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La séquence de swing de Rory McIlroy

La séquence de swing de Rory McIlroy - crédit photo : Michael Wade/Icon Sportswire

Alors que la saison 2018 vient de s’achever sur le PGA Tour, le nord-irlandais Rory McIlroy, numéro 5 mondial et vainqueur du Arnold Palmer Invitational n’a pas tout à fait atteint ses objectifs. En lice pour le Masters à Augusta, pour les championnats du monde à Akron, il lui a manqué un petit quelque chose pour réussir une grande saison, mais certainement pas la puissance au drive ! Il termine l’exercice 2018 en position de leader pour la moyenne de distance au drive avec 320 yards de moyenne, loin devant Dustin Johnson et Brooks Koepka…Jusqu’à présent, il n’avait encore jamais drivé aussi loin…

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McIlroy tape toujours plus fort

A 29 ans, Rory McIlroy rêve toujours de gagner le seul titre majeur qui manque encore à son beau palmarès émaillé de 14 victoires sur le PGA Tour, et 9 victoires internationales, dont 4 majeurs (US Open 2011, British Open 2014, et US PGA 2012 et 2014).

Le Masters d’Augusta échappe toujours à sa collection. Il peut regretter un dernier tour terrible en 2011, alors qu’il avait quatre coups d’avances, et déjà une main sur la veste verte.

A l’époque, il était le jeune prodige du golf mondial amené à succéder durablement au Tigre.

Déjà dans le top-10 mondial, joueur clé de l’équipe européenne de Ryder Cup, en arrivant sur le tee de départ du dernier tour à Augusta, il était clairement nerveux, et même intimidé de partager la partie avec l’argentin Angel Cabrera, ce dernier ne manquera pas de lui mettre la pression d’entrée de jeu.

McIlroy finira par déjouer, et même craquer au début des trous du retour. Jusqu’à cette année, il ne fut plus jamais aussi près de pouvoir réellement l’emporter.

Numéro un mondial en 2012 et 2014, le gamin chevelu a laissé la place à un athlète complet, qui malgré une taille raisonnable de 1m75 se classe toujours régulièrement parmi les plus longs frappeurs du circuit.

A ses débuts sur le circuit, ils étaient peu nombreux à vraiment taper plus loin. Cependant, Dustin Johnson et Bubba Watson étaient encore assez nettement plus longs.

Ces dernières saisons, un véritable duel s’est installé entre le numéro un mondial 2017 (Dustin Johnson) et Rory, qui à distance essaient de se surclasser depuis le tee de départ.

Les deux golfeurs devront désormais rivaliser avec un nouveau prétendant, Brooks Koepka.

La distance au drive est devenue au fil des années l’élément prépondérant pour conquérir des victoires en majeur, surtout aux Etats-Unis, et le titre de meilleur golfeur de la planète.

En 2018, avec 320 yards (292 mètres) de moyenne dont 305 (278 mètres) au carry, McIlroy a largement rempli cette part du contrat. Personne d’autre n’a fait mieux sur le PGA Tour.

Ces moyennes sont données pour un total de 118 drives mesurés sur le circuit, soit une partie seulement de tous les drives tapés par le nord-irlandais.

L’autre chiffre à prendre en considération est la vitesse de swing.

McIlroy déplace la tête de club à 121,42 mph de moyenne (195 km/h), ce qui ne le classe pourtant qu’au 9eme rang des golfeurs les plus rapides.

On pourrait pourtant penser que pour être numéro un en distance, il faudrait aussi être numéro un en vitesse de swing.

D’une part, c’est une curiosité statistique du PGA Tour qui mesure d’un côté 118 drives à 320 yards, et de l’autre, seulement 41 à 121 mph de moyenne, ce qui laisse un petit espace aux questions de cohérences entre les deux mesures, et d’autre part, la vitesse de swing n’est pas le seulement élément pour expliquer la distance totale.

McIlroy a un autre « petit » talent complémentaire.

Il centre très bien la balle, ce qui a pour double conséquence d’optimiser la vitesse de balle, et donner le taux de spin idéal pour des balles longues distances.

Nous allons développer plus loin cette compétence.

Déjà en 2017, il smashait la balle à 1.50 fois la vitesse de son swing (smash factor) pour un taux de spin aux environs de 2400 tours.

Déjà en 2017, il smashait la balle à 1.50 fois la vitesse de son swing (smash factor) pour un taux de spin aux environs de 2400 tours.

En réalité, de tous les indicateurs de la puissance au drive, c’est surtout celui de la vitesse de balle qui est le plus important.

En 2018, McIlroy a lancé la balle à une vitesse de 181 mph (291 km/h), soit un gain de 1 mph par rapport à l’an passé.

Comment fait-il pour swinguer aussi vite, et aussi fort ?

Le fait d’utiliser un Trackman nous permet d’avoir un accès à des données des joueurs du tour, justement mesurés sur le parcours avec ce radar.

Concernant McIlroy, on peut comparer deux drives prix à deux ans d’intervalles.

