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Comment Sergio Garcia arrive-t-il à générer autant de puissance?

Comment Sergio Garcia arrive-t-il à générer autant de puissance? Crédit photo : Mark Newcombe

Parmi les meilleurs golfeurs au monde depuis bientôt deux décennies, l’espagnol Sergio Garcia, vainqueur d’un tournoi sur le PGA Tour en 2016, présente des caractéristiques de swing très particulières. Son geste a souvent fait l’objet de photos, vidéos et commentaires. Dans cet article, nous nous sommes justement intéressés à la description faite par un coach américain, et les principes techniques qu’il peut en déduire pour des amateurs.

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Disons que sur le circuit européen ou sur le circuit américain, les meilleurs golfeurs dépassent allègrement la moyenne des 13 greens touchés en régulation par partie, ce qui suppose un bon premier coup de départ, mais aussi et surtout un bon jeu de fers, aussi bien sur les par-3, que sur les deuxièmes coups sur les par-4 et par-5, en particulier sur des parcours qui mesurent plus de 6500 mètres en moyenne.

Les meilleurs « frappeurs » obéissent tous à des principes techniques comparables, même si certains ont leurs petits secrets, comme par exemple : Sergio Garcia.

Justement, le pro de golf américain Brian Manzella, classé parmi les 50 meilleurs enseignants aux USA en 2015 et 2016, a voulu comprendre les secrets du swing de l’espagnol.

Le point principal de l’analyse de Brian Manzella concerne l’épaule gauche du champion, qui se déplace particulièrement vers le bas au démarrage du swing.

Manzella en a déduit une règle qu’il a appelé « Pull Back, Run Up et Jump » que l’on pourrait traduire par « Tire en arrière, accumule, et saute ! »

Le coach américain a théorisé ce swing, et contrairement au swing classique, où l’épaule gauche se contente de se déplacer vers l’arrière, dans ce cas, en plus, elle descend vers l’arrière, et hors du plan habituel.

Au moment du downswing, elle ne se contente pas d’avancer, elle continue à descendre en-dessous de la position qu’elle occupait au moment de l’adresse.

Selon Manzella, si vous ignorez ce mouvement, vous vous enlevez de la vitesse et de la capacité dynamique, ce qui explique pourquoi un golfeur amateur se sent peu athlétique, et parfois faible dans sa frappe de balle.

Toutefois, avant de vous détailler la philosophie de Manzella, nous avons interrogé notre consultant américain, Richard Hurvitz, et ce dernier vous met en garde sur cette technique qui, certes augmente clairement la distance, mais augmente aussi fortement la dispersion, et la difficulté à contrôler les trajectoires de balles.

Tirez en arrière pour plus de puissance

Pour Manzella qui a analysé le swing de Sergio Garcia, si vous tirez votre épaule gauche en bas et vers l’arrière, vous vous donnez plus de chances de produire de la puissance.

Au moment de charger de l’énergie, cela vous donne plus d’espaces et plus de temps pour générer de la vitesse.

Conseil selon Manzella : Ne tournez pas vos épaules à plat, et ou ne restez pas en pression sur votre côté gauche !

Quel est le secret de ce mouvement ?

Manzella décrit un swing en 3 étapes : le fait de déplacer votre épaule gauche vers l’arrière et vers le bas correspond à l’étape 1 dit du pull back, puis l’étape 2 du « Run up » consiste à accumuler de l’énergie en commençant à déplacer cette même épaule gauche en avant et toujours vers le bas, pour finir par l’étape du « Jump » qui consiste à remonter cette épaule gauche au-dessus de la position initiale, comme si vous vouliez « sauter ».

La pression des pieds doit se faire vers le pied droit au backswing puis vers le pied gauche au downswing pour terminer complètement en appui à gauche au moment du jump. Ce qui est tout de même classique pour un swing de golf.

Pull back - phase 1

Juste avant de démarrer votre swing, mettez de la pression sur votre pied gauche, puis utilisez cette pression mise sur l’avant pour revenir vers votre pied droit au moment où vous éloignez le club de sa position initiale à l’adresse.

Basiquement, cela revient à pousser dans le sol avec votre pied gauche pour déplacer votre masse corporelle vers votre pied droit.

Dès que vous sentez la pression sous votre pied droit, poussez vers l’avant ou si vous préférez « grandissez-vous ». Cette poussée verticale va automatiquement favoriser le fait que votre épaule gauche se déplace vers l’arrière comme Sergio Garcia.

Pull back - phase 2

Maintenez la pression sous votre pied droit et continuez à pousser verticalement pour que votre épaule gauche descende et sorte de sa position initiale.

Vous faites le bon geste quand vous sentez que la partie droite de votre torse s’étire, et que votre poitrine s’éloigne de la cible en même temps que votre bras gauche se situe à l’horizontal par rapport au sol.

