Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Un contenu unique, utile, et passionnant! Pour le 1er abonnement 12 mois! 1 boîte de 12 balles Srixon Z-Star ou Z-Star XV au choix offertes et envoyées chez vous!

Vinaora Nivo Slider

Les légendes de la Ryder Cup : la bataille de Brookline en 1999

Jose Maria Olazabal and Justin Leonard, Ryder Cup 1999. Photo Marck Newcombe

Quelque soit le lieu où se dispute la Ryder Cup, on peut être certains que le public y joue un rôle plus important que dans l’importe quelle autre compétition de golf. Il y a eu de nombreuses implications mémorables du public en Ryder Cup au cours de ces dernières années, au point que la foule fait autant partie de la légende que le trophée lui-même.

Découvrez nos formules d'abonnements

Nouvelle chronique sur JeudeGolf.org

A un an de la Ryder Cup en France, nous vous proposons de revisiter l'histoire de la Ryder Cup, à travers une toute nouvelle série d'articles, qui vont rythmer la saison 2017-2018 sur jeudegolf.org, et vous replonger dans l'atmosphère de la Ryder Cup.

Avec ce premier volet, nous avons revisité l'histoire de la Ryder Cup 1999.

Ambiance de Ryder Cup

Dans certaines circonstances, le public connaît bien les joueurs, fait preuve d'un soutien et un respect sincère.

En 2006, Darren Clarke faisait son retour au golf, suite à la perte de sa femme Heather, décédée d’un cancer quelques semaines auparavant.

Alors qu’il se tenait sur le premier tee de son match avec Lee Westwood, les fans européens et américains ont accueilli Darren Clarke avec ce qui a été décrit plus tard comme un « Tsunami d’ovations ».

Avec des larmes dans les yeux, Clarke, porté par le public, a fait un birdie sur ce premier trou.

Mais il arrive de temps en temps, qu’un match de la Ryder Cup donne lieu à des tensions accrues entre les européens et les américains, et la bataille de 1999 à Brookline en est devenue une triste controverse.

Tout a débuté après la déclaration de Jeff Maggert auprès du public, selon laquelle les américains « avaient les 12 meilleurs joueurs du monde», et incitant le public américain à harceler leurs adversaires sans merci, pendant toute la semaine.

La bataille de Brookline

Aucun autre match de la Ryder Cup ne pouvait correspondre au retour spectaculaire des Etats-Unis qu'à la « Bataille de Brookline » en 1999. La journée avait pourtant bien débuté pour les Européens du capitaine Mark James, avec une avance de 10 à 6 apparemment inattaquable.

Les européens prouvaient encore une fois que le cœur et l'âme pouvaient les transporter au-dessus de cette équipe de superstars américaines. Aucune équipe de la Ryder Cup n’avait jamais jusqu’à lors remonté quatre points dans les simples du dimanche.

L'Europe n'avait besoin à nouveau que de quatre points sur les douze restant à jouer, pour conserver le trophée.

Cependant, le capitaine des États-Unis, Ben Crenshaw, n'a jamais abandonné, jusqu’au dernier moment de la conférence de presse : « Je vais vous quitter avec une seule pensée : je suis un grand croyant dans le destin, et j'ai un bon feeling à propos de ce match ».

Ben Crenshaw avait invité le gouverneur du Texas de l'époque, George W Bush, dans le vestiaire de son équipe, au matin de la dernière journée du tournoi. Il a évoqué à son équipe, la bataille d'Alamo, et le discours était si captivant pour l’assistance, que David Duval sortit du vestiaire en criant: « Allons les tuer ! ».

Motivée par un tirage au sort favorable et un public partisan à domicile, les États-Unis ont remporté les six premiers matchs de la journée.

Padraig Harrington a bien remporté un point pour les visiteurs, mais l'équipe locale était remontée à un demi-point de la victoire lorsque Jim Furyk a vaincu Sergio Garcia.

