Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

La séquence de swing de Lydia Ko

La séquence de swing de Lydia Ko

Lydia Ko est un phénomène ! Cette très jeune golfeuse n’en finit plus de battre tous les records de précocité. A seulement 18 ans, elle est devenue la première golfeuse de l’histoire à atteindre le nombre de 10 victoires chez les professionnelles, alors qu’elle était déjà devenue la plus jeune numéro un de l’histoire de notre sport. A ce niveau de performance, ce ne peut pas être le fruit du hasard ou d’une recette déjà employée par d’autres ! Elle a un truc ! Découvrez avec nous ce qui fait de Lydia Ko, la meilleure golfeuse du monde…

Découvrez nos formules d'abonnements

Pourquoi l’analyse de la swing séquence de Lydia Ko ?

Bien entendu, parce qu’elle est numéro un mondiale, mais aussi parce que son jeu mérite d’être décortiqué pour comprendre comment on peut arriver aussi rapidement à devenir numéro un mondial (en moins de deux ans passés chez les pros), et alors que face à elle, se trouvent d’autres prodiges comme Lexi Thompson, Inbee Park, Michelle Wie, et tant d’autres.

Au moins dans les dix premières au Rolex Ranking féminin, vous trouvez des golfeuses de très grands talents, alors comment est-il possible que la jeune Lydia Ko les surpasse avec une telle facilité.

En 2015, la néo-zélandaise d’origine Sud-coréenne a accumulé 2,8 millions de dollars de gains sur le terrain, sans pour autant dominer la catégorie de la distance au drive.

Avec seulement 228 mètres de moyenne au drive (classée 60ème du LPGA Tour), Ko n’est donc pas la plus longue joueuse, encore une démonstration que le score au golf ne se fait pas forcément en tapant loin sur le premier coup, en revanche, elle est incontestablement la meilleure pour la précision de son jeu du tee au green !

Notez l’équivalence de sa précision au drive (75% de fairways touchés) avec sa précision avec des fers en mains sur le fairway (77% de greens touchés), ce qui la positionne tout en haut des joueuses du LPGA Tour. Nous reviendrons plus loin sur cet élément clé.

Si vous ajoutez à cette précision de métronome avant d’arriver sur le green, sa précision exceptionnelle pour les sauvetages de pars depuis les sorties de bunkers (59%) et son très faible nombre de putts sur les greens pris en régulations (1.74 putts), vous obtenez la meilleure golfeuse du monde.

Lydia Ko est véritablement l’exemple du jeu de golf joué à la perfection sans être dans la puissance absolue, mais dans l’efficacité la plus totale.

Préambule sur le swing de Lydia Ko

Nous avons enregistré plusieurs vidéos de son swing, et pris de nombreux clichés à l’occasion de la présence de la numéro un mondiale en France, dans le cadre de l’Evian Championship 2015.

Du parcours au practice, nous l’avons aussi vu travailler avec son coach David Leadbetter.

La présence de ce dernier n’est pas un fait anodin.

Pour mémoire, Lydia Ko a changé de swing coach à la fin de l’année 2013, quittant Guy Wilson, son entraîneur depuis ses débuts (6 ans) pour rejoindre Leadbetter en Floride.

A l’époque, cela avait créé un petit émoi dans la communauté golfique, car la joueuse était déjà à un niveau de jeu impressionnant, et sur le moment, cette décision avait paru un peu brutale pour celui qui avait fait 95% du travail.

Leadbetter a essayé avec beaucoup de diplomatie d’expliquer en quoi, lui pourrait plus facilement emmener Lydia Ko au sommet technique, d’une part de son expérience du haut niveau (il a par exemple coaché Suzann Pettersen et Michelle Wie), et d’autre part de sa plus grande proximité géographique avec la joueuse qui déménageait aux USA pour jouer à plein temps sur le LPGA Tour.

A ce moment, Leadbetter a vraiment insisté auprès des parents pour s’assurer qu’ils étaient bien sûr de vouloir opérer ce changement, et alors que Lydia connaissait déjà un très grand succès avec Guy Wilson.

Ce dernier ne pouvant quitter la Nouvelle-Zélande, la famille Ko a confirmé son désir de travailler avec Leadbetter.

Dès les premiers jours de collaborations, Leadbetter a expliqué qu’il ne voulait pas opérer de changements radicaux.