Pull back - phase 3

Pour terminer la phase où vous amenez le club vers l’arrière, continuez à swinguer le club tandis que vous étirez votre épaule gauche le plus loin possible.

Avec votre épaule gauche abaissée, loin de sa position initiale à l’adresse, vous avez comme l’impression que votre oreille gauche est plus proche du sol que votre oreille droite, tandis que votre pied droit est toujours en train de presser le sol.

Vous êtes un peu comme un sprinter avec ses pieds dans les starting-blocks, prêt à pousser pour un démarrage en explosion, sauf que vous…vous allez impacter une balle de golf.

Le test du pull back

Swinguez votre club jusqu’au sommet, puis enlevez votre main gauche du grip, et laissez tomber votre bras gauche. Laissez faire la gravité. Ainsi, vous avez répété le même mouvement que Sergio Garcia quand il réalise son pull back.

Si votre bras gauche pend à gauche de votre genou gauche, c’est que vous n’avez pas tiré votre épaule gauche suffisamment loin.

A l’inverse, si votre main gauche est au-dessus de votre genou gauche, c’est que vous n’avez pas assez baissé votre épaule.

La main gauche doit réellement se situer face et au-dessus du genou gauche.

Comment autocontrôler cette étape ?

L’épaule gauche doit se distancier d’au moins 15 centimètres par rapport à sa position initiale à l’adresse.

Au cours d’études menées sur le swing des amateurs, la plupart tourne leurs hanches de 40° et leurs épaules de 85°, des chiffres que tout golfeur peut atteindre selon le coach américain.

L’épaule gauche doit descendre de 10 centimètres vers le sol.

Au niveau des pros, l’épaule gauche descend au niveau du sternum quand vous vous tenez à l’adresse. Vraiment très peu d’amateurs arrivent à amener cette épaule aussi bas…

Chargez pour plus de vitesse de swing

Les meilleurs golfeurs de la planète transfèrent l’énergie de leur backswing de manière très bien rythmée, presque en douceur jusqu’au downswing, et sans perdre la moindre once de puissance emmagasinée.

Ils y parviennent en « chargeant » la balle avec leur corps, et non pas avec le club ou les mains.

Quel est le truc ? Ils déplacent l’épaule gauche en avant, et légèrement en-dehors de la ligne sans réduire de trop l’amplitude donnée par la partie supérieure du corps.

Run up - phase 1

Pendant que vous déplacez du backswing vers le downswing, vous changez la direction de la poussée, et notamment le centre de gravité de votre corps pour créer une transition et de la puissance sans trop d’efforts.

L’astuce consiste à pousser avec votre pied droit qui vrille dans le sens des aiguilles d’une montre. Ce faisant, votre talon droit se rapproche de la cible.

Manzella précise qu’aucun frappeur puissant n’utilise pas son pied de cette façon au moment de la transition, un peu à l’image d’un footballeur qui se mettrait en reprise d’appui avec ses crampons plantés dans le sol.

Run up - phase 2

Le jeu de pieds vue dans l’étape précédente permet à l’épaule gauche de se déplacer vers la cible, et légèrement à l’extérieur, et en bas.

Ce moment précis du swing de golf provoque cinq fois plus d’avancée de l’épaule gauche qu’un simple mouvement allant vers le bas et l’extérieur, ce qui fait dire à Manzella que vous ce « running up » implique peu de déplacement du haut du corps.

Le but de ce mouvement consiste à conserver de l’énergie acquise au backswing aussi longtemps que possible, et même d’en ajouter encore plus en se déplaçant dans la direction du coup, sans affecter le mouvement du club.

Notez l’angle entre le bras gauche de Sergio Garcia et le shaft du club qui n’a pas changé sur la photo ci-dessous.

Si vous arrivez à effectuer ce geste, vous pourrez dire adieu aux mouvements over the top !

Le test du run up

Commencez votre swing, et à la fin de votre « run up » (quand votre bras gauche atteint la parallèle avec le sol au downswing), enlevez votre main gauche du grip, et laissez votre bras tomber.

Si vous faites un run-up de la qualité de Sergio Garcia, votre main gauche va bien pendre vers votre genou droit.

Si votre main gauche descend trop près de votre genou gauche, au contraire, cela veut dire que vous désenclenchez la partie supérieure de votre corps trop vite, et que vous perdez de l’énergie pendant le processus.

Dans cette phase, le point clé consiste à essentiellement déplacer l’épaule gauche de quelques centimètres par seulement l’action du torse et des hanches.

L’épaule gauche doit alors se trouver au milieu de votre stance original, pendant que vos bras sont parallèles au sol.

Autre point important, votre épaule gauche descend de un à deux centimètres vers le sol, comme si vous tombiez…

Dernier point, au moment où vous commencez à vriller votre pied droit, vous allez créer une combinaison entre la rotation du corps et un effet de gauche à droite.

