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Drivez avec puissance et précision – L’exemple du swing de Paul Casey

Drivez avec puissance et précision – L’exemple du swing de Paul Casey

Vainqueur début mars du Valspar Championship 2018 disputé en Floride devant Tiger Woods et Patrick Reed, Paul Casey a mis fin à une très longue période d’insuccès sur le tour américain. Longtemps considéré comme l’un des meilleurs golfeurs du monde (3eme mondial en 2009), il a principalement remporté toutes ses victoires sur l’European Tour, mais rien depuis le KLM Open en 2014. Sa dernière victoire sur le PGA Tour remontait au Shell Houston Open en 2009. Indispensable à l’équipe européenne de Ryder Cup, Paul Casey est aussi un modèle de qualité au driving. Découvrez ses données trackman, et les clés techniques de son geste pour figurer régulièrement dans le top-35 des coups gagnés au drive.

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Paul Casey : Pas taillé pour driver loin ? Il sait se servir de son corps !

Vainqueur de 18 tournois professionnels dont la majorité sur le circuit européen entre 2001 et 2014, on pouvait douter de sa stratégie visant à jouer exclusivement sur le circuit américain depuis 2015.

Non qualifié pour la Ryder Cup 2016, n’ayant volontairement pas participé au mécanisme de qualification, l’anglais Paul Casey, 40 ans, n’avait pas jusqu’à présent démontré qu’il pouvait suffisamment performer sur le PGA Tour pour retrouver les sommets du golf mondial.

Après une très longue attente de neuf ans, une grave blessure à l’épaule en 2012, après avoir été le premier anglais à revenir dans le top-3 mondial une décennie après Nick Faldo, Paul Casey a donc retrouvé le chemin d’une victoire, celle qui valide à la fois le travail, et le talent indiscutable d’un golfeur de haut niveau.

Ces dernières semaines sur le PGA Tour, on assiste à une série de victoires après une longue période de disette. Ce fut d’abord Phil Mickelson au Mexique, Casey à Innisbrook, et demain peut-être Tiger Woods à Bay Hill ?

Pour gagner le Valspar, lors du dernier tour, Casey n'a pas commis de grosses fautes, et seulement un bogey pour la journée. Avec trois birdies consécutifs sur le retour, il s'est mis en position de gagner avec un coup d'avance, déjouant son propre pronostic, voulant qu'il pouvait avoir de l'avance sur Tiger Woods avant le week-end, pour finir par perdre avec quatre coups de retard, selon sa propre déclaration, vendredi.

Malgré un très bon Woods, Paul Casey a donc remporté une belle victoire. Il s'est basé sur une distance au drive de 318 yards et une régularité proche de 70% pour les fairways en régulation.

Paul Casey n’a beau que mesurer 1m78 pour 82 kilos, il fait partie des 35 premiers pour la distance au drive sur le très athlétique PGA Tour.

En 2018, sa moyenne de drive est de 305,8 yards (278 mètres).

En 2008, elle était de 299 yards (273 mètres). Il était alors 18eme pour la distance au drive sur le tour américain.

En dix ans, il y a surtout un domaine dans lequel Paul Casey a gagné notablement en régularité : C’est la précision au drive !

De 62%, il est passé à une moyenne de 65% de fairways en régulation. Ces 3% ont suffi à le faire passer de 109 à 26eme pour la précision au drive.

3%, cela représente une vingtaine de fairways en plus sur près de 750 mesurés par la PGA dans une saison.

Du coup, Casey est bien à considérer comme un driver long et précis. Il est régulièrement dans les 30 premiers pour le nombre de coups gagnés depuis le tee.

Si vous ajoutez à cela un excellent petit jeu (9eme pour les coups gagnés autour du green en 2018), Paul Casey a donc de sérieuses chances de gagner un ou plusieurs tournois.

Entraîné par le célèbre Peter Kostis, qui a plus de 70 ans est l’un des coachs les plus célèbres aux USA avec des clients comme Chez Reavie ou surtout Bernhard Langer. Il est aussi connu pour avoir coaché Kevin Costner dans Tin Cup.

La séquence de swing de Paul Casey

Casey et Kostis décrivent le swing du champion en 7 étapes : Adresse, prise d’élan, sommet du backswing, début du downswing, downswing, impact et finish.

Pour l’adresse, Casey explique qu’il place sa balle dans l’axe de son talon gauche. Sa colonne est inclinée à droite, et son poids est réparti à 50/50 entre jambe gauche et droite.

