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Le nouveau swing de Tiger Woods peut-il lui permettre de rivaliser avec Justin Thomas ?

Début décembre, alors que la saison du PGA Tour s’est achevée sur le sacre de Justin Thomas comme nouveau champion de la Fedex Cup 2017, les 18 meilleurs golfeurs du monde ont rendez-vous au Bahamas pour le Hero World Challenge, un tournoi qui ne compte pas officiellement pour le calendrier 2018. Ce tournoi est un peu spécial, car il est organisé par la fondation de Tiger Woods, et plus de 20 mois après avoir foulé les fairways d’un parcours en compétition, justement le tigre, classé au-delà du 1000eme rang mondial a fait son grand retour à la compétition. Et pour l’occasion, il surprend tous les observateurs par un niveau de jeu digne des 10 meilleurs ! Serait-il enfin débarrassé de tous ses problèmes aux dos ? En comparaison de Justin Thomas, le nouveau Tiger Woods, 42 ans, a modifié sa posture par rapport à ses débuts. Découvrez quelques différences avec Justin Thomas, et les raisons d’espérer un retour durable au plus haut niveau.

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Cette fois, Tiger semble bien de retour pour de bon !

Après trois tours sur le parcours d’Albany, Tiger Woods n’a pas montré de signe laissant penser qu’il souffrait encore du dos, ou qu’une quelconque gêne physique entravait ses mouvements, ni pour swinguer, ni pour marcher.

Comme d’autres golfeurs, sous une température de 25 degrés en moyenne, et avec du vent, la seule chose que l’on pouvait noter sur le physique du tigre en regardant son visage, c’est qu’il transpirait !

Sa silhouette est toujours athlétique.

Peut-être un moins du temps de son obsession pour la préparation des commandos de marines, mais pour un homme de 40 ans passé, et en particulier un athlète, il est particulièrement bien « fitté » !

Physiquement, il parait au point, et complètement en mesure de rivaliser avec les meilleurs golfeurs du monde.

Dix ans plus tôt, c’était lui le meilleur golfeur de la planète, et pratiquement sans rival.

Aujourd’hui, peut-être enfin pleinement en mesure de rejouer au golf, et de jouer à un excellent niveau, Tiger Woods s’apprête à relancer sa carrière, dans un défi titanesque, mais à sa mesure.

Sans rival hier, ils sont aujourd’hui très nombreux !

Les « Baby Woods » comme Jason Day, Rory McIlroy, Rickie Fowler, Jordan Spieth, Justin Thomas ou encore Dustin Johnson.

En dix ans, le paysage du golf professionnel mondial a bien évolué.

Face à lui, Tiger Woods va trouver la plus forte opposition de sa carrière, cependant une chose ne change pas : L’attention du public pour lui !

Au cours de son chemin tortueux de ces dernières années, le Woods adulé a aussi été détesté, notamment après les révélations sur ses infidélités.

Son tempérament froid et distant qui était loué comme une qualité d’un grand champion lui a valu le désamour d’une partie du public américain.

Aujourd’hui, après tant d’années de difficultés, personnelles, professionnelles, et physiques, passé le côté médiatique et exacerbé autour de son image, son retour est attendu, désiré, espéré, scruté !

Beaucoup de golfeurs, fans des tournois et des joueurs rêvent de son retour au meilleur niveau pour écrire une des plus belles pages de l’histoire du sport moderne.

Dans quel sport autre que le golf pourrait-on voir un athlète de 42 ans rivaliser avec les meilleurs, vingt ans plus jeunes ?

Jack Nicklaus a remporté son dernier majeur à 46 ans à l’occasion du Masters 1986 ! Un Woods en bonne santé pourrait tout à fait être le premier golfeur de plus de 50 ans à remporter un majeur (pas sur le Senior Tour…)

Une chose ne change pas : l’audience que draine Tiger !

La vidéo du PGA Tour résumant le troisième tour du Hero World Challenge 2017 a été vue en quelques heures par 4000 personnes.

La vidéo du PGA Tour résumant seulement le troisième tour de Tiger Woods sur ce tournoi a été vue par 40 000 personnes dans le même laps de temps, soit dix fois plus, et il n’est pas en tête du tournoi.

