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Pourquoi les petits gabarits peuvent aussi être des très longs frappeurs au golf ?

Pourquoi les petits gabarits peuvent aussi être des très longs frappeurs au golf ?

Petits gabarits, moins de 1m80, par opposition aux golfeurs grands par la taille comme Dustin Johnson (1m93), Matt Kuchar (1m93) ou encore Jon Rahm (1m88), ils peuvent néanmoins développer suffisamment de puissance pour rivaliser sur des parcours de golf de plus en plus longs. Comment les « petits », à l’image de Justin Thomas (1m78), Andy Sullivan (1m75) ou Romain Wattel (1m75) arrivent néanmoins à boxer dans la même catégorie que les « grands », et notamment dans le domaine du driving ?

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Il y a quelques années en arrière, dans le domaine du golf, une idée était assez largement répandue concernant l’avantage des golfeurs grands par la taille en matière de développement de puissance, et de vitesse de swing.

On considérait que des bras plus longs, plus de masse, et une force corporelle plus importante suffisaient à générer plus de distance, et en particulier au drive.

Certains craignaient que cet avantage consistant à driver 15, 20 ou 30 mètres plus loin soit impossible à compenser par les joueurs de petites tailles.

Bien entendu, driver loin ne sert pas à grand-chose si les balles terminent régulièrement dans les bois. Harvey Penick pouvait déclarer « Les bois sont remplis des balles des longs frappeurs »

Pour l’enseignant américain Rod Lindeberg, un membre du top-100 des meilleurs enseignants PGA, qui a travaillé avec bon nombre de golfeurs grands par la taille, justement cette dernière n’est pas nécessairement un avantage.

Il pousse l’argument jusqu’à affirmer que dans certains cas, cela peut même un certain désavantage.

Dustin Johnson est pourtant et pour l’instant numéro un mondial de golf, tout en mesurant plus d’1m90. Dans les faits, il semble que le grand soit devant…

Toujours en se référant au PGA Tour, le meilleur laboratoire pour tester des théories sur le swing de golf, en 2017, on a pu constater que le meilleur golfeur de l’année, et la révélation de l’année, respectivement les américains Justin Thomas et Xander Schauffele, qui mesurent tous les deux 1m78, ont été mesurés à des moyennes de swing au drive autour de 118 mph (189 kmh).

Au classement des plus longs frappeurs, Justin Thomas s’est classé à la 8eme position avec 142 drives mesurés à 309 yards de moyenne (282 mètres).

Au classement des plus longs frappeurs, Justin Thomas s’est classé à la 8eme position avec 142 drives mesurés à 309 yards de moyenne (282 mètres).

Sur ce même classement, Xander Schauffele s’est classé au 16eme rang sur 184 drives mesurés à 306 yards de moyenne (280 mètres).

Classement dominé par Rory McIlroy (1m75) avec une moyenne de 317 yards (289 mètres) sur 88 drives devant les « grands » Dustin Johnson, Brandon Hagy, Ryan Brehm et Luke List qui culminent entre 1m80 et 1m93, tout en trustant le plus souvent les premières places du classement des plus longs frappeurs sur le tour.

On peut parler de la taille, mais on pourrait aussi parler du poids.

Justin Thomas ne pèse que 66 kilos quand Dustin Johnson en pèse 20 de plus (86 kilos).

Taille, poids, masse musculaire, Justin Thomas à la lutte cette année pour le titre de numéro un mondial, ou Xander Schauffele qui chasse une place dans l’équipe américaine de Ryder Cup ne sont clairement pas des gros gabarits.

Cela les amuse parfois d’entendre à la télévision des commentateurs s’exclamer « Il frappe vraiment loin pour des petits gars ! »

Schauffele s’en amuse « Merci mais je ne me sens pas un petit, mais j’imagine que c’est en comparaison avec Dustin ou Tiger. »

Taille, poids, masse musculaire, Justin Thomas à la lutte cette année pour le titre de numéro un mondial, ou Xander Schauffele qui chasse une place dans l’équipe américaine de Ryder Cup ne sont clairement pas des gros gabarits.

Si la taille et le poids, plus généralement le gabarit n’explique pas la puissance au drive, où faut-il aller chercher l’explication ?

Si en distance pure, les écarts ne sont pas suffisamment significatifs, sur la vitesse de swing, il faut tout de même admettre qu’un Dustin Johnson swingue à 121 mph (194 kmh), qu’un Ryan Brehm swingue même à 128 mph (205 kmh).

Ils mesurent tous les deux 1m93, alors que Justin Thomas swingue à 117 mph de moyenne (188 kmh) et Schauffele à 118 mph (189 kmh).

