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La séquence de swing d’Hideki Matsuyama

La séquence de swing d’Hideki Matsuyama

Le japonais Hideki Matsuyama, 25 ans, actuel numéro 3 mondial présente l’un des swings les plus intéressants et reconnaissables sur le PGA TOUR. Au sommet du backswing, il réalise une véritable pause entre la phase de montée, et la phase de relance. Nous nous sommes intéressés au swing qui fait de lui un potentiel numéro un mondial. Son swing est-il vraiment duplicable pour un amateur ?

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Le swing de Matsuyama caractérisé par une pause au sommet...

Matsuyama réalise une très belle saison 2017 sur le PGA Tour. Pro depuis seulement 2013, le japonais s’est installé au niveau des Dustin Johnson, Jordan Spieth, et Rory McIlroy.

C’est surtout après son époustouflante victoire à Akron, théâtre du championnat du monde Bridgestone, que nous avons eu envie d’approfondir la connaissance de son swing, et de ses points forts.

Pas franchement excellent au putting, domaine où il peut largement continuer à progresser, Matsuyama avait signé lors du dernier tour, une carte incroyable de 61, record du parcours d’Akron.

Du tee au green, le japonais réalisait tout à la perfection. C’était tout bonnement magnifique à voir.

Loin du cliché sur les golfeurs asiatiques excellent au putting mais très lents sur le parcours, Matsuyama est plus proche d’un Dustin Johnson ou d’un Rory McIlroy, pour sa capacité à frapper très fort dans la balle.

Il est d’ailleurs 25eme cette saison pour la moyenne de distance au drive avec 303 yards.

Pour autant, ce n’est pas le driver qui est la meilleure arme d’Hideki. Au contraire, c’est nettement son jeu de fers qui lui permet de détenir à ce jour, le 3eme meilleur ratio de birdies sur le tour !

Globalement, du tee au green, Matsuyama est actuellement le 4eme meilleur golfeur du monde.

Comment établir un tel classement ? C’est simple ! Pour le nombre de coups gagnés du tee au green, et mesuré par le PGA Tour versus les autres pros dans les mêmes conditions.

A contrario, il n’est que 147eme pour les coups gagnés sur les greens. Sans cette « faiblesse », au regard du reste de son jeu, Matsuyama aurait déjà gagné un majeur, et serait actuellement numéro un mondial.

Sur le tee, autour du green, et depuis le fairway, l’ensemble du jeu du japonais est très cohérent, et très complet. Il est assurément un modèle de consistance !

Alors comment arrive-t-il à un tel niveau de performance.

C’est la question que nous nous sommes posés. Est-ce à la faveur de la pause qu’il réalise entre le backswing et le downswing ?

En moyenne, sur une partie de 18 trous, le japonais rentre plus de 4 birdies ! Cela fait rêver.

Pour Richard Hurvitz, pro au golf de Salvagny, sa posture est un modèle d’athlétisme. Mesurant 1,80 pour 90 kilos, « Matsu » est déjà un « beau bébé ».

Pour réaliser autant de birdies, il n’y a pas de mystère. La clé consiste à approcher très régulièrement les drapeaux avec une proximité très importante.

Sa moyenne de score est inférieure à 70 sur l’année 2017, car sa moyenne de dispersion par rapport au drapeau n’excède pas environ 9 mètres, en prenant en compte toutes les distances depuis le fairway, et 13 mètres depuis le rough.

Il excelle particulièrement sur les coups joués à 60 mètres avec à peine plus de 3 mètres de dispersion par rapport au trou.

En réalité, la pause au sommet du backswing n’est pas le seul élément clé du swing du japonais. C’est en fait le plus facile à distinguer à vitesse réelle.

Pourtant, selon Michel Delbos, Matsuyama réalise d’autres mouvements très particuliers, et très distincts du swing d’un amateur.

Les particularités du swing du japonais

Nous allons relever deux principales particularités : Une va concerner ses bras pendant le downswing, et l’autre va concerner la très grande stabilité de la partie supérieure de son corps, et particulièrement le sternum.

Le sternum peut avoir une influence considérable sur la position du point bas du club dans le déroulé du swing.

Le point bas de l’arc de swing est déterminant dans la frappe de balle, et le fait de présenter ce point bas toujours au même moment est forcément quelque chose qui va être déterminant dans la régularité et la consistance d’une frappe de balle.

Pour le premier point concernant les bras, cela se note au début du downswing où le japonais conserve son club (son manche) sur un angle particulièrement raide à la descente.

La grande différence entre Matsuyama et un amateur de golf au moment de relancer le club vers le sol va être le fait que pour conserver un angle d’attaque aussi raide, logiquement l’amateur va décaler légèrement le sternum, de sorte à aplatir un tout petit peu le geste.

En réalité, pendant tout son swing, Matsuyama essaie de conserver la position de son sternum à la même distance de la balle. Il n’y a pas de décalage !

C’est ce qui l’aide à particulièrement conserver un point de référence figé pour l’extension de ses bras après l’impact.

De derrière, on peut voir que bien entendu le japonais se sert de ses jambes pour pivoter et pousser.

Cependant, la poussée ne se fait que verticalement au niveau des jambes. Bien entendu, il ne se laisse pas glisser horizontalement.

Au moment du release, pour conserver un club aussi armé, la plupart des golfeurs seraient obligés de créer un swing extérieur-intérieur, d’agir avec les poignets.

Le japonais n’agit pas seulement avec les poignets. Il agit avec les bras pour néanmoins obtenir ce qu’on appelle du « shaft lean » (déformation du shaft ou retard du shaft) tout en ayant la face du club qui pointe bien vers la cible au contact.

La difficulté pour un amateur consiste justement à ne pas faire tourner la face du club au moment de l’impact.