Tiger Woods intéresse toujours dix fois plus que l’ensemble des autres joueurs, et c’est le signe de la « Tiger dépendance » du golf.

Qui s’intéresse au fait que Charley Hoffman soit en tête du tournoi après trois tours de golf parfaitement maitrisé en -14 et avec déjà 5 coups d’avances, une avance tigerienne ? Charley qui ?

Hoffman a deux ans de moins que Tiger, il en paraît 5 de plus.

Sans manquer de respect à ce golfeur très investi dans des actions de charité, il ressemble au type de golfeurs qu’affrontait Tiger dans les années 2000.

En quoi Tiger a changé de swing ?

Entre les années 2000 et aujourd’hui, Tiger a bien été obligé de modifier son swing. Alors qu’il présentait dans ses jeunes années, une rotation des hanches ultra rapide, et une capacité à conserver le dos en arrière très longtemps après l’impact, son nouveau swing l’amène désormais à être beaucoup plus droit sitôt après l’impact.

Alors qu’il donnait l’impression de frapper très fort en restant très compact de la tête au pied avec le dos extrêmement courbé à la façon d’un Justin Thomas d’aujourd’hui, le nouveau swing de Tiger donne l’impression qu’il finit plus rapidement debout et moins courbé.

Son dos, en particulier sa colonne vertébrale, est nettement moins mise sous tension.

En libérant le plus vite possible son énergie vers le haut, Tiger cherche visiblement à optimiser son angle de lancement, mais sans doute, surtout à minimiser le moment où le bas du dos est soumis à une forte contrainte.

Pendant toute son absence, Tiger Woods a visiblement travaillé à l’élaboration d’un swing plus adapté à sa nouvelle capacité physique.

La rotation de ses hanches est beaucoup moins violente et brutale, tout en restant très rapide pour un golfeur professionnel des années 2017-2022…

Comme le point précédent, et c’est lié, Tiger ne peut plus ou ne doit plus pivoter de manière aussi brutale pour ne pas risquer de se blesser.

Et face à lui, il y aura des Charley Hoffman, et des Justin Thomas, qui lui courbe encore énormément le dos à l’impact et longtemps après.

Une question de vitesse de swing ?

En douzième place au leaderboard après trois tours, en -3 sous le par, et à un coup seulement de Tiger, on retrouve la révélation de l’année 2017, le vainqueur de la Fedex Cup, le numéro 3 mondial, Justin Thomas, 24 ans, 1m78 pour 70 kilos et une vitesse moyenne de swing au drive de 117 mph (188 kmh), le huitième plus long frappeur du PGA Tour à 309 yards de moyenne (282 mètres).

La saison écoulée, sa puissance sur le tee lui a permis d’obtenir la troisième meilleure moyenne de score sur l’année, soit 69,35 coups de moyenne avec le deuxième meilleur ratio d’eagles et de birdies.

Il a remporté près de 10 millions de dollars de gains, des statistiques que seul Tiger Woods pouvait afficher régulièrement dix ans plus tôt.

Trackman nous a fournit les données liées au drive de Justin Thomas.

Sur un drive tapé à 116 mph, légèrement en-dessous de sa moyenne annuelle (il peut faire encore mieux), Thomas propulse la balle à 174 mph (280 kmh) avec un smash factor de 1.49 qui bien entendu signifie qu’il a frappé la balle au centre de la face, et certainement sur le sweet spot.

A une telle vitesse, Justin Thomas est néanmoins parfaitement capable de ramener la face à 0,3 degrés, soit square.

Son angle d’attaque est positif à 3,1 degrés.

Il optimise sa vitesse par un angle de lancement positif pour lever la balle proche du maximum possible, sans qu’elle ne ballonne, notamment parce que son taux de spin n’excède pas les 1800 tours. C’est l’information la plus importante à retenir pour comprendre pourquoi à cette vitesse, Thomas lance à plus de 300 yards.

On peut passer tous les chiffres en revues, s’agissant du drive de Justin Thomas, on est proche des données balistiques parfaites et idéales pour lancer le plus loin possible.

En l’occurrence, sur ce drive, on parle d’une distance de 280 mètres au carry, et 303 mètres avec la roule.

