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Que peut-on apprendre du swing de Patrick Reed ?

Que peut-on apprendre du swing de Patrick Reed ?

Le golfeur américain Patrick Reed s’est distingué depuis son arrivée sur le circuit PGA en 2011. Non seulement, il a rapidement remporté plusieurs gros tournois dont le championnat du monde Cadillac en 2014 sur le parcours du Blue Monster (Doral), et plus récemment une épreuve des play-offs de la Fedex Cup 2016 (The Barclays). Plus récemment, il a brillé aux yeux du monde entier en battant Rory McIloy, dans un match décisif de Ryder Cup. C’était en septembre 2016 à Hazeltine. Un match qui restera certainement dans les annales. Pour l’avoir vu jouer de près en Californie en février 2017, nous nous sommes penchés sur son cas ! Qu’est-ce que son swing peut nous apprendre à la lumière des commentaires des coachs de golf, dont nos consultants Richard Hurvitz et Olivier Raynal ?

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Pourquoi s’inspirer d’un pro comme Patrick Reed ?

Bien entendu, pour un amateur, reproduire le swing ou la caractéristique particulière d’un bout de swing d’un golfeur professionnel est non seulement difficile à faire, et même parfois hors de propos.

Dans cette séquence de swing, il ne s’agit pas de vous inciter à exécuter le même geste, mais plutôt à comprendre ce que Patrick Read met en place, et pour quels résultats.

A l’aide de nos consultants, Richard Hurvitz et Olivier Raynal, nous allons illustrer quel type de petit exercice vous pouvez éventuellement essayer, si vous en avez la curiosité.

Copier le swing des pros n’est pas l’objet de cet article.

En revanche, s’inspirer pour avoir une ou deux idées à explorer, rentre tout à fait dans l’esprit du site, et de la quête de solutions pour comprendre et améliorer un swing de golf.

Qui est vraiment Patrick Reed ?

1m83 pour 90 kilos, sans lui faire offense, Patrick Reed est plutôt un golfeur enrobé plus qu’un modèle d’athlète à la Jason Day ou Dustin Johnson.

Sans aller jusqu’à dire qu’il est le nouveau John Daly pour son physique, et son swing, Patrick Reed est déjà une forte personnalité sur le circuit.

Avec déjà 5 victoires avant son vingt-cinquième anniversaire, Reed est sur un tableau de marche déjà très élevé, ce qui lui vaut parfois de manquer de modestie.

Si dans les années 90 à aujourd’hui, Phil Mickelson a souvent été qualifié de gendre idéal de l’Amérique, Patrick Reed serait plutôt à l’inverse de ce rôle.

Cependant, être le « vilain » de l’histoire n’a pas que des désavantages.

Souvent, au cinéma, les rôles de méchants rapportent de plus gros cachets, et plus de récompenses.

Surtout, pour que l’histoire soit intéressante et palpitante, il faut un redoutable méchant à battre… quand c’est possible.

Il arrive même que dans certaines circonstances, le public supporte le « méchant » contre le « gentil ».

C’est tout à fait ce qui s’est passé à l’occasion de son match contre Rory McIlroy en septembre 2016 au cours des derniers simples de Ryder Cup à Hazeltine, pour au final, une victoire américaine.

Bien entendu, Patrick Reed n’est pas un méchant ! C’est juste une image qui lui colle un peu à la peau, et qu’il a tout de même contribué à se créer dans ses jeunes années, en particulier à l’université.

Son entraîneur de l’époque, Chris Haack, coach de l’université de Géorgie ne le regrette pas, et au contraire, a contribué à ce qu’il soit transféré au bout d’un an seulement à l’université d’Augusta.

Selon le Bleacher Report qui a rapporté ses propos « C’était mieux pour lui, et c’était mieux pour moi. » ajoutant à l’adresse de son futur coach universitaire « Patrick peut très bien joué, mais il a besoin d’être surveillé en permanence. »

En effet, plus jeune, il s’était fait remarqué en trichant dans un match universitaire, faignant de jouer une balle mieux placée sur le fairway, et qui n’était bien entendu pas la sienne.

