Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

La séquence de swing de Rickie Fowler : Le secret de l’angle magique

La séquence de swing de Rickie Fowler : Le secret de l’angle magique

A bientôt 30 ans, Rickie Fowler ne peut plus être considéré comme un éternel espoir du golf américain. Le natif d’Annaheim court toujours après sa première victoire en majeur. Solidement installé dans le top-10 mondial, il fait désormais partie des « top-players ». Ces golfeurs qui peuvent déplacer du public, par leur simple présence sur un tournoi. Pro depuis 2009, son palmarès n’est peut-être pas aussi fourni que son talent le laissait supposer au départ. Dans ce nouveau sujet consacré à sa séquence de swing, l’idée consistait à s’intéresser à un trait caractéristique très fort, et très distinctif de son geste, tout en trouvant des sources d’inspirations pour tous les amateurs de golf.

Découvrez nos formules d'abonnements

Les performances de Rickie Fowler en 2018

À la vue de ses performances sur le parcours en 2017, je lui avais déj consacré un sujet, pour annoncer qu’il allait bientôt gagner un majeur.

Bien entendu, je n’étais pas devin, mais je m’appuyais sur des chiffres clés qui démontraient la montée en puissance de ses résultats.

J’ai bien cru qu’il allait valider cette théorie après le premier tour de l’US Open 2017, joué de manière magistrale.

Malheureusement, il n’a pas maintenu ce niveau de jeu sur les quatre tours, et la victoire lui a largement échappé.

Fowler est toujours un golfeur à fort potentiel, mais pas complètement révélé ou valorisé par un succès en majeur.

Après avoir réellement connu une phase ascensionnelle dans sa carrière depuis 2014, et notamment un grand coup d’accélérateur en 2015, où on peut dire qu’il est passé du statut d’espoir à celui de star du PGA Tour.

Il avait notamment remporté 3 victoires dans la même saison, ce qui peut vous placer dans une catégorie à part : Celle des multiples vainqueurs sur une saison, une catégorie rare à ce niveau de jeu.

On pouvait penser qu’il allait encore hisser son niveau de jeu, et surtout de victoires, tant son jeu était complet.

Quand on se réfère aux coups gagnés sur le parcours, et par rapport aux concurrents, sur la saison 2017, on ne pouvait pas lui trouver de réels défauts ou lacunes.

Quatrième pour le nombre de coups gagnés tous compartiments de jeux confondus, il était notamment second pour le putting, seizième pour le jeu du tee au green, et trente-sixième pour les coups de départs !

Avec un tel jeu, je ne prenais pas un gros risque en pronostiquant une victoire prochaine en majeur.

D’ailleurs si l’US Open a été une occasion manquée, il a réussi son meilleur Masters en carrière en avril dernier, terminant à la deuxième place.

Certes, il n’a pas semblé dans le coup pour la victoire finale, étant donnée l’avance prise par Patrick Reed, mais tout de même, cette deuxième place en majeur pouvait valider largement son niveau de jeu dans les compétitions les plus relevées.

La saison 2018 est pourtant paradoxale, et ce, malgré sa meilleure performance en majeur à ce jour. On pourrait la qualifier en dents de scies.

Oui, il a gagné le Hero World Challenge en décembre dernier, mais ce n’est pas réellement un tournoi qui compte pour la Fedex Cup.

Depuis le début 2018, il ne comptabilise que deux bonnes performances dont ce Masters. Il a surtout déjà manqué 3 cuts à mi-saison.

Rien d’alarmant, il est classé dans le top-25 de la Fedex Cup. Cependant, à bien y regarder, son jeu n’est pas aussi excellent qu’il pouvait l’être en 2017.

Disons qu’il est plus alternatif entre l’excellent et le franchement moyen, comme récemment et par exemple au Player’s Championship, où il a justement manqué le cut.

Les chiffres ne mentent pas.

Son putting est aux antipodes de 2017. Il a considérablement reculé au classement. Il n’est plus que dans les 90 premiers !

C’est en fait l’ensemble de son jeu qui est moins probant pour l’instant.

Si sa puissance au drive n’a jamais été son principal point fort (il drive en moyenne à 300 yards), ce n’est pas le point qui pose le plus problème.

Depuis le début de la saison, il semble lutter avec une petite tendance à sortir ses balles trop à droite. Il se classe 139eme pour la tendance à trop prendre le rough à droite. Sa vitesse de swing n’a pas baissé. Il est simplement un peu moins précis.

