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La séquence de swing de Fred « Boom Boom » Couples

Dans la foulée des articles sur le driving entre potentiel et réalisation, ou comment trouver plus souvent le sweet spot, le nom de Fred Couples a été évoqué, notamment parce qu’il est un exemple de driving en rythme. Aujourd’hui, à près de 60 ans, il reste une référence pour la qualité de son jeu qui l’a propulsé au rang de numéro un mondial, et à une victoire au Masters d’Augusta en 1992. Il est aussi, et surtout une référence pour la puissance de ses drives, et de sa vitesse de swing. Qu’est-ce qu’un amateur de golf pourrait retenir du swing de « Boom Boom Couples » ?

Fred Couples, toujours un long frappeur à près de 60 ans

Chaque année au Masters, les observateurs scrutent avec attention la performance de Fred Couples.

Vainqueur en 1992, son année la plus faste qui l’a vu accéder au rang de numéro un mondial pendant 16 semaines, depuis qu’il a passé la barre des 50 ans, il s’est fait un spécialiste des places d’honneurs sur le plus prestigieux des Majeurs de golf.

Depuis près de dix ans, il a déjà réussi à se classer à six reprises dans les 20 premiers du Masters, et alors qu’il joue régulièrement sur le Champions Tour.

Le temps ne semble pas avoir de prise sur l’un des swings les plus puissants des années 90.

Actuellement engagé sur le Champions Tour, sa moyenne de drive est de 285 yards, et il occupe la douzième place du circuit avec le drive le plus long (330 yards).

Avec une telle longueur, il touche 68% de fairways en régulation, ce qui est un pourcentage assez élevé compte tenu de cette distance, mais qu’il faut aussi relativiser à une largeur de fairway sans doute moins terrible que sur le PGA Tour.

Sa vitesse de swing moyenne est encore en 2019 de 108 mp/h.

Dix ans plus tôt, en 2009, à 49 ans, sur une saison du PGA Tour, sa vitesse de swing moyenne était de 115 mp/h, ce qui le classait encore dans les 30 plus longs frappeurs du circuit nord-américain.

Sa moyenne de distance au drive était de 297 yards pour 56% de fairways en régulation sur une saison complète.

En 1992, lors de sa meilleure saison sur le PGA Tour, il était surtout classé numéro 1 pour le nombre de birdies réalisés. Il prenait 64% de fairways en régulation pour 71% de greens en régulation.

Sa moyenne de score sur le parcours (69,3) était tout simplement la meilleure du moment.

Il pouvait effectivement s’appuyer sur la cinquième meilleure moyenne de distance au drive du circuit à 275 yards.

Il était aussi un très bon putter, ce qui lui permettait donc d’être au sommet du golf mondial, mais c’était bien dans le domaine du driving qu’il s’était fait un nom, jusqu’au point d’être surnommé « Boom Boom », notamment parce que ses drives puissants donnaient en contrepartie l’impression d’être réalisés simplement.

Fred Couples est encore un exemple de la progression des distances au golf depuis le début des années 90 à aujourd’hui.

Dans ce laps de temps, sa moyenne de distance a bondi de près de 21 yards en moyenne, alors qu’il n’a pas rajeuni, bien au contraire.

En réalité, Fred Couples est toujours un exemple de relâchement au drive.

Sur les fairways, il a toujours donné l’impression d’être un golfeur complètement « cool », ne s’énervant jamais, en plus d’être connu pour jouer au golf sans gant.

En 1996, le magazine Golf Digest titrait « Comment driver à 300 yards avec une seule main ? Demandez à Fred Couples ! »

Son swing était tellement relâché qu’il donnait l’impression de swinguer avec une seule main. En observant son swing, on pouvait avoir l’impression qu’il laissait sa main droite (droitier) sortir du club à l’impact.

Les principales caractéristiques du driving de Couples étaient donc la fluidité, le rythme et l’équilibre.

C’est surtout le rythme qui nous intéresse aujourd’hui alors que dans les précédents sujets sur le driving, on évoquait le fait de chercher plus à augmenter la vitesse de balle par un bon contact, que la seule augmentation de la vitesse de swing.

Couples est donc en théorie un bon exemple de ce qu’il faudrait tendre à faire, pour améliorer la distance, sans chercher à forcément accentuer la vitesse de swing.

Quand Couples se trouve à l’adresse, avant de driver, la seule pensée qui occupe son esprit est la cible ! Il ne cherche pas à penser au comment swinguer, mais seulement à sa cible.

C’est peut-être quelque chose à se remémorer quand on est amateur, et sur le parcours, non pas à l’entraînement.

Couples admet être « cool » sur le parcours, parce qu’il ne s’encombre pas de pensées parasites.

Cependant, il a beaucoup travaillé cette « cool attitude » quand il était jeune, et sans vraiment prendre des cours de golf.

A Jefferson Park, un parcours public 9 trous à Seattle où il a fait ses premières armes enfant, pour rivaliser avec les joueurs les plus âgés, il a compris que la distance au drive était la clé.

« Mon objectif était de ramener mes mains le plus rapidement possible au-dessus de mon épaule gauche. »

Bien entendu, le secret de Couples ne se trouve pas seulement dans sa technique, ou son intention de swinguer le club le plus vite possible.

Il a toujours été un athlète.

Au lieu de jouer au golf, il a hésité à faire carrière dans le Baseball. C’est finalement une bourse d’étude liée au golf qui l’a fait dévier de cette trajectoire.

Costaud mais souple, ce serait une bonne façon de définir le physique de Couples, capable de maintenir son talon gauche enfoncé dans le sol pendant toute la durée de son swing, et malgré sa vitesse.