Pour rattraper ce léger déficit de vitesse de swing imputable à l’effet de levier lié à la longueur des bras, il faut constater qu’en moyenne Justin Thomas donne 200 tours de spin de moins à la balle par rapport à Dustin Johnson.

Autrement dit, le déficit de vitesse semble être compensé en partie par la trajectoire de la balle, et l’optimisation du centrage de la balle dans la face.

En dehors de l’aspect physique, il y a bien une question de technique ou plutôt d’adaptation du joueur par rapport à l’objectif demandé.

La vitesse de swing ne fait pas tout.

Dans les cas de Thomas et Schauffele, il faut noter que les parents les ont encouragé à taper de toutes leurs forces dès le plus jeune âge.

En France, l’enseignant Olivier Raynal encourage lui aussi les jeunes, garçons et filles, à taper le plus loin possible, surtout dans le but de rendre la pratique du golf amusante, et même en faire un challenge.

Il est convaincu que l’aspect sportif du golf, le fait de frapper le plus loin possible peut séduire les plus jeunes, et les amener à durer dans le golf, et bien plus que certaines autres vertus comme la balade en nature.

Encourager à taper loin est un challenge qui parle aux juniors.

Dans le cas de Xander Schauffele, son père, un ancien décathlonien en Allemagne, ce dernier a enseigné à son fils comment swinguer un club de golf en s’inspirant du lancer du javelot.

« La vitesse vient de la séparation des leviers un et deux, que sont respectivement les hanches par rapport aux épaules. C’est ce sur quoi nous avons travaillé, et cela semble fonctionner. »

Le décathlonien met en exergue l’usage de la biomécanique, et affirme que les personnes de tailles plus petites peuvent avoir plus de facilité pour répéter une séquence adaptée au fait de lancer.

On peut prendre l’exemple de Rory McIlroy qui est le plus long en moyenne tout en étant relativement petit (1m75), surtout parce qu’il a cette incroyable capacité à créer de l’écart entre la rotation des hanches, et la rotation des épaules, ce que Schauffele appelle « la séparation des leviers » aussi connu comme le X Factor.

On peut prendre l’exemple de Rory McIlroy qui est le plus long en moyenne tout en étant relativement petit (1m75), surtout parce qu’il a cette incroyable capacité à créer de l’écart entre la rotation des hanches, et la rotation des épaules, ce que Schauffele appelle « la séparation des leviers » aussi connu comme le X Factor.

Thomas ou Schauffele ont surtout adapté leur technique par rapport à leur taille pour en tirer avantage.

A la suite de la victoire de Justin Thomas au PGA Championship, le monde a découvert le visage de son père, Mike, un enseignant de golf. Ce dernier affirme qu’il n’a jamais cherché à augmenter la vitesse de swing de son fils pendant ses jeunes années.

« Je pense que sa vitesse est venue du fait qu’il était toujours le plus petit et le plus court sur le parcours. Il a commencé à swinguer vraiment fort pour essayer de compenser. »

Il ajoute « Si vous regardez des vidéos de lui à 7 ou 8 ans, vous verrez qu’il essayait déjà de mettre un maximum d’énergie dans la balle. A partir du moment où il est devenu plus grand, il n’a pas cessé de vouloir mettre cette même intensité dans la balle. »

Poursuivant « Je n’ai jamais dit à un de mes élèves de ralentir son swing. La vitesse n’est pas un facteur nuisible pour un swing tant qu’elle est contrôlée. Le reste n’est que son habileté naturelle, sa souplesse et des muscles à fibres rapides.

Au début de la saison 2016, il a gagné 6 kilos de masse musculaire pour peser 72 kilos. Il considère que ce gain a contribué à ses performances récentes.

Thomas n’était pas non plus un fan de la salle de gym jusqu’à ce qu’il comprenne que le fitness pouvait lui apporter plus de résistance tout au long de la saison, et une meilleure endurance pour supporter les déplacements, et les longues semaines de golf.

Au début de la saison 2016, il a gagné 6 kilos de masse musculaire pour peser 72 kilos. Il considère que ce gain a contribué à ses performances récentes.

C’est effectivement depuis le début de la saison 2016 qu’il pointe régulièrement aux premières places des tournois de golf du PGA Tour, majeurs et championnats du monde inclus.

En résumé, si la taille influe sur la vitesse de swing, un petit gabarit peut trouver de la distance à travers une forte séparation entre rotation des hanches, et rotation des épaules (X-Factor), plus de souplesse, et un travail en salle pour gagner en masse musculaire, et surtout développer des muscles à fibres rapides.

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