A son point le plus haut, la balle a monté un immeuble de 3 étages (37 mètres) pour rester 7,19 secondes dans les airs.

Pour Tiger Woods, dans l’hypothèse d’un retour durable, et compétitif au plus haut niveau, il lui faudra désormais affronter ce type de performance.

Il y a pourtant 18 ans d’écarts entre les deux hommes, et Justin Thomas n’a pas encore le dos en vrac, ce qui pourrait d’ailleurs arriver à horizon 4/5 ans à la vue de la position de sa colonne vertébrale après l’impact.

Une position que Tiger Woods a d’ailleurs connu dans ses jeunes années, et qu’il ne peut plus tenir aujourd’hui.

Le jeune Tiger Woods n’a jamais dépassé les 118 mph de vitesse de swing moyenne au drive dans ses meilleures années. Il faut remonter à 2005 pour trouver une moyenne de drive à 316 yards sur le tour.

Aujourd’hui, il faut aller chercher 118 mph, tout en ajustant d’autres paramètres comme par exemple un taux de spin très bas donné à la balle ! Comment pourrait-il atteindre une telle vitesse après toutes ces années de difficultés physiques ?

Tiger a beau parler de la balle comme un problème.

Ici, il ne s’agit pas de vitesse de balle, mais bien de vitesse de swing et d’angle d’attaque ou de taux de spin. Et là, la technologie n’est pas seulement en cause, sauf à imaginer que Justin Thomas utilise une balle prohibée.

Avec Bernhard Langer, Tiger Woods a été le premier golfeur a véritablement imposer la préparation physique comme un prérequis pour gagner sur le tour.

A la différence de l’allemand, il a été plus impressionnant, et sans doute plus loin dans l’athlétisation.

Hier, il se distinguait. Aujourd’hui, mis à part des ovnis comme le bedonnant et sympathique, Charley Hoffman, les 20 meilleurs golfeurs du monde sont « fit » !

A 46 ans, un talent pur comme Phil Mickelson* a d’ailleurs bien du mal à lutter physiquement contre cette génération de « Baby Woods », qui a la différence du maître, ne font pas essentiellement de la musculation, mais plutôt, et à l’image de Justin Thomas, un travail sur l’élasticité et l’explosivité.

*Mickelson a drivé à 114 mph de vitesse de swing en 2017. En 2007, il drivait à 122 mph de moyenne pour « seulement » 295 yards de moyenne !

Justin Thomas paraît d’ailleurs moins puissant, moins dessiné qu’un Tiger Woods. Il tourne pourtant très vite, et surtout il donne très peu de spin à la balle.

Il fait partie de ces joueurs qui ont intellectualisé à outrance les besoins mécaniques d’un swing de golf à haute vitesse.

Cela va plus loin que simplement pousser de la fonte pour avoir des gros muscles. Il s’agit d’exercer son corps en vue de produire un swing à haute vitesse, et faire face aux contraintes.

La preuve par les chiffres ?

Il y a plus d’un an, en février 2016 quand Tiger avait disputé l’un de ses derniers tournois sur le PGA Tour à Torrey Pines, on l’avait vu driver dans tous les sens… 30 mètres à droite, 30 mètres à gauche… et pratiquement aucun drive sur la piste. C’était incroyable de le voir lutter à ce point.

Au cours de ce Hero World Challenge, même dans sa moins bonne journée en 75 samedi, Woods a délivré des coups beaucoup moins dispersés, et même quelques chefs d’œuvres dont un drive porté à 45 mètres de haut joué en fade (pas les coups les plus longs) avec une vitesse de balle de 179 mph (288 kmh) selon les chiffres fournis par le PGA Tour.

Un tel drive a parcouru 321 yards (293 mètres).

En admettant que Tiger a parfaitement centré la balle dans la face (1.52), cela voudrait dire qu’il a été capable de swinguer à 118 mph !

Il y a plus de chances qu’il ait légèrement décentré (1.49) ce qui voudrait dire qu’il est passé à 120 mph…

A en juger par la hauteur de balle, impossible que son taux de spin soit passé sous la barre des 2000 tours, ce qui milite pour une vitesse de swing plutôt de 120 mph au lieu de 118 mph…

De tout ce qui s’est passé, ou va se passer ce week-end pour le Hero World Challenge, c’est l’information la plus importante sur la santé de son swing, et sa capacité à se hisser au niveau des meilleurs.