Il a d’ailleurs employé la formule suivante « Qui voudrait repeindre la Mona Lisa de Léonard de Vinci ? »

Formule qui nous laisse comprendre que le swing de la joueuse était déjà très performant, et qu’il n’allait intervenir qu’à la marge.

Quelle marge ?

Sans faire dans le cosmétique, Leadbetter a demandé à la joueuse de rester un plus près de la balle à l’adresse, et a opéré avec elle sur des petits ajustements de grips, et une correction mineure de la position de la face, pour la refermer un tout petit peu à l’impact.

Sur ce point, Leadbetter a tendance à minimiser. En fait, il a eu la volonté de transformer le jeu de Ko, joueuse de fade en jeu de draw, pour gagner de la distance dans la perspective des tournois américains.

Pour le célèbre coach, en réalité, la joueuse n’avait pas réellement de points faibles.

Il l’avait d’ailleurs très bien observé en 2013, quand à Evian, elle avait été la principale rivale de sa protégé, Suzann Pettersen. Il l’avait trouvé très intelligente, et très déterminée dans son approche du parcours.

La swing séquence avec l’œil de notre coach

Comme écrit plus haut, le succès de Lydia Ko tient dans un premier point majeur : sa capacité étonnante à répéter inlassablement le même swing, quel que soit le club pour obtenir une précision maximale, aussi bien en termes de distance à parcourir que de dispersion.

Pas étonnant que derrière, elle plante les mâts, et obtienne un des taux de putting les plus bas du tour.

Pour obtenir ce résultat, ce qui est frappant avec son swing, c’est comment elle arrive à maintenir l’angle de la colonne vertébral identique pendant tout le mouvement.

Comme vous allez pouvoir le constater sur la vidéo et les photos, l’inclinaison de son dos par l’intermédiaire de sa colonne vertébral ne change pas d’un pouce entre le démarrage du backswing, et les premiers instants du finish !

Cela veut dire qu’elle maintient pendant 100% du temps l’écartement le plus parfait entre son corps, son club, et la balle.

A l’adresse, du bassin à la base de son cou, son dos forme une ligne droite parfaite, et pendant tout le swing, cette ligne droite ne se modifie pas par une quelconque action parasitaire.

A l’inverse, chez beaucoup de golfeurs, quand le swing est au sommet, et au moment de déclencher le downswing, ils ont tendance à se relever légèrement sous l’action des jambes qui poussent vers le haut jusqu’à l’impact, ce qui par voie de conséquence, leur fait perdre l’angle initial de la colonne vertébral.

Les fondamentaux du swing de cette golfeuse sont si bons que son swing est moins consommateur d’énergie que d’autres mouvements plus en puissance.

En maintenant cet angle aussi bien, je puis vous assurer que Lydia Ko peut taper des balles et des balles, vous trouverez toujours un point d’impact parfaitement centré dans la face du club.

Assurément, pour un golfeur amateur, se concentrer sur le fait de maintenir la colonne vertébral dans un plan identique pendant toute la rotation, est la clé pour des coups plus consistants, et plus réguliers.

Le deuxième élément qui est frappant quand on a la chance de pouvoir la suivre sur un parcours de golf, et pas seulement pour la voir taper des coups de golf, c’est que c’est une personne qui fait tout au même rythme.

Comprenez qu’elle marche, elle parle, elle joue sur un même rythme.

Parfois, vous avez des personnalités qui parlent vite ou qui marchent vite, mais qui essaient d’avoir un swing plus lent, ou alors l’inverse, mais c’est très rare de croiser quelqu’un qui fait tout...toujours au même rythme. C’est pourtant ce qui caractérise Lydia Ko.

Résultat, son swing suit un rythme toujours régulier. C’est difficile à mesurer mais je suis certain que pour chaque coup de golf, son tempo est toujours le même.

Pour rappel, le tempo est le temps passé à amener le club au sommet par rapport au temps passé à le descendre à l’impact.

Le tempo idéal pour un golfeur est de 3 pour 1.

Et la difficulté n’est pas de produire ce tempo, mais de le reproduire sur chaque coup tout au long d’une partie de golf.

Pour un golfeur amateur, s’il y a une chose qui peut inspirer, c’est bien de penser à ce rythme en cherchant à ralentir la montée.

