pousse » pas dans ses propres retranchements.

Conclusion, et honnêtement, avec un bois 3, il est de toute façon difficile de trouver des données de dispersions, et de contrôles parfaits, sauf à être professionnel de golf et ce n’est plus le club qui est testé…

6. Comparaison au panel

Les données ont été compilées pour seulement deux testeurs, les index 10-19 et 20-29.

Il en ressort que le bois 3 HL donne légèrement plus de spin que ces rivaux en 3 classique.

Globalement, cette configuration est légèrement défavorable à la comparaison.

Toutefois, notez qu’un club 16.5° de loft comparé au R15 en 15° donne pourtant sensiblement le même angle de décollage moyen.

Le M2 semble en fait plus polyvalent que l’Aeroburner, et donc adapté à un public de joueurs plus large.

7. Données ramenées à un swing de vitesse moyenne

Pour apporter un résultat comparatif à vitesse de swing totalement identique, et dans la vitesse de swing moyenne des golfeurs amateurs français. Nous avons appliqué un ratio par rapport à la vitesse réellement produite par nos testeurs, et afin de la ramener à une vitesse médiane de 85 mph.

C’est probablement l’élément le plus intéressant de ce test puisqu’en appliquant un ratio, on annule l’effet perte de distance liée au loft légèrement plus élevé avec le 3HL.

Comme vu plus haut, le smash factor n’est pas le principal point fort de ce club.

8. Bilan du test

TaylorMade ne nous a pas facilité la tâche en nous fournissant un produit légèrement différent de tous les autres bois 3 testés. Le M2 n’est certainement pas un mauvais produit.

Il est pourtant radicalement différent du modèle précédent, l’Aeroburner. Plus que la tête, c’est le choix du shaft standard qui interroge, car aux antipodes du choix précédent.

Par rapport à une clientèle golfique qui a en moyenne plus de 50 ans, le M2 est en fait plus pertinent que l’Aeroburner, surtout que l’argument de la légèreté n’est pas toujours le bon !

Difficile d’être très élogieux sur ce bois 3 HL. Le R15 reste de notre point de vue le meilleur bois de parcours TaylorMade, même si son look est moins sympa que celui du M2.

En conclusion, oui, le touché du M2 est plus appréciable que celui de l’Aeroburner, ceci dit, cela ne se retrouve pas de manière flagrante dans la performance.

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