Isoler un drive ou même deux de la part d’un golfeur qui en tape plusieurs centaines par an est un exercice périlleux.

Cependant, cela va permettre d’illustrer plusieurs compétences du champion.

La première, pour taper des drives à près de 300 mètres sans perdre totalement le contrôle de la trajectoire eu égard à la vitesse de swing déployée (entre 118 et 120 mph), McIlroy déplace son chemin de club légèrement intérieur-extérieur (entre 1,5 et 4,5 degrés), et dans une propension relativement faible, mais surtout, dans les deux cas, la position de la face est en cohérence avec ce chemin légèrement intérieur-extérieur.

En maîtrisant parfaitement cette relation cruciale du chemin et de la face, il contrôle à peu près la trajectoire de la balle.

A peu près ?

Quand la balle part à plus de 175 mph, le moindre effet est multiplié.

Les plus longs frappeurs ne doivent pas seulement taper plus vite… ils doivent être encore plus capable de tout aligner à la perfection, car dans le cas de McIlroy, même pour un drive quasi-parfait, un léger écart de relation entre le chemin et la face, cumulé avec une balle pas tout à fait prise au centre peut engendrer un écart de plusieurs dizaines de mètres avec le centre du fairway.

Entre ces deux drives, celui de gauche mesuré en 2016, et celui de droite mesuré en janvier 2018, on sait que Rory s’est fixé comme objectif de travailler sur l’augmentation de son angle de lancement.

Entre ces deux drives, celui de gauche mesuré en juin 2016, et celui de droite mesuré en janvier 2018, on sait que Rory s’est fixé comme objectif de travailler sur l’augmentation de son angle de lancement.

Il a fait des déclarations dans ce sens à la presse américaine en début d’année.

En augmentant son angle d’attaque, il espérait justement optimiser la portée de ses balles. Cela se confirme ici car, en augmentant seulement son angle d’attaque de 0,5 degrés vers la balle, cette dernière décolle de +3 degrés au départ du tee !

Elle monte 6 mètres de plus dans l’air alors qu’entre les deux exemples, malheureusement, il ne tape pas tout à fait à la même vitesse de swing, pour que la comparaison soit complètement incontestable.

Sa séquence de swing au drive : Une question de squat ?

Le PGA Tour donne des moyennes. Il arrive souvent que Rory tape des drives à plus de 340 mètres, quand certaines circonstances sont favorables.

McIlroy positionne le bout du grip de son club au-dessus de la ligne formée par ses orteils.

Trait caractéristique du driving de McIlroy, sur beaucoup de clichés, vous pourrez noter une organisation relativement similaire d’un drive à un autre. McIlroy positionne le bout du grip de son club au-dessus de la ligne formée par ses orteils.

Il aime avoir les bras légèrement en avant par rapport à la position de ses épaules, ce qui lui donnerait la sensation de pouvoir contrôler le chemin de ses mains pendant le swing.

Il cherche son swing préférentiel intérieur-extérieur.

Au démarrage du backswing, il cherche à rester « grand » et ne pas s’abaisser pour être capable de donner plus d’effet de levier, et de vitesse à la balle.

La position de la face est à mettre en relation avec l’inclinaison de sa colonne vertébrale.

Au moment d’amener le club parallèle avec le sol, la main droite de Rory est bien au-dessus de la main gauche, et pousse vers le bas pour chercher un maximum d’extension.

La position de la face est à mettre en relation avec l’inclinaison de sa colonne vertébrale.

On peut dire qu’il est en position neutre.

Plus jeune, Rory a beaucoup travaillé sur cette position du manche parallèle au sol.

« Si vous entamez correctement le downswing, il sera facile de trouver cette position où le butt du manche est pointé vers la cible alors que le shaft est horizontal. C’est la meilleure garantie pour taper des coups droits. »

C’est seulement au moment où ses épaules tournent de 90 degrés et que son bras gauche est parallèle au sol que son coude droit et ses poignets commencent à s’armer ou se plier.

Il cherche à maximiser l’amplitude de son mouvement.

Au sommet du backswing, on peut voir à quel point son extension est maximum. La rotation des épaules est bien plus prononcée que celle des hanches, il fabrique le fameux différentiel de rotation dit facteur X.

Au sommet du backswing, on peut voir à quel point son extension est maximum. La rotation des épaules est bien plus prononcée que celle des hanches, il fabrique le fameux différentiel de rotation dit facteur X.

Sa poitrine pointe dans la direction inverse de la cible. Il n’a plus qu’à relâcher l’élastique tendu au maximum.

Un des traits les plus notables de son driving tient dans le moment de la phase de transition où entre le backswing et le downswing, McIlroy donne l’impression de perdre quelques centimètres de hauteur.

Il fait un excellent travail physique de mise en pression sur les genoux tout en maintenant l’écart entre eux, ce qui l’aide à tourner ses hanches, tout en horizontalisant quelque peu le shaft du club au début de la descente.

Beaucoup de la puissance de Rory vient du fait qu’il sait particulièrement bien ouvrir et tourner ses hanches tout au long du swing.