Il est un peu moins excellent dans tous les domaines, comme par exemple autour du green.

Pourtant, sur un tournoi majeur, il s’est dépassé pour signer sa meilleure performance en carrière, signe qu’au golf, les tendances peuvent être remises en question par une semaine avec ou une semaine sans.

Surtout, comme Patrick Reed l’a démontré à Augusta, il faut être à son pic de forme au bon moment.

C’est donc sans doute plus l’aspect mental que technique qui pourra finir par faire la différence en la faveur de Fowler dans un prochain majeur.

S’agissant de son swing, je n’ai pourtant pas pu m’empêcher de m’interroger sur le plan de swing très incliné, au sommet de son backswing, que ce soit au drive, ou avec les fers. C’est même sa particularité.

Et pourtant, il a modifié cet aspect de son swing avec son coach Butch Harmon…

S’agissant de son swing, je n’ai pourtant pas pu m’empêcher de m’interroger sur le plan de swing très incliné, au sommet de son backswing, que ce soit au drive, ou avec les fers. C’est même sa particularité.

Le swing de Fowler : Une question d’angle

A la différence de Dustin Johnson ou Brooks Koepka, Rickie Fowler ne mesure qu’1m75 pour 68 kilos.

On pourrait dire de lui que c’est un poids plume, et pourtant il drive à 300 yards de moyenne (274 mètres) pour une vitesse de swing moyenne de 115 mph.

Dustin Johnson, référence de la puissance au drive mesure 1m93 pour 86 kilos, et swingue à 121 mph avec le driver.

Au rapport poids/vitesse, Fowler semble plutôt très efficace en comparaison.

De son swing, il y a un signe distinctif : la position du club juste avant le sommet du backswing.

Au lieu que la tête de club pointe significativement à la cible, elle est clairement orientée très à gauche.

A vitesse réelle, au moment de relancer le downswing, on a l’impression qu’il se sert de cette position pour accroître encore le phénomène d’accélération.

En théorie, on estime que le plan de swing au drive devrait être de 45 degrés par rapport au sol. En réalité, d’un golfeur à un autre, il peut y avoir beaucoup d’écarts.

Si vous prenez le swing de Jim Furyk, il est sans doute très au-dessus de cette valeur, alors que Rickie Fowler paraît bien en-dessous.

Au golf, le mot magique c’est consistance.

Autrement dit, l’important, ce n’est pas le nombre de degrés du plan, c’est la capacité à répéter le mouvement, et encore plus, la possibilité de centrer la balle dans la face.

Vue de derrière, au sommet, le swing de Rickie Fowler est un modèle de géométrie parfaite.

Son swing est unique. On parle même de sa signature avec un « flat arm position », soit une position de bras à plat !

Sur le practice, en-dehors des tenues flashys de son équipementier Puma, Fowler ne peut pas passer inaperçu.

Selon Michael Jacobs, un enseignant PGA près de New York « Tout le monde se focalise sur le fait qu’il laisse le club pendre ou qu’il créé une forme de « holding lag », mais ce n’est pas ce qu’il fait. »

Ajoutant « Au downswing, sa tête de club se déplace selon le même plan que ses mains. Les joueurs qui parviennent à faire cela peuvent produire généralement un swing très efficace, d’un point de vue de la vitesse. Leur swing obéit à ce que j’appelle l’angle magique. »

L’angle magique correspond au fait que la tête de club et les mains se déplacent vers l’avant sur le même angle.

Concrètement, cela signifie que le joueur essaie d’aplatir la tête de club en la poussant vers le sol.

Pour Jacobs « Vous pouvez aplatir le club autant que vous voulez pendant la transition, mais ne laissez pas la tête de club descendre trop près du sol en le faisant. Ainsi, vous évitez le besoin de rerouter le club pour arriver à l’impact ou plus simplement, vous évitez de manipuler le club à l’extrême avec les mains pour essayer de sauver le coup. »

A partir de ces explications, j’ai voulu interroger son équipementier Cobra, et contacté Tom Olsavsky, ingénieur R&D pour savoir si le swing de Rickie Fowler pouvait impliquer des changements au niveau du lie des clubs.

