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La séquence de swing de Bryson DeChambeau : Le scientifique !

La séquence de swing de Bryson DeChambeau : Le scientifique ! - crédit photo : Fred Kfoury III/Icon Sportswire

Depuis les débuts des play-offs de la Fedex Cup 2018, on ne parle plus que de lui. Avec deux victoires sur les deux premières manches, une performance qui n’avait plus été rééditée depuis dix ans, et le doublé de Vijay Singh, Bryson DeChambeau apparaît de plus en plus comme le nouveau prodige du golf mondial. Pas seulement pour trois victoires en seulement une saison, mais beaucoup pour son swing atypique et ses clubs avec des manches d’une longueur unique. Beaucoup imaginent que son swing est directement inspiré de la légende canadienne, Moe Norman… Pourtant, dans le détail, cette théorie a aussi des contradicteurs. Immersion dans le swing de Bryson DeChambeau, le « Mad Scientist » du golf…

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Les performances de Bryson DeChambeau en 2018

Elles sont impressionnantes ! La saison 2018 du jeune californien illustre à quel point il peut se hisser au plus haut niveau.

Désormais dans le top-10 des meilleurs golfeurs de la planète, DeChambeau a remporté le Memorial chez Jack Nicklaus, puis deux manches des play-offs de la Fedex Cup, ce qui lui assure pratiquement de remporter le classement général, en fin de saison.

Ces victoires lui ont assuré une place dans l’équipe américaine de Ryder Cup, une épreuve qu’il va découvrir en France, et qu’il rêvait de jouer pour son pays.

Depuis 2015 et son fabuleux doublé championnat NCAA-US Amateur, DeChambeau, un peu comme Woods avant lui, est devenu un golfeur à surveiller, avant même de faire ses débuts chez les professionnels.

Pour l’avoir suivi de près en Suisse, à l’occasion de l’Omega European Masters 2016, il est vrai que ce jeune homme charismatique intrigue avec son swing très particulier.

Swing qui ne lui avait pas évité à l’époque de manquer le cut. Je l’avais vu très souvent lever le bras pour indiquer une balle hors du fairway à gauche ou à droite.

Depuis cette épreuve du calendrier européen, DeChambeau a fait du chemin sur le PGA Tour. Il a remporté un premier succès libérateur au John Deere Classic en 2017.

Avant ce succès, il était l’objet d’autant de fascinations que de critiques. Ce premier titre lui a permis de justifier la direction prise, et de le conforter dans ses choix techniques, et matériel.

Après tout, il aurait pu être un génie chez les amateurs qui n’arrivent pas à importer sa méthode sur le circuit professionnel.

Avant ce succès, il était l’objet d’autant de fascinations que de critiques. Ce premier titre lui a permis de justifier la direction prise, et de le conforter dans ses choix techniques, et matériel.

En un an, il a continué sa progression à un rythme soutenu, pour justement se hisser parmi les meilleurs golfeurs du monde, un statut que l’on pourrait difficilement lui contester désormais.

Sceptique ou pas, il paraît évident que DeChambeau va peser sur l’avenir du golf mondial.

Ce n’est que le commencement, même si son jeu laisse clairement apparaître des points forts, et des points faibles.

Ses points forts

Pour commencer par les ressorts de ces dernières victoires, DeChambeau apparaît comme l’un des golfeurs qui rentrent le plus de birdies sur une saison.

Classé 8eme sur le PGA Tour pour le nombre de birdies réussis, cette statistique suffit à expliquer pourquoi DeChambeau excelle.

Numéro un du classement des play-offs de la Fedex Cup, il ne faut pas oublier que sur la saison régulière, et avant ses deux victoires, il était déjà dans le top-10. Ce n’est pas seulement un coup d’éclat au bon moment.

Sur la saison 2018, il se classe 13eme pour la moyenne de score à 69,62 coups.

Numéro un du classement des play-offs de la Fedex Cup, il ne faut pas oublier que sur la saison régulière, et avant ses deux victoires, il était déjà dans le top-10. Ce n’est pas seulement un coup d’éclat au bon moment.

Quand on creuse son jeu dans le détail, on peut voir que DeChambeau domine son sujet avec les fers, et pour approcher les greens.