Très souvent, les amateurs montent le club très rapidement, tant et si bien qu’ils ne sont pas dans ce rythme de 3 pour 1, or cela ne favorise pas la consistance et la régularité.

Enfin, et c’est un peu la conséquence des deux points précédents, elle est incroyablement bien équilibrée pendant son swing.

L’excellence de sa posture, de son mouvement physique, et donc de son swing lui permet en plus de tenir un équilibre parfait tout du long.

Clairement, elle ne cherche pas la puissance maximum par le fait de forcer une partie de son corps plus qu’une autre, si je pouvais employer une formule, je parlerai à son sujet de métronome.

La distance étant produite simplement par la gestion de l’amplitude de son arc de swing, et sa capacité à centrer parfaitement la balle dans la face du club.

A l’adresse

C’est un petit gabarit ! Elle ne mesure que 1m65. Au moment de la préparation, vous ne sentez pas une préparation athlétique avec un grand écartement du stance.

Ceci dit, elle a une partie basse de son corps très puissante pour s’ancrer dans le sol, et rester équilibré tout au long du swing.

Elle cherche à gérer son centre de gravité plus naturellement en étant relativement debout. C’est un des changements imputables à son coach.

Autre élément que revendique Leadbetter, un grip plus fort pour générer plus de draw.

Toujours selon le coach, l’essence de tout swing est de réussir la coordination entre le corps et les bras. C’est ce sur quoi, il a travaillé avec la joueuse.

Démarrage du backswing

Par les épaules, elle emmène les bras en arrière de la ligne de la balle tout en maintenant parfaitement l’angle de sa colonne vertébral droit.

Autre élément à noter, la position de ses mains est beaucoup plus proche du corps que par le passé, et surtout elle amène le club dans une position idéale pour générer une rotation parfaite.

Comme les mains sont relativement proches du corps, le club arrive relativement vite sur un plan vertical, ce qui va favoriser une rotation complète au backswing.

Précédemment à son changement de swing, Ko arrachait le club plus rapidement du sol, le plan de swing était plus arrondi, le corps commençait sa rotation plus tôt, et les bras se déplaçaient de manière indépendante par rapport au corps jusqu’au sommet.

Selon Leadbetter, ce geste entraînait d’importantes pertes d’énergies.

Avec son nouveau swing, Ko déplace le club sur un périmètre plus raccourci, et de manière plus efficace vers le sommet.

C’est l’essence même du swing prôné par Leadbetter. A savoir réduire les interactions entre les bras et les mains, pour favoriser un backswing synchronisé, dans le but de rendre le downswing plus facile à réaliser.

On ne le voit pas encore très bien sur ce cliché, mais le dos de sa main gauche est déjà très plat. Cela se verra notamment sur les plans suivants.

Au sommet du backswing

Notez un point très important, son poignet gauche au sommet n’est pas courbé ou cassé, la face du club n’est donc pas fermée.

Au contraire, depuis cette position relativement neutre, elle va pouvoir générer un meilleur release et un léger draw à l’impact.

Ce qui est le plus frappant, c’est à quel point la position du dos n’a pas changé par rapport à sa position à l’adresse.

Autre remarque, au sommet du backswing, Lydia Ko est très en avant...

A l’impact

Leadbetter a modifié le swing de Ko pour en faire une joueuse de draw, et afin qu’elle gagne près de 15 mètres de distance au drive.

Il ne nie pas d’ailleurs que le swing ne soit pas le seul paramètre sur lequel il a fallu travailler.

La joueuse s’est renforcée physiquement à l’aide d’un préparateur physique pour mettre plus de poids à l’impact.

Ceci dit, Leadbetter a aussi voulu prémunir sa joueuse de blessure en façonnant avec elle un swing moins consommateur pour le corps.

De ses clichés, il faut retenir que le swing de Ko lui permet de créer une position du shaft plus raide au backswing, plus resserré au downswing, des bras synchronisés avec le corps pour un coup plus facile à répéter.

Toute la préparation du swing réalisée en amont permet un downswing plus à l’intérieur par opposition à son swing précédent qui revenait plus de l’extérieur.

Ses hanches ne sont plus autant ouvertes avant l’impact, son bras droit est légèrement plus raide, et sa jambe droite légèrement plus passive.

En somme, elle affiche une belle synchronisation au moment de l’impact, et un geste très naturel après et jusqu’au finish.

Vidéo du swing de Lydia Ko


Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.