Pour créer le plus grand facteur X possible, il est convenu que l’épaule gauche doit pivoter de 90 degrés pendant que la hanche gauche ne tourne que de 45 degrés, ce qui crée justement le différentiel générateur de vitesse.

Couples tourne encore plus le haut du corps, et encore moins le bas du corps, ce qui fait qu’il accentue naturellement ce X Factor !

Quand il relâche cette puissance accumulée, il produit justement beaucoup de vitesse.

Couples n’est donc pas un swing lent.

Ce n’est pas ce que signifie un swing plus en rythme.

Simplement, par rapport à d’autres joueurs plus en force, il paraît plus fluide pendant son mouvement. Cette fluidité produit une grande vitesse.

Couples utilise un vieux tic pour se sentir complètement dégagé et sans entrave au moment de driver. Il ajuste les manches de son polo. « J’essaie juste de me sentir aussi libre que possible. »

Libre dans son corps et libre dans son esprit, au moment de swinguer, Couples fait le vide pour ne pas se laisser parasiter par trop de pensées techniques.

« Je ramène le club, et je frappe, un point c’est tout ».

Les clés de son swing

Si Couples crée un maximum de X-Factor pendant son swing, c’est justement parce qu’il tourne énormément les épaules pendant le backswing, et de sorte qu’il crée une très grande amplitude avec la tête de driver, qui est pratiquement en train de pointer vers le sol au sommet du swing !

Pour cela, il peut aussi être surnommé le « Back Cruncher ».

Au moment de relancer le club vers le sol, il est capable de maintenir une grande quantité de « lag » ou de retard avec les mains, c’est principalement ce qui explique sa très grande puissance.

Tout les amateurs ne pourront pas facilement reproduire ce mouvement.

En réalité, pour un amateur, tout n’est pas à prendre dans le swing de Couples.

Il est surtout cité en exemple pour la qualité de son rythme, qui parait moins brutal que d’autres swings du tour, comme par exemple Woods ou McIlroy.

Lui-même expliquait dans une vidéo diffusée par GolfDigest qu’il s’évertuait à tourner ses épaules au maximum pour créer l’amplitude et l’énergie nécessaire à un long drive, mais au downswing, il cherche à viser une ligne droite vers la cible avec la tête de club, et ce avant de contacter la balle.

Il cherche d’abord à faire tourner les hanches avant de descendre le club dans la zone d’impact.

Cependant, il y a d’autres contreparties qui ne sont pas tout à fait souhaitables ou désirables pour un golfeur amateur, et en particulier, un senior.

Justement son backswing, et sa très grande rotation des épaules met beaucoup de pression sur son dos, et sa colonne vertébrale.

Ce point est à prendre en considération…C’est un peu le revers de la médaille d’un swing avec une grande amplitude, et donc beaucoup de vitesse.

Pour rappel, Fred Couples a été stoppé dans son élan par une blessure au dos en 1994.

Depuis, il a fréquemment mal au dos tout en jouant au golf. A l’occasion du Masters 2018 pour lequel il avait passé le cut, il avait joué avec des douleurs persistantes.

Autre facteur qui explique qu’il fait encore partie, à près de 60 ans des golfeurs les plus longs, il a toujours positionné son pied gauche très ouvert en direction de la cible.

Son pied gauche est au moins à 40 degrés ouvert en direction de la cible pour l’aider à « charger » sa hanche droite au backswing, et ainsi empêcher une trop grande rotation du bas du corps.

Il cherche ainsi à créer un maximum d’écart entre la rotation du bas du corps, et celle du haut du corps, pour justement alimenter son X Factor, ou tendre l’élastique au maximum.

Deuxième avantage d’avoir le pied gauche (pour un droitier) ouvert à la cible est de permette une rotation plus facile de la hanche gauche au moment du downswing.

Plus besoin de faire agir de manière excessive le genou gauche pour lancer le downswing !

Pour un golfeur d’1m80, à l’adresse, il se tient très relevé et va maintenir une position plutôt haute durant tout son backswing.

Un autre mouvement clé du swing de Couples se trouve au moment de la transition, où on peut clairement voir son historique d’ancien joueur de baseball, et sans doute la grande raison de sa puissance supplémentaire.

Alors qu’il est relativement droit pendant tout son mouvement, au moment de relancer le club pour le downswing, il active son genou gauche (droitier) comme une forme de reprise d’appui.

Ce genou gauche fléchit alors que la jambe droite reste tendue en appui, pour pousser le mouvement du bassin vers l’avant.

La combinaison de ces éléments travaillés pendant des années par Couples donne l’impression qu’il swingue en rythme et tout naturellement.

A l’impact, les rotations de ses épaules et de ses hanches sont très importantes, ce qui rappelle qu’il a une force physique importante au niveau des abdominaux.

Encore une fois, une telle puissance n’est pas simplement qu’une question technique. Son « noyau » intérieur (ventre) est très puissant.

Joueur de tendance draw avec les fers, à l’inverse, avec le driver, il est plutôt un joueur de fade.

En résumé

Couples gère particulièrement le différentiel de rotation entre ses hanches, et ses épaules pour créer un maximum de X-Factor.

Il place son pied gauche légèrement en direction de la cible pour bloquer la rotation de la hanche gauche au backswing, et au contraire, libérer plus facilement sa hanche gauche au downswing.

Au downswing, il vise une ligne droite au sol vers la cible pour libérer ses mains le plus tardivement possible, et surtout après la rotation des hanches face à la cible.

Son talon gauche reste enfoncé dans le sol le plus longtemps possible et pendant toute la durée du swing.

Il se sert de son genou gauche pour lancer la reprise d’appui, et un transfert rapide du poids de sa jambe droite vers la jambe gauche.

Enfin, il cherche à ramener le club le plus vite possible au-dessus de son épaule gauche.

Crédit photo : Adam Davis/Icon Sportswire

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