L'invasion du green après le Putt de Justin Leonard à Brookline

Lorsque Justin Leonard a rentré un putt pour birdie de 12 mètres sur le 17, il a regardé autour de lui, pensant avoir scellé le match. Leonard a couru en battant l'air avec ses bras, et a été submergé par les caddies, par ses coéquipiers, et par les épouses des joueurs.

Justin Leonard, Ryder Cup 1999. Photo Marck Newcombe

Son adversaire européen, José María Olazábal, qui pourrait encore partager le trou avec un putt pour birdie, a été obligé d’attendre sur le green, alors que les américains célébraient déjà leur victoire présumée.

L'agitation s'est calmée, mais pendant qu’Olazábal envoyait son putt vers le trou, les américains ont quand même continué leurs célébrations. L'Europe avait perdu.

Les débordements sur le green du 17, finalement, ne faisaient que conclure des jours de provocations et d’agressivité de la part du public américain vis à vis de l’équipe européenne, et des ses accompagnateurs.

Mark James a déclaré qu'un fan avait craché sur sa femme, et que ses joueurs ont été raillés tout au long du tournoi.

Colin Montgomerie a raconté que son père de 70 ans, qui était venu d'Écosse pour le suivre, a quitté le parcours le dimanche, en raison de l’agressivité sur son fils.

Colin Montgomerie a déclaré que les fans criaient à chacun de ses backswings.

« Je ne peux pas vous dire le nombre de fois où j’ai du m’y reprendre à plusieurs reprises avant de jouer ».

Il ne méritait pas un tel traitement de la part du public.

La joie de la victoire a malheureusement fait ressortir le côté sombre du public

Qu'attendions-nous vraiment alors ce dimanche ?

Toute la semaine, dans l'attente des matchs, les discours mettaient en exergue le respect et la courtoisie, l'étiquette et l'équité, non seulement pour les joueurs mais pour le public également.

Et quand, en fin d'après-midi de ce denier jour, le trophée a été présenté au capitaine américain Ben Crenshaw, il était difficile de détecter au milieu de cette atmosphère faite des platitudes et des sourires béats, si le golf était vraiment le gagnant ce jour là.

À peine une heure plus tôt, alors que l’esprit du golf pouvait encore triompher, la manière a finalement été abandonnée.

Le populisme et le triomphalisme se sont répandus de façon insidieuse et croissante sur la Ryder Cup.

Et au centre de toute cette agitation, Ben Crenshaw, un homme dont le visage et les traits tendus définissaient alors quelqu’un qui avait décidé que son équipe devait gagner, et le faire, même au prix de l’abandon de l'esprit sportif.

Toute la journée, alors que les européens commençaient leur dégringolade, le public avait été exhorté à soutenir son équipe et à crier, ce qu’ils ont fait avec beaucoup d'enthousiasme.

Le respect n'a pas été démontré par ce public, ni pour les adversaires ni pour les traditions du jeu.

Ainsi, lorsque Ben Crenshaw doit se remémorer les scènes autour du 17e green, il doit se souvenir de la consternation d’un personnage aussi respecté que Sam Torrance qui exprimait alors son dégoût.

Il pourrait, une fois le temps passé et l'émotion éteinte, réfléchir à ce qu’il a provoqué, même si c’était alors trop tard pour l'arrêter.

José María Olazábal méritait mieux que l’agressivité de la foule qui ne lui accorda pas la courtoisie et l’élégance du silence, alors qu'il devait jouer un putt crucial, qui pouvait encore lui permettre de réduire le score, et de garder l’Europe dans la course.

Et bien qu'il pouvait comprendre la joie de Justin Leonard, alors que celui-ci venait de rentrer le putt qui lui a permis de remporter le match, l’invasion du green, et pas seulement par les golfeurs américains, mais aussi de leurs épouses, dont certaines dansaient sur le green en piétinant la ligne de putt d'Olazábal, était une insulte.

« J'espère que mes joueurs n'auraient pas réagi comme ça », a déclaré Mark James, le capitaine de l’équipe européenne. « C'était une vilaine image » a déclaré Olazábal.

