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Les secrets de la précision sur le parcours du suédois Henrik Stenson

Les secrets de la précision sur le parcours du suédois Henrik Stenson

Pour la saison 2018 du PGA Tour, Rory McIlroy a terminé numéro un pour la distance au drive avec une moyenne de 320 yards, alors que le prochain phénomène du genre, l’américain Cameron Champ a explosé les compteurs sur le Web.com Tour avec 343 yards. La distance ne fait pas toujours tout au golf. Pour preuve, le suédois Henrik Stenson est devenu le premier joueur, depuis le début des années 90, et Calvin Peete, a dominé à la fois pour la précision des fairways en régulation, et les greens en régulation. Autrement dit, Stenson (42 ans) est de loin le joueur de golf le plus précis du moment du tee au green. Quels sont ses secrets par rapport aux autres joueurs ?

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Stenson : Toujours aussi incontournable à 42 ans, et toujours aussi précis

Parmi les wild-cards sélectionnés pour la Ryder Cup à Paris, Henrik Stenson a été retenu par son capitaine Thomas Bjorn, en dépit d’une saison moins prolifique d’un point de vue des victoires, mais pour sa stature, son expérience, et son calme dans les moments où la tension peut atteindre son paroxysme.

Pour autant, Bjorn a peut-être jeté un coup d’œil aux statistiques du suédois sur le site du PGA Tour.

Stenson a terminé la saison numéro un pour les fairways en régulation avec 75% de résultats positifs, soit concrètement 591 fairways touchés sur 786 possibles.

Il ne s’est pas arrêté là.

Stenson est aussi le numéro un pour les greens en régulations avec 73% de réussite, 741 pour 1008 tentatives, ce qui inclut les par-3.

Une telle régularité lui a permis de poster la 12eme meilleure moyenne de score sur le PGA Tour avec 69,61, ce qui nous fait tous rêver.

Le natif de Göteborg n’utilise pas systématiquement son driver sur le tee de départ.

Clairement, depuis plusieurs années, pour son approche tactique du parcours, il privilégie nettement la précision à la distance.

Il faut dire que cela lui réussit plutôt bien, car cela fait un petit moment que l’on ne l’a pas vu briser un shaft de colère après un drive égaré, alors qu’il était encore assez coutumier du fait, trois ans en arrière.

Ce choix s’avère pertinent, car le suédois gagne vraiment des points contre ses adversaires dans un premier temps sur le tee, et dans un second sur les coups vers le green.

A la différence de la statistique des pourcentages de régulations, les coups gagnés illustrent le bénéfice d’être régulier et précis par rapport aux autres joueurs en tournoi.

Cependant, pour Stenson, être le meilleur golfeur du monde du tee au green ne suffit pas, car son petit jeu et son putting ne sont pas au même niveau.

On pourrait penser « Ok il touche beaucoup de greens, mais est-il vraiment pour autant à proximité des trous ? »

En effet, si toucher les greens régulièrement se résume à des putts de 10 ou 15 mètres, le joueur n’est pas nécessairement plus avancé.

Eh bien non, Stenson présente une moyenne de proximité au trou de 83 centimètres en moyenne, ce qui comprend tous les coups, qu’ils soient joués à plus de 100 mètres ou en-dessous.

La pertinence de cette statistique n’est pas utile de manière brute.

Il faut simplement noter qu’il est globalement le 10eme plus proche des drapeaux sur le PGA Tour après un coup qui touche le green.

Premier constat, sa première position pour les greens en régulation ne le conduit pas à la première position pour la précision extrême au drapeau, mais dixième, c’est tout de même suffisant pour être le meilleur golfeur de la planète.

25eme joueur mondial à l’ordre du mérite, Stenson est en fait hautement pénalisé par son putting.

25eme joueur mondial à l’ordre du mérite, Stenson est en fait hautement pénalisé par son putting.

Si le suédois commet relativement peu de 3 putts en moyenne (dans seulement 2,3% des cas), à contrario, il ne rentre tout simplement pas assez de premiers putts (seulement 33%), et du coup, il perd une bonne partie de ses occasions créées.

Avec un meilleur pourcentage, et en particulier à plus de 2 mètres où il est plus en difficulté, Stenson serait tout simplement et largement le meilleur golfeur du monde.

