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Ryder Cup : Comment les américains perçoivent le golf en France ?

Photo : JeudeGolf.org. Golfeurs américains à Paris

C’est avec curiosité que les fans américains attendent cette Ryder Cup 2018. Ce sera seulement la deuxième fois qu’elle se déroulera en Europe continentale. Les fans vont faire le voyage vers Saint-Quentin-en-Yvelines pour supporter leur équipe. Ils en profiteront pour découvrir Paris, mais également la France, et des parcours de golf dans tout l’hexagone. Mais au juste, à quelques semaines de l'événement, quelle vision ont-ils du golf en France ?

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La France... pas encore une terre de golf ?

Lors de la précédente édition de la Ryder Cup sur le continent européen, c’était en 1997, en Espagne au Valderrama Golf Club, la destination semblait alors un choix évident.

L'Espagnol Seve Ballesteros, dont la carrière de joueur couronnée de succès au cours des deux décennies précédentes avait lié de façon permanente son pays avec le golf, et il était alors le capitaine incontestable de l'équipe européenne.

Pour les américains, la France ne peut prétendre avoir un champion de golf du même niveau de Seve Ballesteros, c’est une raison majeure pour laquelle elle n'est souvent pas perçue comme une destination de premier choix pour les golfeurs américains.

La France a eu des joueurs de la Ryder Cup dans le passé, comme Jean Van de Velde en 1999, ou Thomas Levet qui a joué en 2004, et Victor Dubuisson plus récemment en 2014.

Mais même si les joueurs français sont très présents sur le circuit européen, aucun français pour le moment ne fait partie de l'équipe européenne.

Il est peu probable que Bjorn donne un choix de capitaine à un Français pour des raisons purement sentimentales, car l'Europe aura besoin de la meilleure équipe possible, surtout pour avoir une chance de battre une formidable équipe américaine.

Photo : JeudeGolf.org. Alex Levy

Pour les américains, la France n'a pas d'histoire golfique à comparer aux pays britanniques, ni même à l'Espagne et à l'Allemagne, n'ayant pas eu de grand vainqueur masculin depuis Arnaud Massy au British Open 1907.

Un déficit d'image immense à combler

La France n'est pas un pays que beaucoup d’américains associent au golf.

Quand on les interroge à ce sujet, ils nous parlent beaucoup plus du Tour de France ou des petites femmes de Pigalle...

La gastronomie, le vin, la culture, la nature, la culture, l’histoire, et bien sur Paris, sont pour eux les plus grands attraits pour visiter notre pays.

Et pour ceux qui ont besoin d'une excuse pour aller en France pendant la Ryder Cup et en dehors du golf, il y a la Tour Eiffel, le Louvre, Notre Dame, Versailles, la Côte d'Azur, la mode, le pain et le fromage, sans oublier le vin….

Même si la France dispose de beaucoup plus de parcours de golf que par exemple l'Espagne et le Portugal, l'industrie du voyage de golf ne leur semble pas vraiment développée en France.

Ils devraient savoir pourtant, que le pays possède une riche tradition golfique, et propose plus de 550 parcours et terrains de golf, dont certains exceptionnels.

Le Golf National en tête de liste

Ils considèrent par exemple que le Golf National est un parcours extraordinaire, lui qui sera la maison française de la Ryder Cup. Même s’ils regrettent que le parcours sera fermé au public tout le mois de septembre.

Pour Paul Armitage, excellent golfeur, directeur du Golf National, si vous jouez l'Albatros et que vous sortez du parcours en déclarant que vous avez détesté, vous serez un des seuls.

Par contre, si vous sortez du parcours, et déclarez que vous avez perdu 12 balles, vous serez dans la norme.

Quand on interroge les américains sur les golfs à jouer en France, heureusement ou malheureusement, ils ne connaissent que le golf national, et justement à cause de la Ryder Cup.

Oui, le parcours est un links classique qui rend un bel hommage au golf. Cependant, si le tracé est indéniablement excellent, il faut admettre que l'environnement tout autour est loin d'être glamour, coincé entre le Renault Technocentre, des champs de Colza, et une zone d'activité.

Pour les américains, ce sera peut-être cela le plus grand décalage entre la Carte Postale, et la réalité. Il serait dommage qu'ils ne retiennent que cette image du golf en France.

Mais oui, s'agissant du dessin, Chesneau et Von Hagge ont fait un travail exceptionnel, avec certains trous qui se prêtent parfaitement à la composition d'un stade.

