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Ryder Cup 2018 : L’équipe européenne pourrait avoir de l’allure à Paris

Ryder Cup 2018 : L’équipe européenne pourrait avoir de l’allure à Paris - crédit photo : Mark Newcombe

En septembre prochain, les meilleurs golfeurs de la planète auront rendez-vous à Paris pour le plus beau match de golf possible, un match par équipe entre les Etats-Unis, et l’Europe. Les américains, tenant du titre, occuperont comme souvent le rang de favori avec une constellation de stars dont Dustin Johnson, Justin Thomas, Jordan Spieth, Rickie Fowler, Bubba Watson, Phil Mickelson, Matt Kuchar, et peut-être Tiger Woods sous l’égide du capitaine Jim Furyk. Sur le papier, cette équipe semble imbattable, pourtant l’Europe pourrait bien avoir de sérieuses chances sur le parcours du Golf National…

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A bientôt cinq mois de l’événement numéro un golf dans le monde, la Ryder Cup qui aura lieu pour la première fois en France, une opportunité qui ne devrait pas se représenter avant un long moment, on peut commencer à voir se dessiner les contours de la future équipe du capitaine danois, Thomas Bjorn.

Après l’édition de 2016 globalement ratée par les Européens, dans la peau de l’outsider, l’équipe de Bjorn aura fort à faire pour redorer son blason.

Si l’absence de joueurs français est pour le moment en suspens, les meilleurs européens ont commencé à planter des jalons sur les circuits PGA et European Tour, et notamment au cours du premier majeur de la saison, à Augusta.

Après trois tours, et alors que les éditions 2016 et 2017 ont déjà été remportés par des européens, l’anglais Danny Willett et l’espagnol Sergio Garcia, on peut compter pas moins de quatre joueurs européens dans les six premiers du tournoi 2018, le Masters étant considéré comme le plus important de l’année.

Bien que l’américain Patrick Reed délivre un récital avec trois cartes de 69, 66 et 67 pour un total de 14 coups sous le par, ce qui semble incroyable, Rory McIlroy que l’on peut légitimement considérer comme le leader naturel de l’équipe européenne est le premier à pouvoir contester la prise de pouvoir de Patrick Reed.

Le dernier tour du Masters sera d’ailleurs le remake du match épique de la dernière Ryder Cup à Hazeltine entre l’américain et le nord-irlandais.

Les deux hommes s’étaient rendus birdies pour birdies, et finalement, à domicile, dans une ambiance électrique lui étant favorable, Reed avait battu McIlroy.

Bien entendu, il conviendrait d’attendre la fin du Masters 2018 pour tirer un premier bilan du premier tiers de la saison, cependant, le fait que 4 européens soient aux avant-postes, dénote que l’Europe n’a pas à rougir, et possède un vivier de talents.

Avec McIlroy, il faut ajouter des profils très différents avec notamment Jon Rahm, Henrik Stenson et Tommy Fleetwood.

Ces 4 joueurs ont de grandes chances, sauf cataclysme de faire partie de l’équipe européenne, au même titre que Justin Rose, deuxième du Masters en 2017, et dans les 12 premiers après 3 tours.

Avec Sergio Garcia, tenant du titre et malheureux sur cette édition, le noyau dur de l’équipe semble déjà apparaître, et mêler de l’expérience (McIlroy, Rose, Garcia, Stenson) avec peut-être le plus grand talent à venir dans le monde (Rahm).

Fleetwood pourrait être à tort le moins considéré.

L’anglais a encore démontré lors du troisième tour du Masters qu’il pouvait jouer très bas sur un parcours difficile et réputé pour les longs frappeurs et les bons putters.

Fleetwood n’est pas le meilleur européen depuis 18 mois par hasard. Joueur précis et régulier, vainqueur sur le Golf National de l’Open de France, il devrait faire preuve de suffisamment de caractère pour peser sur les débats en Ryder Cup.

Lors de la dernière édition à Hazeltine, l’équipe européenne ne manquait pas de talents. Elle manquait de caractère dans l’adversité.

Fitzpatrick, Wood ou Sullivan, alors débutants avaient paru trop « tendres » dans un environnement qui n’avait rien à voir avec un tournoi classique de l’European Tour.

Darren Clarke avait dû composer avec une équipe trop jeune, et avec un renouvellement des effectifs trop fort d’une part, et d’autre part, des cadres comme Lee Westwood ou Martin Kaymer, incapables de porter l’équipe.

