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Qu’est-ce que le kickpoint et quelle influence sur la trajectoire d'une balle?

Le Kickpoint peut porter différents noms, et c’est sans doute ce qui rend la notion un peu confuse quand on n’est pas un expert du matériel, et des shafts en particulier. Le Kick point est aussi communément appelé « Flex point » ou « bend point ». Il n’est pas inutile que vous vous intéressiez à cette notion, car elle peut avoir une influence dans la maniabilité de votre club, et le type de trajectoire que vous générez.

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Pour commencer, sans vouloir ajouter de la confusion, quelque part, le kick point porte un peu mal son nom.

Il définit en réalité une région du shaft plus qu’un point précis. C’est la région ou zone où s’accumule la plus grande torsion du shaft quand le tip (partie basse du manche) est propulsé à grande vitesse vers le sol.

Le Kickpoint n’est pas réellement un point précis sur le shaft, mais bien l’endroit où la flexion est la plus importante pendant un swing de golf à pleine vitesse.

Kickpoint, flex point ou bend point, c’est selon les fabricants, mais cela veut bien dire la même chose.

Malgré le fait que cette notion soit méconnue ou mal connue, elle est souvent citée par les marques de matériel pour évoquer les performances d’un club.

Les marques répertorient trois catégories de shafts, et donc trois positions du kick point.

Vous avez les shafts dit « low kickpoint » où on considère que la zone de flexion la plus importante se situe dans la partie basse du shaft, juste avant la tête de club.

Par opposition, vous avez les shafts dit « high kickpoint » où on considère que la zone de flexion est sur la partie haute du manche, près du grip.

Et enfin, vous avez les shafts dit « middle kickpoint » où on considère que la zone de flexion est au milieu du manche.

S’agit-il de marketing ou d’une utilité réelle pour le golfeur ?

Cette segmentation à trois niveaux correspond à la possibilité offerte aux golfeurs de générer des formes de trajectoires différentes.

Il s’agit de savoir si vous voulez générer une trajectoire haute ou pénétrante.

Une trajectoire plus haute peut aider un golfeur qui manque de vitesse de swing pour gagner en portée.

Une trajectoire pénétrante est plus recommandée pour un golfeur qui a une vitesse de swing rapide, et à l’inverse, cherche surtout à optimiser sa distance en réduisant le spin donné à la balle, et augmenter le roulement de la balle au sol.

Le Kickpoint influence directement l’angle de lancement d’un coup de golf.

Il faut comprendre qu’un kickpoint bas va favoriser inversement un angle de lancement élevé. Le shaft va permettre de donner plus facilement plus de loft dynamique au moment de l’impact.

Par opposition, un kickpoint haut sur le shaft va produire un angle de lancement bas, car justement, la flexion s’opérant moins au niveau de la tête, le shaft va moins favoriser une augmentation du dynamic loft.

Ce n’est pas du marketing, mais bien une loi physique.

Si vous avez le sentiment ou pouvez vérifier vos trajectoires avec un radar, et constatez que vous envoyez des balles très hautes, vous pouvez considérer que le kickpoint de votre shaft est bas ou trop bas. Inversement, si vous avez du mal à lever la balle haute dans les airs, le kickpoint est trop haut.

En revanche, un kickpoint adapté ne va pas « sauver » un mauvais coup de golf ou un coup mal contacté au centre de la face. Il s’agit seulement d’optimisation à partir du moment où la balle est lancée avec un minimum de vitesse.

Il faut admettre que l’effet est modeste. Selon votre swing de golf, vous n’allez pas expérimenter une variation de l’angle de lancement de + ou – 20 degrés !

Pour l’avoir expérimenté lors du test des manches Myazaki, j’ai trouvé un écart de seulement 3 degrés entre 12 à 15 degrés pour l’angle de lancement.

Concrètement, pour la hauteur des trajectoires moyennes des balles tapées au driver à la même vitesse de swing (94 mph), cela signifie dans mon cas, un écart de 20 à 27 mètres au point le plus haut.

Selon la référence mondiale et expert du clubmaking, Tom Wishon, bien qu’un shaft affecte la trajectoire d’un coup de golf, cette dernière est bien plus impactée par le centre de gravité de la tête et la technique du joueur que par le design d’un shaft.