Le final avec 3 des 4 derniers trous qui mettent en scène de l'eau est déjà attendu par les connaisseurs.

Pour les journalistes américains, quoi qu'il en soit, et si on modère ses ambitions, c'est tout de même un parcours à jouer absolument.

Il reste à voir à quel point le public présent à Saint-Quentin-en-Yvelines va traiter les américains, surtout après les chahuts qui ont été dirigés contre les stars européennes, dont Rory McIlroy et Danny Willett, à Hazeltine.

« D'abord et avant tout, nous n'encouragerions aucune forme de représailles », a déclaré McIlroy « Ce n'est pas ce que nous sommes. Ce n'est pas ce que nous faisons».

Il a ajouté: « Quelques personnes ont franchi la ligne. Mais nous n'encouragerons certainement pas ce genre de chose en France la prochaine fois ».

Les américains pensent que les français voulaient la Ryder Cup chez eux, pour un certain nombre de raisons, mais surtout pour renforcer la popularité du golf, et changer la vision de longue date en France qui fait que le golf est considéré comme un sport élitiste.

Parmi les autres parcours français célèbres auprès des américains, c’est sans surprise que l’on retrouve Ilbarritz, Seignosse, et Biarritz Le Phare.

Les spots de golf à découvrir en France

Ilbarritz est cité pour son centre d'entraînement tout près des falaises. En été, on peut voir un panorama exceptionnel, en plus d'être dans un écran parfait pour se perfectionner.

Biarritz, sur la côte basque dans le sud-ouest de la France, a attiré des globe-trotters américains exigeants depuis bien longtemps.

Claude Rousseau, directeur du Golf de Biarritz-Le-Phare, interviewé par un journaliste américain réalisant un sujet sur les golfs à découvrir en France, a d'ailleurs très bien vendu la destination.

"On peut passer d'un golf traditionnel à un golf moderne", vantant le fait que dans un périmètre restreint, on peut trouver jusqu'à 16 golfs, en allant de la côte vers les terres, de parcours accessibles, à des parcours plus difficiles.

Si les américains ne devaient retenir qu'une chose des golfs en France, ce serait justement la diversité !

Biarritz-Le-Phare ou Seignosse sont donc des golfs conseillés aux touristes américains par les reporters US.

Pour les américains golfeurs qui souhaitent voyager en France, ils considèrent que c’est l'occasion de combiner un séjour de golf avec d'autres expériences de vacances.

Credit photo : Golf de Seignosse

Le bordelais naturellement a traversé l’océan grâce à l’association des vins et des parcours de golf, tout autant appréciés par les touristes golfeurs américains.

Ainsi le Golf du Médoc attire autant pour son parcours que pour la tradition viticole de la région.

Le Médoc est ainsi un des spots les plus conseillés de même que le club de golf du Grand Saint-Emilionnais, plus jeune mais très authentique, et réputé pour être joué dans les vignes.

En dehors du golf, beaucoup recherchent le dépaysement et le luxe à la française, la Provence et la Côte d'Azur pour profiter du climat agréable, explorer les nombreux petits villages de montagne provençaux, faire des excursions le long de la côte, et visiter des lieux à la mode comme Cannes ou Monaco.

L'organisation de la dernière conférence mondiale (IGTM) sur le tourisme golfique à Cannes n'est d'ailleurs par étranger à la volonté de faire découvrir le sud-est de la France, moins connu que le sud-ouest.

Pour les américains, le golf est un sport mineur en France

À Paris, ce sont davantage les Galerie Lafayette et les Champs Élysées qui sont célèbres auprès des américains, beaucoup plus que les parcours de golf de la région parisienne.

Il y a tout juste un an, la région payait un très beau spot de Pub, pour vanter le golf à Paris.

Le spot était super.

Romain Béchu réalisait une excellente promotion, et on se dit qu'à la vue de la qualité du montage, c'était une équipe de professionnels qui avait travaillé sur ce clip.

Très bien, mais quelle désillusion de voir l'argent des contribuables français jetés par la fenêtre, quand on constate que sur Youtube, la vidéo a été vue seulement 544 fois en 6 mois !

Autrement, c'est exactement la vision que l'on voudrait donner du golf à Paris, mais personne ne l'a vu, et certainement pas les américains ciblés par ce spot.

Comment faire les choses à moitié !