Sur le green, il y a clairement une fracture dans son putting, entre d’une part, sous la barre des 2 mètres, et d’autre part, au-dessus de 2 mètres de distance.

Espérons que son nouveau cadet, Scott Vail l’aidera à améliorer ce compartiment du jeu en 2019.

Son point fort : Son swing !

Si on s’intéresse surtout à son principal point fort, son swing, il faut considérer au moins trois clés techniques vraiment significatives :

La bonne séparation de son mouvement entre la partie basse et la partie haute de son corps, à l’heure où en biomécanique, on parle beaucoup de dissociation segmentaire.

Comment le suédois place son épaule gauche pendant le backswing pour générer de la puissance ?

Comment il laisse aller jusqu’à l’impact pour libérer un release vraiment puissant…

S’agissant du premier point, la dissociation entre bas et haut du corps est un élément clé pour générer de la puissance.

Le fameux X factor est souvent ce qui distingue les amateurs et les professionnels, qui eux justement sont capables de maximiser cet écart de ratio de rotation entre les hanches et les épaules.

Du démarrage de son swing jusqu’au sommet, Stenson limite la rotation de ses hanches de 45 degrés contre 90 degrés pour les épaules. Cet écart lui permet de générer beaucoup de vitesse de swing au retour.

Du démarrage de son swing jusqu’au sommet, Stenson limite la rotation de ses hanches de 45 degrés contre 90 degrés pour les épaules. Cet écart lui permet de générer beaucoup de vitesse de swing au retour.

A 42 ans, il génère encore en moyenne 115 mph de vitesse de swing au drive avec des pointes bien au-dessus de 120 mph.

Physiquement, Stenson pourrait tout à fait concourir avec les plus longs frappeurs du tour s’il sortait plus souvent le driver par rapport au bois 3.

Notez que par rapport au nombre de drives mesurés par le PGA Tour pour Rory McIlroy, Stenson sort le driver trois fois moins souvent !

Bénéfice, depuis le tee, il est largement le joueur qui s’écarte le moins de l’axe du fairway.

A l’inverse de Brooks Koepka qui a gagné cette année deux majeurs, et le rang de numéro un mondial pendant un temps, et qui ne jure que par le fait de driver le plus loin possible, quelle que soit la conséquence.

Pour générer un bel écart de rotation entre les hanches et les épaules, Stenson est en fait particulièrement élastique (merci les étirements et les exercices physiques, on y reviendra plus bas).

Alors que le club descend vers le sol, il conserve encore assez longtemps les épaules à 90 degrés, et le dos face à la cible, alors que les hanches ont largement le temps de revenir à 0 degrés, face à la balle.

Clairement, au downswing, les hanches tournent nettement en amont des épaules.

Pour y parvenir, il semble que Stenson charge fortement dans le sol, à partir de son muscle fessier droit jusque sous la semelle de son pied droit.

En résumé, au sommet de son backswing, Stenson est à la fois très chargé sur sa jambe droite, et son épaule gauche est à contrario descendu bien en-dessous du menton du joueur, tout en lui permettant d’étirer ses bras au maximum, pour qu’ils amènent le club le plus loin possible du corps.

En résumé, au sommet de son backswing, Stenson est à la fois très chargé sur sa jambe droite, et son épaule gauche est à contrario descendu bien en-dessous du menton du joueur, tout en lui permettant d’étirer ses bras au maximum, pour qu’ils amènent le club le plus loin possible du corps.

Ainsi, il créé un maximum d’amplitude et donc de vitesse de swing.

Phénomène d’amplitude que l’on retrouve au downswing et pendant le release. Ses bras se déplacent très loin du corps, tout en plaçant le club à la verticale la plus parfaite à mi-chemin vers le sol.  Cette position lui permet encore d’être extrêmement « chargé » à ce stade de la descente.  Après avoir contacté la balle, les bras sont parfaitement en extensions.

Phénomène d’amplitude que l’on retrouve au downswing et pendant le release. Ses bras se déplacent très loin du corps, tout en plaçant le club à la verticale la plus parfaite à mi-chemin vers le sol.

Cette position lui permet encore d’être extrêmement « chargé » à ce stade de la descente.

