Bois 5 ou hybride 3 ? Quel est le bon choix ?

Depuis quelques années, le succès des hybrides a été tel qu’il a progressivement chassé les bois de parcours des sacs des golfeurs amateurs, en revanche, ce n’est pas tout à fait vrai s’agissant des golfeuses ou des seniors, où ils coexistent plus facilement, mais pas toujours de manière complémentaire. Dans les ventes en France, il apparaît clairement que le bois 3 reste le complément le plus fréquent du driver. L’hybride 3, ou 4 le plus souvent, remplace alors un bois 5 ou un fer 3. Beaucoup de golfeurs ont en fait assimilé l’hybride comme le « couteau suisse » des clubs pour sauver des coups d’un peu n’importe où sur le parcours. Mais est-ce si vérifiable ? L’hybride 3 ou 4 sont-ils vraiment des clubs plus faciles à jouer ? Entre un bois 5 et un hybride 3, l’hybride doit-il être systématiquement choisi ?

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Bois 5 : Espèce en voie de disparition ?

Je dois le confesser, historiquement sur JeudeGolf, nous sommes pauvres en analyse de bois 5 à contrario du driver ou du bois 3.

Cela tient à une explication très simple : En 11 ans, très peu de marques ont pensé nous adresser ce club, à l’inverse d’un bois de parcours numéro 3 ou d’un hybride !

Autre raison importante, dans les ventes de matériel de golf en France, on ne trouve aucun bois 5 dans le top-10 des clubs les plus vendus, et pour la seule catégorie driver et bois de parcours.

Les bois 5 passent sous le radar.

Ce n’est pas seulement JeudeGolf… C’est une véritable tendance de fond, et comme évoqué plus haut, à mettre en relation avec l’augmentation des ventes d’hybrides aussi appelés « Rescue ».

Le terme « Rescue » a d’ailleurs beaucoup contribué à la popularité de ces clubs auprès des golfeurs. Quel golfeur ou golfeuse ne serait pas sensible à un club qui sauve ?

Pourtant, personne ne s’est réellement interrogé sur la vérité de ce sauvetage en comparaison d’un bois 5.

Il y a pourtant une catégorie de golfeurs qui n’a pas vraiment abandonné le bois 5, celle des professionnels sur le tour.

En fonction des parcours qu’ils auront à jouer, ils composent chaque semaine leurs sacs de manière optimisée, et dans de nombreux cas, du fait de l’allongement des parcours, ils embarquent un bois 5.

Ils imaginent avoir besoin d’attaquer un par-5 en deux ou toucher un difficile et long par-4 en deux coups.

Il est vrai que c’est moins souvent une préoccupation pour un golfeur amateur, plus concerné par le fait de sauver des coups depuis le rough.

Ce terme de « Rescue » est de mon point de vue largement surfait.

J’ai été témoin de golfeurs qui en usent et abusent, sans toujours se soucier du lie où repose la balle, et ont parfois de mauvaises expériences.

Moi-même, j’ai fini par céder à cette mode… Autant au début des années 2000, j’avais un driver, un bois 3 et un bois 5, comme tout le monde devrais-je dire à l’époque…autant depuis plus de 5 ans, c’est driver, bois 3 et hybride 3.

Récemment alors que je testais sur le parcours, un hybride TaylorMade GAPR Hi 4 de loft 22 degrés monté sur un manche assez séduisant, un KBS Hybride 80S, après avoir manqué trois coups sur quatre, je me suis interrogé sur le bien-fondé d’un tel club dans mon sac.

Au contraire de me « sauver », l’utilisation de ce club, de par ma technique défaillante, m’a coûté des points perdus.

Une question ne m’a alors plus quitté, et qu’est-ce qui se serait passé avec un bois 5 ?

Comme je n’en ai plus depuis des années, j’ai commandé un bois 5 de 2019 (aucun bois de parcours du marché en 2021 ou 2020 sur l’aspect de la performance ne me motive à payer le prix fort), et en l’occurrence mon critère d’achat a été en plus d’un prix plus bas trouvé sur Ebay, esthétique : Un TaylorMade M5 d’occasion de 19 degrés ajustable au niveau du loft, et sous la semelle.

J’ai ensuite adapté le shaft et le grip de ma convenance. Pour cet achat, c’était surtout la tête qui avait de l’importance à mes yeux.

Le test n’était pas pertinent si cela devait se résumer à comparer la vitesse de swing ou la distance totale !

Pas besoin d’un test pour prouver l’évidence, à savoir que le bois 5 avec un manche plus long (un inch en moyenne), et une tête d’une dimension supérieure allait donner un seul et même avantage : Plus de distance.

Non, en réalité, je voulais mesurer sur par exemple 25 coups tapés au sol sans tee, combien de coups j’allais vraiment manquer à cause de mon swing imparfait, avec l’hybride versus le bois 5.

Quel club est vraiment le rescue dont j’ai besoin, quand je suis à plus de 170 mètres d’un green, et depuis le fairway ?

Je précise le fairway, car contrairement à d’autres amateurs, je joue très rarement l’hybride depuis un rough épais et pour une longue distance à réaliser.

Autre élément de ma réflexion, j’aurai pu tester un bois 3 dans la même situation.

La plupart des bois 3 du marché présentent un loft de 15 degrés, or, sans une technique vraiment soignée, ce n’est pas un coup si facile à taper sans tee.

Non, le bois 5 a tout du candidat idéal, et pourtant…

Test de l’hybride 3

Pour ce premier test, j’ai utilisé un hybride 3 TaylorMade M3 de 19 degrés (le loft est important dans ce sujet) monté sur un manche stiff.

