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Qui est Matthew Wolff, et pourquoi un swing aussi atypique?

Tout juste passé pro, et déjà vainqueur sur le PGA Tour, le jeune américain Matthew Wolf (20 ans) est le nouveau phénomène golf du moment. Au début, quand vous regardez son swing de golf, vous vous dites que c’est une blague. Pourtant, il drive déjà à 120 mp/h (193 km/h), et malgré sa séquence de swing complexe, il arrive à reproduire avec constance son mouvement. Depuis Bryson DeChambeau, on n’avait pas vu un swing aussi atypique. Encore un exemple qu’il n’existe pas un seul swing type pour bien jouer au golf…un pied de nez à un enseignement qui se voudrait trop formaté ?

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Matthew Wolff : Une carrière qui démarre sur les chapeaux de roues

Matthew Wolff était jusqu’à présent surtout connu outre-Atlantique pour ses très bonnes performances au niveau universitaire.

Titré avec Oklahoma State en équipe et en individuel, les médias américains avaient déjà eu l’occasion de s’intéresser à lui, et bien avant qu’il ne remporte ces jours-ci le 3M Open, son premier titre professionnel, et après seulement quatre tournois disputés sur le circuit professionnel.

Matthew Wolff est né et a grandi en Californie.

Golfeur amateur, il s’est d’abord fait remarquer une première fois en terminant finaliste de l’US Junior Amateur 2017. Depuis, il a constamment progressé au point de devenir l’un des meilleurs amateurs au monde.

Deux ans plus tard, il devenait donc le héros de l’université d’Oklahoma State, en rentrant le dernier putt pour la victoire en NCAA, la plus prestigieuse compétition de golf universitaire aux USA.

TaylorMade n’a pas tardé à le signer comme professionnel, avec un contrat sur plusieurs années, le considérant comme l’un des futurs prodiges de ce sport.

Il a ainsi pu faire ses débuts au Waste Management Open avec une invitation, ce qui lui a en fait permis de sauter l’étape du Web.com Tour, la seconde division américaine.

Pour le Travelers Championship, son premier tournoi pro (sans invitation), il a passé le cut pour terminer à la 80eme place.

Entre juin et juillet 2019, Wolff a donc vécu une éclosion à vitesse accélérée.

A l’occasion du 3M Open, lors du troisième tour, il a tout bonnement égalé le record du parcours avec un score de 62.

Un swing qui ne s’enseigne pas dans les manuels d’instructions

C’est réellement à partir de juin 2018 que les médias américains ont commencé à détecter Matthew Wolff, et donc pour son swing qui sort complètement des standards.

Je dois bien avouer que pour ma part, j’ai cru à une blague tellement sa gesticulation me paraissait hors cadre, et j’ai eu du mal à en comprendre l’intérêt, ce qui m’a motivé à faire des recherches présentées ci-après.

Avec Bryson DeChambeau, ou encore Victor Hovland, il semble que la nouvelle génération de golfeurs soit sans complexe par rapport au fait de démontrer des swings aux antipodes du conformisme golfique.

DeChambeau a-t-il décomplexé les jeunes talents qui auparavant auraient pu être considérés comme « hors limite » ?

Il semblerait bien avec un golfeur comme Matthew Wolff, même si cela ne suffit pas à l’explication.

Le swing de Wolff n’est clairement pas le plus esthétique, ni le plus pure. 

Passé l’effet de surprise, quel intérêt de faire un mouvement de hanches préalable au déclenchement du backswing ? Pourquoi créer une montée aussi verticale ?

Wolff a parfaitement conscience du fait que son swing est atypique, et même difficilement reproductible.

« Les gens peuvent considérer qu’il est vilain, mais cela marche pour moi… »

S’il convient de préciser que ce swing paraît difficilement « copiable » pour un amateur, cela permet au moins de nous enlever de la pression dans la recherche constante du swing parfait, à la Adam Scott ou à la Justin Thomas.

