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La séquence de swing de Joanna Klatten

La séquence de swing de Joanna Klatten

Cinquième du dernier Lacoste Ladies Open de France, la parisienne Joanna Klatten se distingue depuis le début de la saison 2015 en occupant la prestigieuse première position au classement de la distance moyenne au drive du LPGA Tour à 274 yards (250 mètres). Nous l’avions suivi sur quelques trous pendant l’Evian Championship, et avons soumis nos clichés à l’œil du coach Michel Delbos pour une nouvelle séquence de swing, après celles consacrées Michelle Wie, et Suzann Pettersen.

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Préambule sur le swing de Joanna Klatten

La moyenne de distance au drive sur le LPGA Tour est le résultat de la mesure effectuée par des scoreurs sur chaque tournoi, et sur seulement deux trous.

Cela s’apparente plus à un concours de drive qu’à une mesure exhaustive de tous les drives effectués par les joueuses.

Pour autant, il s’agit d’une sacré performance pour la jeune française qui n’est pas encore à temps plein sur le circuit nord-américain.

Joanna est ainsi devant Lexi Thompson, Brittany Lincicome ou encore l’ex-numéro un mondiale, Yani Tseng.

Bien que la saison ne soit pas tout à fait terminée, elle est quasiment assurée de terminer l’année au premier rang des plus longues frappeuses.

A 30 ans, nous pouvons sérieusement considéré que Joanna est la prochaine numéro un du golf français. Elle a tout pour réussir !

A 30 ans, nous pouvons sérieusement considéré que Joanna est la prochaine numéro un du golf français.

Sûrement l’une des joueuses les plus souriantes sur le parcours, au contraire de la majorité des joueuses qui affichent des visages très fermées, sa décontraction n’est pas sa seule force.

Elle admet avoir spécifiquement travaillé avec son coach pour améliorer la consistance de sa frappe de balle, et donc augmenter sa distance au drive, sans négliger un important travail sur le physique.

En plus d’avoir de la longueur au drive, Joanna est particulièrement à l’aise dans le jeu de wedges.

A titre de comparaison, Rory McIlroy est devenu numéro un mondial en tapant régulièrement drive-wedge !

Pour peu que les putts tombent, Joanna a le jeu pour devenir une des meilleures golfeuses du monde. S’intéresser à son swing est donc un privilège pour nous.

Travail technique sur le swing de Joanna Klatten

Tous les golfeurs ne pourront pas forcément reproduire ce type de swing, sans risquer de se casser le « dos », mais c’est extrêmement intéressant pour comprendre ce qui est en jeu, quand il s’agit de parler de puissance, ou plutôt de vitesse de swing.

Comme nous l’écrivons régulièrement sur le site, avant de penser à changer de matériel (au passage, Joanna Klatten vient d’annoncer qu’elle changeait d’équipementier pour passer chez Ping), la consistance au drive s’obtient par un travail sur le physique, et la technique.

Pour le physique, Joanna précise "Je travaille principalement avec AMPD à Dallas (c'est une équipe de gars super qualifiés qui bossent avec plusieurs pros dont Jordan Spieth), je me suis également mise au yoga (un genre de bikram yoga) qui me fait énormément de bien en termes de souplesse et stabilité. Je n'ai plus du tout de douleurs physiques depuis."

Pour la technique, Joanna travaille avec le coach américain Randy Smith, basé à Dallas où elle passe plus de six mois par an.

Plus que les amateurs, les pros craignent le changement ! Pour rappel, un pro gagne sa vie avec son swing ! Et en matière de golf féminin, « gagner sa vie », il faut le dire vite !

Joanna semblait donc légèrement anxieuse au démarrage de sa collaboration en août 2014.

Le talent de son coach a été de la rassurer, et de ne pas commencer à tout remettre en question. Au contraire, ils ont commencé par revoir la position à l’adresse. (source : blog de Joanna Klatten)

Et dès les premiers tournois disputés en 2015, Joanna a trouvé de la confiance avec les modifications.

D’ailleurs, elle loue le travail de son coach, et sa faculté à lui proposer des solutions adaptées à son physique.

Grande (1m76) et fine, Joanna Klatten a une constitution athlétique tout en restant féminine.

Sa rivale pour la moyenne de distance au drive, l’américaine, Brittany Lincicome qui tape à 270 yards, mesure 1m78 pour un poids de 69 kgs. Ce n’est donc pas du tout le même gabarit.

Encore la preuve qu’en matière de swing, il n’existe pas un gabarit ou un swing type pour taper loin.

Bref, sa base physique, lui offre un fort potentiel pour générer de la vitesse de balle à l’impact. Encore faut-il réaliser ce potentiel !

Sur ce point, Joanna livre une autre clé de son nouveau swing.

Avec son coach, ils ont travaillé sur le fait d’être encore plus dans la balle à l’impact, et à moins se relever pour éviter le fait de cueillir la balle.

Cueillir la balle ? Consiste à frapper la balle au drive au début de la remontée du follow through, ce qui coïncide avec une phase où le club commence à ralentir.

Frapper à ce stade du swing implique forcément une perte de vitesse de tête de club, un angle de lancement plus élevé, et un peu plus de spin donné à la balle.

