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La séquence de swing de Lexi Thompson

La séquence de swing de Lexi Thompson

Seul reporter européen présent au practice, le dimanche matin, à quelques minutes du départ du quatrième tour de l’Evian Championship, nous avons pu suivre la préparation de la jeune américaine Lexi Thompson, tout comme nous l’avons suivi de très près sur le parcours pour rapporter à notre coach, Michel Delbos, des clichés sous tous les angles de son swing particulièrement puissant, et maîtrisé. En bonus, une vidéo au ralenti où nous pouvons distinguer la perfection de sa swing séquence.

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Pourquoi l’analyse de la swing séquence de Lexi Thompson ?

Comme déjà écrit dans cette nouvelle rubrique où nous avons déjà traité Michelle Wie, Joanna Klatten, Suzann Pettersen, et Inbee Park, chaque swing et chaque golfeuse vue à Evian propose des différences notables.

Les morphologies sont différentes, cependant dans 90% des cas, les joueuses respectent les mêmes paramètres et fondamentaux. Ce qui est justement intéressant, ce sont les 10% de différences.

Et comme nous l’avons vu avec Inbee Park, la différence est parfois plus importante, et le swing plus atypique.

Dans le cas de Lexi Thompson, une joueuse que nous avons croisé à plusieurs reprises sur le parcours, en salle de presse, et au practice, nous avons été frappé par son charisme précoce, une sorte de force de caractère qui se dégage d’elle (sans doute sa voix qui porte), et son swing ultra-puissant malgré son jeune âge.

Récemment vainqueur du LPGA KEB-HanaBank Championship, la golfeuse originaire de Floride et qui n’a que 20 ans (rookie en 2012 sur le LPGA Tour), est une des grandes animatrices du tour féminin depuis ses débuts.

Actuelle numéro 4 mondiale, elle a remporté deux victoires cette saison ce qui lui a conféré le rang de meilleure américaine au classement de la Solheim Cup, et donc leader de son équipe.

Equipe qui s’est d’ailleurs imposée contre l’Europe à Berlin, il y a quelques semaines.

Déjà vainqueur d’un majeur, le Kraft en 2014, elle a bien failli doubler la mise à Evian cette année.

Finalement deuxième, et dépassée par un autre prodige, Lydia Ko, elle avait pourtant réussi à se porter aux avants-postes tout au long de la semaine.

Tous ses résultats ont été obtenus à partir de deux points forts : la distance au drive (4ème plus longue joueuse du tour américain), et surtout la précision de son jeu de fers (2ème pour les greens pris en régulation).

Préambule sur le swing de Lexi Thompson

La première chose qu’il faut noter sur le swing de Lexi, c’est à quel point, elle priorise la puissance !

Sur chaque coup, elle cherche le maximum de vitesse de swing, et la montée à la limite de l’overdrive.

Très régulièrement, nous l’avons vu monter le club au-delà des 270 degrés recommandés pour conserver équilibre, et recherche de vitesse maximum.

Tout est dit, si c’est une des joueuses les plus longues, c’est donc aussi parce qu’elle maintient parfaitement l’équilibre malgré une prise d’élan et de risque plus important !

Cela nécessite un travail musculaire et de stabilité du bas du corps (en particulier de la plate-forme autour du bassin) particulièrement important.

Pour comprendre ce désir de taper loin chez Thompson, il faut remonter à son enfance où elle a grandi avec deux frères plus âgés, qui l’ont entrainé dans des concours de distances.

Lexi a ainsi développé ses compétences au contact de ses frères pour ne pas se laisser distancer !

Elle a donc entraîné son corps à générer un grand montant de vitesse de swing, puis elle a travaillé sur le contrôle de cette vitesse.

Clairement, sur tous ses drives, vous pouvez voir à quel point, elle est très puissante du bas du corps, et ensuite à l’impact, elle arrive à parfaitement maintenir sa poitrine au-dessus de la balle, ce qui implique une très grande rotation du haut du corps, et en particulier des vertèbres situées en haut de la colonne vertébrale.

Un autre point clé est sa capacité à gérer sa rotation tout en conservant le club en retard le plus longtemps possible et face à sa cible, pour contrôler la trajectoire de la balle, et amener la face square à l’impact.

En résumé, Lexi Thompson privilégie bien plus la puissance que l’esthétique de son geste pour justement répondre aux exigences du golf moderne sur le tour professionnel.

La swing séquence vue par notre coach

Plus que d’autres joueuses qui arrivent au practice, Lexi Thompson ne néglige pas sa préparation athlétique. Elle passe plusieurs minutes à s’échauffer, et surtout à veiller à ses articulations.

Effectivement, la création de vitesse maximum passe par une excellente dissociation segmentaire.

A l’image d’un footballeur, elle échauffe ses adducteurs, car effectivement, elle met en jeu une très grande force dans ses jambes pour maintenir sa stabilité, tout en créant beaucoup de vitesse avec le haut du corps.

La préparation

Comme écrit plus haut, Lexi mise beaucoup sur son corps, et sur le fitness.

Dans sa préparation, elle intègre des gestes de boxes pour développer sa coordination œil-main, renforcer ses bras, et ses poignets, et améliorer son endurance.

A l’adresse

Une des clés du swing de Lexi est son grip. Plus jeune, la joueuse avait tendance à adopter un grip très fort ce qui avait tendance à fermer la face du club au sommet du swing. Son coach, Jim McLean ne lui a pas corrigé cela volontairement et jusqu’à ce qu’elle soit plus âgée. Désormais, une jeune femme, ils ont ramené ce grip dans une position plus neutre.