Après avoir contacté la balle, les bras sont parfaitement en extensions.

Après avoir contacté la balle, les bras sont parfaitement en extensions.

Tout ceci explique la puissance du suédois, mais pas nécessairement pourquoi il est toujours aussi précis.

Au golf, la précision du swing provient au moins de la conjonction de deux éléments : Le chemin du club en ligne avec la cible, et la position de la face square à l’impact.

Sur une étude du pro Alistair Davies réalisée au Trackman en 2014, le coach anglais notait déjà à partir des données du joueur, qu’avec un fer 6, Stenson était capable de ramener le chemin du club à 1 degré intérieur-extérieur, ce qui était quasiment la perfection, et couplé à une position de la face de 0,2 degrés, soit là encore la perfection pour générer une trajectoire rectiligne.

Pour parvenir à un tel alignement des planètes, Davies notait que Stenson présentait en fait un plan de swing un peu plus élevé que la moyenne (64 degrés) avec son fer 6.

Pour parvenir à un tel alignement des planètes, Davies notait que Stenson présentait en fait un plan de swing un peu plus élevé que la moyenne (64 degrés) avec son fer 6.

Un phénomène technique à sans doute relier à la grande taille du suédois (il mesure 1m85).

A l’adresse, le joueur est très équilibré, même si ses épaules sont légèrement en avant du reste du corps vers la balle.

Pas devenu précis d’un coup de baguette magique !

Ce qui est très intéressant à propos de Stenson, c’est en fait qu’il a travaillé sa précision au fil des ans.

Rassurez-vous, il n’est pas devenu le golfeur le plus précis du circuit du jour au lendemain.

En 2010, pour le nombre de greens en régulation, il ne se classait que 180eme sur le PGA Tour !

Il lui a fallu 3 ans pour descendre au rang de numéro un.

En 2014, il expliquait déjà à l’antenne de GolfChannel USA, comment il était parvenu à un tel résultat.

Pour Stenson, la clé de sa précision vient de son épaule droite, et selon ses propres termes.

Il fait tout pour stabiliser son corps pendant le swing.

Au moment du backswing et du downswing, il s’assure que son épaule droite va revenir dans un mouvement qui va générer de la pression vers le sol, et non pas un mouvement qui pourrait déplacer son corps de manière latérale.

Imaginez que la main droite la face du club, et imaginez que Stenson cherche à renvoyer sa main droite vers le sol avec la face toujours square à l’impact, sans aucune autre forme de mouvement parasite.

Imaginez que la main droite la face du club, et imaginez que Stenson cherche à renvoyer sa main droite vers le sol avec la face toujours square à l’impact, sans aucune autre forme de mouvement parasite.

Bien entendu, ce mouvement repose aussi sur une parfaite synchronisation entre le haut et le bas du corps, et même surtout une bonne séquence avec les hanches qui déclenchent en premier.

Le suédois a toujours plus ou moins travaillé sur ce mouvement, mais a admit l’avoir mieux compris et dompté sur les dernières années, et notamment avec l’aide de son coach Pete Cowan.

Le suédois a toujours plus ou moins travaillé sur ce mouvement, mais a admit l’avoir mieux compris et dompté sur les dernières années, et notamment avec l’aide de son coach Pete Cowan.

Il détaille le fait que ce sont plus les muscles que le squelette qui dirigent ce mouvement, et c’est sur cela qu’il a porté plus particulièrement son attention.

Son but est plus de mettre la pression au bon moment (sur les jambes) que réellement de créer de la vitesse, ce qui est plutôt une conséquence.

Très simplement, Stenson invite les amateurs à lâcher le club et à le répliquer avec les mains, se concentrer sur la rotation, avec pour seul objectif de ramener les mains vers le sol, et de pousser sur les jambes.

En somme, « oublier l’objectif de club ou de balle » et se concentrer sur le fait de lancer vers le sol.

Pour Stenson, la patience est la clé au golf.

