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Test exclusif des manches Myazaki pour driver

Dans la foulée de l’article consacré au driver de Tiger Woods, j’ai eu envie d’approfondir le sujet. Quelle peut-être l’importance du manche dans la performance réelle d’un driver ? J’ai pu tester plusieurs modèles avec une seule et même tête, et dans les mêmes conditions, pour mesurer avec exactitude les différences notables ou pas. Avec le concours d’un fabricant japonais, j’ai pu aller plus loin que le simple test d’un manche regular ou stiff, et au contraire, tester différents points de flexions, et différentes rigidités. C’est aussi le tout premier test réalisé au sein de notre nouveau studio d’essai.

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Comprendre la rigidité d'un manche

Les shafts japonais Myazaki dans la gamme Kaula sont destinés aux drivers Srixon Z765 ou Z565, et se répartissent en quatre familles : Kaula Kori, Kaula Mizore, Kaula Mizu, et Kaula Kiri.

Les shafts en version Kori sont censés être adaptés aux golfeurs avec une très grande vitesse de swing, pour générer des trajectoires plus pénétrantes, et avec moins de spin.

Les shafts en version Mizore sont destinés aux golfeurs qui développent des vitesses de swings très rapides, mais qui préfèrent des trajectoires un peu moins pénétrantes, et toujours avec moins de spin.

Les shafts en version Mizu sont destinés à une plus grande variété de vitesse de swing.

Enfin, les shafts en version Kiri sont destinés aux golfeurs qui manquent de vitesse de swing, et qui du coup, peuvent compenser en augmentant l’angle de lancement.

Entre les quatre gammes, la principale différence se situe au niveau du kickpoint qui est plus haut sur la gamme Kori, dit « Mid-high » sur la gamme Mizore, dit « mid » sur la gamme Mizu, et « Mid-low » sur la gamme Kiri.

J’ai voulu tester des manches Myazaki, car la marque japonaise se distingue des autres, pour avoir tenté de mettre au point l’international Flex Code, dont la fonction consiste à identifier quatre zones de rigidités tout le long du manche, du tip jusqu’au but.

C’est la démonstration qu’un manche ne présente bien entendu pas qu’une seule rigidité sur toute sa longueur, mais au contraire, elle peut varier pour s’adapter à des profils variés de joueurs.

Est-ce que les shafts Myazaki sont les meilleurs du marché ? Je ne sais pas répondre à cette question. En revanche, je peux comprendre le produit que j’ai dans les mains.

L’international Flex Code présente une série de 4 numéros allant de 1 à 9.

Les 4 numéros correspondent au butt, mid-butt, mid-tip et tip. En fait, vous divisez le manche en 4 sections sur toute sa longueur.

Le chiffre 1 correspond à la rigidité la plus faible, alors que le chiffre 9 symbolise la rigidité la plus élevée (en clair, du extra-stiff).

Ainsi, quand on lit le catalogue produit Myazaki, les shafts Kori 8 avec un flex code de 7799, ou Mizore 8 avec un flex code de 7897 sont clairement les manches les plus rigides.

Pas étonnant que la marque japonaise les classe dans la catégorie habituellement convenue entre toutes les marques, à savoir Extra-stiff, puisqu’en butt, les manches sont les plus rigides.

Dans les deux cas, il s’agit de manches qui pèsent 83 grammes, et dont le torque est de 2,7 degrés.

A l’inverse, les modèles Kori 5 et Mizore 5 présentent respectivement des flex codes de 2344 et 2442 en regular. Il s’agit des deux manches les moins rigides du catalogue. Ils pèsent 54 grammes et présentent des torques de 3,8 degrés.

De manière générale, pour la famille Kaula, les shafts varient entre 54 et 83 grammes. C’est vraiment le kickpoint et le flex code qui varient.

Tous les codes sont possibles et imaginables du 1111 au 9999 ! Encore faut-il qu’ils correspondent à un besoin ou une utilité réelle pour un golfeur ou une golfeuse.

Ce classement qui distingue donc quatre régions du shaft est forcément beaucoup plus précis que la seule mention extra-stiff, stiff, regular ou senior.

Par le passé, j’ai déjà observé plus de performance pour un testeur senior avec un manche plus rigide qu’un simple shaft senior !

Ce classement apporte aussi plus d’éléments de compréhension au golfeur, à condition de savoir interpréter les données et les trajectoires de balles.