« Après en avoir parlé avec notre équipe sur le TOUR, les lies de Rickie n’ont pas été particulièrement modifiés. Les angles sont normaux. Par exemple, le lie de son pitching wedge est de 63,5 degrés. Par contre, il joue des fers plus courts d’un demi inch. Il fait ainsi depuis de nombreuses années. De la même façon, pour le driver, son angle de lie est classique. Avec notre système MyFly, il règle son driver F8+ sur un loft de 9 degrés alors que le manche est plus court à 43,75 inches. »

L’angle magique de Rickie Fowler vanté par Michael Jacobs n’a pas donc de conséquences sur le matériel.

Au contraire, Fowler privilégie des manches plus courts, ce qui pourtant, ne favorise pas la vitesse de swing.

Evoquées plus haut, les performances de Fowler ont connu un véritable bond en avant à partir de 2014, date à partir de laquelle, le jeune américain a commencé une nouvelle collaboration technique avec Butch Harmon.

Le travail de Butch Harmon sur le swing de Fowler

Le maître du coaching a apporté des changements significatifs au swing de l’américain.

Tout d’abord, au set-up, le changement a été subtil.

Il s’est légèrement rapproché de la balle, afin de créer une position d’adresse plus verticale.

Selon Butch Harmon, c’est la clé pour que Fowler démarre parfaitement son take-away.

Il s’est légèrement rapproché de la balle, afin de créer une position d’adresse plus verticale.

Des changements proposés par le coach, le take-away est justement le plus visible.

A l’origine, et comme beaucoup de golfeurs, Fowler déplaçait la tête de golf très à l’extérieur de la ligne vers la cible.

De cette façon, la face de club pouvait donner l’impression visuelle d’être fermée à ce point précis du swing.

Désormais, Fowler déplace la tête de club plus au-dessus de la ligne cible. La face n’est plus aussi fermée, comme si le joueur lui permettait de tourner à cet instant.

Désormais, Fowler déplace la tête de club plus au-dessus de la ligne cible. La face n’est plus aussi fermée, comme si le joueur lui permettait de tourner à cet instant. C’est un trait caractéristique du swing des élèves de Butch Harmon.

A mi-chemin pendant la montée, on peut réellement voir la conséquence de la modification de son take-away.

avec son nouveau swing, la position de son nouveau backswing est plus conventionnel, et rigoureusement dans le plan.

Alors qu’avec son ancien swing, Fowler déplaçait plus vite les mains derrière lui, dans une tentative d’élargir l’amplitude de son swing malgré un take-away très raide au départ, avec son nouveau swing, la position de son nouveau backswing est plus conventionnel, et rigoureusement dans le plan.

Il positionne ses mains plus devant son corps. Le club est parfaitement sur le plan, et la tête pointe vers le ciel alors que le butt du manche pointe en même temps sur la balle. L’inclinaison de la face est neutre.

Avant d’arriver au sommet de son swing, le club pointe à l’extérieur de la ligne comme vu plus haut.

Avant d’arriver au sommet de son swing, le club pointe à l’extérieur de la ligne comme vu plus haut.

Cependant, au sommet, avant de relancer, Fowler place bien le club un court instant en ligne avec la cible.

Simplement, le bras gauche est bien dans une position aplatie par rapport à bon nombre d’autres golfeurs.

Par rapport à son ancien swing, la face n’est plus aussi fermée, et plus parallèle par rapport au sol.

Par rapport à son ancien swing, la face n’est plus aussi fermée, et plus parallèle par rapport au sol.

C’est justement le résultat d’un bras plus plat alors que le poignet est dans une position plus neutre.

Durant la phase de transition vers le downswing, le club descend derrière le golfeur, et sous son épaule.

Durant la phase de transition vers le downswing, le club descend derrière le golfeur, et sous son épaule.

Avec son nouveau swing, Rickie peut ramener son club plus facilement, et plus devant son corps pendant le downswing, ce qui va lui demander moins d’effort pour ramener la face square à l’impact.

Sur la photo ci-dessus, on peut voir le changement par rapport à son swing en 2011, où le club parait revenir sur une trajectoire encore plus couchée.

Sur la photo ci-dessus, on peut voir le changement par rapport à son swing en 2011, où le club parait revenir sur une trajectoire encore plus couchée.

A mi-chemin vers le sol, Fowler devait beaucoup travailler pour tourner le club, et obtenir une face square à l’impact.

