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Tiger Woods a-t-il vraiment changé de swing pour son retour ?

Tiger Woods a-t-il vraiment changé de swing pour son retour ? - Crédit photo : Mark Newcombe

A l’occasion du Hero World Challenge 2016, un tournoi de golf du PGA Tour organisé aux Bahamas, et dont Tiger Woods est l’hôte, ce dernier a fait une plutôt bonne impression s’agissant de son jeu de golf, et de sa capacité à se hisser au niveau des tous meilleurs. 15 mois après sa dernière apparition en tournoi, Woods a-t-il changé son swing et son approche du parcours ? Notre consultant, Richard Hurvitz vous livre son point de vue…

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Un Tiger Woods métamorphosé ?

Vous l’aurez peut-être noté si vous avez suivi le tournoi à la télévision ou vu des images des vidéos que nous avons publiées, le Tiger Woods qui est revenu début décembre paraissait curieusement beaucoup plus maigre que par le passé.

Etait-ce lié à un manque d’activité sur une longue période ? A la fin de son entraînement à la limite du paramilitaire ?

En fait, l’explication était beaucoup plus simple.

Quelques jours avant thanksgiving, Woods est tombé malade et a perdu deux kilos descendant de son poids de forme de 83 à 81 kilos pour 1m85.

Visiblement suffisant pour que cela se voit…

Ceci étant, concernant son swing de golf, le tigre a bien procédé à des ajustements importants en raison de son physique.

Le premier élément à prendre en compte est le fait qu’il veut clairement protéger son dos, son plus gros point faible depuis plusieurs années.

Au cours de son interview après les deux premiers tours du Hero World Challenge, Woods a expliqué qu’il avait eu des sensations positives, qu’il se sentait beaucoup mieux parce que justement il tenait parfaitement compte de ce qu’il pouvait faire ou ne plus faire physiquement.

Sa problématique est d’ailleurs plus articulaire que musculaire. Il ne se sent pas moins souple que par le passé. Il doit simplement être plus vigilant concernant sa colonne vertébrale.

Pour ce faire, il est revenu à certains principes de postures qu’il employait quand il était golfeur junior.

Richard Hurvitz, consultant pour Jeudegolf.org, a ainsi noté qu’il laissait aller son poids plus à gauche au downswing et finissait son geste beaucoup plus droit ou debout.

Le but de la manœuvre étant d’aller à l’inverse de l’école de la posture dite en « C inversé » qui justement mettait beaucoup de stress sur la colonne.

Le coach américain explique d’ailleurs qu’il enseigne le swing de cette façon pour prévenir les problèmes de dos chez des amateurs.

Cette méthode de « C inversé » était selon lui une méthode d’enseignement ancienne pour mettre plus de puissance et obtenir des trajectoires plus rectilignes tenant compte des manches avec plus de torque.

Avec les nouveaux manches en graphite, plus légers, et avec moins de torque, le besoin pour un tel swing qui met beaucoup de pression sur le dos s’est peu à peu atténué.

Richard Hurvitz cite en exemple le cas de Tom Kite qui était un modèle de swing en « C inversé » à ses débuts sur le tour, comme bons nombres de joueurs de cette génération.

Un autre Tiger, le même Woods ?

Au cours du Hero World Challenge, Tiger Woods n’est pas réellement apparu comme un golfeur différent. Il a bien entendu joué de la même manière, en tout cas, dans son approche offensive du parcours.

Il faut noter que des quatre tours de compétitions, il a été celui qui a rentré le plus de birdies (24) mais il aussi été celui qui a concédé le plus de double-bogeys (6) en contrepartie de sa grande prise de risque.

Ceci étant, il a concédé la moitié de ses doubles sur le même trou, le 18 !

A titre de comparaison, le vainqueur du tournoi, Matsuyama n’a finalement eu besoin que de 22 birdies pour s’imposer.

Woods n’a donc pas changé son intention, mais seulement son moyen.

En plus de paraître moins affuté comme un athlète de football ou de basket américain, il va bientôt avoir 41 ans, Woods a développé un swing légèrement moins ample, moins brutal, mais peut-être un peu plus délié.

Pour notre consultant, le caractère plus « doux » du swing de Woods peut être mis sur le compte d’une meilleure transition pendant le downswing.

Enfin, meilleure ? Plutôt une transition qui combine mieux les actions de rotations et de poussées au moment de ramener le club vers la balle.

Pour l’enseignant américain, il est apparu beaucoup plus relâché. Il n’a pas cherché à déclencher une action de poussée aussi dominante et profonde que ce qu’il tentait de faire ces dernières années.

Auparavant, il avait besoin de faire des mouvements extrêmes de rotation avec son corps pour exploser la balle avec la face du club.