Au passage, j’en ai profité pour faire des relevés dans notre atelier. Avec mon grip Midsize, cet hybride pèse 384 grammes, et présente un swing weight de D1.4.

Je n’ai pas cherché à frapper au plus fort, mais au contraire, à maximiser la qualité du centrage, et la tenue des trajectoires dans l’axe du fairway.

Vous pourrez constater que j’ai proposé un angle d’attaque légèrement négatif (-0.5 degrés) pour chercher la compression de la balle, et une direction de swing très légèrement intérieur-extérieur avec une face en moyenne square.

Sur 25 coups, seulement quelques balles se sont écartées notablement du centre du fairway.

Pour ce club, j’ai développé une moyenne de vitesse de swing de 81.4 mph et obtenu un smash factor de 1.44

En comparaison du PGA Tour, référence de qualité de frappe, l’idéal de smash factor à chercher avec un hybride de 19 degrés se situe entre 1.45 et 1.46.

Je suis donc en-dessous…sachant qu’ils jouent ce club à 100 mph de vitesse de swing en moyenne.

Surtout, si sur certaines balles, j’arrive bien à obtenir cet idéal de compression, signe de pertinence d’usage, la moyenne est en fait plombée par 8 balles sur 25 qui descendent en-dessous de 1.43 de smash factor, et qui trahissent… un manque de tolérance ou d’adéquation entre ma technique, et le club utilisé, ce qui in fine, reviens à dire la même chose.

En pourcentage, cela veut dire que sur le parcours, j’ai 32% de chances de rater mon coup avec ce club. C’est ce pourcentage qui m’intéressait en particulier.

Avec cet hybride, ma moyenne de distance au carry est de 158 mètres, et 183 mètres avec la roule, et en tenant compte de tous les coups moins bien tapés.

Test du bois 5

Testé à la suite de l’hybride, ci-dessus les résultats obtenus avec le M5 joué forcément un peu plus vite en raison de la longueur du manche, soit 84.8 mph, soit +3 mph.

Cela s’explique par un manche un inch plus long.

Toujours dans l’atelier, j’ai mesuré un poids total du club de 373 grammes, et un swing weight de D2.5

Le smash factor est notablement plus élevé, soit 1.47, et toujours selon les données fournies par Trackman au sujet de l’idéal pour ce club (les joueurs du PGA Tour), il se trouve que cette fois, c’est la bonne valeur, et donc 1.47 !

La différence, les pros jouent ce club à une vitesse moyenne de 103 mph. Le cas présent, la vitesse n’était pas le sujet.

Malgré un angle d’attaque un peu tangentiel (+0.1degré), et donc pas tout à fait assez descendant, j’ai donc eu plus de facilité d’usage à travers ce bois 5.

Mais surtout, plus important, le nombre de coups ratés est descendu à 3 seulement, soit 12%.

C’est cela le paramètre majeur à prendre en compte dans le choix.

Oui, le bois 5 apporte une distance de 165 mètres au carry et 196 mètres avec la roule… Sur le papier, ce serait séduisant pour basculer vers le bois 5.

Moi, ce qui me convainc, ce n’est pas la distance, c’est de diviser pratiquement par 3 mes chances de toper ou rater un coup en relation avec ma technique, en préférant finalement un bois 5 à l’hybride, et à loft équivalent.

De toute façon, pour mon niveau de golf, et ma vitesse de swing, je ne jouerai pas l’hybride depuis le rough, et donc pas plus un bois 5.

Non, je ne sauverai pas un coup à 180 mètres depuis le rough…en revanche, je me donne pratiquement trois fois plus de chances de faire un bon coup avec le bois 5 sur le fairway par rapport à un hybride, qui dans tous les cas, présente une tête plus petite, et donc moins tolérante, d’un point de vue du smash factor.

Et quid de la dispersion ?

Entre le bois 5 et l’hybride 3, l’avantage du second nommé n’est pas suffisant pour me faire de douter de basculer, et de faire un retour dans le passé.

Le bois 5 n’est pas de manière flagrante plus dispersant…

Bilan du test bois 5 contre hybride 3

Quel est le club qui me sauve sur le parcours ? Sans le moindre débat, c’est le bois 5 que je peux plus facilement manier sans tee par rapport à l’hybride, et sans constater une plus grande dispersion.

Le bénéfice, ce n’est pas la lecture brute des chiffres, le smash factor ou la distance, c’est le nombre de coups tapés en-dessous du smash factor à objectiver, soit 1.47 pour un bois 5 ou 1.45 pour l’hybride, soit 3 contre 8 sur une série de 25 balles.

Cette statistique, je vais la retrouver sur le parcours. Et là encore, je ne parle même pas de sensations, et de plaisir à jouer. Ce que traduit le smash factor, c’est aussi cela !

Les frappes avec le bois 5 sont bien plus agréables.

Est-ce que je risque d’être trop long avec un bois 5 ? il me suffira de modérer ma vitesse de swing. Pendant le test, j’ai modulé ma vitesse de swing entre 80 et légèrement plus de 90 mph.

Si vous vous posez la même question que moi, au moment d’un éventuel fitting ou test dans une démo, comptez bien le nombre de coups ratés par club.

C’est une autre lecture du choix, mais terriblement importante une fois sur le parcours.

C’est normal de rater des coups. Aucun club ne pourra vous en prémunir complètement, en revanche, vous pourrez amoindrir le risque avec un club plutôt qu’un autre.

Le smash factor dissimule parfois cette information, et en tout cas, ne suffit pas à faire le choix.

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