Pour l’adresse, Casey explique qu’il place sa balle dans l’axe de son talon gauche.

Il respecte systématiquement cette organisation avant chaque drive.

Au moment de démarrer le backswing (prise d’élan), Casey affirme qu’il s’assure de mettre en action toutes les parties de son corps en même temps (la synchronisation).

« Mains, bras, épaules, hanches, tout doit commencer à pivoter ensemble »

« Mains, bras, épaules, hanches, tout doit commencer à pivoter ensemble »

Au sommet du backswing, il explique la clé de son driving : « Je garde le genou droit fléchi alors que le relâchement du genou gauche permet à la cuisse gauche de venir derrière la balle. »

A partir de là, l’anglais se sent prêt à démarrer sa transition vers la descente.

Je garde le genou droit fléchi alors que le relâchement du genou gauche permet à la cuisse gauche de venir derrière la balle

Ainsi, on comprend que pour créer le plus grand factor-X possible, Paul Casey accepte de soulever très légèrement le talon gauche, et ne fige pas excessivement le bas du corps.

C’est sa manière de créer de la puissance et de la vitesse, tenant compte de sa taille raisonnable versus des golfeurs encore plus athlétiques.

Cette « technique » n’est pas la seule possible.

D’autres golfeurs plus puissants n’ont pas nécessairement besoin de laisser le talon gauche se soulever, pour tout de même créer un facteur X important (écart de rotation entre les hanches et les épaules).

Deuxième clé technique expliquée par Paul Casey pour justifier distance et précision, au début du downswing, il exprime avoir la sensation de « planter le talon gauche dans le sol » pour permettre justement à la jambe gauche de supporter et lancer le mouvement vers l’avant.

Sa boucle de ceinture est alors face à la balle alors que les épaules sont toujours légèrement en arrière.

Sa boucle de ceinture est alors face à la balle alors que les épaules sont toujours légèrement en arrière.

C’est encore l’un des points essentiels pour comprendre comment un pro utilise le x-factor et génère ce « retard » nécessaire des derniers segments de la séquence de swing.

L’analyse de la biomécanique d’un swing a permis de relever que les hanches pivotent en premier pour lancer le buste, qui lui-même va lancer les bras, et enfin, ces derniers transmettent l’énergie au club, et en dernier ressort.

Tout se joue donc dès le début de la descente.

Il faut que cette boucle de ceinture soit face à la balle, signe que les hanches ont largement commencé à tourner avant les épaules.

Selon Paul Casey « Cette déconnexion des épaules et des hanches me permet de garder un angle puissant de 90 degrés entre le manche et mes bras. »

Par la suite, au downswing, Casey tourne le buste et les épaules en veillant à conserver quasiment intact cet angle de 90 degrés entre le manche et les bras. Il considère que c’est cela qui fabrique l’intégralité de sa puissance au drive.

Casey tourne le buste et les épaules en veillant à conserver quasiment intact cet angle de 90 degrés entre le manche et les bras.

« J’ai dirigé avec les jambes et le bassin a tourné, entraînant l’épaule gauche en haut et en arrière. »

En haut et en arrière, cela signifie que l’épaule gauche qui était déjà orientée vers le haut au tout début à l’adresse, retrouve cette position de surélévation par rapport à l’épaule droite, et en plus, elle commence à partir en arrière ou derrière la tête, sous l’effet de la rotation, alors qu’à l’adresse, elle était sur la même ligne que l’épaule droite.

Pour Casey, la clé de ce mouvement précis est « Il faut avoir la sensation de déplacer simultanément le corps et le club dans la zone de frappe. »

On pourrait préciser selon la biomécanique du swing, que c’est le corps qui déplace le club dans un rythme d’accélération.

Il faut avoir la sensation de déplacer simultanément le corps et le club dans la zone de frappe.

Après l’impact, Casey explique cette fois sa précision avec le fait de conserver le talon droit relativement peu décollé du sol. « J’ai donné toute la puissance possible sans avoir décalé mon corps. »

J’ai donné toute la puissance possible sans avoir décalé mon corps.

C’est l’un des grands problèmes que l’on retrouve fréquemment chez les amateurs, et illustré par notre consultant Olivier Raynal dans le fait de glisser, soit par le sway, soit par le slide.

En voulant créer de la puissance, au lieu de pivoter sur un axe, un amateur peut déplacer le corps d’arrière en avant ou l’inverse, et donc créer une forme d’instabilité qui nuit au point de contact de la balle dans la face. Du coup, cela engendre imprécision, et perte de puissance.

