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Y-a-t ’il un problème de distance trop longue au drive sur le tour?

Y-a-t ’il  un problème de distance au drive trop longue sur le tour?

Depuis plusieurs années, vous entendez les marques, des anciens joueurs et certains journalistes annoncer des gains de distances spectaculaires au drive chez les professionnels de golf, et tel que ce serait une menace pour l’équilibre du jeu de golf, et le dessin des parcours. La balle est d’ailleurs souvent mise en cause. L’USGA et le Royal & Ancient, les deux organisations qui légifèrent sur le golf dans le monde ont décidé de mener une étude sur plus de dix ans pour en mesurer la véracité, et en fonction des résultats, prendre des décisions sur l’autorisation ou non de nouvelles technologies pour le matériel de golf…ce qui ne se limiterait pas aux seuls pros, mais toucherait aussi les amateurs !

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Le 2 juin 2016, l’USGA a publié une étude menée sur les plus grands circuits de golf professionnel à travers le monde, concernant filles et garçons, aux USA, en Europe, et au Japon.

Nous l’avons décortiqué, illustré, analysé et rapproché de nos propres tests pour nous faire notre philosophie, et imaginer les conséquences pour l’évolution du matériel de golf à 10 ans…

Toujours plus de distance au drive, vraiment ?

Les législateurs ont admis d’entrée avoir chercher à obtenir le plus de données possibles, et ainsi remonter le plus loin dans le temps pour comparer la longueur des drives des golfeurs et golfeuses professionnels.

Ces dernières années, des marques ont annoncé des gains spectaculaires de distance, en se basant sur des études menées sur le tour auprès des meilleurs golfeurs de la planète.

Par exemple, la publicité pour un driver RBZ faisait état d’un gain de 17 yards (15 mètres).

Dans le même temps, la légende Jack Nicklaus voyant les parcours de golf s’allonger pour contrer le phénomène, mettait en cause les progrès de la balle de golf, en fixant une limite : la longueur des parcours qui ne sont pas extensibles à l’infini, et surtout le coût engendré étant une menace pour l’équilibre financier parfois précaire des structures.

Tout était fait pour vous laisser penser qu’effectivement depuis les années 80, les gains de distance au drive ont été si spectaculaires que cela pouvait engendrer une sorte de révolution dans le domaine du golf.

Et d’ailleurs, comment vous vendre un driver en 2016 si ce dernier n’est pas franchement meilleur que celui de 1986 ?

En la matière, il y a beaucoup de palabres, et pas souvent beaucoup de preuves, que ce soit dans le camp des convaincus ou celui des sceptiques.

De notre point de vue, à l’aide de nos différents tests indépendants, nous avons bien constaté des évolutions positives sur la distance. Il suffit de relire le test entre le bois de parcours M1 et le vieux bois Mitsushiba pour se faire une idée précise de l’évolution.

Au golf, il faut admettre que des changements radicaux peuvent produire de petites avancées. Entendez qu’il faut beaucoup transformer les outils pour obtenir de petits gains.

Et c’est quelque part logique ! Un club de golf n’a pas franchement beaucoup changé entre 2000 et 2015 !

Dans le camp des sceptiques, vous avez le discours de certains clubmakers qui vous diront que les marques vous mentent, s’appuyant sur le fait que les règles fixent les contraintes de performances, et celles-ci n’ont pas bougé depuis des années.

C’est très réducteur du travail des marques, et tout à fait imprécis. Là-aussi, le clubmaker essaie de vous vendre un autre concept, l’ultra-fitting.

Si les marques sont tenues de respecter les contraintes de COR, elles s’évertuent en permanence à aller chercher la petite bête à côté…tant et si bien que nos tests démontrent que sur les cinq dernières années, il y a eu des gains marginaux, mais peut-être suffisants pour vous convaincre de tenter le meilleur produit possible.

Entre un driver qui vous permet d’aller à 200 mètres et un driver qui vous permet d’aller à 208 mètres avec un meilleur son et une plus grande tolérance, lequel allez-vous choisir ?

Ceci dit, sur le tour, l’étude délivrée par l’USGA tord le cou à la problématique de la distance, soi-disant fatale pour l’avenir du golf.