Longue distance, moins de 100 mètres, depuis le rough ou depuis le fairway, il fait partie des joueurs qui arrivent le plus près des trous, avec une moyenne à peine supérieur à 10 mètres du trou, toutes distances de provenances confondues, ce qui le classe dans le top-24 du circuit.

En comparaison, son driving est bon sans être déconcertant.

Il est long avec une vitesse de swing de 117 mph (33eme), mais rien d’imputable directement à une technique révolutionnaire.

Sa dispersion au drive est d’ailleurs comparable à celle d’un golfeur à la vitesse de swing identique.

Pour un golfeur du PGA Tour, il ne prend « que » 62% des fairways en régulation pour une distance moyenne de 306 yards (top-24).

Par opposition, DeChambeau n’est pas vraiment dominateur au petit-jeu ou au putting, ses deux relatifs points faibles actuels.

Dans ces deux compartiments du jeu, autour du green, et sur le green, ses statistiques sont en retraits par rapport à son jeu de fers exceptionnel.

Dans ce cas, sa mécanique, et ses choix de clubs méritent d’être décortiqués pour tenter de comprendre le secret de sa consistance.

Depuis août 2015, et une émission de Golf Channel où Travis Fulton a comparé le swing du jeune DeChambeau à celui de Moe Norman, cette idée a fait son chemin.

Pourtant, Jack Kuykendal, un autre enseignant PGA classé dans le top-100 de sa profession entre 1996 et 2003 a émis une autre hypothèse intéressante.

Il fait référence à Nancy Lopez, surtout par rapport à la position des mains à l’adresse, et pendant tout le swing…

Il s’oppose aussi frontalement à l’analyse de Kirk Junge, un autre enseignant optant pour une inspiration « MoeNormanesque » du swing de DeChambeau.

Les secrets du Swing de Moe Norman

Pour traiter l’article sur la séquence de swing de Bryson DeChambeau, j’ai été obligé d’approfondir celui de Moe Norman, pour en comprendre les subtilités, et notamment pourquoi des enseignants américains ont immédiatement comparé le swing du jeune pro américain à la légende canadienne.

Moe Norman était connu pour être un pro de golf canadien plutôt excentrique.

Avec son swing particulier, il pouvait donner n’importe quel effet à la balle, et pratiquement sur simple demande.

Pour les américains, Moe Norman fait assurément partie des meilleurs frappeurs de balles de l’histoire du golf.

Décédé en 2004, on fait toujours beaucoup référence à son swing, et récemment avec l’émergence de Bryson DeChambeau.

Même le tigre le place dans son top-2 des swings les plus inspirants.

En 2005, Tiger déclarait que seul Ben Hogan et Moe Norman pouvaient prétendre avoir dompté leurs swings. Il espérait alors entrer dans l’histoire en tant que troisième golfeur à y parvenir…

Entre Hogan et Norman, il y a pourtant une immense différence de palmarès !

Pourtant le swing de Moe Norman semblait si facilement répétable, et si précis… Il s’agissait d’un swing à un seul plan !

Avec son swing particulier, il pouvait donner n’importe quel effet à la balle, et pratiquement sur simple demande.

Déjà à l’adresse, Norman s’organisait d’une manière sans comparaison avec les autres golfeurs.

Il plaçait sa balle à environ un pied derrière la balle, ce qu’il considérait être son secret pour mettre son swing en action.

Il positionnait ses mains en avant de la tête de club, et en relation avec sa cible.

En réalité, il se plaçait à l’adresse tel qu’il voulait arriver sur la balle au moment de l’impact. Avec le club un pied derrière la balle, il était forcé à garder cette position à l’impact.

Au moment de contacter la balle, il gardait les deux pieds accrochés au sol.

Todd Graves, un enseignant américain s’est spécialisé dans l’enseignement du swing de golf sur la base de celui de Moe Norman.

Selon cet enseignant, la position de Moe Norman à l’impact illustre le fait que la colonne vertébrale conserve son angle et sa position pendant tout le swing.

Ce serait ce qui rendrait ce swing si facile à répéter.

Ci-dessous des illustrations fournies à la PGA par Todd Graves au sujet du swing de Moe Norman.

Néanmoins, peut-on réellement apprendre de ce swing ? Peut-on l’enseigner à de nombreux golfeurs ?

