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La séquence de swing de Nicolas Colsaerts

La séquence de swing de Nicolas Colsaerts

Est-on en train d’assister à la renaissance du golfeur de Schaerbeek ? Après un gros passage à vide suite à sa tentative pour jouer à plein temps aux Etats-Unis sur le circuit PGA Tour où il avait pourtant toutes les qualités requises, notamment par la puissance au drive. Le belge Nicolas Colsaerts connait une bonne saison 2016 qui le voit pointer dans les trente premiers du circuit européen. De retour à ses premiers amours, nous nous sommes intéressés à son swing, surtout que nous avons pu l’approcher de près au Golf National pour des photos et des vidéos exclusives.

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Le retour au premier plan de Nicolas Colsaerts

Depuis le début de la saison 2016, Nicolas Colsaerts a largement retrouvé le sourire.

Avec trois top-3 dont le dernier en Ecosse, une semaine avant le British Open, majeur sur lequel le belge s’est particulièrement bien accroché avec des parties jouées autour du par pendant les trois premiers jours.

Le retour au premier plan de Nicolas Colsaerts

L’an passé à pareille époque, Colsaerts était bien loin de son meilleur niveau. Celui qui fit de lui l’un des membres de l’équipe européenne de Ryder Cup 2012 à Chicago pour une victoire mémorable contre les américains.

Derrière cet accomplissement majeur dans la carrière du jeune homme, il a admis avoir perdu un peu pied dans son golf.

Sa victoire en Ryder Cup constituait un but atteint à seulement 29 ans alors que c’était le graal de toute sa vie de golfeur. Colsaerts a eu besoin de se réinventer, de se chercher un nouveau but.

Pour l’avoir observé au practice, et suivi en parti sur le parcours du Golf National dans le cadre du centième Open de France, le belge a été égal à sa réputation de joueur cool, très décontracté, et très délié.

C’est un commentaire un peu facile ! Quel golfeur pourrait ne pas être cool sur le parcours ?

Deux exemples viennent rapidement à l’esprit : Victor Dubuisson est beaucoup plus nerveux, et l’anglais James Morrison a marché sur son driver sous nos yeux…Comme quoi, oui, tous les golfeurs ne sont pas aussi relâchés que peut sembler l’être Colsaerts, surtout pour un golfeur dont le principal qualificatif est le « Bombardier ».

Bombardier Oui…mais plus par l’usage de ses qualités naturelles plus que par une agressivité accrue dans la balle.

Le parfait contre-exemple de Colsaerts est Sébastien Gros.

Le parfait contre-exemple de Colsaerts est Sébastien Gros.

Pas pour la cool attitude mais pour le gabarit, car si le belge mesure 1m88 pour 80 kilos, le lyonnais « ne mesure qu’1m81 » pour 72 kilos.

Pourtant, les deux sont des bombardiers parmi les plus longs au drive sur le tour.

Le français est actuellement le deuxième plus long frappeur en Europe avec une moyenne de 287 mètres au drive.

Colsaerts est pour l’instant seulement 12 eme avec 275 mètres.

Pour l’instant, car il a souvent l’habitude d’être dans les cinq meilleurs, et parfois, le meilleur sur le drive le plus long de l’année.

Alors que Sébastien Gros puise dans une énorme énergie interne et une très grande souplesse, Colsaerts puise dans le même noyau interne, mais bénéficie en plus d’un bras de levier supplémentaire du fait de l’amplitude de son geste, et donc sa taille dont il a fait sa force.

Au driver, Colsaerts n’hésite pas à se mettre relativement loin de balle, et même plus loin que la plupart des joueurs pros sur le tour comme le commente son coach Michel Vanmeerbeek qui a eu le jeune joueur à ses débuts.

Colsaerts se tient volontairement assez loin de la balle.

Selon ce même coach, cet écartement par rapport à la balle lui favorise un chemin intérieur du downswing à l’impact.

Ce qui est surtout frappant quand vous vous retrouvez à quelques mètres de Colsaerts, c’est la nature « un peu sans efforts » de son geste.

Comme écrit plus haut, il paraît très délié, et ne cherche pas à forcer à l’inverse d’un McIlroy qui est tout en puissance, et qui met beaucoup plus en jeu son physique dans la rotation.