Les réactions des joueurs après Brookline :

Les Européens ont été impressionnés par le comportement de leurs hôtes. Sam Torrance, vice-capitaine de l'Europe, a déclaré :

« C'était la journée la plus honteuse et dégoûtante dans l'histoire du golf professionnel, les spectateurs se sont comportés comme des animaux, et certains des joueurs américains, notamment Tom Lehman, ont agi comme des fous ».

Miguel Angel Jiménez a un moment envisagé de se retirer de la compétition :

« Ils étaient comme des joueurs de hockey sur glace ou des footballeurs, pas comme des golfeurs professionnels. La tradition de la Ryder Cup est très importante et si cela doit être comme ça, je ne veux plus jouer de Ryder Cup. Tout le monde a vu ce qui s'est passé. Je n'ai jamais parlé aux joueurs américains, mais pour moi, ils n’en sortent pas gagnants ».

Davis Love III a lui affirmé que les Européens étaient des mauvais perdants :

« Nous n'avons pas pleuré quand nous avons perdu deux fois de suite ». Il a insisté sur le fait que la partisannerie de l’assistance n'était pas pire qu'à Valderrama en 1997 ou au Belfry en 1993.

De son côté, Tiger Woods a exprimé une autre opinion. Il a dit :

« J'espère qu’au Belfry, nous nous éloignerons de l'atmosphère que nous avons vu à Brookline, car, en ce qui me concerne, ce n'était plus un tournoi de golf à la fin ».

«J'ai joué un match contre Colin Montgomerie, et les choses que la foule lui disait, c'était tout simplement abominable. Dans notre sport, cela ne se fait pas. En général, cela ne doit pas se faire ».

Plus tard, le capitaine américain Ben Crenshaw, dans son livre sur cet épisode « A Feel for the Game », révèle qu'il n'a pas d’explication pour les événements de Brookline. Il se dit à plusieurs reprises désolé pour les événements du 17ème green, mais avec toujours un mais, comme s'il n'arrivait pas à assumer ce qu'il avait initié.

Comme dans cet extrait de son livre : « Je souhaite juste que nos excuses les plus sincères aient été assez bonnes, mais... Je dois me demander ce qui se serait passé si l'équipe européenne avait été dans la même situation ».

Michael Bonallack, le secrétaire du Royal et Ancient à St. Andrews, en Écosse, le gardien des règles du golf et de la tradition, a comparé l'atmosphère de Brookline à une « grotte d'ours ».

« Je me sentais embarrassé pour le golf », a-t-il déclaré. « Cela a considérablement dépassé la décence que vous associez au jeu de golf. J'aime la Ryder Cup et je ne veux pas la voir dégénérer en une démonstration de foule chaque fois que nous jouons ».

Et après Brookline ?

Après Brookline, Colin Montgomerie a appuyé une demande du capitaine européen pour que l'alcool soit interdit à la Ryder Cup, et dans d'autres grands événements de golf.

Le problème majeur de sportivité dans cette Ryder Cup 1999, était le traitement honteux destiné aux joueurs européens, Montgomerie, Jarmo Sandelin et les autres.

Quand les spectateurs crient pendant le swing d’un joueur, ce n'est pas une forme d'encouragement. C'est une forme de triche.

Le golf devient de plus en plus populaire, et nous avons encore tous beaucoup à apprendre.

Ne soyons pas stupide, une partie de notre culture sportive peut aussi atteindre le niveau le plus bas.

Si les médias doivent distinguer clairement, ce qui est, et n'est pas considéré comme sportif, dans un sport qui n'a pas honte d'essayer de se tenir à un niveau élevé de comportement, les fans doivent également se maintenir à ce niveau.

Laissons le dernier mot de cet épisode de la Ryder Cup à Olazábal : « N'essayons pas de trouver une excuse à notre défaite. Félicitons l'Amérique. Mais, la prochaine fois, il serait mieux pour le golf, si nous parvenons à nous comporter un peu mieux, chacun d’entre nous… ».

Restez informé

Recevez notre newsletter

A chacun sa balle Srixon !

Découvrez nos formules d'abonnements

US Golf présente la nouvelle collection Jack Nicklaus