Un événement a joué en défaveur de l’Europe : Les déclarations aussi maladroites que stupides du frère de Danny Willett ouvertement anti-américain.

"Il faut que l'équipe européenne fassent taire ces groupies, ils doivent réduire au silence ces mecs gras, irritants, remplis de cookies et de bière qui ressemble à de la pisse, qui font des pauses entre deux bouchées de hot-dog pour pouvoir gueuler "Baba booey" jusqu'à ce que leurs visages deviennent complétement rouges".

Le capitaine américain Davis Love III tenait son discours de motivation pour éreinter les européens.

Cet incident ayant été tourné en épingle par la presse, Danny Willett, alors tenant du titre du Masters avait failli à supporter la pression.

Or, comme en atteste, Thomas Levet, un vainqueur de Masters doit être un leader d’équipe « un gars qui te rapporte 2 à 3 points ».

Willett n’en a pas rapporté.

En 2016, McIlroy, Garcia, Stenson, Rose étaient déjà là. Cela n’avait pas suffi.

En 2018, avec Rahm et Fleetwood en plus, le cœur de l’équipe pourrait être plus fort, et suffisant pour soutenir Cabrera-Bello, Hatton, Noren, Lowry, Fisher et Fitzpatrick, bien parti pour eux-aussi être dans l’équipe.

Une équipe finalement encore majoritairement tournée autour de l’axe Angleterre-Espagne.

Quand on se réfère une fois de plus aux premiers tours du Masters, Wiesberger (autrichien), Molinari (Italie), Casey (Angleterre), Kaymer (Allemagne) et même Poulter (Angleterre) ont tous été dans le coup.

L’absence de Paul Casey avait été mise en avant pour expliquer le manque de caractère de l’équipe en 2016. Il pourrait bien faire partie de l’équipe en 2018.

La probable absence d’un français à Paris pour la Ryder Cup tient à deux choses : D’une part, actuellement, il faut se dire qu’aucun français n’est proche d’avoir le niveau exigé (top-30 mondial) ou ne joue assez bien et assez régulièrement en dehors de coups d’éclats ponctuels (Levy, Wattel ou l’énigme Dubuisson).

D’autre part, le niveau des 12/15 meilleurs européens actuels est tel que pour un français, et on peut penser à Levy, il y a encore une marche à gravir pour être éligible.

Il ne faut pas dramatiser. Thomas Levet est rentré dans l’équipe européenne à 30 ans passés.

Levy a encore du temps pour saisir sa chance dans les années à venir. Pour Paris, cela va juste sembler un peu prématuré.

Même sans un français, l’équipe européenne pourrait néanmoins avoir une belle allure, surtout si un Thomas Pieters venait à se révéler pendant l’épreuve.

A savoir, un joueur que l’on n’attend pas, et qui peut faire basculer l’issue du match.

En 2016, le belge Thomas Pieters avait été le meilleur européen, et de loin.

A ce stade de la saison, l’incertitude est encore de mise quant à sa participation sur les greens de Saint-Quentin-En-Yvelines, ce qui veut dire que c’est encore possible, et surtout souhaitable.

Pieters a démontré qu’il pouvait être un excellent joueur de Ryder Cup, et son « caractère » ne serait pas de trop dans ce format de compétition.

Définitivement, l’Europe ne manque pas de talents, par contre, elle aura besoin de retrouver le fighting spirit des précédentes victoires, et ce caractère qui peut lui permettre de renverser la meilleure équipe du monde.

Souvent l’Europe a été inférieure à l’équipe américaine, mais comme en témoignait Thomas Levet, elle tire sa force de sa diversité et d’une irrésistible envie de déjouer les pronostics.

La défaite de 2016 pourrait être le moteur d’une future victoire ou tout du moins du discours de motivation de Bjorn.

En 2018, la part des rookies devrait être plus faible, le capitaine pourrait avoir une équipe homogène, qui cette fois, jouera à domicile avec le soutien du public, et sur un terrain qu’elle connaît beaucoup mieux.

Lors de sa venue, Bubba Watson n’avait pas aimé le parcours. Il ne devrait pas être le seul américain à se faire surprendre par le niveau de difficulté proposé à Paris.

Aujourd’hui, la France fait penser une belle carte postale, plus qu’à une terre de golf… Attention, amis américains, vous pourriez déchanter, et repartir la queue basse…

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