McIlroy joue plus avec son physique

L’analyse de la séquence de swing de Nicolas Colsaerts par son coach

Pour Michel Vanmeerbeek, le coach du belge pendant de nombreuses saisons, l’important pour Nicolas consistait à travailler ce qu’il appelle « le moteur », à savoir trouver la meilleure source de puissance pour taper le plus loin possible.

Presque paradoxalement pour un néophyte, l’entraîneur et le golfeur ont mis au point un swing puissant tout en déployant un minimum d’effort, comme si ce qui importait le plus était un ratio d’efficacité, et la recherche d’une transmission d’énergie optimale.

Très tôt, Colsaerts a eu la capacité de porter la balle à plus de 275 mètres. En fonction de paramètres extérieurs comme la dureté du sol ou la pression atmosphérique, la balle peut aller encore plus loin…

Pour commencer, Nicolas adopte un grip relativement fort. C’est même une des principales caractéristiques de son jeu dans la mesure où cela lui permet justement de délivrer un release très tardif ou plutôt ce que nomme son entraîneur, un « triple lag », comprenez une trainée augmentée.

Pour la plupart des joueurs, on ne trouve qu’un seul phénomène de traînée au moment du downswing, et particulièrement au release.

Cependant, la plupart perdent en énergie, et n’arrivent pas à maintenir cette puissance constante tout au long du downswing, alors qu’au contraire, Colsaerts est capable d’augmenter cette énergie à mi-chemin vers le sol.

Soit entre le démarrage du downswing depuis le sommet, au moins deux accélérations de la part du belge !

Ensuite, et parce qu’il possède un grip fort, il est capable de donner encore plus de release que la moyenne par l’action de ses poignets.

Ainsi, quand vous additionnez sa capacité à créer du release tardif au départ du downswing, à mi-chemin vers le sol, et en plus, par une action supplémentaire des poignets, vous avez bien une triple action pour créer un maximum de retard avant l’impact, et le tout sans nécessairement chercher plus d’efforts physiques, et donc d’énergies.

L’autre point clé mis en avant par Vanmeerbeek est le fait qu’il distingue les longs-frappeurs des autres golfeurs sur l’énergie qui retourne dans leurs corps à l’impact.

Pour le coach, les joueurs qui ne sont pas très longs – de très bons golfeurs – reprennent beaucoup d’énergies dans leurs corps jusqu’à l’impact avec la balle.

A l’inverse, il y a un point où Nicolas arrête de bouger son corps, et précisément juste avant l’impact.

A chaque fois que vous bougez dans la zone d’impact, vous avez de l’énergie qui revient dans le corps.

Pour Nicolas, il y a un mouvement avant et après - mais jamais pendant l’impact, ce qui permet de donner un effet de vitesse additionnel.

Autre élément de la qualité du swing de Colsaerts en plus de la distance, il est relativement précis.

Et cette précision est le résultat d’un travail démarré très jeune, où Colsaerts a appris à taper des balles hautes et basses, apprenant à maîtriser comment travailler ses trajectoires de balles, ce qui lui a donné une bonne capacité à sentir le plan de son swing, et la position de sa face de club pendant tout le geste.

Les points clés à retenir concernant le swing de Nicolas Colsaerts

Du fait d’un grip fort, effectivement, comme on peut le constater dans la vidéo sur son coup de bois de parcours, Nicolas Colsaerts est en mesure de retarder son release avec ses poignets pendant le downswing.


Au démarrage, Colsaerts ne s’écarte pas exagérément de la balle. Il ne glisse pas !

Sur ses coups de wedges, le fait qu’il ne veut pas perdre trop d’énergie est encore plus flagrant.

Notez qu’au moment d’achever son backswing, l’angle formé entre son shaft et son bras gauche se rétrécit.

Inversement, après l’impact, son shaft et ses bras sont en extensions complètes en direction de la cible.

Toujours concernant son backswing, notez à l’aide de la vidéo que le belge créé une rotation de ses épaules de plus de 100 degrés, ce qui fait qu’il est même capable de faire pointer son club à droite de la cible tant son bras de levier est important.

Enfin, effectivement, comme l’indique son coach, au moment de frapper la balle, sur la vidéo, on a presque l’impression que Colsaerts s’arrête de tourner, et puis reprend sa rotation après l’impact !

Ce faisant, il laisse ses bras envoyer le club.

En fin de geste, la vitesse qu’il arrive à créer avec ses bras tire l’ensemble de son corps vers l’avant.

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