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Ryder Cup 2016: Pour Darren Clarke, le difficile choix du capitaine

Ryder Cup 2016 : Pour Darren Clarke, le difficile choix du capitaine - Crédit photo : Mark Newcombe

Le capitaine de l’équipe européenne de Ryder Cup rentre dans une phase décisive concernant la préparation de la prochaine rencontre avec les Etats-Unis programmée à partir du 27 septembre prochain. Alors que les neuf premiers qualifiés sont tombés, Darren Clarke s’apprête à dévoiler les trois noms qui vont terminer la sélection des douze représentants de la première équipe post-brexit. Peut-il réellement composer la meilleure équipe possible ?

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Parmi les neuf premiers qualifiés au mérite de leurs saisons, les européens présentent déjà quatre anglais et un nord-irlandais, ce qui rappelle à quel point le Royaume-Uni reste la nation dominante du golf en Europe.

Quelques jours après la victoire du Vieux-continent sur les Iles Britanniques au trophée Jacques Leglise, les membres non-britanniques auront du pain sur la planche pour se faire une petite place au soleil d’Hazeltine…terre d’accueil de la prochaine Ryder Cup américaine.

En grandes difficultés dans son putting depuis le début de la saison, Rory McIlroy reste le leader de l’équipe, et pourtant, il n’a jamais semblé aussi peu assuré que cette année.

Aucune victoire en majeur, et un cut manqué lors du dernier US Open, McIlroy n’est plus numéro un, ni même numéro deux mondial.

C’est finalement, Danny Willett, vainqueur surprise du dernier Masters d’Augusta qui talonne Rors et ferait presque office de leader légitime.

Régulier au plus haut niveau depuis deux ans, WIllet n’en reste pas moins un rookie à ce niveau de la compétition.

Pour Darren Clarke, cette Ryder Cup 2016, la dernière avant l’édition française de 2018 s’annonce comme celle de tous les dangers.

Déjà, elle sera disputée aux Etats-Unis où pour l’Europe, il n’a pas toujours été aisé de s’imposer sauf dans l’histoire récente.

Les américains restent sur trois défaites consécutives, et pour avoir été aux USA, cela est véritablement très mal vécu par la communauté golfique.

Depuis la défaite surprise de Medinah, les américains n’ont cessé de se remettre en cause, et de chercher des solutions pour donner un semblant d’âme à leur équipe.

Si Tom Watson s’est complètement loupé en 2014 contre Paul McGinley, Davis Love III veut sa revanche, et pour l’occasion, s’est entouré de l’avis de tous ceux qui ont été concernés à un moment ou un autre par la Ryder Cup.

A ce titre, Tiger Woods fait partie du staff, et Love le considère même comme son « tacticien ».

Colin Montgomerie, José Maria Olazabal, et Paul McGInley se sont tous passés le flambeau d’une victoire en Ryder Cup, et aucun n’avait envie d’être le premier capitaine à perdre le titre difficilement acquis par son prédécesseur.

Sauf que l’Europe n’a jamais gagné plus de trois fois consécutivement la Ryder Cup !

En 2008, dans la même position, au Valhalla Golf Club, Nick Faldo avait lourdement perdu contre l’équipe d’un Paul Azinger aussi déterminé que Davis Love aujourd’hui.

Déjà en 2008, l’Europe était triple tenante du titre.

Sur le parcours de Valhalla, les USA avaient corrigé l’Europe pour laver l’affront du K Club et d’Oakmont où les scores avaient été sans appels.

En 2016, le contexte n’est pas à une domination aussi franche de l’Europe. Au cours des trois dernières éditions, l’Europe a certes gagné mais sans jamais écraser la concurrence.

A Medinah, il a même fallu un retournement de situation incroyable pour que l’Europe l’emporte à la faveur d’une « remontada » spectaculaire sur le dernier jour dévolu aux simples.

Darren Clarke sait sans doute tout cela. Il a lui-même participé à plusieurs de ses campagnes victorieuses en tant que joueur.

Longtemps candidat au poste de capitaine, rival de Paul McGinley, il n’a peut-être pas hérité du flambeau au meilleur moment.

Et rien ne peut préparer une Ryder Cup ! Pas même une Président’s Cup ou un match Asie-Europe d’ailleurs largement remporté par Clarke et ses hommes en début de saison !

McIlroy n’est pas au plus haut de sa confiance. Pire, ses problèmes de putting en font une proie en match-play alors que c’était l’un de ses domaines de prédilections.

Avec lui, seul Willett, Stenson et Rose ont déjà gagné au moins un majeur.

Avant l’annonce des trois wild-cards, pas de poids-lourds de l’équipe qualifiés à l’image de Poulter, McDowell, ou Westwood. Pas plus de Donald, Harrington, Kaymer ou Donaldson, alors Clarke a beau jeu de saluer une équipe composée d’un savant mélange d’expériences et de jeunesses.

Si Clarke se délecte des possibilités d’équipes à composer, peut-être masque-t-il une inquiétude à l’idée de devoir se priver de valeurs sûres en Ryder Cup.

Remporter un majeur n’est finalement pas une garantie de solidité dans la plus terrible des compétitions par équipes.

Tiger Woods a beau avoir remporté 14 majeurs, sa génération est justement celle qui dans l’histoire a le plus perdu contre l’Europe !