Moi, le premier qui bataille depuis des années pour modifier une boucle pendant le backswing, je devrais peut-être changer d’état d’esprit, et accepter mon geste… Sauf et c’est la clé de ce sujet qu’il faut que cela soit parfaitement reproductible, et cohérent avec le projet de jeu.

Dans mon cas, comme beaucoup d’amateurs, ce n’est pas tout à fait le cas.

Dans le cas de Wolff, son geste a beau être complexe à produire, il semble tout à fait capable de le répéter sur quatre tours de compétitions, et au plus fort de la pression.

A tel point que les chroniqueurs parlent déjà de lui comme un potentiel vainqueur en majeur !

Le comble de cette histoire, c’est que Wolff n’est en fait pas le seul golfeur au monde à réaliser ce swing.

Braden Thornberry utilise une version très similaire allant jusqu’à dire que Wolff s’est lui-même inspiré de son propre swing.

Thornberry déclarait un an plus tôt à propos de la perception des gens « Nous avons choisi tous les deux ce mouvement, et on s’en fiche pas mal de ce que pensent les autres. Les gens parlent à propos de nos swings, mais quand ils constatent que cela marche, ils trouvent que c’est plus cool que n’importe quel autre swing. »

Dans le cas de Matthew Wolff, ce swing aurait été au moins encouragé avec son coach George Gankas, son entraîneur depuis cinq ans.

Wolff a notamment gagné confiance en lui, car justement, Gankas lui aurait tout simplement déclaré qu’il avait rarement vu un aussi bon swing !

Pour le joueur, ce fut une sorte de révélation ou de sortie du tunnel. Depuis plusieurs années, il se posait des questions, et beaucoup lui disaient que cela ne marcherait jamais.

« Au départ, cela m’a fait peur pour être honnête. Je ne savais pas qui croire. Je n’avais personne sur qui m’appuyer ou même me baser. »

De son côté, Thornberry a entendu les mêmes critiques, et a simplement choisi de les ignorer, considérant à juste titre, que tant que la balle part sur la bonne ligne, et termine là où il vise, le caractères esthétique de son swing ne signifie rien pour lui.

 

La seule chose qui compte, c’est le résultat, et effectivement, il faut toujours se rappeler que le golf est bien plus un sport de combien que de comment.

Dans le cas de Thornberry, son swing est principalement construit sur le rythme, et un petit balancier des hanches qui doit à priori l’empêcher de revenir par-dessus avec son club (over the top).

Au sommet de son backswing, le club paraît extrêmement à la vertical (steep), à tel point que le shaft est vraiment plus que perpendiculaire par rapport au sol.

Il arrive pourtant à relancer le club vers le sol sur le bon plan !

Ce n’est clairement pas le swing le plus simple qui monte et redescend par le même chemin.

Pour son auteur, c’est beaucoup plus une question d’attraper le bon rythme plutôt que de monter progressivement, de marquer une pause au sommet, et ensuite de relancer vers le sol.

Par moment, le danger avec ce swing pourrait être de revenir trop par l’intérieur.

Dans ce cas, il peut agir avec les mains et hooker la balle sur la gauche.

Pour l’empêcher, le joueur recule son pied droit et réalise d’abord un coup d’essai. Il n’hésite pas à installer cette routine de pre-shot pendant les tournois.

« Cela me permet de garder la synchronisation de mes hanches, et cela me permet de ne pas tourner trop tôt. »

Concernant Wolff, lui aussi coupe beaucoup le chemin du club au sommet de son backswing, et tout comme Thornberry, il utilise la rotation, et le rythme pour ramener son club sur le bon plan.

A partir du moment où il arrive à ramener le club sur le plan, il déclenche un violent mouvement des hanches et des épaules pour créer de la vitesse et de la puissance.