Attention, il s’agit d’un drive, et pas d’une moyenne sur 14 drives. Il ne s’agit pas non plus d’une moyenne sur quatre jours.

En 2013, dernière année où Tiger dominait le golf mondial, sa vitesse de swing était déjà de 118 mph, ce qui voudrait dire qu’il n’a rien perdu de sa vitesse, et ce, malgré de multiples opérations !

En 2010, sa vitesse moyenne de swing était aussi de 118 mph pour une distance moyenne de 295 yards !

Il faut remonter à 2005 pour le trouver en haut de la distance au drive avec 316 yards de moyenne avec la même vitesse moyenne.

Depuis elle a baissé pour se stabiliser tous les ans autour de 300 yards.

La vitesse de swing ne fait donc pas tout même si une haute vitesse est la première pierre de l’édifice.

Il faut en plus comme Justin Thomas, un angle d’attaque très positif (+3 degrés), un smash factor proche de 1.50 pour maximiser la vitesse de swing en vitesse de balle, et un taux de spin donné à la balle très bas sur un angle de lancement tendu (moins de 1900 tours).

Dans le cas du drive de Tiger au Hero World Challenge, sans avoir l’angle de lancement, à nouveau la hauteur de la balle à son point maximum indique que l’angle de lancement était élevé ou que le point de contact dans la face était haut.

Si on prend encore l’exemple de Charley Hoffman pour lequel on a des données trackman comparables à celles de Justin Thomas, ce dernier ne swingue qu’1,5 mph de moins par rapport à Justin Thomas, soit 115,3 contre 116,8 mph.

Pourtant, sa balle n’atteint « que » les 276,6 mètres avec la roule contre 303,1 mètres pour Justin Thomas.

Les deux golfeurs centrent aussi bien la balle puisque le smash factor est identique à 1.49 !

Les deux golfeurs ramènent la face square à l’impact (0 degré dans les deux cas).

Cependant, Hoffman donne 1000 tours de plus à la balle (spin) avec un angle d’attaque à seulement 2,5 degrés remontant contre 3,1 degrés pour Justin Thomas.

Quand Thomas monte la balle à 37 mètres, Hoffman la monte à 41 mètres alors que le loft dynamique et l’angle d’attaque sont plus bas. C’est bien le spin et le point de contact dans la face qui font la différence.

Pour rattraper Justin Thomas, il faut non seulement swinguer aussi vite, centrer aussi bien, et donner moins de spin.

Notez à quel point le dos de Justin Thomas est plié en deux comparativement à Hoffman, à quel point il se sert de la force verticale, et à quel point son bras droit est en extension après l’impact.

Le nouveau Tiger Woods de 42 ans est bien plus dans une organisation de swing comparable à celle de Charley Hoffman que celle de Justin Thomas.

Avec son nouveau swing qui ne semble pas lui heurter le dos, il se tient beaucoup plus droit, mais arrive toujours à produire assez de vitesse de swing pour porter au moins un drive à plus de 321 yards, certes vent avec.

Jack Nicklaus encourageait déjà Tiger a changé sa façon d’aborder les tournois, et ne pas chercher à lutter sur la puissance au drive, mais sur tout le reste du jeu de golf, pour néanmoins continuer à gagner, car, oui c’est possible.

Hoffman est en tête du tournoi à -14 quand Justin Thomas à onze coups de retards alors qu’il peut potentiellement prendre 30 mètres d’avances au drive !

Dans sa partie en 75, on peut voir que Tiger n’a pas réellement perdu des coups sur ses mises en jeu mais plutôt dans l’appréciation des distances sur ses approches. Il a essentiellement perdu des coups à moins de 50 mètres des greens, et même pas au putting.

C’est le signe d’un manque de jeu, d’un manque de « compas dans l’œil », pas un problème de swing ou physique.

Avec un peu plus de pratique, en jouant plus régulièrement, Woods a donc à priori le « potentiel » pour revenir dans le top-20 mondial, notamment sur ce qu’il a montré au Hero World Challenge.

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