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La routine de swing anti-hook d’Alexander Noren

La routine de swing anti-hook d’Alexander Noren

Présent à l’Open de France, le suédois de 35 ans, 16eme joueur mondial, est depuis au moins deux saisons, une des têtes d’affiches du circuit européen, et un candidat sérieux pour une place dans l’équipe européenne de Ryder Cup. Bourreau de travail, il a développé une technique bien à lui pour contrer les pushs et les hooks. Avant chaque tee-shot, au practice et sur le parcours, il répète une séquence qui lui est propre, afin de conditionner son esprit, et son corps, pour produire le coup parfait.

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Adolescent en Suède, Noren tapait des balles jusqu’à en avoir des ampoules aux mains et aux doigts dans son club du Haninge Golf Club au sud de Stockholm.

On pourrait croire qu’avec un tel entraînement, pro depuis 2005, déjà vainqueur de dix tournois en carrière, Noren serait moins focalisé sur la technique, et notamment la rotation déclenchée par son bassin.

A Paris comme à Augusta, au practice comme sur le parcours, Alexander Noren répète invariablement la même routine.

Il se concentre sur la synchronisation de la rotation des hanches, avec la descente de ses bras dans la zone d’impact.

Synchronise ? Il désynchronise plutôt toute la séquence pour s’assurer qu’il va donner un mouvement de rotation des hanches plus rapide que la descente des bras.

Si vous cherchez un exemple de swing dirigé par l’action du bas du corps, le swing de Noren est un modèle du genre.

Sa routine est si particulière qu’elle a déjà suscité de nombreux commentaires de la part des coachs à travers le monde, et sur la toile.

Noren a bien la réputation d’être un golfeur très rigoureux, et doué d’une force de travail considérable.

Son mouvement que l’on pourrait qualifier de non-conventionnel (sur plus de 150 joueurs, on ne voit personne faire la même chose) tirerait son origine du coach Mac O’Grady.

Ce dernier a eu pour élève un certain Seve Ballesteros et s’est fait remarquer comme joueur du PGA Tour dans les années 70 et 80, ou plutôt pour avoir tenté de passer les cartes à 17 reprises.

Droitier pour son swing, il puttait en gaucher jusqu’au moment où il a tenté de jouer tout en gaucher.

Clairement, il s’est fait connaître pour son excentricité sur le parcours, ce qui ne l’a pas empêché de devenir plus tard, un excellent coach de golf.

Noren aurait donc vu Mac O’Grady. Ensemble, ils auraient conçu ce protocole de routine que le suédois met en pratique en permanence, et comme un tic obsessionnel.

Cela peut paraître bizarre, car Noren exagère le mouvement pour sentir la position qu’il doit développer à vitesse réelle.

Il s’agirait de s’assurer que le corps tourne de manière plus efficace jusqu’à l’impact, en s’assurant que les bras travaillent en parfaite synchronisation avec la rotation.

Cela peut paraître bizarre, car Noren exagère le mouvement pour sentir la position qu’il doit développer à vitesse réelle.

L’autre fait qui est très instructif à propos de ce swing est l’attention qu’il porte à la connexion bras droit-buste pendant tout le mouvement.

C’est au moment d’arriver dans la zone d’impact qu’il fait avancer les hanches plus rapidement vers la cible que ses bras qu’il contrôle volontairement.

Au début de son mouvement de répétition, le geste est normal. C’est au moment d’arriver dans la zone d’impact qu’il fait avancer les hanches plus rapidement vers la cible que ses bras qu’il contrôle volontairement.

Ainsi, les hanches sont faces à la cible bien avant les bras, et le buste. Il s’assure de pouvoir créer le plus grand facteur X possible.

Ce fameux facteur qui résume la dissociation entre le haut et le bas du corps, générateur de puissance maximum pour un swing de golf.

Ainsi, les hanches sont faces à la cible bien avant les bras, et le buste. Il s’assure de pouvoir créer le plus grand facteur X possible.

Au drive, selon les statistiques collectées par le PGA Tour, Alex Noren swingue en moyenne à 117 mph, ce qui le classe parmi les 40 joueurs les plus rapides.

Cependant, en distance moyenne, il ne se classe que dans les 60 premiers, ce qui laisse penser qu’il n’exploite pas pleinement sa vitesse de swing. On peut déduire qu’il décentre un tout petit peu ses frappes, et perd en vitesse de balle ou génère un peu trop de spin.