Ce n’est pas si sûr, bien que le canadien qui n’était pas très long, en contrepartie, tapait pratiquement toujours droit et au centre.

Pour Richard Zokol, un pro canadien sur le circuit pendant les années 90, et ami de Moe Norman, le joueur du circuit actuel qui ressemblerait le plus, serait bien entendu Bryson DeChambeau.

Cependant, il ne manque pas d’ajouter que ce type de swing ne peut correspondre qu’à un « esprit » aussi obsédé que celui de Moe Norman, ou celui de Bryson DeChambeau.

Sans être absolument obsédé, il ne recommanderait pas ce swing à un plan.

« Une méthode logique ne se transcrit pas absolument en meilleure performance. Je ne pense pas qu’un golfeur amateur soit assez fort physiquement, notamment au niveau du noyau interne, pour utiliser un swing à un plan. Généralement, au contraire, les amateurs sont plutôt faibles physiquement dans cette région du tronc. »

Surtout, pour beaucoup d’observateurs, le swing de Moe Norman ne semblait pas tailler pour driver fort et loin, ce qui est pourtant le cas de Bryson DeChambeau, qui rappelons-le passe à 117 mph de vitesse de swing !

D’autres joueurs connus ont essayé d’implanter le swing de Moe Norman, comme par exemple Sandy Lyle qui enviait la capacité du canadien à taper si droit…

A la fin de l’expérience, il a surtout perdu en distance !

A nouveau, si on se réfère à DeChambeau, ce dernier tape fort, mais disperse relativement beaucoup. Son driving n’est donc pas dans les standards de la méthode Moe Norman…

Pour Lou Guzzi, un enseignant sur le PGA Tour « Moe Norman n’avait pas besoin de visualiser. Il se plaçait à l’adresse, il visait, il tapait. Il était surtout très rapide. »

Comparé avec Bryson DeChambeau… ce dernier est plus semblable aux autres joueurs du circuit pour sa routine. Il prend autant de temps, mais pas moins pour viser, et jouer un coup.

Le set-up de Moe Norman était bien plus rapide.

En réalité, il y a beaucoup de différences notables entre le swing de Moe Norman, et celui de Bryson DeChambeau.

Le swing de Bryson DeChambeau : Moe Norman ou Nancy Lopez ?

Et si DeChambeau n’avait pas vraiment le même swing que Moe Norman, mais plutôt la même approche rigoureuse et la même obsession pour développer un swing consistant ?

C’est l’hypothèse défendue par Jack Kuykendal qui trouve plus de correspondance dans le swing de DeChambeau, et celui de la golfeuse américaine Nancy Lopez.

Joueuse du LPGA Tour à partir de 1977, originaire de Californie comme Bryson, elle a remporté 48 victoires dans sa carrière, et ce, en tenant le club avec les mains assez relevées à l’adresse, et à l’impact, exactement ce que fait DeChambeau.

A vraiment bien y regarder, il y a effectivement bien plus de points communs entre le swing de Nancy Lopez, et celui du jeune californien.

Nancy Lopez plaçait ses mains plus hautes à l’adresse

Visiblement, Nancy Lopez plaçait ses mains plus hautes à l’adresse, pour qu’elles soient relativement dans la même position à l’impact, limitant les mouvements entre les deux étapes, ce qui serait la véritable clé pour taper des fers plus en lignes avec la cible. Je parle au conditionnel…

Nancy Lopez déclarait à propos de son swing "Mon swing n'est pas plus laid que celui d'Arnold Palmer, mais surtout, il est toujours le même coup laid, coup après coup..."

Pour le coach, ce n’est pas vraiment le swing de DeChambeau qui en fait un vainqueur sur le circuit. C’est surtout sa force de travail ! Ce que le joueur confirme par ailleurs.

A l’adresse, DeChambeau se place normalement, et puis il relève les mains pour imiter Nancy Lopez.

A l’adresse, DeChambeau se place normalement, et puis il relève les mains pour imiter Nancy Lopez.

Il ne s’organise pas pour swinguer à un plan. Il a bien un swing à deux plans, mais avec des mains relevées, toujours selon le Kuykendal.

Sur la suite du mouvement, pour le coach, le swing de Bryson DeChambeau n’est pas si peu conventionnel.

Au sommet, son club arrive dans une position assez classique. Au moment du downswing, il en dit la même chose.