Pendant des années, vous pouvez vous enfermer dans la logique du regular ou du stiff, alors que vous auriez concrètement besoin d’une manche 5577, à savoir mi-souple en butt et plus rigide en tip.

Les autres fabricants de manches n’ont pas réellement adhéré à cette classification, refusant de se mettre en position d’être comparée, ou peut-être de rentrer dans le classement d’une marque, pour en faire du coup, la référence.

Idéalement, il faudrait que cette nomenclature soit imposée par un syndicat ou association de fabricants à l’échelle internationale. De ce point de vue, le marché manque encore de maturité.

C’est dommage de maintenir le consommateur dans le flou… dès fois qu’il rachète d’autres manches au hasard, sans jamais vraiment trouver le shaft adapté.

Bien sûr, c’est le travail du fitter de déterminer le bon shaft, et de répondre à toutes ces questions.

Ceci étant, le flex code ne fait pas tout.

La rigidité n’est qu’un des paramètres d’un shaft puisque nous avons aussi le torque, le kickpoint et le grammage qui peuvent entrer en ligne de compte.

La gamme Kaula

A sa création, la gamme Kaula a été pensée pour augmenter la distance avec un profil de shaft plus léger que le Kuro Kage.

Pour apporter de la stabilité et du contrôle, les ingénieurs ont changé la répartition de la rigidité pour qu’elle soit globalement moins prononcée en butt, et couplée à un torque plus bas.

Effectivement, mis à part les modèles Kori 8 et Mizore 8, la plupart des manches Kaula démarrent par des flex codes de 2,4,5 ou 6 maximum.

Pour comprendre concrètement, et de manière palpable les différences entre les manches, Myazaki a donc accepté de me prêter 8 manches différents : les Mizu 4443 et 5544, les Kori 4466, 5677, 3355, et les Kiri 4422, 6543, 5533.

Ci-dessus, une représentation des types de manches par rigidité. De gauche à droite, les manches pour les golfeurs à vitesse rapide jusqu’à lente.

Le test du Kiri 4422, un manche regular avec une rigidité modérée en but et très souple en tip. Gare à la dispersion pour un swing à vitesse rapide…

Pour le test, j’ai donc utilisé la même balle, une Srixon Z-Star et la même tête de driver toujours réglé sur 10,5 degrés de loft. Le manche est le seul élément qui va varier volontairement.

Les paramètres à suivre pendant le test seront l’évolution de la vitesse de swing, mais surtout la vitesse de balle, et la translation dans l’amélioration du smash factor. La distance totale sera bien sûr un bon indicateur de performance, tout comme la dispersion (sur 10 balles pour chaque manche).

Le taux de spin permettra de vérifier les dires du fabricant.

Pour rappel, le Kiri doit principalement permettre l’augmentation de l’angle de lancement. Le cas présent, il est de 13,4 degrés pour un loft dynamique de 15,3 degrés.

Le smash factor n’est pas exceptionnel (seulement 1.44 contre une moyenne à 1.47).

La vitesse de balle me paraît un peu basse (139 mph au lieu de 143 mph).

Le spin est effectivement un peu haut, signe d’une balle moins pénétrante.

La dispersion n’est pas épouvantable, compte tenu de la swing direction élevé de mon swing, et en fait, favorable à la dispersion…

Le test du Kiri 5533, un manche regular avec une rigidité modérée en but et un peu moins souple en tip. Gare à la dispersion pour un swing à vitesse rapide…

Le smash factor est bien meilleur (dans ma moyenne) avec une vitesse de balle plus conforme (143 mph) à mes attentes.

La direction du swing est meilleure (moins de dispersion) générée par mon geste.

L’angle de lancement est moins prononcé qu’avec le modèle précédent, ce qui validerait le fait que le 4422 favorise bien la hauteur de trajectoire.

A ce stade du test, déjà 12 mètres d’écarts en moyenne entre deux manches !

Le test du Kiri 6543, un manche stiff avec une rigidité plus prononcée en but, moyenne en mid-butt, modérée en mid-tip, et faible en tip. Un manche déjà plus rigide mais avec toujours la possibilité de donner du « fouetté à la balle ».

Ça se complique alors que la vitesse reste bonne (142 mph).

Si la distance reste à son niveau maximum espéré (235 mètres), la dispersion commence à se marquer du côté où mes erreurs sont les plus fréquentes (à gauche).

La direction du swing (8,4 degrés) que je génère en est à l’origine.

En réalité, deux balles sur dix faussent particulièrement le résultat (très à gauche), mais c’est le jeu du test.