Il faut être patient pour arriver à mettre en place un changement payant sur son swing, patient comme il peut l’être pour attendre son premier birdie au bout de 13 trous sur le parcours, comme il ne peut jamais venir, ou en faire cinq d’affilés sur les cinq derniers trous…

Comme il prend le soin de le préciser « rien n’est jamais vraiment fini au golf, c’est un travail constant. »

Et justement un autre élément ne peut pas être éludé s’agissant de la grande constance du suédois : Sa routine d’entraînement ou d’échauffement avant chaque partie de golf !

Physique et technique indissociable

Il y a la technique, mais il y a aussi comment le suédois prépare son corps pour être aussi efficient.

Ce sujet ne serait pas complet ou exact sans aborder ce thème.

Le swing de golf se déroule sur un temps si court. La moindre petite erreur peut avoir des conséquences importantes, surtout à une vitesse de swing aussi élevée.

Une fraction de retard ou d’avance sur les poignets, les épaules, les hanches ou les genoux et le mouvement peut passer d’un contact pure à un coup en push ou en pull.

Stenson semble produire des coups parfaits à l’infini !

L’agenda d’un golfeur professionnel est une remise en question permanente du corps.

Le suédois dispute 25 tournois par saison, et voyage d’un bout à l’autre de la planète. Il doit effectuer des centaines et même des milliers de swings par semaines.

« Les millions de balles de golf que nous devons taper dans une carrière finissent toujours par prélever une taxe sur nous. De même que tous les long-courriers et le jet-lag que nous prenons dans une année. »

Pour se préparer au mieux, Stenson s’impose un temps d’échauffement avant, et un temps de récupération après chaque partie.

« La moindre petite aide doit aider le tableau final. »

Pour Stenson, il s’agit du centre de performance et massage réservé aux joueurs sur le PGA Tour pendant les tournois.

Deux heures avant chaque partie, Stenson est dans ce centre pour mettre son corps en condition.

Deux heures avant chaque partie, Stenson est dans ce centre pour mettre son corps en condition.

« Ma routine d’avant partie est vraiment très importante. Chaque joueur a une routine différente. Je commence par 20-25 minutes de putting puis je vais taper des balles. Si je n’allais pas avant à la gym auparavant, il me faudrait au moins un panier de balles entier pour arriver à mon plein potentiel de swing. Vous pouvez toujours taper un drive sans échauffement, mais le temps pour arriver à votre potentiel, sera plus long sans une bonne préparation. »

Il ajoute « Il vaut mieux préparer son corps avant de taper des balles plutôt que de s’échauffer en tapant des balles ! »

Pendant son échauffement, Stenson essaie d’accroître sa mobilité, sa flexibilité et en fait son niveau global de performance.

Pour la majorité des golfeurs professionnels, il faut en premier lieu prendre soin de la colonne vertébrale.

Il faut exercer sa mobilité, faire des rotations latérales, notamment au niveau de la cage thoracique, puis se préoccuper des mouvements latéraux au niveau des hanches.

Il s’agit des deux zones où vous pouvez maximiser le mouvement.

Si ces deux zones travaillent bien, alors vous pouvez réduire les risques de blessures, notamment par la pression mise sur le bas du dos.

Avant d’aller au practice, Stenson veut accroître sa mobilité et réveiller ses muscles.

Au golf, la posture est cruciale pour la réalisation d’un bon mouvement.

Pour beaucoup d’entre nous, y compris les professionnels, nous utilisons bien plus souvent nos muscles en avant du corps, à savoir les quadriceps ou les pectoraux par rapport aux trapèzes et les muscles en arrière.

Nous avons une dominance antérieure qui devient la norme de notre société, et notamment à cause de nos positions quotidiennes les plus fréquentes, comme travailler sur un ordinateur.

Même les athlètes ont parfois tendance à négliger les muscles postérieurs pour privilégier les muscles les plus visibles.

Les golfeurs professionnels doivent réellement combattre cette tendance.

Avant chaque partie, Stenson réalise deux séries de 10 mouvements avec des bandes élastiques pour garder sa posture droite. C’est un des exercices parmi les nombreuses séries de répétitions qu’il met en place pendant son échauffement.

Pour taper régulièrement plus droit, il y a donc bien deux éléments à faire cohabiter : Un physique qui tient compte de la réalité des mouvements du quotidien pour conserver le bon équilibre corporel, et une technique qui se focalise sur le fait de rester stable pendant le swing.

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