Cette différence se voit plus particulièrement au niveau de son jeu de fers alors qu’au drive, il semble qu’il cherche encore sa nouvelle bonne « formule ».

Si dans un premier temps, Woods a retrouvé de la vitesse de club avec son driver, il a toujours des difficultés pour être aussi précis qu’il le souhaiterait.

Concernant la vitesse de club au driver, Woods swingue en moyenne à près de 118 mph, soit la même vitesse que l’actuel numéro un mondial, Jason Day ou encore 7 mph de plus que Jordan Spieth.

Il ne donne plus un grand déplacement vers la droite comme il le faisait les dernières années, mais aux Bahamas, il a encore dispersé plusieurs drives, notamment au cours du premier tour.

Au cours de cette partie, il n’a touché que 55% des fairways en régulation.

Durant la suite du tournoi, sa moyenne s’est légèrement améliorée pour monter à 70% sur le second tour, son meilleur joué en 65, alors que lors du dernier passage, il est retombé à seulement 55% pour son moins bon score du week-end, 76.

Pour Woods, comme pour d’autres golfeurs, il y a une corrélation directe entre précision sur le premier coup, et carte de score…surtout que dans le cas de l’ex-numéro un mondial, son putting est resté constant pendant les quatre tours (entre 26 et 29 putts par parties).

Ce qui est plus facile à noter pour un amateur de golf, c’est que Tiger a rétrécit son stance par rapport à la période avant sa blessure. Ce sera d’ailleurs intéressant de constater si ce changement est provisoire ou voué à être permanent.

Ce changement de stance se combine avec une balle placé plus à l'intérieur, et une posture plus centrée au-dessus de la balle. Il ne cherche sans doute pas à maximiser l'angle de lancement, mais surtout, il vise à modifier son équilibre, notamment au finish.

Son backswing est toujours très similaire. Il recherche un maximum d'amplitude avec les bras, mais notez qu'il tourne bien plus les hanches à la fin de cette séquence.

A l'impact, son pied gauche est plus à plat. Enfin, au finish, l'équilibre est radicalement différent. Son dos est beaucoup plus droit, et moins en position de C inversé comme évoqué plus haut et par le passé.


Très loin des crises de yips au chipping…

Concernant son petit jeu, Woods a eu quelques petits coups manqués, un chip accroché, une sortie de bunker un peu gratté/topé, mais rien de catastrophique, et comparable à la crise de yips qu’il a connu deux ans auparavant.

En revanche, ses meilleurs coups ont été aussi grandioses que ceux qu’il avait été capable de taper dans ses meilleures années. Il a démontré à plusieurs reprises quelques chips particulièrement délicats à jouer.

Notre coach a aussi relevé le fait que Woods avait fait des petits ajustements subtils au sujet de sons chipping.

Par le passé, Woods était connu pour être un joueur avec une posture très raide, et très étroite s’agissant du petit jeu.

Ce faisant, il arrivait sur la balle avec un angle très prononcé, et mettant en jeu le « leading edge » de la face de club (bord inférieur de la face qui fait la jonction avec la semelle).

Avec des mains fantastiques, vous pouvez très bien vous en sortir, mais vous frôlez en permanence, le risque maximum !

A Nassau, pour le Hero World Challenge, Woods a utilisé un swing plus ample moins raide, qui laissait plus de bounce du club rentrer en contact avec le gazon. C’est bien entendu, ce que devrait faire plus souvent la majorité des golfeurs du dimanche.

Entre 15 et 30 mètres du green, sur des pitchs, vous n’avez pas nécessairement besoin de l’amplitude maximum pour votre swing, un enseignant vous dira que la rotation de l’épaule droite doit suffire à faire pointer le butt du manche sur la balle ou légèrement à l’extérieur, et de là, il faut laisser le club être swingué, au lieu de chercher à le manipuler ou l’accélérer outre-mesure vers la cible.

Woods sur la bonne voie

En résumé, Woods a opté pour des options techniques moins extrêmes, et plus conventionnelles, tout en adoptant la même stratégie offensive, ce qui lui a plutôt bien réussi jusqu’à manquer d’énergie sur le dernier tour.

Sans doute un phénomène un peu normal pour quelqu’un qui n’avait plus joué à ce niveau depuis 15 mois, et pour un tournoi de reprise.

L’américain aura tout loisir de corriger cela lors de son prochain tournoi qui pourrait bien avoir lieu à l’occasion du Genesis Open, le 13 février prochain, sur le parcours du Riviera Country Club à Pacific Palissades, une épreuve que le tigre a déjà disputé à onze reprises pour au mieux une seconde place.

Peut-être une occasion de combler une lacune dans son incroyable palmarès ?

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