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La séquence de swing de Jessica Korda

La séquence de swing de Jessica Korda

Impressionnante, c’est un adjectif qui peut très bien qualifier la golfeuse américaine Jessica Korda, tout juste victorieuse du Honda LPGA de Thaïlande, son premier départ de la saison 2018 avec 25 coups sous le par dont 4 d’avances sur ses principales poursuivantes Lexi Thompson et Moriya Jutanugarn. Et tout cela après avoir subi une double opération chirurgicale de la mâchoire et s’être fait poser 27 vis ! Présente à Evian pour le Evian Championship 2017, nous avons pu constater de visu à quel point, le rythme était sa priorité...

Jessica Korda : L'espoir du golf féminin américain

Une heure avant le début de sa partie, vendredi, pour le dernier majeur de la saison, Jessica Korda arrive sur le practice du Evian Championship, écouteurs vissés sur les oreilles.

Ce petit accessoire, assez courant pour les sportifs de haut niveau cherchant à se maintenir dans une bulle avant de rentrer dans l’arène, n’est pas anodin dans le cas de Jessica.

A propos de son swing, elle parle beaucoup de tempo, de rythme et de relâchement.

Au moment de commencer son échauffement, après quelques étirements, elle commence par balancer un wedge avec une seule main (la main droite) pour catapulter la balle devant elle, avec une aisance plus coutumière pour beaucoup d’entre nous à deux mains.

Là-encore, elle peaufine son rythme, et cherche les premières sensations du matin, les pieds joints, et collés à une petite baguette d’alignement, autre accessoire très prisé par les pros, et plus rarement par les amateurs.

D’ailleurs, si vous vous amusez à parcourir un practice avec des amateurs, vous ne voyez jamais ou quasiment jamais cet accessoire au sol, alors que par opposition, quand vous vous baladez sur un practice trusté par des pros, aucun ou aucune n’en est dépourvu…pour travailler l’alignement paramètre essentiel au golf, un sport de visée.

Là-encore, elle peaufine son rythme, et cherche les premières sensations du matin, les pieds joints, et collés à une petite baguette d’alignement

Fille d’un ancien joueur du circuit ATP Tour, Petr Korda (Tchèque), un gaucher longiligne d’1m90, vainqueur de 10 tournois en carrière, il s’est notamment distingué en remportant l’Open d’Australie en 1998 et une finale à Roland-Garros en 1992, perdue contre Jim Courrier.

Au cours de sa belle carrière, il s’est, malheureusement pour lui, distingué comme étant le premier joueur de tennis de premier plan à avoir été suspendu pour dopage à l’été 1998.

Désormais, quinqua, il vit et entraîne aux Etats-Unis. Son fils joue au tennis, et ses deux filles, Jessica et Nelly sont des golfeuses professionnelles, l’autre passion du papa après le tennis.

Jessika Korda est née aux Etats-Unis, à Bradenton en Floride où elle réside toujours actuellement.

Jeune amatrice, après avoir défendue les couleurs de la République Tchèque en 2006, aux championnats du monde par équipe amateur, elle a ensuite représenté les Etats-Unis quatre ans plus tard.

Depuis, elle joue au golf sous la bannière étoilée, et a déjà participé à une Solheim Cup en 2013 pour les USA. Une expérience qu’elle aurait du renouvelée en 2017, mais elle a dû déclarer forfait en raison d’une blessure.

En Solheim Cup, elle compte une victoire, deux défaites, et un nul.

Cependant, sa carrière est plus remarquable en individuel avec déjà 5 victoires sur le LPGA Tour, à seulement 24 ans.

Malgré son jeune âge, elle est sur le circuit depuis 2011, elle fait figure de joueuse à la fois expérimentée et talentueuse.

Dans un univers de plus en plus dominé par les golfeuses sud-coréennes, la longiligne blonde d’1m80 ne passe pas inaperçu.

Au demeurant charmante la plupart du temps, elle s’est faite remarquée dans le mauvais sens du terme à l’occasion de l’US Women’s Open 2013, en virant son propre cadet en plein milieu de la partie.

Au cours du troisième tour de cet important majeur féminin, Jessica et son cadet, Jason Gilroyed ont eu plusieurs désaccords jusqu’à ce qu’elle joue 5 au-dessus du par sur les 9 premiers trous, et décide de le virer manu militari. C’est alors son petit ami qui termina la partie sur son sac.

Elle vante le calme et le tempo pour son swing, mais il peut lui arriver d’être volcanique sous ses aires de petite fiancée de l’Amérique.

Depuis 2011, elle joue régulièrement une vingtaine de tournois LPGA par saison, passe majoritairement les cuts, et obtient pratiquement une victoire par an minimum depuis 5 ans, pour se classer régulièrement entre la 15eme et la 30eme place sur la liste des gains.

Pour franchir un palier, il lui manque encore une performance de rang en majeur.

Sa meilleure position est une cinquième place au Women’s British Open 2014. A l’occasion du Evian Championship 2017, elle n’avait d’ailleurs finalement pas passé le cut, chose plutôt rare dans les tournois classiques, mais assez fréquente en majeur.

Mis à part l’US Women’s Open, jusqu’à présent, elle manque 50% de cuts en majeur.

Victorieuse du HONDA LPGA Thailand

De retour à la compétition après une longue période d’arrêt en raison d’une double opération de la mâchoire, sans une préparation très poussée, Jessica Korda a donc impressionné son monde avec une première victoire en 2018, à l’occasion du tournoi LPGA de Thaïlande.