C’est dans ce domaine que le japonais est très consistant. Il arrive à contrôler sa face de club pour qu’elle soit le plus parfaitement square dans la zone d’impact.

Nous n’avons pas les données trackman du swing de Matsuyama.

Mais disons qu’il doit être très proche de 0 degrés de « face angle » à l’impact, quand le commun des mortels va bouger d’un swing à l’autre, à plus quelques dixièmes ou centièmes de points, voire plus pour les sliceurs…

Après l’impact, on remarque aussi à quel point Matsuyama conserve les bras dans une très grande extension. Cela a pour but de l’aider à contrôler la trajectoire, mais aussi à créer un arc de swing plus long, et plus ample.

Ce mouvement est tellement étendu que la tête du joueur est toujours sur la position initiale de la balle que les mains sont à l’horizontales avec le sol !

Le japonais partage cette caractéristique de swing avec Jordan Spieth. Ce n’est pas une si grande coïncidence que ces deux joueurs soient actuellement parmi les meilleurs joueurs de fers sur le PGA Tour.

Inversement, la plupart des amateurs jouent plus avec les poignets, ne tiennent pas une position autant en extension, et longtemps après l’impact. Le geste sous l’influence de poignets plus actifs est presque plus rapide pour remonter le club vers soi.

Nous en venons seulement maintenant à la caractéristique de la pause au sommet du swing qui n’est pas l’arme secrète d’Hideki, comme vous avez pu le lire jusqu’ici.

En réalité, les coachs remarquent que la plupart des golfeurs qui présentent un angle d’attaque du shaft aussi raide, ont souvent tendance à être aussi ceux qui sont les moins actifs avec la partie supérieure du corps.

Ceux qui jouent le moins avec le haut du corps ! C’est justement la caractéristique inverse à 80% des amateurs qui slicent…

La partie supérieure du corps du japonais ne tourne pas tant que ça pendant le dowswing.

Le fait de conserver le club près de la poitrine ou de rester plus passif avec le haut du corps permet justement de mieux coordonner l’ensemble du mouvement avec un club positionnée sur un angle d’attaque plus raide.

Ainsi, la partie haute du corps du japonais n’est pas sa première source de puissance.

Ce contrôle de la partie haute du corps couplé à une gestion des bras plus que des poignets permet au golfeur nippon de mieux contrôler la face du club à l’impact, le chemin du club, et le point bas de son arc de swing.

Le fait de faire une longue pause au sommet du backswing est parfois un exercice recommandé par les enseignants.

Il sert principalement à sentir l’équilibre du corps entre la phase du backswing et du downswing. Il peut aussi apporter une aide aux golfeurs qui ont une transition très/trop rapide, et qui cherchent à mieux contrôler leur tempo.

Toutefois, faire une pause au sommet du backswing dans un geste qui la plupart du temps dure à peine une seconde n’a rien de si évident. C’est même très déstabilisant quand on n’a pas l’habitude de travailler un tel exercice.

Chez Matsuyama, quand il arrive au sommet du swing, la pause qu’il réalise semble lui permettre d’emmagasiner de l’énergie juste avant de redéclencher la descente, et essentiellement par la partie inférieure, et notamment les hanches.

C’est comme si pour s’assurer de justement conserver un haut du corps plus passif, le japonais créait cette pause pour se laisser le temps de relancer avec les hanches.

Sur des vidéos au ralenti, on voit distinctement que le moment de la pause au sommet lui permet d’abord déclencher les hanches, bien avant que les bras ne repartent vers le sol.

Le swing de Matsuyama est l’occasion de rappeler que pratiquement tous les pros sur le Tour ont les genoux au moins légèrement fléchis, et ne jouent pas avec les jambes raides. C’est l’illustration parfaite de l’utilisation du jeu de jambes pendant le swing.

Maintenant, faut-il vraiment swinguer comme Matsuyama et est-ce réalisable par un amateur ?

Comme nous venons de l'énumérer, le japonais, tout comme Jordan Spieth, présente un swing particulièrement non-conventionnel.

L'avis d'un pro sur l'hypothèse d'une pause au sommet du swing pour un amateur

Pour l’enseignant américain Michael Jacobs… « N’allez pas si vite en besogne ! »

Nous parlons d’un golfeur qui va peut-être devenir numéro un mondial dans les mois à venir…

Et Jacobs de rappeler la principale mission d’un swing de golf : Transférer de l’énergie !

« Les meilleurs golfeurs au monde font le meilleur travail de transfert d’énergie du corps à la balle par une réaction en chaîne… une séquence de mouvements qui constituent le swing. »

La pause n’est pas en soi un mouvement logique.

Pour le coach américain, ce n’est donc pas tant la pause qui doit être copiée, mais ce que le japonais fait ensuite.

Comme déjà évoqué plus haut par nos consultants, Jacobs dit la même chose « Il tourne avec sa hanche droite, et au moment de la transition, son corps est relativement passif alors qu’il relance avec la hanche. Bien entendu, il réalise la séquence dans le bon ordre, sans trop jouer avec la partie supérieure. »

Un transfert d’énergie efficace signifie qu’il ne perd pas l’énergie créé avec son corps.

« N’oubliez pas qu’il s’agit d’un athlète de haut niveau super coordonné.»

Le coach américain nous fournit la réponse à notre question. « Si le golfeur moyen essaie de copier cette pause, et n’a pas une bonne transition, lui ou elle, va essentiellement couper le transfert d’énergie. »

Pour le coach, il est surtout important de s’inspirer de la transition du japonais, et de se focaliser sur une partie supérieure du corps plus passive.

Crédit photo : Mark Newcombe

Revoir la vidéo résumé du PGA Tour sur le tour de Matsuyama en 61 à Akron

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