En restant plus solide dans la zone d’impact, Joanna assure ce fameux effet qui consiste à lancer vite et fort un club, comme s’il s’agissait de le lancer dans un mur à pleine vitesse.

C’est ce phénomène de vitesse couplé à la résistance qui créé un impact maximum. Donnée que nous utilisons souvent dans nos tests de clubs, et que vous connaissez sous le nom de smash factor.

Présentement, Joanna a donc modifié son finish.

Elle considère que son swing est plus simple et plus compact qu’avant. Et pour y parvenir, il a fallu qu’elle renforce la stabilité du bas du corps.

C’est d’ailleurs ce qui est le plus frappant chez les joueuses du LPGA Tour. Comme elles jouent plus souvent en jupes ou en shorts, il est plus facile de visualiser la puissance de l’ancrage des jambes dans le sol par rapport aux hommes qui jouent plus souvent en pantalon.

Bénéfice pour Joanna, elle estime qu’elle dépense moins d’énergie quand elle tape des balles.

L’endurance n’est pas un élément négligeable quand vous jouez quatre 18 trous en quatre jours.

La séquence de swing de Joanna Klatten

Avant de commencer, permettez-nous de citer Joanna « Je dépense énormément d’argent en coaching de toute espèce, mais sans investissement, on ne progresse pas. »

C’est la réalité d’un joueur ou d’une joueuse pro : toujours chercher à s’améliorer, faire appel aux meilleurs experts, et aux meilleurs outils pour être le ou la meilleure.

Ci-dessous le résultat avec l’un des swings les plus consistants que nous ayons vu à Evian.

Comme vous pouvez le constater sur ce premier plan, Joanna qui s’apprête à taper un bois de parcours présente un stance légèrement plus écarté que la largeur de ses épaules.

La tête est bien légèrement en arrière de la balle. La posture est pure et parfaite.

Le bas du corps exprime puissance et stabilité. Les mains sont très légèrement en avants, et la ligne des épaules est organisée pour lancer la balle. L’épaule droite va pouvoir passer sous l’épaule gauche au downswing.

Avec le driver au sommet du backswing, Joanna présente son dos en parfaite opposition avec la cible, les hanches pivotées, et la jambe droite en charge.

Notez la position du coude droit, et la position du club à l’horizontale (270 degrés) qui permettent à la golfeuse de tendre l’élastique au maximum, avant de lancer le club à pleine vitesse, en prévision de générer une distance maximum.

Sur le plan suivant, Joanna a déjà dégagé les hanches en direction de la cible tandis que les mains vont passer avant la tête de club avec ce fameux retard nécessaire pour créer un impact maximum.

Ce cliché est caractéristique du swing d’une golfeuse professionnelle puissante et souple.

On retrouve cette position chez Nathalie Gulbis ou Paula Creamer.

Notez la courbure formée entre les hanches, le dos et la tête. Le corps a pivoté tout en conservant un paramètre majeur d’origine : la position de la tête est toujours située à hauteur de la position initiale de la balle, soit une rotation couplée avec un maintien de l’axe vertébral.

Beaucoup d’amateurs n’arrivent pas à maintenir cette rotation autour d’un seul axe. Justement, ils changent la position de l’axe au cours du swing, ce qui inévitablement altère la consistance du coup.

Peut-être arriverez-vous aussi à percevoir la puissance de l’avant-bras droit que l’on sent en pleine tension musculaire.

Un instant après l’impact, Joanna Klatten est en extension parfaite, les hanches totalement tournées face à la cible, en appui côté gauche, un peu dans une position qui ferait penser à une danseuse étoile avec le pied droit incliné.

Notez la position du club à l’horizontale sur ce plan. Dans le même temps, Joanna conserve la tête basse, alors que ses bras sont étirés au maximum.

Chez un amateur, il est souvent difficile de coupler ces deux actions.

Sur le plan suivant, Joanna complète sa rotation du haut du corps au maximum. Les hanches sont toujours face à la cible. La résistance est au maximum sur la jambe gauche, tandis que les épaules sont alignées parfaitement en direction de la cible.

Le club pointe en direction de la cible. A nouveau, très peu d’amateurs arrivent à amener le club dans une telle position, car cela implique un travail considérable au niveau physique pour faire preuve de souplesse, et de vitesse d’exécution.

Effectivement, à l’inverse des amateurs, Joanna a travaillé pour éliminer toutes formes de rétractations musculaires qui limiteraient son amplitude, et sa liberté gestuelle.

Nous produirons prochainement un article avec notre coach athlétique, Loic Gambardella, sur Comment un travail de bureau sédentaire ruine votre swing de golf, justement en favorisant le développement de rétractations musculaires par l’abus de positions assises, et parfois voûtées sur un siège de bureau.

La séquence de swing de Joanna Klatten est maintenant terminée. Nous espérons que l’excellence de son swing pourra vous inspirer dans votre entraînement.

Souhaitons à Joanna de réaliser tout son potentiel pour devenir l’une des meilleures golfeuses du monde…même si ce n’est pas toujours facile de passer plusieurs mois loin de chez soi.

Sa belle cinquième place acquise à Chantaco récompense tout le travail effectué en 2015, et doit sans doute lui servir d’encouragement pour réaliser une très belle année 2016.

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