Elle est d’ailleurs coutumière des victoires sur des terrains exotiques ou loin des USA, puisqu’elle a remporté un Open aux Bahamas, en Australie et en Malaisie, pour une seule victoire sur le sol américain, en Alabama.

Pour son retour à la compétition, elle a battu le record du score le plus bas sur le parcours (-25 sous le par) et dominé un champ des meilleures joueuses du LPGA Tour.

Comme en témoigne Lexi Thompson à son sujet « C’est une joueuse sur laquelle il faut toujours avoir un œil. »

Comme indiqué plus haut, le golf féminin professionnel est de plus en plus dominé par les golfeuses sud-coréennes.

Les talents américains ne sont plus autant légions que par le passé. Jessica Korda est donc très suivie outre-Atlantique.

Elle est régulièrement interviewée par les médias.

Au sujet de son swing, elle déclarait deux ans plus tôt à Golf Digest qu’elle se focalisait bien plus sur le côté sensitif que sur l’aspect purement technique.

A raison, elle confirme ce que beaucoup constatent parfois : A trop penser à la technique, on peut finir par perdre le fil de son swing.

« Si vous me parlez de position de swing, je vais probablement sortir des standards, parce que ce n’est pas comme ça que je joue au golf. »

Si elle respecte l’approche technique du swing, pour une joueuse plutôt longue depuis le tee (245 mètres de moyenne en Thaïlande), elle déclare que tout son swing est question de flexibilité et de rythme.

« Je laisse les bonnes choses arriver. »

Elle admet ne pas vouloir être trop mécanique parce qu’elle pense que cela affecte négativement son swing.

Au contraire, elle se base sur des clés non-techniques pour son swing. Elle se décrit plutôt comme une joueuse de sensation ou de feeling.

Les clés de son swing

Concernant le driver, justement parce que c’est le club le plus long du sac, elle recommande de ne pas ajouter de la tension sous prétexter de vouloir taper fort.

Au contraire, elle se contente de créer plus de largeur au niveau des pieds par rapport aux épaules, pour dit-elle, maximiser l’amplitude du geste global, et revenir plus facilement dans la balle.

Avec ses mots, cela pourrait paraître simple.

En réalité, elle dispose d’une très belle élasticité musculaire pour tourner complètement les épaules au sommet du backswing, ce qui créé effectivement une grande amplitude, et une capacité à revenir très vite dans la balle, et sans doute entre 100 et 105 mph de vitesse de swing avec le driver.

« Au moment de déclencher votre swing, conservez le poids sur vos pieds pendant tout le swing, et sentez l’étirement de vos muscles au niveau du torse. »

L’américaine appelle cette sensation le fait de « gonfler la voile » pendant le backswing. Etape qu’elle veut assez lente.

Autre clé de son swing pour elle, la légèreté ou impression de légèreté du club dans les airs est la clé.

Elle essaie de relancer le club avec seulement trois doigts de la main droite, pour être à l’opposé d’un mouvement en crispation sur le grip.

Pour elle, son club doit donner l’impression de peser le poids d’une plume au sommet du swing.

« Si vous sentez toujours votre club lourd au sommet, réessayez jusqu’à ce que vous sentiez le bon équilibre. »

Son autre grand crédo est à propos de son swing « Laissez la tête de club prendre le maximum de vitesse ».

Ajoutant « Chaque mouvement que je réalise à pour but de donner un maximum de vitesse à la tête du club juste avant, et après l’impact. Pendant la montée, je compte un grand « 1 » pour un temps long, et au moment de relancer, je compte encore un petit « 2 » pour ne pas pousser trop vite, conserver mes bras lâches, et ne pas taper haut dans la face à l’impact. C’est vraiment le fait de tourner mon corps qui me donne la vitesse. »

Pour Jessica, il ne s’agit pas seulement jeter la tête de club sur la balle !

« Il ne faut jamais oublier qu’une partie de l’équation concernant la distance est le fait de taper la balle au centre de la face. »

En réalité, il faut conserver à l’esprit une chose du swing de Jessica Korda : C’est son obsession du tempo « Un puis deux » répété lentement.

Pour Paige MacKenzie, chroniqueuse de golf aux USA « C’est quelque chose que l’on peut observer sur chacun de ses swings, que ce soit au driving, au chipping, ou au putting. »

Cependant, un autre argument technique est à relever concernant le swing de l'américaine.

Au moment du backswing, elle ne laisse pas sa jambe droite se plier ou même se déplacer sous l’effet de la rotation qui démarre. Beaucoup de joueurs ont au contraire tendance à éloigner le genou droit de la cible.

Jusqu’au sommet de son geste, sa jambe droite est parfaitement tendue en extension alors que ses épaules ont tourné de près de 100 degrés.

C’est seulement sa jambe gauche, qui sous l’effet de son genou, se plie pendant le backswing pour laisser tourner les hanches.

Alors que le bas du corps est relativement figé en comparaison, la flexibilité du haut de son corps crée les conditions d’un X factor particulièrement important entre haut et bas.

Toute la pression s’exerce sur l’intérieur du pied droit pendant le backswing.

Le genou droit ne laisse passer aucune flexion. Dans ce cas, elle ne risque pas le pivot inversé ou un mouvement de sway (glisser).

Au downswing, son mouvement consiste à porter la pression de sa jambe droite vers l’avant, comme si elle voulait que l’intérieur de son pied droit s’enfonce dans le sol.

Pour elle, c’est l’assurance d’un bon transfert de poids, et d’une longue distance depuis le tee, sans donner l’impression de forcer son swing ou se crisper sur le grip.

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