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Pourquoi les pros aiment jouer un power fade ?

On entend régulièrement ce terme à propos des choix tactiques de certains joueurs sur le PGA Tour, sans pour autant réellement comprendre de quoi il s’agit concrètement. Un fade correspond à une balle qui courbe de gauche à droite. Est-ce qu’un power fade est une balle qui courbe de gauche à droite avec plus de puissance ?

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De plus en plus de pros adeptes du Power Fade

Si vous jouez comme moi, de nombreux coups en draw, et que vous voulez inverser votre trajectoire naturelle, ce sujet peut vous intéresser.

L’histoire du golf regorge de joueurs qui ont développé au fil des années une forme de trajectoire propre à eux, et qui un jour, dans un but bien précis, veulent changer.

L’allemand Martin Kaymer, alors numéro un mondial, vainqueur d’un majeur, un joueur de fade naturel a voulu transformer son swing pour jouer en draw, dans la perspective de gagner le Masters. Ce fut un échec. En allant contre son swing naturel, il a surtout perdu en confiance.

Quelques années plus tard, de retour dans son swing préférentiel, il a gagné un deuxième US Open à Pinehurst avec brio, et en jouant… en draw.

Si vous suivez régulièrement le PGA Tour, vous avez peut-être remarqué que Dustin Johnson est très souvent un adepte du Power Fade. A priori, il y trouve un gain de précision, et de contrôle de trajectoire au drive.

Il faut aussi comprendre que le matériel de golf, et surtout son évolution, jouent un rôle dans cette histoire. Le fait que les clubs, et notamment les drivers, donnent de moins en moins de spin a remis au goût du jour ce type de trajectoire, qui normalement génère plus facilement du spin.

Dans le cas de Dustin Johnson, on parle alors de Power Fade, car justement, il arrive à contenir le degré de spin donné à la balle, pour que malgré l’effet, la balle parcoure tout de même une longue distance.

Le power fade est donc un coup en fade qui contient le niveau de spin à un degré moindre. Le choix d’une balle moins spinnante, et de clubs modernes influent sur la pratique de ce coup.

Les pros ne sont pas les seuls à pouvoir accéder à ce coup bien particulier.

Relativiser et comprendre la question du spin

Il arrive un moment dans la progression d’un golfeur amateur, où le fait de posséder plusieurs coups dans sa besace peut s’avérer indispensable.

Le fait d’être un joueur de draw naturel ne doit pas vous empêcher de vous intéresser à la mécanique du fade, et peut-être même du power fade.

Quand une balle courbe, elle peut potentiellement perdre plus d’énergie par rapport à une balle à trajectoire droite et tendue.

En prenant du spin latéral, elle peut potentiellement freiner par rapport à une balle qui ne s’embarrasse d’aucun effet superflu.

Attention, il convient de relativiser ce problème sur une balle de golf tapée avec un fer ou un bois, et qui ne vole pas plus de 5 à 6 secondes.

Sur jeudegolf.org, on parle souvent de spin en nombre de tours par… minutes.

6000 tours par minute ramenés à un vol de balle de 6 secondes donnent finalement 600 tours ! Toutes les notions d’effets sont donc toujours à pondérer.

Sur un drive à plus de 200 mètres, un taux de spin variant de 200 tours influe sur quelques mètres, pas des dizaines.

Sur le parcours, il peut donc être opportun de savoir jouer un coup inverse à sa tendance naturelle quand la situation l’exige, ou alors parce que l’on s’aperçoit que le draw naturel se transforme en hook pendant la partie…

La définition du Fade ou du Power Fade est en fait une balle qui démarre à gauche et courbe à droite, pas parce que la face est largement ouverte à l’impact ou parce que la balle a été coupée, ce qui correspond plutôt à un slice, en réalité, c’est un coup contrôlé, volontaire qui consiste à swinguer de l’extérieur vers l’intérieur, avec une face square ou même légèrement orientée à gauche.

Mais alors comment faire du fade si la face est square ou même fermée ?

C’est la distorsion ou écart entre le chemin du club plus orienté à gauche par rapport à la face qui créé l’effet.

Dans le cas d’un slice, la face est orientée ou traîne à droite de la trajectoire, alors que le chemin de swing peut, par exemple, être dans l’axe.

Dans le cas qui nous intéresse, on peut mettre la face à gauche, et swinguer encore plus à gauche, pour néanmoins déclencher une trajectoire qui démarre à gauche, et termine sa course à droite.

Quand se servir d’un power fade ?

C’est un coup idéal quand le trou tourne très fort sur la droite ou alors quand un obstacle est sur le côté gauche.

Quand on arrive sur un par-3 avec de l’eau à gauche, on finit par être obsédé par l’obstacle. A force de vouloir l’éviter, la plupart du temps, on tire droit dedans !

Une très bonne solution consiste à s’appuyer sur l’obstacle, tout en faisant en sorte que la balle finisse par courber, et s’en éloigner.

Comment s’y prendre ?

Pour Steve Bodosh, instructeur PGA à l’académie de Beallsville, régulièrement cité par des vidéos ou des articles aux Etats-Unis, pour réaliser un Power Fade, il est recommandé de mettre sa balle sur le tee du côté droit du départ. Cela donne plus d’espace pour jouer une balle de gauche à droite vers le centre du fairway.