Il y a tout de même un gros manque de professionnalisme de ces agences censées conseiller la fédération et les instances, qui prennent l'argent, mais ne se soucient surtout pas de l'efficacité de l'action demandée, se retranchant dans une forme de fatalisme. Le golf a bon dos !

Il ne faut donc pas s'étonner que les américains n'aient que très peu d'images du golf en France. On fera les comptes à la fin.


Des joueurs américains pas toujours très sympas envers le golf en France

Pour les joueurs, on espère de l'équipe américaine plus de bonne volonté lors de cette excursion au Golf National que la star américaine Bubba Watson lors de sa visite en 2011.

Bubba Watson, à l'Open de France, s'était plaint de la sécurité et de la désorientation culturelle.

Il dit avoir vraiment eu du mal à trouver certains des monuments de Paris qu'il venait aussi pour visiter, y compris l'Arc de Triomphe et le Louvre, toutefois à la deuxième tentative, il a correctement nommé la Tour Eiffel après l'avoir appelée « cette grande tour ».

Watson s'était excusé plus tard, expliquant que sa prononciation avait besoin de travail et qu'il était « un golfeur, pas un professeur d'histoire ou de géographie ».

Cet épisode n'a pas refroidi le désir des organisateurs de la Ryder Cup française d'attirer autant de visiteurs américains que possible en 2018 et au-delà, de préférence des clubs en main, ce qui nécessiterait un changement d'état d'esprit.

« Quand les Américains voyagent à Paris, ils viennent pour l'art de vivre, les musées, la nourriture et le shopping », avait déclaré Pascal Grizot, président du comité d'organisation de la Ryder Cup française, dans une interview à Hazeltine.

« Mais si vous pouvez leur demander. Ils ne viennent pas avec leurs clubs. Ils ne savent pas qu'ils peuvent jouer au golf autour de Paris… ».

Ce que les américains aiment en France et à Paris

L'année dernière, ce sont les américains qui ont visité Paris plus que toute autre nationalité.

Pourquoi les Américains sont-ils si fascinés par Paris?

On pourrait commencer par le fait que sur l'île de la Cité se trouve un palais de justice où la porte est aussi vieille que l'Amérique elle-même.

Mais l'attrait des vieux objets n'est qu’un des éléments qui charme ces touristes.

La réputation de Paris pour l'histoire et la culture a été exportée aux confins de la terre il y a longtemps.

Mais pour beaucoup aux États-Unis, c'est plus que cela, cela représente une version un peu meilleure de la vie, un retour à un rythme plus lent, et une volonté de s’arrêter et de sentir les choses.

Une chose est évidente dans les fantasmes parisiens plutôt simplistes qui habitent les américains : se faufiler à travers le Marché aux Puces, se frayer un chemin dans un marché, monter tout en haut de la Tour Eiffel, ou acheter une baguette que l’on prend à la main dans une boulangerie.

Aucun de ces moments n'est particulièrement grandiose en soi, mais pour un francophile américain, cela veut dire beaucoup de choses sur notre art de vivre.

Dans beaucoup de villes américaines, ces instants particuliers sont révolus depuis longtemps, en faveur de l'efficacité et du commerce de conglomérat.

Photo : JeudeGolf.org. Paris, Tour Eiffel

Bien sûr, les américains remplissent quotidiennement la Tour Eiffel, et le Louvre devant Mona Lisa. Ils aiment les icônes qu’ils peuvent trouver dans toutes les cultures.

Mais une fois que ces larges traits obligatoires sont rassasiés, ils ont aussi faim pour un avant-goût du style de vie dont ils ont entendu parler avant de venir.

Paris a ses défauts, sans doute.

Mais pour un américain, la ville représente encore, malgré la fumée de cigarette, les graffitis et les crottes de chien sur le trottoir, une tranche de la belle vie.

C'est une ville où une répétition d'orgue inattendue à l'intérieur de Saint-Sulpice peut débuter à tout moment, et où le soleil peut embrasser la Seine au crépuscule et créer une composition impressionniste sous vos yeux.

Ce que les américains détestent en France et à Paris

La peur de se faire voler.

Les victimes de la petite délinquance dans la capitale sont relativement importantes, et cela porte préjudice à l’image de la ville, surtout compte tenu du nombre d'escroqueries dont les touristes peuvent être victimes.