En réalité, entre 2003 et 2015, l’institution constate la progression, mais la relativise à +0.7% de gains sur l’European Tour, +1.3% sur le PGA Tour et même -1% sur le Japan Tour.


Sur le circuit européen, en 2003, les pros drivaient en moyenne à 286.3 yards. Douze ans plus tard, cette même moyenne n’est que de 288.4 yards, environ 263 mètres.

Ceci dit la limite de cette étude est qu’il s’agit de moyennes, et pas de la performance des dix meilleurs ou la plus forte progression de certains joueurs.


Bien que l’étude admette que la technologie ne soit pas le seul facteur explicatif, rappelant que le niveau de préparation athlétique a profondément changé, comme la préparation des parcours, le coaching, la balle, et bien sûr les clubs, une moyenne ne vous dit pas si le numéro un mondial actuel Jason Day a progressé de 10, 15 ou même 20%.

Avant justement de s’intéresser au numéro un mondial, notez sur le graphique ci-dessus que lorsqu’il y a eu une phase d’innovation club importante entre 92 et 2000, il y a eu effet sur la distance des pros. Mais plus important, quand il y a eu une innovation sur la balle (début de la Pro V1 en 2000), l’impact a été encore plus significatif.

Depuis 2004, sans évolution technologique majeure, les moyennes sont restées depuis globalement stables.

Qu’en est-il de Jason Day ?

Entre 2006 et 2016, Jason Day qui a grimpé la hiérarchie de rookie sur le PGA Tour à numéro un, est passé de 304 yards au drive en moyenne annuelle à 313 yards aujourd’hui selon les chiffres du PGA Tour.

277 à 286 mètres, soit un gain réel de 9 mètres en dix ans alors que nous parlons de distance qui flirte déjà avec le maximum humainement possible pour un professionnel de golf (hors les joueurs de long-drive).

En revanche, dans le même temps, il a vu sa capacité à mettre la balle sur le fairway baisser de 68 à 55% ! Ce qui n’est pas négligeable, et qui souvent occulter par ceux qui ne veulent voir ou vendre que le gain de distance.

De plus, si vous écartez de votre raisonnement, la question des moyennes qui nivellent par nature les valeurs, et que vous vous intéressez aux distances maximums. Sur ce point, le gain est encore plus spectaculaire !

En 2006, Jason Day portait sa balle la plus longue à 357 yards alors qu’en 2016, il a déjà atteint 384 yards, soit pratiquement 25 mètres de plus en dix ans sur sa meilleure balle.

Pour Adidas-TaylorMade, affirmer qu’un pro est plus long au drive aujourd’hui n’est donc pas faux.

Maintenant, sur le tour, tout le monde n’est pas le numéro un mondial ! Et l’amateur de golf encore moins, il s’agit donc de trouver la bonne mesure.

Comment mesurer réellement la progression des distances ?

Pour l’USGA, il s’agissait donc de regarder les données des plus grands tours, surtout ceux qui ont recours à des technologies avancées pour la mesure des distances.

Il faut savoir que les distances au drive ne sont pas prises sur tous les trous. Elles ne sont mesurées que sur deux trous pour chaque tournoi du PGA tour ou de l’European Tour.

Et encore, en prenant soin de prendre deux trous orientés dans un sens puis dans un autre.

Toutefois, même avec cette limite, cela permet de comptabiliser chaque année plus de 40 000 drives.

Et sur ces trous, dans la majorité des cas, les pros ont joué le jeu en sortant bien un driver (95% des cas).

Sur l’ensemble des tours professionnels, hommes et femmes, le gain mesuré entre 2003 et 2015 n’excède pas 1%.

Curieusement, la progression la plus forte a été enregistrée sur le circuit de seconde division aux USA, le Web.com Tour, antichambre de la PGA qui a constaté un gain de 5 yards en douze ans.

Ce qui est plus intéressant, c’est que l’USGA a vu la limite de son étude, à savoir le problème de la moyenne générale pour étudier ce qui se passait au niveau des dix joueurs les plus longs.

Des golfeurs qui sont en moyenne 7% plus long que les autres, alors qu’à l’inverse, les moins longs sont 6% plus courts que la moyenne.


Ils ont déterminé les grandes données du driving de 90% des pros qui se situent entre 260 et 320 yards.