Il arrive effectivement et notamment chez d’excellents joueurs (classés entre 0 et 5 d’index) avec un swing tellement mécanique et précis, que le shaft n’ait pas réellement d’impact significatif sur la trajectoire.

Wishon explique ce phénomène de la manière suivante « Le plus important, c’est le geste du golfeur, car c’est lui qui va déterminer la réaction du manche. Si le golfeur est capable de tenir longtemps son poignet armé (release tardif) et notamment tard au downswing, cela va permettre de distinguer deux grandes catégories de flexion du manche pour produire une petite différence au niveau de la hauteur du coup à vitesse équivalente. A l’inverse, si le golfeur ne peut pas tenir les angles avec les poignets et relâche précocement au downswing, cela va annihiler la capacité du manche à délivrer une véritable différence dans la trajectoire du coup. »

Toutefois, Wishon comme d’autres ne minimise pas l’idée de choisir un profil de shaft adapté à son swing. Cela reste une bonne idée même quand un golfeur ne créé pas assez de vitesse.

Par la suite, l’industrie et les clubsmakers, parfois des artisans, ont commencé à développer une nouvelle notion, dite de « Bend Profile » ou en français « profil de flexion ».

C’est un prolongement de la première notion tout en essayant de comprendre plus avant comment un shaft réagit à l’impact. La notion de profil permet de distinguer le fait qu’un manche peut connaître différents niveaux de torsions sur toute sa longueur.

A nouveau, Tom Wishon a participé à l’évolution de cette terminologie. « Le kickpoint donne une connotation qui n’est pas juste, comme si le shaft avait une sorte de « coude », ce qui n’est pas en fait la réalité. Par opposition, le fait de parler de profil de flexion apporte une explication plus proche de la réalité sur le fait que la rigidité d’un manche peut varier sur sa longueur entière, pour justement changer le feeling de flexion, et la trajectoire. »

Jusqu’à présent, peu de fabricants ont été jusqu’au bout de la démarche de transparence sur leurs produits (fabricants de shafts) se contentant de notions très vagues sur la rigidité des manches ou les points de flexions.

En maintenant un certain flou, ils dissimulent volontairement la vérité aux golfeurs sur la réalité de ce que peut faire ou ne pas faire un shaft, faisant vivre une certaine forme de mythologie.

Ils peuvent le faire dans la mesure où nous sommes 95% à ne pas avoir un release assez tardif au moment du downswing pour être capable d’évaluer l’impact du manche sur la trajectoire des balles.

Pourtant, cela ne veut pas dire que vous n’auriez pas intérêt à jouer des manches dans la bonne rigidité et surtout le bon profil.

En augmentant la longueur des manches des drivers, certaines marques font croire à une augmentation de la vitesse de swing, alors que si la balle est par conséquent moins bien centrée dans la face, la vitesse de balle chute ! Soit l’effet inverse de ce que l’on espère produire.

Sans vouloir faire à nouveau absolument la promotion de Myazaki, c’est à ce jour l’un des seuls acteurs qui proposent justement une vision claire du profil de flexion de ses manches en ayant adopté l’international Flex Code.

Sur le shaft, vous savez quel est ce profil sur quatre points de mesures : tip, mid-tip, mid-butt et butt.

Pour le coup, le choix du manche ne ressemble pas à une supercherie entre un regular ou un stiff dont on ne connait pas réellement le profil et la rigidité.

En résumé, si vous n’arrivez pas à distinguer le fonctionnement du shaft dans la performance de vos coups, c’est parce que vous ne relâchez pas assez tard dans la zone d’impact. Quelque part, le choix du shaft n’est pas encore votre priorité.

Mais ce n’est pas une excuse pour que la profession maintienne consciemment une forme d’ignorance sur le fonctionnement réel des manches.

Une des raisons tenant dans le fait que les procédés de fabrications actuels et en grande série ne sont pas en mesure de garantir une régularité extrême des profils de flexions d’une manche à un autre, et alors qu’il porte la même peinture, le même vernis, et le même nom marketing. Vous pouvez acheter deux shafts que vous pensez identique… vous n’avez aucune garantie sur la reproduction exacte du profil.

Photos : Extraits du voyage Carlsbad (Californie) dans les ateliers de montages des marques de clubs.

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