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La séquence de swing de Jon Rahm: Un rookie qui peut gagner à Augusta

La séquence de swing de Jon Rahm: Un rookie qui peut gagner à Augusta - Crédit photo : Getty Images

Pro sur le tour seulement depuis le mois de juin 2016, l’espagnol Jon Rahm Rodriguez, 22 ans, natif de Barrika est assurément un talent précoce. Passé du 551eme rang mondial au 12eme dans ce laps de temps, il va fouler les fairways d’Augusta pour la première fois de sa carrière dans la peau d’un possible vainqueur. Cela fait pourtant 38 ans qu’un rookie n’a pas remporté le Masters dès sa première apparition. Son swing surpuissant est-il taillé pour Augusta ?

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Un rookie peut-il vraiment gagner le Masters à Augusta ?

Sa puissance est la première caractéristique principale de son jeu. Pour notre consultant Richard Hurvitz, son set-up indique dès le départ qu’il est un « high-ball hitter ». Sa séquence de swing révèle que sa vitesse d'exécution est sa principale arme au drive.

Depuis le début de la saison 2017, sa vitesse de swing au drive a été chronométrée à 115 mph (67eme sur le PGA Tour) pour une moyenne de 302 yards (280 mètres), soit la 22eme meilleure moyenne. En plus de mettre de la vitesse, il met tout son poids dans la balle !

1m88 pour 100 kilos, même si sa compagne a une taille mannequin et surveille de très près son alimentation, Rahm a de quoi « mettre » dans la balle, et dominer les PAR-5 du circuit avec puissance, et un zeste d’imagination qui n’est pas sans rappeler un certain Seve…

Surtout, il a un swing taillé pour le premier majeur de l’année, Augusta. Un terrain qui a contribué à façonner la légende de Ballesteros.

Il est assez rare que l’on considère un rookie comme une réelle chance de victoire, surtout au Masters. C’est pourtant le cas de Rahm, et ci-après, analysons pourquoi…

Comment Jon Rahm a pu passer du statut d’amateur relativement inconnu à un possible favori du Masters en moins de 9 mois ?

Sur son premier tournoi du PGA Tour, il a réussi l’exploit de se classer troisième. Il a remporté sa première victoire sur le difficile parcours de Torrey Pines en janvier dernier.

Pour son premier championnat du monde à Mexico, on a longtemps cru qu’il allait voler la victoire à Dustin Johnson, avant de terminer troisième.

Deux semaines avant le Masters, il a encore été le seul à pouvoir rivaliser avec le numéro un mondial, terminant sa course en finale du championnat du monde de match-play à Austin au Texas.

Au cours de ce match, on a pu voir qu’il ne se laissait pas dominer sur la distance au drive, ce qui n’est pas une mince affaire quand il s’agit de Dustin Johnson.

Puissance et toucher de balle sont de précieux alliés dans la perspective de jouer l’Augusta National.

Pour un ancien partenaire de l’université d’Arizona State « Le jeu de Jon est construit sur sa confiance en lui. Parce qu’il gagne… tout le monde essaie de comprendre sa force. Lui-même ne serait pas nécessairement capable de l’expliquer » ou alors il dirait tout simplement « Je crois que je suis le meilleur. Je crois dans chacune de mes décisions à 100%... chaque coup, chaque chip… Je joue tout à fond, même les mauvais coups, je crois tellement en moi que je peux quand même en faire quelque chose de bien. »

Comme l’explique Jean-Louis Tourtoulon, chroniqueur sur jeudegolf.org, la plus grosse difficulté au Masters, c’est de surmonter l’énorme pression mise sur les joueurs.

Les 5 points forts sur lequels s’appuie Jon Rahm (sa confiance en lui, son entourage, son histoire, son modèle et son swing)

Premier argument en faveur de Rahm, il a justement cette confiance en lui digne de Ballesteros qui peut le rendre relativement insensible. C’est à peine croyable quand on évoque pourtant un rookie !