Ses partenaires l’ont clairement pris sur le fait. Quelques semaines plus tard, on l’a accusé d’avoir volé et vendu un putter Scotty Cameron d’une valeur de 500 dollars.

Finalement, il se fera arrêté au volant en état d’ébriété, en possession d’une fausse carte d’identité, condamné à de la mise à l’épreuve et 60 heures de travaux d’intérêts généraux.

Cette dernière sanction sera finalement levée au titre de la première condamnation.

Bien qu’il ne faille pas juger toute la vie d’un individu sur une seule période de sa vie, ces histoires lui collent un peu à la peau, et ont servi à lui fixer une étiquette de « bad guy ».

A une époque où les golfeurs manquent singulièrement de personnalité, finalement, le caractère trempé de Patrick Reed est vu d’un bon œil, dans la mesure où cela peut servir à créer de la tension, et rendre les histoires de tournois un peu plus intéressante.

Consciemment ou inconsciemment, il alimente les polémiques, notamment quand il déclare tout simplement être l’un des meilleurs golfeurs du monde après sa victoire au Cadillac.

Quel est le principal élément qui distingue le swing de Patrick Reed ?

Il n’existe pas réellement deux swings de golf identiques.

Au plus haut niveau, les meilleurs joueurs ont souvent des swings carrément atypiques, et même difficilement reproductibles.

Cependant, les éléments biomécaniques et les fondamentaux les plus essentiels d’un swing sont toujours respectés.

Dans le cas de Patrick Reed, ce qui va nous intéresser, c’est sa capacité à générer de la puissance, et notamment de la trainée (lag).

Actuellement, 12eme mondial, Reed gagne des points sur le parcours, non seulement du tee au green (38eme en 2017 selon les statistiques du PGA Tour), mais aussi au putting, ce qui l’a bien servi à Hazeltine pour battre McIlroy en match-play (20eme en 2017 pour les coups gagnés).

Dans les 40 plus longs frappeurs au drive en 2016 (297 yards de moyenne), il n’est pas pour autant le golfeur le plus précis (seulement 55% de fairways pris en régulation, et 151eme pour cette statistique).

Souvent, certains magazines ou reportages qui nous vantent les mérites d’un golfeur pro, oublient de parler du revers de la médaille.

Dans le cas de Patrick Reed, tout n’est donc pas à prendre…

Au-delà de son swing, c’est surtout son petit jeu autour des greens qui lui a permis l’an passé d’être l’un des 8 meilleurs golfeurs au monde.

Le lag…

A 118 mph de vitesse de swing, il est concevable qu’il soit plus difficile de toujours mettre le drive sur la piste.

Pour créer cette vitesse de swing incroyable, Patrick Reed incarne parfaitement l’exemple du golfeur qui créé un maximum de lag (traînée) entre le sommet du backswing, et le début du downswing.

Le lag est en fait un retard plus important de la tête du club par rapport aux mains.

A savoir d’un bout à l’autre du shaft, un décalage se crée. Pourtant, au moment de l’impact, la tête doit avoir rattrapé ce retard, et c’est ce qui créé un effet « boost » supplémentaire.

Reed bouge ses pieds de manière très différentes de la plupart des autres joueurs du PGA Tour.

Quand il swingue le driver, pour Brian Manzella, un coach américain « Patrick Reed dance littéralement sur son pied gauche, de sorte que l’on constate qu’au moment de l’impact, il recule ce pied par rapport à la ligne imaginaire en direction de la cible. »

En quelque sorte, son pied avant pivote vers l’extérieur pendant le geste.

C’est sa marque de fabrique, mais ce n’est pas tout !

Patrick Reed est un des joueurs les plus longs sur le tour, mais aussi l’un des plus consistants sous pression pas seulement parce qu’il bouge son pied, mais bien parce qu’au sommet du backswing, il crée cette fameuse transition très rapide à l’aide de ses mains, et du chemin parfait qu’elles suivent.

A travers une très grosse rotation des épaules, et le fait qu’il force le club à partir le plus loin possible de sa tête au début du downswing, c’est justement ce qui créé ce gros « lag », et ce, toujours selon Brian Manzella, mais aussi Peter Kostis, qui confirme son confrère, et émet le même commentaire.