La part des pros qui portent la balle en-dessous de 240 yards a effectivement baissé depuis 2003 alors que la part de ceux qui vont au-delà de 320 yards est stable.

Ce qui illustre le fait que le niveau général sur le tour s’est resserré, et qu’il devient de plus en plus difficile de gagner des tournois sur le seul argument de la distance.

Si la vitesse de swing moyenne est de 113 mph avec un angle de lancement moyen de 10.8 degrés pour 2599 tours de spin, pour la partie supérieure de l’échantillon, la moyenne est plutôt de 119.2 mph.

Faut-il légiférer sur le matériel et limiter la progression ?

L’USGA a eu besoin d’analyser toutes ses données pour se faire sa propre opinion, avant de décider éventuellement de légiférer sur le matériel.

Dans la note de synthèse qu’elle publie, elle n’omet pas de préciser « L’histoire a déjà démontré qu’il est impossible de prévoir les développements qui vont avoir lieu dans le domaine de l’équipement. Bien que l’association accepte volontiers le progrès, elle doit rester vigilante à ce que le progrès ne dénature pas le golf, et notamment que la technologie ne prenne pas le pas sur l’habileté. »

En fait, pour comprendre l’évolution du matériel, il faut regarder les chiffres dans le détail, et savoir lire entre les lignes.

Qu’est-ce que vous rabâche les marques à chaque nouveau produit ? Elles ont déplacé le centre de gravité du club vers le bas pour favoriser l’angle de lancement, et réduire…le taux de spin.

Oui, l’USGA et le R&A ont limité le COR du club, mais elles ne s’intéressent qu’à cela ! Les marques peuvent effectivement jouer à la marge sur le centre de gravité d’un driver (nous disons bien à la marge, soit quelques millimètres) pour jouer sur angle de lancement, et spin, des éléments qui influent sur les conditions de lancement de la balle, et donc la distance.Notez à l’aide du tableau ci-dessus comme le taux de spin a baissé de 300 tours en moyenne entre 2007 et 2015 !

Notez aussi que l’angle de lancement reste stable !

Enfin, notez que malgré tout, et malgré la tendance à minimiser la problématique, la vitesse de swing a tout de même tendance à augmenter (passant de 112 mph de moyenne à 113 mph), et par conséquent, la vitesse de balle augmente aussi sous l’effet d’un smash factor qui s’améliore aussi légèrement à 1.48 de moyenne en 2015 contre 1.47 en 2007.

En conclusion de l’étude, les législateurs ne tirent pas encore la sonnette d’alarme. En revanche, ils commencent à s’inquiéter du fait qu’il ne faut pas que les distances continuent à augmenter dans les prochaines années.

A court terme, pas encore de législation ou de changement à prévoir, mais d’ici à dix ans, cela ne serait pas être impossible.

Disons que nous entrons dans une période de vigilance accrue.

Pour les marques, à moyen terme, il faut déjà tenir compte de cette limite, et commencer à anticiper un profond changement de discours commercial.

D’ici dix ans, les marques devront imaginer un discours moins basé sur la distance. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres terrains à investiguer, et pourquoi pas la dispersion ?

L’étude démontre que malgré un gain de distance notable, les pros sur le tour n’ont pas énormément fait baisser leurs moyennes de scores dans le même temps.

Les moyennes de scores constatées sur l’ensemble des tours professionnels font état d’une baisse de 0.04 coups en moyenne annuelle depuis 1980.

La distance ne fait pas tout au golf. La recherche du score le plus bas restera de toute façon le graal du golfeur qu’il soit professionnel ou amateur.

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Commentaires   

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Jeudegolf
0 #2 RE: Y-a-t ’il un problème de distance trop longue au drive sur le tour?Jeudegolf 17-12-2016 11:54
Bonjour Jean-Michel,
Les distances qui nous ont été fournies sont bien totales, et pas seulement au carry.
Cordialement,
Citer
 
 
jmvitiello@gmail.com
0 #1 RE: Y-a-t ’il un problème de distance au drive trop longue sur le tour?jmvitiello@gmail.com 16-12-2016 14:06
bonjour,
vous parlez de carry ou de total pour les distances mentionnées?
merci

jm
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