Jamais avant l’avènement du tigre, l’Europe n’avait emporté autant de Ryder Cup, soit huit sur dix possibles.

Inversement, Willett et Stenson, néo-vainqueur en majeur, et Justin Rose, médaille d’or olympique devront porter l’équipe européenne sur leurs épaules.

Si Rose et Stenson sont effectivement des valeurs sûres, personne ne peut prédire le comportement de Willett sous une telle pression. Et aux premiers abords, il n’est pas Poulter !

Poulter qui était très loin d’être capable de se hisser dans l’équipe, et qui pourtant aurait le profil de l’homme de la situation pour répondre à la foule électrique qui va se masser autour des greens d'Hazeltine.

Si Sergio Garcia, vainqueur cette année sur le PGA Tour est aussi une force sur laquelle compter, Chris Wood, Rafa Cabrera-Bello, Andy Sullivan et Matthew Fitzpatrick feront office de débutants.

Assurément de bons débutants puisqu’ils ont gagné leurs places sur le terrain et après de très belles performances.

Darren Clarke en compagnie de Rafa Cabrera-Bello

Néanmoins, il est aisé d’imaginer que Clarke aurait aimé pouvoir composer avec un mélange faisant plus de place aux golfeurs expérimentés.

Un Sullivan ou un Fitzpatrick aurait été très bien encadré par un McDowell, un Donaldson ou un Westwood comme Dubuisson avait pu l’être en 2014.

Justement, le français, douzième du ranking ne devrait pas être de la partie.

Sur son seul classement, il ne manquerait pourtant pas grand-chose pour faire partie du choix du capitaine. Pourtant, aujourd’hui, le choix de Victor apparaîtrait bien plus comme un pari audacieux qu’un repêchage obligatoire.

Cas qui concerne plus sûrement l’Allemand Martin Kaymer, auteur du putt décisif lors de la dernière victoire en terre américaine.

Si Clarke devait choisir la forme du moment, Dubuisson serait évidemment hors-jeu au contraire du belge Thomas Pieters, tout juste vainqueur au Danemark.

Pieters qui se verrait bien endosser le rôle du deuxième belge à gagner une Ryder Cup après un certain Nicolas Colsaerts.

Dans tous les cas, Clarke aura un choix difficile même si la formule retenue ne lui autorise que trois choix du capitaine contre quatre pour l’américain Davis Love III.

Russel Knox, Tyrell Hatton, Soren Kjeldsen ou encore Thomas Pieters seraient des choix logiques d’un point de vue des performances sportives récentes.

Toutefois, cela déséquilibrerait encore davantage l’équipe entre expérience et jeunesse.

A l’inverse, les joueurs expérimentés et sélectionnables sont plus loin sur ce seul critère à l’image de Kaymer, McDowell, Westwood, Molinari, Lowry ou encore Luke Donald, sans parler de Donaldson, Harrington ou Poulter déjà franchement hors-jeu.

Une équipe relativement peu expérimentée n’est pas nécessairement une fatalité en Ryder Cup, surtout pour l’Europe qui a déjà connu ce type de configuration par le passé.

Quand McIlroy était un rookie…affronter Tiger Woods, Phil Mickelson et Jim Furyk au plus haut de leurs formes n’avait rien d’une partie de plaisir.

Peu avant l’édition 2012, nous écrivions déjà que l’équipe américaine arrivait en position de nette supériorité, et finalement, l’Europe avait déjoué les pronostics.

Cependant, en face, l’équipe américaine n’a peut-être jamais été aussi homogène, et toujours sans Woods.

Dustin Johnson, Jordan Spieth, Zach Johnson, et Jimmy Walker représentent à eux quatre, cinq victoires sur les huit derniers majeurs de golf !

Si Jordan Spieth a été l’homme de l’année 2015, Dustin Johnson est bien parti pour être celui de l’année 2016.

Néo-leader de l’équipe US, il n’est pas un débutant en Ryder Cup à l’image de Phil Mickelson encore de la partie.

Au contraire des européens, les américains pourront compter sur une équipe en forme et très expérimentée.

Et en réserve, ils gardent JB Holmes, Rickie Fowler, Matt Kuchar ou encore Jim Furyk…encore de l’expérience, de l’expérience, de l’expérience !

Des golfeurs expérimentés en Ryder Cup mais aussi bons en match-play comme Matt Kuchar ou Rickie Fowler souvent aux avant-postes lors des championnats du monde de la discipline.

Tout comme en 2012, la supériorité des américains n’a jamais semblé aussi nette, et pourtant, l’Europe a toujours ce petit grain de folie qui se transmet d’équipes en équipes pour créer la surprise dans une sorte de match de David contre Goliath.

une victoire ferait de lui le nouveau sorcier blanc du golf européen…

Un capitanat en Ryder Cup est quelque chose de rare. Darren Clarke ne s’est pas fait que des amis dans sa route pour obtenir ce précieux sésame.

Une défaite à la tête de l’équipe triple tenante du titre ne lui sera pas facilement pardonnée par ses pairs.

Et pourtant, il a reçu une équipe en fin de règne (Westwood, Poulter, McDowell, Donaldson) sans parler de la défection de Paul Casey ou l’année blanche de Victor Dubuisson.

A l’inverse, une victoire ferait de lui le nouveau sorcier blanc du golf européen…

Dans sa carrière de joueur, Darren Clarke a souvent déjoué les pronostics…

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