Le spin est potentiellement plus bas (autour de 2200 tours).

Les deux frappes plus à gauche sont bien le résultat de faces mises franchement à gauche plutôt qu’un effet indésirable du manche…

Le test du Mizu 4443, un manche regular avec une rigidité modérée en but et en mid-butt, modérée en mid-tip, et faible en tip. Un manche plutôt souple et passe-partout…

Comme le manche 4422, trop souple, la vitesse de swing décroit tout comme la vitesse de balle.

Le smash factor est un peu meilleur.

La distance descend à 228 mètres, mais c’est surtout la dispersion qui se « dessine » plus à gauche alors que la direction du swing reste autour de 8 degrés.

L’angle de lancement est à 15 degrés pour des trajectoires moins pénétrantes. A ce stade, c’est le shaft qui donne la plus grande hauteur de balle (27 mètres).

Le test du Mizu 5544, un manche stiff avec une rigidité moyenne en but et en mid-butt, modérée en mid-tip, et en tip. Un manche stiff qui serait plutôt souple en tip…Sur le papier, les avantages de la stabilité sur la partie haute du manche, et la vitesse sur la partie basse… Est-ce pour autant le meilleur compromis ?

La vitesse de swing est bonne. J’aurai espéré un peu mieux en vitesse de balle (142 mph).

La distance est convenable (230 mètres).

Point positif : Une certaine forme de régularité dans les trajectoires. Point négatif : La direction du swing est toujours autour de 8 degrés, mais les balles sont toujours très à gauches.

Le test du Kori 4466, un manche stiff avec une rigidité modérée en but et en mid-butt, et plus rigide en mid-tip et en tip. Sur le papier, pas forcément la configuration qui devrait être la plus adaptée à mon swing. Pour rappel, le Kori correspond aux vitesses de swings les plus rapides.

Je ne suis pas loin d’avoir la vitesse de swing adaptée pour ce manche. L’angle de lancement est nettement plus tendu (12 degrés), et le taux de spin plus bas (2200 tours).

La hauteur de balle confirme la trajectoire très pénétrante (20 mètres maximum en moyenne). Le smash factor pourrait être plus haut. Pas loin d’avoir la vitesse de swing…c'est ce qu'il faut retenir.

Le test du Kori 5677, un manche extra-stiff avec une rigidité moyenne en but et soutenue en mid-butt, et très rigide en mid-tip et en tip. Sur le papier, franchement une configuration qui ne devrait pas être la plus adaptée à mon swing. Pour rappel, le Kori correspond aux vitesses de swings les plus rapides.

La vitesse de balle commence à décroître malgré une vitesse de swing constante entre 95 et 97 mph. Le smash factor reste acceptable, mais la distance descend à 228 mètres de moyenne. Le défaut de mon swing demeure (direction du swing à 8,4 degrés), et la dispersion augmente très sensiblement.

Conclusion

Mis à part, le premier manche (4422) très inadapté, la distance moyenne se situe toujours entre 228 et 235 mètres, un écart de seulement 7 mètres.

Il faut donc relativiser le fitting du manche.

Cependant, à l’évidence, un manche fonctionne mieux que les autres.

Je pense au 5533, un Kiri regular avec lequel la direction de mon swing a été moins à droite (intérieur-extérieur-intérieur).

Quelle est la part du manche par rapport au joueur ?

Difficile à dire en toute objectivité.

Mon critère de jugement et celui que je vous recommande, reste la vitesse de balle.

C’est aussi le critère que retiennent les pros quand la dispersion reste acceptable.

Quand on choisit un driver, et plus particulièrement un manche, il faut avoir conscience qu’il est très difficile de gagner en vitesse de swing.

Chercher le meilleur rendement en vitesse de balle est alors la priorité pour gagner quelques mètres.

Il y aurait encore beaucoup de configurations à tester… C’est un peu sans limite.

Toutefois, on s’aperçoit ici que les écarts ne sont pas de 0 à 100. Le risque d’erreur s’amenuise.

Par contre, plus l’index du joueur baisse, et plus les détails comptent pour faire la différence entre une carte de 80 et une carte de 75, etc…

A mon niveau, je fais encore trop d’erreurs d’un swing à un autre pour prétendre chercher le diable dans les détails.

Finalement, un manche moyennement rigide en butt avec un tip plutôt souple pour donner de la vitesse me paraît un compromis qui tient la route sur le papier.

Au-delà des chiffres, le fait de mieux comprendre le produit me permettra d’être plus certain dans mon choix.

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