Les vols et les agressions auraient provoqué une baisse de 25% du nombre de touristes chinois à Paris en 2016. Un chiffre qui grimpe à 46% chez les Japonais. Cependant, la clientèle américaine est justement celle qui a le moins baissé sur cette même période.

Le système de location de vélos Vélib qui a été mis en place pour les Parisiens qui se pressent pour aller de A à B, mais qui n'est pas fait pour des groupes de touristes qui veulent faire une promenade le long de la Seine.

Pour eux, passer une demi-heure à une station d'accueil pour essayer de comprendre comment cela fonctionne pour louer un vélo, ne fait pas partie du charme, c’est juste une perte de temps.

La rigidité des petits restaurants et bistrots.

Demander un steak bien cuit peut être suffisant pour accabler un cuisinier français, mais demander une salade de fromage de chèvre avec du cheddar plutôt que du fromage de chèvre le rendra furieux.

Les américains connaissent et apprécie le cinéma français classique, où les acteurs avaient l'air séduisants en fumant une cigarette.

Par contre, ils sont surpris que cette pratique soi toujours très populaire dans la culture française d'aujourd'hui.

Surpris de voir un grand nombre d'hommes et de femmes de tous les âges et de tous les milieux avec une cigarette allumée en position assise, en marchant, ou debout.

Paris n’apparaît pas aussi sale que Naples, Athènes ou peut-être Barcelone, mais clairement plus sale que Londres, Berlin ou Vienne.

Beaucoup des stations de métro sentent mauvais ou sont en réfection. Là encore, les américains pourraient trouver une sacré différence entre la carte postale, et la réalité.

Trop de gens jettent des choses sur le sol, ou du moins ne se soucient pas tellement de s’assurer que les déchets vont vraiment à l'intérieur ou à l'extérieur de la poubelle.

Le Métro de Paris est le 9 ème le plus fréquenté au monde, et l'Etat ne semble pas vouloir investir plus d'argent pour rénover au moins les lignes les plus anciennes.

Quand vous voyez les lignes 6, 11 ou 12 qui sont préhistoriques, avec des problèmes quotidiens parce qu'ils sont trop vieux, alors bien sûr les gens qui empruntent le Métro sont nerveux et en retard.

Quand vous avez une ville qui s'appelle « City of Lights » ou « City of Love », vous devriez travailler plus dur, parce que beaucoup d'endroits à Paris ne sont ni illuminés ni sécurisés.

DIffusé aux Etats Unis et tourné entre l'emblème touristique du Musée d'Orsay et le Pont Royal, un film montre un énorme groupe de rats qui tente désespérément de s'échapper d'une poubelle municipale en plastique profonde.

La scène « d'horreur » était, selon un employé municipal, loin d'être unique. Il a déclaré que la situation n'était plus tenable « à la fois pour les Parisiens et les touristes qui viennent visiter la plus belle ville du monde ».

Photo : JeudeGolf.org- Paris, grèves et manifestations

La « gréviculture », ou la culture de la grève, c’est ainsi que les américains observent les grèves à répétition en France, ainsi que les manifestations de rue, ou les subissent quand ils séjournent chez nous.

Il faut dire que selon une étude allemande réalisée en 2017 par l'Institut de recherche économique de Cologne, qui se penche sur les statistiques de grève dans 23 pays entre 2007 et 2016, la grève en France est plus importante que celle des autres pays étudiés.

Mais au fond, les américains aiment bien, et respectent la France

Bien entendu, il convient de nuancer ces appréciations, car pour les américains, contrairement à leurs cousins les britanniques, dont ils se moquent mais qu'ils respectent, et les canadiens, dont ils se moquent mais qu'ils protègent, et les allemands dont ils ne parlent pas (parce qu'ils les intimident), les français sont un punching ball facile.

Le dénigrement des français semble être directement proportionnel au nationalisme américain, de telle sorte qu'une équipe de football pourrait galvaniser les supporters si elle bat et crucifie son rival.

Cela promet une chaude ambiance à Saint-Quentin-en-Yvelines…

Mais au fond, les américains respectent la France autant que n'importe quelle autre nation, peut-être plus, car elle a et fait ce qu’ils ne peuvent pas faire et ne font pas.

Surtout, pour en revenir à la compétition, ils aimeraient à l'image du capitaine Furyk mettre fin à une longue série de défaites hors sol contre l'Europe (Ils restent sur 5 défaites en 5 déplacements alors que l'Europe a remporté 3 victoires et 3 défaites dans le sens inverse.

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