A mi-chemin, il lance la tête de club le plus qu’il peut vers le sol pour inverser le processus de lag, et créer l’effet d’accélération supplémentaire.

La plupart des golfeurs pensent que l’effet de lag (traînée) vient du fait de « retenir les angles » ou quelque part, tenir le club d’une certaine manière pour produire ce retard.

Pour le coach américain, ce n’est pas du tout ce que réalise Patrick Reed. Il déplace ses mains sur une ligne loin de la cible au démarrage du downswing.

Dès qu’il fait ça, il déplace la tête aussi vite qu’il le peut, et c’est pourquoi son pied sort de la ligne.

Les recommandations des coachs

Clairement, ici, on ne va pas recommander de répéter ce geste.

En revanche, il y a bien un enseignement à en retirer selon notre consultant Richard Hurvitz.

« Il faut oublier deux gestes qui sont des killers de distance et de précision : Maintenir le retard le plus longtemps possible, et surtout essayer d’aller plus vite avec les mains en direction de la balle et la cible. A la place, essayez d’imaginer un archer tirant une flèche de son carquois dans un geste le plus ample possible, pour faire en sorte que la tête de club se déplace plus rapidement à l’impact… pas le grip (les mains). »

En résumé, la distance est donnée par une tête de club plus rapide… pas par des mains plus rapides.

« Pour illustrer la différence entre un pro et un amateur, j’aime reprendre l’exemple de Michael Jordan. A une occasion où je jouais au basket, il m’a conseillé de sauter verticalement, et de garder mon coude droit près du corps, etc… Mais pourtant quand je le regardais jouer, il était capable de se lancer vers le panier avec tout le corps en arrière, et les bras loin du corps. Je veux dire que les pros ne font pas les mêmes choses que les amateurs. Quand je regarde le swing de mes élèves, je trouve qu’ils sont tous différents, mais ils partagent la même base. En matière de technique, il y a toujours une marge entre la théorie et la pratique. Mon job ou mon conseil consiste à trouver la position dans laquelle le joueur est le plus à l’aise, et donc le plus consistant. C’est un travail d’équipe. »

Pour ressentir plus de lag, le pro vous conseille une petite astuce d’entraînement.

Au moment de vous saisir de votre grip, après avoir posé la main gauche naturellement, au moment de poser la main droite, ne grippez pas comme d’habitude, mais adoptez plutôt une prise « pistolet ».

Le pouce de la main droite (pour un droitier) pointe vers le ciel tandis que l’index doit être tendu au lieu d’enserrer le club.

Faites quelques swings d’essais à vide, pour sentir le nouveau geste, puis tapez une balle dans cette attitude.

Pour avoir essayé et tester ce drill avant de le retranscrire, vous sentez réellement du mouvement au niveau de la tête de club, comme si vous faisiez un mouvement de fouet.

Attention, selon le niveau de jeu, le gain n’est pas de plusieurs dizaines de km/h ! Cependant, ce qui est intéressant avec ce petit exercice, c’est que cela apprend déjà à ressentir l’effet de lag, avant d’essayer de chercher à gagner de la distance, et de la consistance.

Avec de la répétition, vous pourrez enregistrer le mouvement dans votre esprit, et le ressentir dans votre mouvement. Cela demande du travail. Pas de remède miracle !

Autre proposition avec Olivier Raynal qui vous suggère de décaler la prise de votre grip en laissant deux doigts libre de la main gauche (pour un droitier) de ne pas enserrer le club au bout du manche.

Ce faisant, c'est une autre manière de laisser plus de liberté à la tête du club pour naviguer par rapport au manche, en particulier dans la phase de transition entre le backswing et le downswing, le moment précis où on recherche un maximum de lag.

En conclusion sur le swing de Patrick Reed, retenez que ce dernier créé beaucoup de retard (lag) avec son club, par une action conjointe entre le déplacement de son club de façon la plus ample possible, et une action de son pied gauche qui se déplace de la ligne à l’impact et après.

Ce mouvement est un trait caractéristique du swing de l’américain. Ce n’est pas forcément un mouvement applicable pour tous.

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