Au sommet, son club arrive dans une position assez classique.

A l’impact, il se raidit sur ses jambes, et après l’impact, ses poignets tournent comme pour n’importe quel swing classique.

A l’impact, il se raidit sur ses jambes, et après l’impact, ses poignets tournent comme pour n’importe quel swing classique.

En fait, la principale différence de son swing par rapport aux autres joueurs, ce serait cette position des mains sur le club.

A l’endroit de son confrère Kirk Junge, un fanatique de Moe Norman, Jack Kuykendal parle de charlatan, qui essaie de convaincre les amateurs que Bryson adopte le swing de Moe Norman.

Il conclut sur le fait que Bryson pourra bien avoir une grande carrière sur la base de sa capacité à travailler sur son swing, mais il réfute l’idée que ce dernier puisse délivrer une mécanique de swing d’une qualité supérieure à celles des autres joueurs.

Pour lui, il n’y aurait donc pas de secret ou d’inspiration sur la base de Moe Norman.

La séquence de swing

Michael Jacobs est un enseignant assez réputé qui possède l’un des studios d’analyses de swing les plus avancés aux USA.

Pour cet enseignant PGA, en-dehors de la position des mains sur le club, Bryson DeChambeau réalise un swing avec beaucoup de similitudes aux autres golfeurs professionnels actuellement sur le circuit.

Pour décrire le swing de DeChambeau, Jacobs explique « Il commence son backswing avec une posture plus droite, et il conserve son poignet plus plat jusqu’à l’impact en comparaison des autres joueurs, mais si vous regardez son mouvement à partir du downswing jusqu’au finish, son mouvement est très similaire aux autres. »

Pour ce coach, les amateurs devraient bien plus s’inspirer de sa position juste après l’impact plutôt que sa posture un peu excentrique à l’adresse.

Pour ce coach, les amateurs devraient bien plus s’inspirer de sa position juste après l’impact plutôt que sa posture un peu excentrique à l’adresse.

Comme vu précédemment, Bryson DeChambeau ne délivre pas tout à fait un swing comparable à celui de Moe Norman. Il n’incline pas autant la colonne vertébrale à l’adresse, et surtout, il fait partie des longs frappeurs sur le circuit.

Bryson DeChambeau explique à propos de son swing qu’il cherche à optimiser l’angle de lancement de son club vers la balle, pour justement la porter le plus loin possible.

Il se sert de son épaule gauche pour tirer vers l’avant et vers le haut, un mouvement clairement favorable à la puissance au drive.

Autre élément revendiqué par le joueur, au downswing, il essaie de conserver le club proche de son corps, comme un patineur de vitesse qui cherche à rapprocher les bras de son corps pour accélérer sa rotation au maximum.

Les clubs d’une seule longueur

S’agissant de ses clubs, le coach new-yorkais valide l’usage par des amateurs, notamment pour simplifier la façon de préparer différents coups, mais il précise que ce gain vient avec une contrepartie.

S’agissant de ses clubs, le coach new-yorkais valide l’usage par des amateurs, notamment pour simplifier la façon de préparer différents coups,

« Il faut une très grande vitesse de swing pour suffisamment créer d’écart entre les différents clubs. Si vous drivez entre 85 et 90 mph avec le driver, il y a des chances que vous tapiez tous vos coups de fers à la même distance. »

Dans le cas de Bryson, ce dernier swingue le driver à 117 mph. Il peut créer assez de vitesse de swing pour assurer un bon écartement des distances avec ses clubs.

Driver: KING F8+ Nardo 8° | TPT Model 14 MKP LT | 45.5"

Bois de parcours KING LTD 3/4 Fwy; 14.5° | True Temper HZRDUS Black | 85x @ 43"

Bois de parcours F8+ Baffler 5wd | 17.5° | True Temper HZRDUS Black | 85x @ 41”

Série de fers COBRA KING ONE Length Utility (4 &5) | Forged ONE Length | 6-P | True Temper X7 | 37.5" pour tous

Wedges: COBRA KING V Grind | 50° | KING WideLow Grind 55° and 60° | True Temper X7 | 37.5" pour tous

Crédits photos : Fred Kfoury III - Keith Gillett - Mark Newcombe - Cobra-Puma

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