Sur les vidéos jointes, notez à quel point, il se met sur la pointe du pied gauche au moment de lancer le downswing, et créer de la vitesse.

A ce titre, il a été mesuré à 120 mp/h de vitesse de swing pour pas loin de 180 mp/h de vitesse de balle, soit un smash factor parfait de 1.50 au drive, signe qu’il optimise parfaitement sa vitesse, et centre très correctement la balle dans la face.

« Tant que je peux activer ma rotation, cela me permet de lancer le club en arrière, et à droite du plan à chaque fois. C’est bien plus un feeling naturel plutôt que quelque chose que je travaille. Je n’ai aucune pensée de swing au moment de taper. »

Le fait qu’il verticalise énormément son swing n’est pas le seul trait caractéristique de son swing.

L’ancien joueur de base-ball : Le swing d’un base-baller

Ancien joueur de base-ball, Wolff utilise une pression de la jambe avant, ou une sorte d’à-coup appris au base-ball, avant de lancer la batte avec plus de vitesse vers la balle en mouvement.

Par ce geste supplémentaire à un swing de golf conventionnel, il prétend utiliser le sol pour générer plus de puissance.

Il déclare à ce sujet « A chaque fois que je tape des balles pendant de longues séances d’entraînements, je peux voir les marques de mon club sur le sol, mais aussi celles de mes pieds ! »

Signe que le swing de Wolff est plutôt très « physique ».

L’autre raison de ce mouvement qui pourrait nous paraître parasitaire, c’est qu’en quelque sorte, il se sert de cette pression comme un déclencheur pour tout le reste de son swing.

En résumé, il ouvre très vite ses hanches et ses épaules avant de revenir à la position standard et classique de l’adresse, et de là, il déclenche son swing.

Autre élément à prendre en compte, Wolff se serait cassé la clavicule gauche trois ans auparavant, et cela aurait affecté son mouvement d’épaules.

Une fois remis, il a commencé à manqué ses drives sur la gauche du fairway. Pour compenser, il a commencé à viser plus à droite, mais vraiment plus à droite.

Son mouvement de « déclencheur » l’aurait aidé à revenir à une posture à l’adresse plus en ligne, et après avoir corrigé le problème, il a conservé le mouvement.

« C’est un bon moyen pour moi, notamment quand je dois swinguer sous pression. Il n’y a pas d’attente au-dessus de la balle à attendre. Dès que j’opère ce petit mouvement, je suis prêt à taper, et je me sens en confiance pour taper un bon coup de golf. »

L’exemple de Matthew Wolff remet sur le devant de la scène le fait de chercher à dompter son propre swing, plutôt que d’essayer de chercher à calquer le swing d’un autre.

Libéré par son coach d’une forme de complexe à l’égard de son mouvement inesthétique mais efficace, Wolff n’en est pas moins performant aux approches, et au putting.

Bien qu’il n’ait pas encore joué beaucoup de tournois sur le PGA Tour, il affiche déjà 71% de greens en régulation (168 greens touchés sur 234), et une moyenne de drive de 313 yards (286 mètres).

Son niveau de putting semble lui-aussi et pour l’instant très solide (seulement 5 trois-putts sur 234 tentés).

Oui, malgré son swing atypique, Wolff semble capable de très bien figurer sur le circuit professionnel.

Reste à voir ce que le nouveau 135eme mondial sera en mesure de faire sur un majeur, et face à des titans comme Brooks Koepka ou Gary Woodland.

Spieth et DeChambeau ont rapidement gagné des gros tournois après leurs débuts professionnels. Jusqu’où Wolff peut-il aller, et pourra-t-il durer ?

Bien malin qui pourra répondre par avance à ces questions. En revanche, il donne confiance à tous les golfeurs et golfeuses qui ont des swings atypiques…

A chacun son mouvement, tant que vous êtes en mesure de lancer en ligne avec la cible, et de manière régulière.

Crédit photo : Icon Sportswire

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