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La séquence de swing de Grégory Havret

La séquence de swing de Grégory Havret

Dans ce sujet, nous vous dévoilerons nos images et vidéos du swing (driver et fers) du pro français Grégory Havret. Des séquences tournées à l’occasion des derniers Open de France, et Omega Masters de Crans-Montana, lieux où nous avons pu suivre le champion au practice comme sur le parcours. Comme beaucoup d’excellents joueurs, Gregory Havret a ses petits secrets de fabrications, et un point particulier de son swing a retenu notre attention…Notre consultant, Michel Delbos, pro pga, nous a apporté sa contribution pour comprendre le geste du champion.

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Greg Havret toujours dans le top-100 européen à 40 ans

Le natif de la Rochelle arrive bientôt à cent départs sur l’European Tour.

Une belle longévité pour celui qui fut le numéro un du golf français au milieu des années 2000, et dont le plus beau fait d’armes reste jusqu’à présent une formidable place de deuxième sur le plus difficile majeur de golf, l’US Open en 2010.

Triple vainqueur sur le circuit pro, il n’a certes plus remporté de tournoi depuis le Johnnie Walker disputé à Gleneagles en 2008, mais à tout juste 40 ans, il se maintient depuis plusieurs saisons dans le top-100 européen, à l’image de cette saison avec quelques belles places d’honneurs.

Dernière performance en date, un top-7 acquis au Porsche European Open ou une sixième place au Hero Indian Open, plus tôt dans la saison.

Depuis quelques tournois, et notamment en Suisse, Gregory Havret n’était pas très loin des premières places. Il ne lui manquait qu’un brin de réussite, et peut-être plus de constance sur le quatrième tour.

Depuis cinq, six saisons, ce n’est pas franchement sa moyenne de score qui est en cause dans le fait qu’il s’est éloigné du top-30 européen.

Plutôt régulier, n’explosant jamais, il lui manque plutôt quelques tours joués très bas consécutivement pour rafler plus de top-10, à l’image de ce qu’il a justement réalisé en Allemagne la semaine passée avec trois tours dans les soixante.

En 2016, il a joué à 12 reprises sous la barre des 70 pour un total de 69 parties disputées. Quelques tours seulement en plus sous la barre des 70, et sa saison aurait pu être radicalement différente.

Dans le détail de son jeu, alors qu’en score, il tient sa moyenne légèrement au-dessus de 71 depuis 5 ans, paradoxalement, il drive mieux avec un véritable saut de progression pour la précision courant 2013.

En l’espace de huit ans sur le tour européen, la progression est même spectaculaire, passant selon les chiffres du circuit, de 60% en 2009 à 70% cette saison, avec un pic à 73% de fairways pris en régulation l’an passé.

Et sans qu’il baisse franchement sa distance avec le driver, à l’exception de cette année où pour la première fois, sa moyenne a légèrement flanché, expliquant d’ailleurs pourquoi cette saison, il est un tout petit peu plus en difficulté sur les cuts.

En règle générale, il drive à une moyenne de 256 mètres.

En règle générale, il drive à une moyenne de 256 mètres.

Toujours concernant la précision au drive, il faut préciser que cette saison, Grégory, certes moins long, est tout de même le quatrième golfeur le plus précis quand il s’agit de toucher un fairway au drive !

En revanche, effectivement, sa distance moyenne ne le classe que dans les 220 premiers, et à 36 mètres de moins que Sébastien Gros, deuxième plus long frappeur du tour, plus jeune de 13 ans.

Ceci étant, les deux français qui ont disputé le même nombre de tournois cette saison sont sensiblement classés au même rang à la Race.

Comme quoi driver loin ou driver précis, cela peut revenir au même à la fin !

Pour résumer le jeu du touring pro du Médoc, globalement du tee au green, c’est plutôt très solide et très régulier avec un bon taux de fairways et greens pris en régulation (70%).

Néanmoins, c’est toujours dans le domaine du putting que le français peine à exploiter le potentiel de score que son jeu pourrait lui permettre d’obtenir.

La fin de saison approche, après la Ryder Cup, il ne restera que 4 tournois pour tenter de décrocher une place pour la dernière épreuve de la race.

La swing séquence de Grégory Havret

La difficulté de cet exercice rédactionnel, surtout quand il est appliqué à un pro est qu’à vitesse réelle, et surtout au bord du practice, vous ne distinguez pas au premier coup d’œil des différences flagrantes entre les swings des pros.

Et qui pourrait dire que l’un swingue mieux qu’un autre ou qu’il faudrait faire ceci à la place de cela !

Nous parlons des 300 meilleurs golfeurs de la planète ! Même certains enseignants n’ont pas le swing de ces joueurs.

En préparant ce sujet, que pouvions-nous relever de pertinent à dire à propos de Greg Havret, sans être lui-même ou son coach Benoit Ducoulombier ?

Que pouvions-nous relever sans tomber dans la niaiserie évidente ou pire à l’inverse, la prétention !

Dire qu’il a un bon set-up ? un bon release ?

Alors sans faire l’éventail des bonnes choses ou se prendre pour quelqu’un d’autre, nous avons porté notre attention sur la position du coude droit de Gregory Havret pendant le swing avec un fer ou avec un drive.

Il nous a semblé que sur nos prises de vues, Havret pliait très distinctement le coude droit au sommet du backswing, et positionnait son avant-bras droit plus à la verticale que bien d’autres joueurs.