Lexi admet que désormais, elle ne craint plus de frapper sa balle et de générer du hook.

Thompson révèle qu’elle n’aime pas trop penser pendant son swing. Elle ne veut se concentrer que sur deux aspects de son jeu : un takeaway lent, et une pression de grip constante.

Rapidement, quand elle se met à l’adresse, et ce avec n’importe quel club, y compris un wedge, nous pouvons constater à quel point, elle s’organise de manière très athlétique.

Le stance est bien écarté, et son attitude générale ne laisse pas de place aux doutes : elle va engager !

Démarrage du backswing

Comme évoqué un instant plus haut, Lexi se focalise sur le fait de démarrer son swing lentement (un paradoxe pour une joueuse qui swingue aussi vite !).

Nous pouvons voir sur ce cliché que la joueuse se concentre sur le fait d’amener son club, ses bras, ses épaules dans une rotation à l’unisson.

D’autre part, son stance est légèrement plus écarté que la largeur de ses épaules, tandis qu’elle joue la balle légèrement à l’intérieur de la face du club pour totalement libérer son driver à l’impact, et se laisser la possibilité de remonter rapidement le club au finish.

Ce qui est frappant chez cette joueuse, c’est l’amplitude qu’elle créée (facteur X) entre la différence de rotation de ses hanches (très faible), et celle de ses épaules.

Elle se concentre sur le fait de conserver la partie basse de son corps stable tout en tournant ses épaules pour emmagasiner de l’énergie qu’elle pourra libérer au dernier moment, à savoir à l’impact.

Au sommet du backswing

Pour Lexi, être en overswing n’est pas une faute ! C’est tout de même assez rare pour être souligné. Alors que la plupart des golfeurs se focalisent sur le fait d’amener le club à l’horizontale parfaite avec le sol, et donc un angle de 270°, Thompson n’hésite pas à aller au-delà, ce qui bien entendu risque de la déséquilibrer, mais lui fournit une possibilité de vitesse additionnelle.

A l’origine, elle avait pourtant un backswing beaucoup plus court. C’est à nouveau, son coach Jim McLean qui l’a invité à allonger son geste. Son argument : « Shorter swings, shorter shots ! ». Comprenez amplitude faible = coups trop courts !

McLean a pris en exemple Annika Sorenstam, et Sam Snead qui présentent la même caractéristique de swing.

Conclusion, le swing de Lexi est ample car elle est met en action une très grande rotation des épaules.

Pour ce faire, en contrepartie, il ne faut surtout pas faire de « sway ».

Notez à quel point elle « colle » la partie supérieure de son corps derrière la balle, et à l’intérieur de sa jambe gauche.

Elle recherche le fait de « charger » au maximum, sans créer de sway. Sa tête est parfaitement centrée, et son talon gauche (jambe avant) n’est absolument pas décollé du sol. Elle est prête à « découper la balle » au drive !

Le démarrage du downswing

Notez à quel point, elle fait jouer la puissance de ses jambes au moment de relancer le downswing. Les genoux sont pliés, et on peut distinguer toute la puissance mise dans ses jambes pour conserver l’équilibre malgré l’accélération du haut du corps transmise au club.

Ce qui est très intéressant chez Lexi Thompson, c’est que nous la voyons clairement engagée son bassin comme leader ou moteur de son swing.

A l’impact

Juste avant l’impact, vous pouvez voir que clairement que son bassin est tourné face à la cible, alors que ce n’est pas le cas du haut du corps qui est encore en phase de rotation.

Thompson a donc bien mis en place son plateau de stabilité, et à partir de là, elle va pouvoir envoyer sa rotation du haut du corps à pleine vitesse dans la balle.

Constatez à quel point s’opère la connexion entre son corps et son bras gauche au moment de l’impact, et notez à quel point le shaft du club est centré entre ses bras !

Cela signifie qu’elle swingue intégralement. Elle ne retient rien : hanches, bras, épaules, et clubs partent tous ensemble vers le sol.

Lexi admet qu’elle ne veut rien sentir être hors de contrôle ou désynchroniser jusqu’à l’impact.

Résultat, elle réalise une accélération parfaitement contrôlée.

Comme son modèle, Annika Sorenstam, elle autorise l’inertie de son club à lui faire tourner la tête en direction de sa cible. Elle accepte de se redresser sur ses pieds pendant l’impact, ce qui montre à quel point, elle ne cherche pas à retenir le coup.

C’est une similitude que l’on retrouve chez les très longs frappeurs comme Bubba Watson par exemple.

Le finish

Au finish, la vitesse qu’elle a mis initialement la fait porter son corps complètement en avant, et en appui sur la jambe avant.

Son finish est extrêmement bien contrôlé avec un dos totalement tourné qui ne dissimule pas la vitesse et la force mise en jeu.

A nouveau, notez l’extension totale de la joueuse sur ses jambes !

Le swing de Lexi, c’est bien la combinaison de deux choses : vitesse de rotation du haut du corps, et force et stabilité du bas du corps.

Et pour faire tout cela, un élément est clé ! Son fessier qui est le muscle roi du corps humain, et qui justement permet la gestion et la transition entre bas et haut du corps.

Sur ce cliché, on distingue à quel point son fessier est dynamique.

En bonus, ci-dessous, la swing séquence au ralenti de Lexi :


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