La grinta de Jon Rahm exprimée à Torrey Pines

Cette confiance en lui a beaucoup à voir avec son histoire familiale, le fait qu’il ait touché à beaucoup de sports dans ses jeunes années, et peut-être le fait qu’il ait grandi au Pays-Basque.

Son père, Edorta était alpiniste et un athlète complet quand il était plus jeune.

Il lui a appris à pousser ses limites et surtout la peur. « Tout devient possible ».

A l’opposé, sa mère et son frère ainé l’ont aidé sur l’émotionnel, à être souriant sur le parcours, et très positif dans son attitude.

Pour ceux qui l’ont côtoyé plus jeune, encore inconnu, ils peuvent témoigner de son origine modeste.

Pour la petite histoire, plus grand que son lit, ses pieds dépassaient du matelas !

Rahm n’est pas près d’oublier d’où il vient, en particulier maintenant, alors qu’il est en passe de devenir une star du PGA Tour.

Gamin puissant, son premier amour pour le sport s’est porté vers le football, mais il a aussi pratiqué le karaté ou le canoé.

Il rêvait de jouer pour l’Athletic Bilbao. Il voulait être au centre du jeu dans la position de meneur ou celui qui tire le dernier penalty.

Au basket, il voulait être celui qui pouvait prendre le dernier shoot. Il aime la sensation d’être celui qui peut faire la décision dans les moments les plus cruciaux.

Cependant, obtenir fréquemment ce type de situation n’est pas toujours aisée dans les sports collectifs.

Au golf, au contraire, la pression est sur tous les coups ! « Je pense que c’est pour cette raison que j’aime ce jeu. » dixit Rahm.

C’est réellement à partir de 14 ans que le basque a commencé à se consacrer exclusivement au golf. Il a commencé par remporter le championnat Spanish Junior Boys, et a rapidement voulu ressembler à son idole, Seve Ballesteros.

Il a passé beaucoup de temps à visionner son jeu, ses manières, ses choix de coups…auxquels il a ajouté son swing puissant animée par la partie basse de son corps.

Au sujet de son swing, il a une phrase toute simple « Plus c’est court, et moins vous pouvez vous tromper. »

Ballesteros est connu pour avoir appris le golf sur les plages de Pedrena avec un fer 3 bricolé par ses soins. Il impressionnait son monde avec ses longues sorties de bunkers !

Rahm habitait quant à lui près d’un practice qui n’était pas un équipement haut de gamme.

« Les balles ressemblaient plutôt à des cailloux, et les bunkers étaient remplis de pierres. Le putting green avait l’air d’avoir été fait en marbre avec une roule plus proche de 20 au stimpmeter. »

Rahm est peut-être les meilleures mains possibles au putting, justement à cause de ce putting-green détestable pour beaucoup. Il faut être capable de putter à la perfection pour arrêter la balle sur un tel green.

Le point de bascule vers le haut niveau

A 17 ans, Rahm était déjà devenu l’un des meilleurs amateurs en Europe, mais toujours inconnu aux US.

C’est à ce moment que le destin du Basque a certainement basculé. Il a rencontré le jeune frère de Phil Mickelson, Tim, qui venait de terminer sa première année comme coach à Arizona State.

La saison ne s’était pas très bien passé. Il cherchait des joueurs pour remonter le niveau de l’équipe. Un ami à la fédération espagnole lui a parlé de Rahm. Il s’est mis en tête de lui financer sa scolarité pour le faire venir outre-Atlantique.

Sans savoir parler un traître mot d’anglais, ses débuts n’ont pas été éloquents. Il a fallu le coacher sur la gestion du parcours pour qu’il progresse rapidement. Le talent était là, mais les choix devaient être affinés, comme s’il fallait tailler le diamant brut.

Avec succès, Rahm est devenu le premier jeune golfeur à remporter deux fois le trophée Ben Hogan. Il a remporté 11 victoires chez les scolaires, le deuxième meilleur total juste après… Phil Mickelson (16).

Rahm : Un mental à toute épreuve

Rahm a commencé à apprendre l’anglais à travers les chansons d’Eminem.

Pas franchement très souple, il a travaillé à la fois sa force et sa souplesse avec des exercices appropriés pour un garçon déjà très grand et très costaud.