Il y a forcément beaucoup de points communs entre un swing d’un top-golfeur avec celui d’un autre top-golfeur, mais il peut arriver que certains adaptent un mouvement à leur morphologie ou leur conception d’un swing. Nous en avons déjà parlé. Il s’agit du swing signature.

Ce qui est intéressant avec ce point spécifique du geste du français, c’est qu’il illustre assez bien une forme de logique géométrique dans le domaine du plan de swing.

Si vous admettez que le club opère selon un plan avec la balle comme point bas, et le sommet du swing comme point haut, une ligne virtuelle se forme entre ces deux points.

C’est classique chez tous les golfeurs. Cependant, notez à quel point chez Havret, la position des deux coudes forment un triangle presque parfait.

Le triangle d'or ?

Nous avons cherché un visuel comparable avec celui du swing de Padraig Harrington, et à nouveau, le triangle n’est pas exactement similaire, et aussi parfait en termes d’angles que celui du français.

De notre point de vue, c’est le signe distinctif du swing de Grégory Havret.

Certes, il n’est pas le joueur le plus long, mais sa régularité tient dans le fait d’avoir une extrême qualité pour amener la face de club « dans une forme de stabilité à l’impact », si on peut parler ainsi.

Sans avoir ses données trackman, il y a fort à parier qu’au vue de son swing, et de la façon dont il amène la face de club à la balle, il soit l’un des joueurs qui centre le plus la balle dans la face.

Avant d’arriver à ce coude droit qui pointe nettement vers le sol au moment où le club atteint le sommet du backswing, notez dans la vidéo que nous avons monté jusqu’à quel point le golfeur déplace son épaule droite.

En plaçant son épaule droite aussi en « arrière » que possible, il faut admettre qu’il crée les conditions d’une rotation particulièrement complète, et son dos est vraiment placé à l’opposé de la cible.

Si on pouvait tous produire une telle rotation des épaules, le golf serait plus facile…

Ce faisant, au retour, il peut donner une très grande vitesse de swing du fait de cette belle amplitude.

Son coude droit au moment du downswing semble parfaitement coordonné avec sa hanche droite.

Justement dans la descente, non seulement son coude droit descend vers le sol (et la balle) mais il avance de concert avec la hanche, et le club.

La position de son coude droit au sommet du backswing va lui permettre de réellement déplacer ses bras devant lui, et coordonner avec la rotation de son corps.

Notez à quel point son bras droit est perpendiculaire au sol !


Au moment de la transition, et du déclenchement du retour, sa hanche gauche et sa jambe gauche commencent naturellement à le ramener face à la cible.

La grande qualité d’un golfeur professionnel étant de toujours parfaitement maintenir le bras gauche parfaitement tendu pendant tout le geste.

Son coude droit descend vers le sol selon un plan extérieur, et dépasse légèrement la position de sa hanche droite pendant la descente. Ce même coude descend et va vers l’avant. Ctte combinaison lui permet de parfaitement placer le shaft dans la bonne position à la descente.

Dans ces conditions, Havret peut contrôler de manière superbe la position de la face de club en direction de la balle.

Avant l’impact, le pro a les bras devant son corps avec un armement des poignets qui est toujours important, justement en prévision d’un release le plus tardif possible.

A l’impact, son coude droit a tout juste finit de se tendre depuis sa position très pliée vue au sommet du swing.

En fin de geste, les mains ne sont pas démesurément actives, c’est bien la rotation des hanches qui contrôlent le déplacement du geste coordonné avec le buste.

Comme beaucoup de professionnels, Havret maintient la position de sa colonne pendant la plupart du swing.

Pour schématiser, ses fesses ne reculent pas par rapport à leurs positions initiales.

En revanche, la rotation des hanches se fait comme si le joueur était dos à un mur sans jamais chercher à l’enfoncer ou au contraire à se décaler vers l’avant.

L'avis du coach Michel Delbos

Le coude droit est en parfaite position au sommet du backswing.

Il forme un L, position incontournable si l'on veut avoir un placement du club dans le plan, ce qui favorise un downswing durant lequel on va obtenir un haut du corps plus passif.

Ce haut du corps plus passif va essentiellement permettre de maintenir les angles jusqu'à l'impact.

A l'inverse, son bas du corps est actif, et va l'aider à rechercher de la puissance.

Les angles de la colonne vertébrale sont maintenus. Le coude droit et la hanches droite sont en coordinations au même niveau avant d'entrée dans la zone d'impact

A nouveau, un gage d'un développement de puissance assuré.

On retrouve les mêmes angles à l'impact que depuis sa position à l'adresse

Ces repères se retrouvent chez beaucoup de joueur. Ce serait une très grosse faute si le coude droit n'était pas dans cette configuration. Cela ne permettrait pas de développer un swing compact

Henrik Stenson est dans la même configuration et bien d'autres encore...

Conclusion

En résumé, l’organisation du swing d’Havret semble lui procurer une très grande stabilité au moment de l’impact de balle.

A retenir de cette séquence de swing en particulier, la position de l’épaule droite à la fin de la montée, la position du coude droit particulièrement à l’équerre, et coordonné à la hanche droite, et une grande capacité à placer la tête de club stable à l’impact.

Dans ce sujet, il ne s’agit pas de donner un cours de golf à la place d’un pro, mais simplement de relever des points particuliers du swing d’un très bon joueur de golf, et de vous inspirer.

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