En résumé grossier, à l’aller (backswing), Casey soulève légèrement le talon gauche, alors qu’au retour (downswing), Casey soulève légèrement le talon droit.

Dernier point de vigilance pour Casey, et qui suit toujours les principes relevés par le Titleist Performance Institute au sujet des fautes les plus fréquentes, Casey s’assure au finish de ne pas finir en C inversé.

Son buste ne part pas en avant. « J’ai swingué à hauteur ou sur ma jambe gauche mais sans chercher à aller au-delà. »

J’ai swingué à hauteur ou sur ma jambe gauche mais sans chercher à aller au-delà.

La clé la plus importante au sujet de Paul Casey tient dans le fait qu’il lève le pied gauche dans la montée, et le laisse en suspension près de sa chaussure droite. Puis, il le remet dans la position d’origine pendant le downswing pour ainsi mieux transférer son poids, et rendre son mouvement plus fluide, selon son entraîneur Peter Kostis.

Pour Casey « Je suis certain qu’il est difficile d’être puissant et constant avec un talon gauche fixé au sol pendant le backswing. »

A l’inverse, pour les 35% des cas où Casey commet une faute de trajectoire, et ne prend pas un fairway en régulation, ce dernier estime que dans la majeure partie des cas, c’est son genou droit qui n’a pas été solide.

« Pour un coup long et précis, j’immobilise mon genou droit et je pivote autour. Quand je commets une faute, c’est généralement parce que je redresse la jambe droite en haut du backswing, et que je limite involontairement mon pivot. »

Les conseils d’un pro pour les amateurs

Pour Peter Kostis, Casey a travaillé sur son swing pour le rendre essentiellement plus simple, et donc plus facile à répéter.

« Il faut adapter son swing à son corps, et ensuite son corps à son swing. »

Pour le coach, Casey a des bras très puissants, et c’est ce qui lui permet de générer autant de vitesse de swing (on parle de 117 mph, soit la 35eme meilleure vitesse sur le tour en 2018).

Toujours pour Kostis « Quelqu’un de moins puissant au niveau des bras perdrait le contrôle de ce swing. »

Le bon conseil est alors d’adapter son rythme à ses capacités musculaires.

« La vitesse de votre tempo dépend autant de votre puissance que de votre contrôle du club. »

Pour éviter de basculer et de perdre l’équilibre, l’anglais s’entraîne à faire des swings les pieds plantés dans le sol (les orteils du pied droit planté dans le sol et le pied gauche à plat sur le sol). Ainsi, il admet rester centré pour réaliser le bon pivot.

Les données au trackman

Pour un drive mesuré à 115 mph au drive (proche de sa moyenne), Paul Casey génère une vitesse de balle de 171 mph (smash factor à 1.48 proche du maximum).

Pour un drive mesuré à 115 mph au drive (proche de sa moyenne), Paul Casey génère une vitesse de balle de 171 mph (smash factor à 1.48 proche du maximum).

Sa portée de balle au carry est alors de 266 mètres. Il faut ajouter 20 mètres de roule pour obtenir la distance totale à 286 mètres.

Malgré le fait qu’il décrive une épaule gauche un peu plus élevée que l’épaule droite, au moment de l’impact, son angle d’attaque est très faible, et même quasiment neutre (0,3 degrés).

Il ne cherche pas nécessairement, sur ce coup, à la lancer encore plus haut.

C’est la vitesse de swing qui permet essentiellement que la balle monte jusqu’à 33,6 mètres de hauteur à son pic maximal.

Avec un taux de spin de 2560 tours, et un angle de lancement de 11 degrés, Casey se situe dans les 35 plus longs frappeurs, mais pas mieux alors qu’un Justin Thomas qui peut swinguer encore plus vite (117 mph) et sous la barre des 2000 tours de spin.

A noter, son chemin de club est intérieur-extérieur de l’ordre de 6 degrés.

A noter, son chemin de club est intérieur-extérieur de l’ordre de 6 degrés.

C’est donc la face parfaitement square (-0,6 degrés) qui lui permet d’adresser un drive droit avec seulement 3,7 mètres d’écarts avec le centre du fairway sur la droite.

Sources : Propos de Paul Casey et Peter Kostis recueillis par Duncan Lennard et photos de Mark Newcombe au British Open 2017 et Laurent Agostini au Genesis Open 2017 à Pacific Palissades (Californie). Données fournies par Trackman Gmbh

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