Ce mouvement comparable à un squat est le point clé du swing de Rory.

« Mon premier mouvement au backswing est en fait ce changement de pression sur le côté gauche avant que toute autre chose ne se passe, et notamment avec mes bras. »

Rory fait littéralement référence à un bond latéral (transfert de poids). Pour beaucoup d’amateurs, au contraire, nous sommes en retard sur ce transfert, ce qui justement rend difficile la bonne séquence du swing.

L’une des plus grosses relations entre vitesse de swing et interaction avec le sol est mesurée quand le shaft est perpendiculaire avec le sol pendant le downswing, selon l'expert en biomécanique Sasho MacKenzie.

« Vous ne devez pas attendre l’impact. A ce moment, c’est déjà trop tard » déclare-t-il.

Ce à quoi McIlroy ajoute « Je suis vraiment en train de sauter sur mon côté gauche, ce qui met tout mon poids sur la jambe gauche. Juste avant l’impact, ma hanche gauche s’élève.

A ce stade du downswing, il applique sa force vers le sol tandis que le shaft est parfaitement placé pour être swingué de l’intérieur vers l’extérieur.

Une grande partie de sa puissance vient du sol.

A ce stade du downswing, il applique sa force vers le sol tandis que le shaft est parfaitement placé pour être swingué de l’intérieur vers l’extérieur.

McIlroy est toujours dans un phénomène de poussée de bas vers le haut, alors que sa tête reste basse bien après l’impact. Ses jambes et ses hanches se sont pourtant considérablement redressées.

McIlroy est toujours dans un phénomène de poussée de bas vers le haut, alors que sa tête reste basse bien après l’impact. Ses jambes et ses hanches se sont pourtant considérablement redressées ou tendues.

Rory cherche à terminer haut à l’aide de son buste et de ses hanches qui font rapidement face à la cible. C’est une indication de la vitesse qu’il a donné à l’impact.

Rory cherche à terminer haut à l’aide de son buste et de ses hanches qui font rapidement face à la cible. C’est une indication de la vitesse qu’il a donné à l’impact.

Au finish, l’épaule droite est vraiment lancée vers la cible, ce qui indique une rotation très prononcée.

Le secret de Rory pour gagner en puissance

En complément de ce qui a été exposé ci-dessus, en début d’année, Rory McIlroy a livré un interview sur les raisons de sa puissance dans une vidéo postée par MeandmyGolf.

Il a parfaitement démontré ce qu’était aujourd’hui un golfeur moderne.

A savoir, un golfeur capable de parfaitement associer une profonde compréhension des données issues des outils technologiques à sa disposition, et l’association qu’il en fait avec le feeling.

Au cours de cette vidéo, les chroniqueurs notaient le fait que McIlroy cherchait vraiment à attaquer la balle avec un angle d’attaque très remontant (plus de 5 degrés).

Un angle d’attaque remontant permet d’optimiser l’angle de lancement et de porter la balle plus haut dans les airs.

McIlroy tout comme Justin Thomas sont des petits gabarits, ils utilisent pourtant très fortement la notion de poussée vers le sol avec la jambe avant au moment du downswing, pour justement produire plus de vitesse de swing, tout en favorisant une façon de taper la balle vers le ciel.

Pour Sasho MacKenzie, le secret des plus longs frappeurs sur le tour consiste à légèrement descendre sur les genoux pendant le backswing, puis à lancer les hanches vers l’avant au moment d’approcher la zone d’impact.

Le fait de pousser dans le sol et de lancer les hanches agit sur la manipulation du club, ce qui a tendance à l’horizontaliser et à augmenter l’angle d’attaque.

Thomas et McIlroy sont parmi les plus longs frappeurs car cette technique leur permet de réduire le spin au maximum tout en augmentant l’angle de lancement de la balle.

Au moment d’un passage au Titleist Performance Institute en début de carrière, le Docteur Greg Rose avait mesuré la vitesse de rotation des hanches de Rory à près de 720 degrés par seconde, soit environ 200 degrés de plus que la moyenne des joueurs du PGA Tour !

La faculté d’utiliser le sol est l’une des principales armes de Rory pour taper plus loin.

Pour y parvenir, il a surtout besoin d’une base très stable à l’adresse.

Pour l’expert en biomécanique, Sasho MacKenzie, les petits gabarits peuvent plus facilement utiliser le sol « Pour une vitesse de club donnée, un golfeur avec moins de masse corporelle comme Rory va avoir besoin d’un mouvement du corps plus important vers le haut et d’un côté gauche qui tracte plus à l’impact pour avoir la sensation de contrôler le club. »

Ce à quoi Rory ajoute « J’essaie de garder ma jambe droite vraiment fléchie, mais toujours chargée. De là, il y a beaucoup d’énergie à transférer au côté gauche. »

La grande force de McIlroy consiste donc à parfaitement connaître la mécanique de son corps.

Crédit photo : Michael Wade/Icon Sportswire

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