Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Mieux jouer au golf - Nos conseils techniques

La séquence de swing de Jason Day

La séquence de swing de Jason Day - Crédit photo:Mark Newcombe

Auteur du septième plus long drive de la saison 2016 du PGA Tour (367 mètres), l’australien Jason Day vient de reprendre la place de numéro 1 mondial à l’occasion du WGC-Dell Match-play, le championnat du monde de la discipline sur le parcours d’Austin, et aux dépens de Jordan Spieth. Deuxième pour le nombre de coups gagnés au putting, ce qui est exceptionnel, c’est pourtant la puissance au drive qui fait de Jason Day, l’un des golfeurs les plus longs du circuit (dans les dix premiers du tour).

Découvrez nos formules d'abonnements

POURQUOI L’ANALYSE DE LA SÉQUENCE DE SWING DE JASON DAY

Auteur d’une très belle fin d’année 2015 sur le circuit professionnel, Jason Day a longtemps challengé Jordan Spieth pour la place de numéro un mondial. Vainqueur de cinq tournois dont son premier majeur, l’US PGA Championhip, l’australien a définitivement imprimé dans l’esprit de tout le monde qu’il était bien à 28 ans un des top player du moment, et un possible successeur de Tiger Woods.

Depuis le début de saison, légèrement blessé, Day est resté discret jusqu’au « gros » tournois d’avant Masters, le Arnold Palmer Invitational, et le championnat du monde de match-play où il a plus que tenu son rang.

Déjà titré dans cette formule en 2014 contre Victor Dubuisson, Jason Day a encore pu s’appuyer sur son driver avec lequel il réalise de petits miracles depuis le tee.

Réduire son jeu au driving serait très injuste, réducteur, et trompeur.

Pour arriver à ce niveau de performance, Jason Day est bon…ou plutôt surnaturel dans tous les compartiments du jeu, et en particulier au putting.

Pourtant, nous avons demandé à notre coach, Michel Delbos de décortiquer le swing de l’australien pour vous démontrer sur quoi, Day fait la différence aujourd’hui !

Sachant qu’il n’aurait sans doute jamais pu gagner autant de tournois sans une qualité de driving aussi bonne par rapport aux standards demandés sur le circuit.

Préambule sur le swing de Jason Day

En moyenne sur le tour, l’australien drive a plus de 270 mètres. Pour arriver constamment à un tel résultat, il faut bien entendu une base physique extrêmement solide, une coordination au-dessus de la moyenne, et une grande capacité d’accélération dans la balle.

En 2015, Jason Day a dominé le golf mondial, en étant non seulement long au drive, mais aussi très efficace du tee au green.

Il s’est même classé premier pour la moyenne de birdie sur le PGA Tour, et rendu la carte la plus basse de l’année (61).

Pour autant, très long frappeur, il n’est pas le joueur le plus précis au drive, ne touchant que 55% des fairways en moyenne.

Le swing de Jason Day sous l’œil de Michel Delbos

Depuis sa posture à l’adresse jusqu’au finish, notre consultant décortique le swing du champion pour illustrer ses points forts, et les différences avec le swing d’un amateur conventionnel.

Adresse

Devant la balle, il n’y a pas grand-chose qui distingue Jason Day des plus longs frappeurs sur le tour.

Il dispose d’une posture athlétique (mesure 1m83 pour 75 kg) stable, et particulièrement équilibrée pour démarrer un swing puissant.

Notez qu’il paraît beaucoup plus affûté physiquement que Jordan Spieth, pourtant plus grand et plus « lourd » (1m85 pour 84 kg).

Vue de derrière, notez à quel point, Jason Day est parfaitement aligné à la cible, et surtout parfaitement square.

Le bas de son dos est parfaitement droit tandis qu’en se rapprochant de la nuque, son dos se courbe très légèrement. Il s’agit d’éléments qui contribuent à sa précision.

Take-away

Rien de bien exceptionnel pour un professionnel, mais c’est pourtant tellement important, par la suite, Day n’aura pas besoin de créer de compensation pour déplacer le club ou pire, son corps…

Dès le début du take-away quand le joueur enlève le club du sol, il cherche immédiatement l’amplitude, et à la différence d’amateurs, il n’amène pas le club prématurément à l’intérieur du plan, ce qui a tendance à réduire la rotation.

Au contraire, le shaft et la tête de club sont à l’horizontales par rapport au sol avant de démarrer la montée, ce qui lui permet de favoriser la rotation.

Dans la suite du mouvement, Jason amène l’extrémité de son grip à pointer au-dessus de la balle quand les bras commencent à monter le club au sommet.

Cela indique qu’il pourra revenir parfaitement dans le plan au retour.