La plupart du temps, son mouvement implique un drive en draw du fait d’un chemin de club relativement intérieur. Son club et ses bras sont derrière lui pendant le backswing à vitesse réelle.

La plupart du temps, son mouvement implique un drive en draw du fait d’un chemin de club relativement intérieur.

Conséquence, il fait souvent démarrer la balle à droite de sa trajectoire. La tête de club reste à l’extérieur des mains à l’impact.

C’est une hypothèse, mais il est tout à fait possible que le suédois travaille son swing au ralenti pour limiter son effet de draw naturel, qui parfois peut se transformer en hook.

Il l’explique d’ailleurs. Cette routine a pour objectif de l’aider à ressentir ce qu’il faut mettre en place pour frapper une balle parfaitement droite.

C’est une routine en réalité basée sur le feeling.

L’autre argument super pertinent qu’il développe pour justifier une telle routine concerne le fait que sur le parcours, il ne veut pas trop se préoccuper de savoir où la tête de club va se trouver pendant le déplacement dans le plan.

C’est une faute assez commune chez tous les golfeurs que d’essayer de savoir où se trouve la tête sur le plan pendant le swing, et pendant une partie de golf.

Il est commun de dire qu’au golf, il faut jouer pour scorer avant et au lieu de penser au mouvement.

Noren déconnecte ainsi avec sa routine les pensées qui pourraient l’encombrer sur le placement du club au backswing.

La seule chose sur laquelle il veut se concentrer consiste à frapper la balle avec le feeling d’un coup qu’il va ensuite dessiner ou photographier dans sa tête, avant de l’exécuter.

Après avoir effectué sa répétition, il se met à l’adresse en se focalisant sur le fait de conserver ce même feeling répété au ralenti, mais cette fois à produire à pleine vitesse.

Il y a un autre élément très important à relater concernant cette technique, et non révélée par le joueur lui-même, mais par le célèbre coach anglais, Martin Hall qui s’est intéressé à cette technique.

Ce dernier distingue les amateurs qui devraient s’inspirer de cette technique de ceux qui devraient absolument s’en détourner.

Martin Hall explique que le mouvement de Noren est une très forte exagération d’un mouvement où il n’y a aucun release déclenché par les poignets au moment de l’impact, et même bien après.

Martin Hall explique que le mouvement de Noren est une très forte exagération d’un mouvement où il n’y a aucun release déclenché par les poignets au moment de l’impact, et même bien après.

C’est un mouvement exagéré qui fonctionne pour Noren, ce que ne manque pas de préciser Martin Hall, pas forcément fan de cette méthode dont l’objectif est clairement de lutter contre des pushs ou des hooks, ce qui serait la tendance naturelle de Noren.

Pour gagner sur le tour, le très puissant suédois aurait développé cette solution afin de bloquer cette tendance à enrouler sa face à gauche, alors que son chemin de club est déjà intérieur.

Chemin intérieur et même très intérieur, et face à gauche ou fermée sont les éléments de la recette pour hooker fort la balle.

En bloquant les poignets à l’impact sans changer son chemin de club, Noren peut effectivement amener la face plus square ou même ouverte à l’impact.

Pour le coach, c’est exercice est valide pour lutter contre un hook, mais pas conseillé pour développer du fade.

Pour le coach, c’est exercice est valide pour lutter contre un hook, mais pas conseillé pour développer du fade.

A la fin du geste de Noren, il faut vraiment noter à quel point, son poignet gauche est sévèrement plié et pointe vers le sol !

Et pour exécuter ce mouvement, selon Martin Hall, il a effectivement besoin de le répéter deux à trois fois avant de le faire à pleine vitesse, car c’est vraiment contre-nature.

Cela ne va pas marcher pour tout le monde, mais cela fonctionne pour Alex Noren.

Sur le PGA Tour, au drive, il ne manque le fairway à gauche que dans 9% des cas seulement. Il est classé douzième pour la tendance à ne pas rater à gauche ! On peut donc considérer que son exercice fonctionne pour lui…

Petit revers de la médaille, en bloquant à ce point les poignets, il peut manquer à droite…ce qui lui arrive dans 14% des cas, le pourcentage est donc plus élevé que ce contre quoi il lutte…A méditer.

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