Résultat, votre épaule gauche va sortir légèrement du plan. Si vous tournez trop tôt, votre épaule gauche va rentrer vers l’intérieur au lieu de sortir vers l’extérieur. Gare au Slice.

Ce mouvement est sans doute le plus complexe, et c’est pourquoi, notre consultant Richard Hurvitz est très en retrait par rapport à cette technique pour des amateurs.

Sautez pour plus d’explosivité à l’impact

Maintenant que vous avez emmagasiné énormément d’énergie pour smasher la balle de golf, il est temps de sauter à l’impact.

Cette phase se déroule en deux temps : un pré-saut, et ensuite, le mouvement soudain de votre épaule gauche en haut, et en avant.

Pendant que le but de votre backswing était d’allonger le côté droit de votre torse, le fait de « sauter » comme Sergio Garcia consiste à allonger la partie gauche en utilisant la pression sous votre pied gauche tout en vous déroulant avec puissance à l’impact.

Jump - phase 1

Pour enclencher votre « saut », poussez sur votre pied gauche vers le haut, soit l’exact opposé de ce que vous avez fait durant la phase dite du pull back.

Cela va faire que votre jambe gauche va se tendre et faire monter votre épaule gauche tout en déplaçant votre colonne vertébrale de la cible.

Important : Combattez le fait de vouloir sortir rapidement de votre posture. Même si Sergio pousse vers le haut, sa poitrine reste légèrement fermée, et en face du sol.

Jump - phase 2

Comme le fait de pousser sur votre pied droit a permis de déplacer votre épaule gauche vers l’arrière et en bas au moment du pull back, pousser sur le pied gauche vers le haut, va vous inciter à monter l’épaule et la déplacer vers l’avant.

Combiné à la phase du run-up, la première partie du saut pousse votre épaule gauche 4 à 5 centimètres de son point de départ.

A partir de là, vous pouvez correctement swinguer et produire un contact balle-terre dans le bon ordre, et générer un divot digne d’un golfeur professionnel.

Jump - phase 3

Dès que vos mains ont atteint le milieu de votre cuisse droite, le club va pouvoir accélerer avec force.

Attention, si vous ne contrôlez pas ce regain de force, l’inertie va vous tirer vers le sol, et vous allez accrocher avec un contact terre-balle.

C’est pourquoi il faut vraiment sauter vers le haut selon Manzella.

Il faut pour cela continuer à pousser sur le pied gauche, et tirer l’épaule gauche vers le haut et derrière soi.

Vous devez avoir le sentiment de tirer le shaft à droite après l’impact.

Jump - phase 4

Continuez à tirer votre épaule gauche vers le haut et en arrière dans un mouvement circulaire.

Manzella insiste sur le fait de devoir étirer le côté gauche de son torse comme Sergio Garcia.

Il faut réellement parvenir à changer la direction de la poussée de la gauche vers la droite pour justement amener l’épaule gauche plus haute et en arrière en même temps que de tourner.

Au final, vous devez obtenir une extension puissante et complète des bras, comme l’espagnol.

Le test du "jump"

Sans prendre de club, swinguez vers l’arrière, tirez pour étirer votre côté droit. Puis swinguez vers l’avant en cherchant à étirer votre côté gauche afin d’amener votre épaule gauche vers le haut et derrière vous.

Conclusion :

Préparez cette traduction de l’analyse de Brian Manzella n’a pas été simple. Une fois présenté à notre consultant, Richard Hurvitz, celui-ci a immédiatement émis des réserves sur ce principe technique, bien compliqué à mettre en œuvre chez un amateur, et surtout selon lui, générateur de dispersion.

Il ne serait pas étonnant que toutes les notions présentées dans ce sujet vous paraissent parfois complexes. Il ne s'agit peut-être pas de tout reprendre au pied de la lettre. Cela peut servir à expliquer comment Garcia créé de la puissance en plus par rapport à un très bon frappeur.

Ceci étant, cet article illustre d’une part la technique d’un golfeur professionnel, parmi les 20 meilleurs du monde depuis bientôt 20 ans, Sergio Garcia, et d’autre part, cela peut vous illustrer le mouvement de l'épaule gauche, qui en fait tourne autour de sa position initiale. De notre point de vue, c'est l'élément le plus intéressant de ce sujet.

Autre point, on parle beaucoup de David Leadbetter ou d’autres coachs justement parce qu’ils ont vulgarisé le swing des meilleurs joueurs auprès des amateurs, il nous a semblé que l’explication de Brian Manzella méritait d’être citée au moins une fois en exemple sur notre site.

Remerciements : Brian Manzella (auteur de cette analyse), Richard Hurvitz (commentaires) et Mark Newcombe (photos)

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