A ce stade, pour un amateur dans la même situation, non seulement le club ne pointera pas exactement au-dessus de la balle impliquant un non-respect du plan, et un club qui va « flotter » par rapport au chemin idéal, mais en plus, par un manque de tenue, la tête de club peut avoir tendance à être inclinée.

Le pro quant à lui déplace le club franchement vers le ciel.

Autre point important qui distingue Jason Day d’un amateur, la tête du joueur ne change jamais de niveau pendant toute la durée du backswing.

Sommet du backswing

Tout au long du backswing, l’australien cherche à créer une très grande amplitude du mouvement avec ses bras et son club, tout en ne perdant pas la connexion avec le corps.

Dans la même tentative, souvent les amateurs ont tendance à coucher le club dans le plan. Ne confondez pas amplitude et club amené loin et hors du plan idéal.

Dans le cas de Jason Day, les bras amènent le club à l’horizontale au-dessus de sa tête. C’est un des points clés de son swing, et du swing d’un golfeur professionnel.

Le mouvement est ample, mais il ne sort pas des « rails ».

Au sommet, et c’est un autre point particulièrement clé s’agissant de la précision au drive, le « dos » de son poignet gauche est parfaitement en ligne avec la face de son club !

A montrer dans toutes les écoles de golf !

Pour parvenir à un tel résultat, Jason Day a sans travaillé ce point particulier en étant concentré sur le fait d’amener son poignet dans cette position tout au long du backswing. J’insiste…il s’agit véritablement d’une clé technique majeure pour lancer un drive de manière relativement précise aux distances atteintes par de tels champions.

Enfin, au sommet de son swing, et c’est probablement ce qui est le plus évident à constater, Day réussit parfaitement à créer une énorme rotation des épaules qui sont en ligne avec la balle, et sans avoir avancer le dos par rapport à cette dernière.

Conjointement à sa très grande rotation des épaules au sommet, Day gère parfaitement le placement de sa hanche droite (notez la création de X-factor ou de décalage de rotation entre la hanche et les épaules) avec une bonne flexion portée sur la jambe droite pour être en fait extrêmement solide sur la partie basse de son corps, tout en étant donc très élastique avec sa partie supérieure.

Downswing

Avant de démarrer son downswing, si vous vous arrêtez encore un moment sur son organisation au sommet du swing, vous pourrez constater à quel point, il est prêt à délivrer ou relâcher sa pleine puissance.

Avant de démarrer le déplacement du club, Day déclenche par les hanches et change la répartition de son poids vers la jambe avant, le club ne faisant que rattraper la rotation des hanches.

A nouveau constatez comment avant l’impact, les hanches de l’australien sont déjà parfaitement tournées vers la cible.

La plupart du temps, les amateurs arrivent sur la balle avec la hanches face à la balle, alors qu’un pro comme Jason Day aura quant à lui déjà dépassé la balle avec les hanches avant le club.

Peut-être moins évident à constater visuellement, pourtant Jason Day appuie très fort dans le sol sur ses appuis pour justement transmettre sa pleine puissance.

Impact et après

Juste avant l’impact, notez comment Jason Day ne produit pas de mouvements latéraux avec ses jambes. C’est un autre point clé d’un golfeur particulièrement long sans être un monstre de physique en apparence.

En réalité, la puissance musculaire du bas du corps lui permet de rester solide sur ses appuis pendant la phase d’accélération.

Il peut générer puissance et consistance tout au long de son downswing.

Juste avant l’impact, Day est donc solide sur les appuis, mais c’est à noter, sa colonne vertébrale cherche l’extension vers le haut en même temps que son corps est ancré dans le sol !

Un amateur aura tendance à faire l’inverse, et déplacer la colonne vertébrale vers le sol.

Ce faisant, Jason Day a tendance à prendre la balle en remontant avec un angle d’attaque plus élevé pour créer un angle de lancement plus élevé.

A titre d’indication, entre un drive tapé un peu en-dessous du centre de la face, et un drive tapé au-dessus du centre, à vitesse équivalente, le taux de spin peut descendre de 3000 tours à 1800 tours par minute avec pour conséquences un écart potentiel de 18 mètres !

Quelques millimètres d’écarts dans la hauteur de la face, et c’est un écart d’angle de lancement qui peut augmenter de plus de 5 degrés.

Le placement de sa hanche gauche, l’appui fort de sa jambe gauche, et l’extension de sa colonne contribuent grandement à la puissance qu’il met en action au drive.

Finish

A la fin de son geste, on retrouve les qualités affichées au début…A savoir un équilibre parfait sur ses appuis, une bonne mécanique corporelle, et sans chercher l’overswing.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.