Sa copine, Kelley Cahill a été une source de motivation non négligeable comme l’explique Benoit Vincent, ingénieur chez TaylorMade, son équipementier.

Lanceuse de javelot, c’est peu dire qu’elle a la ligne ! Etudiante en biologie et en santé globale, elle a mise l’espagnol à un régime strict. Son corps ne supporte pas très bien le gluten, le sucre, les pommes, l’huile d’olive et les bananes.

Tim Mickelson qui est devenu son agent, quittant son poste de coach à l’université, plaisante d'ailleurs sur le fait d’avoir dû renoncer à un contrat à huit chiffres pour du sponsoring avec une marque d’huile d’olive !

Ce nouveau régime a pourtant eu pour bénéfice de lui apporter plus d’énergie, mentalement et physiquement. Le deuxième aspect déterminant dans le succès de Rahm après la construction de sa confiance !

A ce propos toujours, depuis deux ans, il travaille l’aspect mental avec Joseba Del Carmen, un préparateur qui se dit plus philosophe.

« Nous parlons de différentes manières de vivre son existence. Nous nous concentrons sur le fait de garder mon esprit et mon corps en harmonie. A chaque fois, que vous quittez le présent pour vous projetez dans le futur, vous n’êtes plus en équilibre. »

Pourtant, le futur immédiat de Rahm, c’est bien le Masters d’Augusta, le théâtre de son idole Ballesteros.

Son coach, Eduardo Celles ne se risque pas à faire trop de comparaisons avec Seve.

« Seve était unique. Il n’y en aura pas deux comme lui. Cependant, Seve et Jon partagent cette énergie incroyable qui les distingue des autres joueurs. Ils ont tous les deux beaucoup de charismes et de magies dans leurs jeux. »

Après la confiance en soi, un régime alimentaire sur mesure, et une préparation mentale aux petits oignons, le dernier élément qui milite en faveur de Rahm comme solide prétendant à Augusta est bien entendu son swing.

Sa séquence de swing au drive

Une posture de frappeur

Si sa posture au drive suggère qu’il va lancer haut, il faut noter, selon son coach, qu’à mi-chemin vers le sommet du backswing, la clé de son geste, Jon tend les bras au maximum.

La plupart des amateurs font l’inverse et présentent le club très près du corps. « Ses poignets commencent à fermer la face du club. A l’inverse, les sliceurs ouvrent la face alors qu’elle pointe derrière eux. »

La plus grosse difficulté pour Rahm, au vue de sa puissance, consiste à faire attention à ne pas glisser pendant le swing. La plupart de ses coups manqués peuvent provenir d’un glissement trop important des hanches par rapport à la cible.

Pour empêcher cela, il met beaucoup de pression sur son côté dominant, et il peut ainsi tourner son corps aussi fort qu’il le souhaite. C’est l’une des grosses raisons qui explique pourquoi les pros frappent si haut et aussi droit avec le driver.

Autre clé du swing de Rahm, pendant et après l’impact, il continue la rotation de son corps.

A l’inverse, les golfeurs qui réalisent un mauvais contact ont tendance à arrêter la rotation du corps, et swinguent avec les bras.

« Je me concentre sur le fait de continuer à déplacer mes épaules tout en amenant le club devant moi. Quand je réussis cela, je sais que mon drive va aller où je veux. »

Si vous voulez être certain de dérouler complètement votre frappe, regardez si votre poitrine et la boucle de votre ceinture sont bien en face de votre cible au finish ! C’est exactement ce que fait Rahm.

La vitesse d’exécution de l’espagnol est telle qu’il a les bras en extension complète à la fin du geste. Il a justement complètement tourné ses épaules à gauche de la cible.

Le driving de l’espagnol est indiscutablement son point fort. Il aura justement l’occasion de le tester à Augusta !

« Vous ne savez jamais vraiment si vous êtes prêt. Vous ne pouvez pas le savoir mais vous devez quand même y aller… » Jon Rahm.

Crédit photo : Mark Newcombe et Getty Images

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