Il faut s’aligner entre la gauche du fairway et un point central.

Le stance doit donc être légèrement orienté sur la gauche de la trajectoire. Il suggère encore d’avancer légèrement la balle dans le stance par rapport à un coup normal.

Enfin, dernier conseil sur le set-up, il faut légèrement ouvrir la face du club.

Pour ma part, j’ai essayé, et en fait, j’ai préféré suivre le conseil de notre consultant Xavier Bretin sur la dernière vidéo MyGolfLab consacrée au fait de contrer les effets, les deux sujets se rejoignent.

J’ai préféré conserver une face square, et même testé avec une face plus orientée à gauche, et ce même si mon objectif était de taper un fade à droite.

Le test que j’ai pu faire valide en fait complètement l’idée que le stance à gauche, et le chemin du club plus à gauche par rapport à la position de la face, suffisent à générer un fade contrôlé.

Pour Bodosh ou Xavier, après l’organisation, il suffit de jouer son swing de tous les jours. Il n’y a pas d’autres changements à apporter. Le set-up devrait suffire à créer l’effet.

Le bon conseil étant de ne pas chercher à frapper à 110%, car dans ce cas, les mains peuvent très facilement tourner et hooker la balle. C’est le piège.

Pour ma part, étant un joueur avec un swing naturel très/trop orienté intérieur-extérieur (à droite), j’ai quand même décidé de modifier mon backswing, pour l’envoyer exagérément vers l’extérieur au démarrage, et ainsi favoriser un chemin plus extérieur-intérieur.

Sur le coup ci-dessus joué en « Power Fade », on peut voir dans le graphique de droite que le chemin de club (club path) mesuré au Trackman est de -2° extérieur vers l’intérieur.

Pour y parvenir, j’ai forcé mon swing naturel avec une direction du swing très franchement à gauche (-7,4°) en ayant l’impression d’envoyer mes bras, loin de moi vers la droite (pour un droitier), au démarrage du backswing.

Sur ce second graphique, toujours pour le même coup, on peut voir que la face du club a été en fait square à 0,6 degrés. C’est bien le chemin qui par rapport à la face suffit à faire tourner la balle…

A partir de là, en tapant plusieurs balles dans cette organisation, j’ai enfin compris pourquoi les pros pouvaient privilégier un Power Fade par rapport à un draw ou un coup classique, et pas seulement quand le danger est à gauche…

La grosse différence entre un Power Fade et un Draw tient dans le spin donné à la balle !

Avec une balle Tour (Srixon Z-Star) et un fer 7 forgé tolérant, je ne vais pas exploser les compteurs en matière de spin. Il y a peu de chances que je donne 7 à 8000 tours de spin à la balle, comme cela aurait pu être le cas, dix ans plus tôt.

Ci-dessus, sur une moyenne de 5 bonnes balles tapées dans l’organisation Power Fade, on peut voir que le taux de spin peut grimper à 6270 tours pour un fer 7 tapé à 83,8 mph de vitesse de swing.

Ci-dessus, pour des coups tapés en draw, on peut voir que le taux de spin avec le même club n’est plus que de 4963 tours. Certes, plus haut, je vous ai invité à pondérer cette notion.

Sur le tour professionnel, alors que les greens peuvent être fermes et très roulants, un Power Fade va apporter un avantage et des inconvénients.

L’avantage, c’est d’arrêter plus rapidement la balle sur le green, à condition d’avoir la distance au carry nécessaire pour arriver sur zone.

Non seulement la balle prend plus de spin, mais elle tombe aussi sur un angle d’atterrissage plus prononcé (47 contre 46 degrés).

La hauteur de balle est similaire (27 mètres) puisque le coup a été tapé de manière identique, notamment quand on regarde le loft dynamique (entre 25 et 26 degrés).

Les différences entre le draw et le Power Fade se matérialisent donc essentiellement sur le spin, et l’angle d’atterrissage de la balle, ce qui favorise une balle qui s’arrête plus vite (7 mètres contre 9 mètres avec le draw).

Cet écart de 2 mètres sur un green est certainement la principale motivation du power fade, qui reste un coup joué à 100% de sa force.

Inconvénient, la vitesse de balle n’est pas maximisée comme pour un draw (le smash factor est légèrement inférieur).

Si on en revient à Dustin Johnson et sa tendance à driver en Power Fade, sachant qu’il drive à une moyenne de 121 mph de vitesse de swing sur la saison 2017 pour atteindre une moyenne de distance de 315 yards (deuxième plus long frappeur), on peut comprendre qu’avec un taux de spin moyen de 2485 tours (ce qui est plutôt élevé pour un long frappeur), ces chiffres masquent le fait qu’il joue un Power fade la plupart du temps.

Autrement dit, en draw, il pourrait taper encore plus loin, mais peut-être estime-t-il qu’il ne prendrait plus assez de fairways en régulation pour aller chercher des bonnes positions de drapeaux sur les coups suivants.

Le choix du Power Fade est donc la part du roi pour un joueur déjà très puissant, qui peut se le permettre.

A titre de comparaison, Ernie Els qui affiche sur la saison 2017 une moyenne de spin donné au drive de seulement 2000 tours ne me semble pas être un joueur de Power Fade…

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