Ce que l’on pouvait appeler le fait de rerouter ou dérouter le club.

Avant de travailler avec Butch Harmon, c’est ce qui commençait à lui causer des douleurs au dos.

Pour préserver le joueur, Harmon a justement corrigé cet aspect du swing.

Le club est bien plus devant le joueur que sur le côté gauche, et surtout, le club revient sur le même plan qu’au backswing.

C’est au passage beaucoup moins de pression sur le dos du golfeur, et un impact plus consistant à la clé.

A l’impact, on peut voir que Rickie Fowler se trouve très au-dessus de la balle

A l’impact, on peut voir que Rickie Fowler se trouve très au-dessus de la balle, et beaucoup moins en arrière que par le passé ou tenté de partir trop à gauche avec son corps.

Il peut attaquer la balle de manière agressive, et sans douleur pour le bas du dos.

Au finish, le changement est subtil par rapport à son ancien swing. Fowler est moins enroulé sur lui-même. Il se donne plus d’espace pour tourner.

Au finish, le changement est subtil par rapport à son ancien swing. Fowler est moins enroulé sur lui-même. Il se donne plus d’espace pour tourner.

Pour de nombreux enseignants PGA, le plus étonnant concernant le swing de l’américain travaillé avec Harmon, c’est la rapidité avec laquelle il a intégré les changements.

En seulement quelques mois, il a justement réussi à compléter plusieurs bons résultats en majeurs (principalement des top-5) puis à s’imposer plus fréquemment, comme en 2015 avec 3 victoires en une seule saison.

L’apport de Butch Harmon était et est toujours indéniable.

Les 4 clés à retenir du swing de Fowler

Bien qu’en 2018, il soit globalement un peu moins performant, Fowler, numéro 7 mondial, reste un des golfeurs les plus consistants au monde. Comprenez régulier dans sa capacité à répéter le même swing.

Pour un golfeur amateur, il y a 4 moments clés qui peuvent servir d’inspirations.

A la posture, il est très athlétique, malgré son petit gabarit.

Il se prépare pour faire un mouvement dynamique et puissant. Comme un gardien de foot face à un penalty, il n’est pas tendu mais au contraire prêt à « bondir ».

Ses mains tombent devant lui et dans la droite ligne de ses épaules à l’adresse. Elles ne sont pas poussées devant lui. Ce sera plus simple pour déplacer le club dans le bon plan.

Pendant l’impact, et en fait tout le mouvement, il conserve toujours sa « hauteur ».

A savoir, et c’est un point commun avec tous les longs frappeurs, il ne descend pas ou ne s’élève.

Il évite tous les mouvements superflus.

C’est logique quand vous voulez prendre la balle la plus clean possible.

Le fait d’élever ou d’abaisser la tête va forcément demander un mouvement compensatoire, et susciter un risque d’erreur supplémentaire.

Le fait de toujours rester à la même hauteur de l’adresse à l’impact aide à améliorer la frappe de balle, même pour un amateur !

L’action de ses jambes est très athlétique.

Il transfère son poids de manière parfaite tout en tournant le haut du corps.

Il transfère son poids de manière parfaite tout en tournant le haut du corps.

Ses jambes lui fournissent une plate-forme à la fois solide et stable. La partie basse de son corps résiste parfaitement à la rotation de la partie haute.

De sorte qu’au sommet du backswing, la partie haute a tourné au-delà de 90 degrés alors que la partie basse est seulement à 45 degrés, les conditions d’un facteur X très important.

C’est ce qui créé l’énergie au moment du downswing.

Un très bon test pour vérifier l’efficacité de votre rotation corporelle consiste à monter votre club au sommet du backswing, et rester ainsi pendant de longues secondes comme immobile.

Si vous tenez la position, tout va bien. SI au contraire, vous avez du mal ou êtes rapidement essoufflé, vous savez ce qu’il faut travailler. Vous manquez de résistance dans le bas du corps, ce qui peut vous coûter de la puissance.

Un finish en dit beaucoup sur un swing de golf !

Dans une position idéale, le poids doit être pratiquement entièrement sur le côté gauche (pour un droitier), la poitrine face à la cible, et vous devez tenir l’équilibre.

Si un golfeur tope ou gratte ou même slice, c’est souvent un problème d’efficacité dans le transfert de poids. Fowler est un modèle de finish équilibré.

Crédit photo : Mark Newcombe

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.