Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Driving: Les vrais chiffres de la distance pour les amateurs

Les statistiques, qui laissent penser que les distances augmentent sur le tour, ne s’appliquent pas vraiment aux joueurs amateurs. Arccos, qui a compilé plus de 10 millions de drives tapés, démontre qu’en moyenne les amateurs ne gagnent pas en distance sur la période 2015-2018. Les statistiques sont même en léger recul, et malgré le discours des marques. Pour gagner de la distance, nous n’avons pas les bonnes références, et les bons réflexes. Il nous faut changer de logiciel ou de réflexion pour progresser…car il est tout de même possible de gagner en distance.

Découvrez nos formules d'abonnements 

Les gains de distances au drive pour les pros ne sont pas les gains pour les amateurs…

Si l’USGA s’alarme d’une progression des distances moyennes de l’ordre de 2,2 mètres (en 2018) en moyenne supplémentaire sur le PGA Tour, à l’inverse, sur 5 ans, la distance moyenne au drive réelle des amateurs n’a pas tant progressé.

Au contraire, depuis 2015, quand on ne s’intéresse qu’au distance produite réellement sur le parcours, les distances des amateurs avec le driver seraient en baisse.

Aux USA, le premier pays au monde pour le nombre de golfeurs, on driverait 3 mètres de moins en 2018 par rapport à 2015, et toujours selon Arccos.

Dans le détail, il y a de grandes disparités selon les niveaux de jeu.

Les golfeurs classés entre 0 et 5 auraient gagné 2,2 mètres, alors que tous les autres catégories de golfeurs classés au-delà auraient perdu en moyenne entre 4 et 6,5 mètres.

D’une part le vieillissement de la population golfique est à prendre en compte, et d’autre part, la météo ainsi que la préparation des parcours peuvent rentrer en ligne de compte, pour expliquer ce phénomène.

Précision : Les nouveaux drivers aident moins les très bons joueurs que tous les autres amateurs.

Toujours selon des chiffres Arccos, les bons joueurs ne gagnent donc pas plus de 2 mètres, quand ils centrent parfaitement la balle dans la face, alors qu’en revanche, les autres joueurs ont vus leurs pertes de distances liés à des coups décentrés se réduire de près de 15 mètres en dix ans.

Au global, les amateurs ne gagnent pas vraiment de distance quand on prend en compte tous les drives sur le parcours, mais cela pourrait être encore moins bien, si les nouveaux drivers ne favorisaient pas mieux les coups décentrés.

Autre disparité qui paraît évidente sur le papier, les bons joueurs sont bien entendu ceux qui tapent le plus loin (218 mètres pour les golfeurs classés de 0 à 5) contre seulement 182 mètres pour les golfeurs avec des handicaps plus élevés.

Cette statistique nous indique que pour tous les golfeurs qui drivent à 180 mètres de moyenne, l’immense majorité d’entre nous, les tees de départs devraient être au moins décalés de 25 mètres entre les départs des jaunes, et des blanches ! Ce point n’est pas toujours respecté dans tous les golfs.

Autre tendance évidente, les golfeurs seniors ont un grand déficit de distance par rapport aux plus jeunes (environ 40 mètres de moins pour des golfeurs de plus de 70 ans).

L’étude Arccos révèle que « potentiellement » nous perdons en moyenne 5 mètres tous les 10 ans à partir de 50 ans, et cela s’accélère surtout entre 60 et 70 ans.

Fait intéressant et contradictoire, l’américain Hale Irwin, golfeur professionnel qui joue actuellement sur le circuit vétéran (Champions Tour) drive aujourd’hui à 231 mètres de moyenne à 72 ans, alors qu’en 1980, âgé de 35 ans, il drivait à 228 mètres !

C’est la véritable démonstration de l’évolution du golf, du matériel, de la technique, et aussi de la préparation pour jouer au golf… non pas sur 5 ans, mais sur 40 ans.

Vitesse de swing et optimisation du driving

De nos jours, selon Trackman, la moyenne de vitesse de swing au driver pour les amateurs serait autour de 93,4 mp/h, ce qui donnerait concrètement une distance moyenne de 195 mètres.

En utilisant la fonction « Optimizer » de Trackman, ce qui revient à chercher la meilleure manière d’optimiser la distance au drive selon les données réelles du joueur (principalement sa vitesse de swing, et sa manière de swinguer), au lieu de driver à 195 mètres, l’amateur pourrait « sans augmenter » sa vitesse de swing, driver à 233 mètres, soit un gain potentiel de 38 mètres.

Si comme vu plus haut, le matériel ne progresse pas de manière spectaculaire tous les ans, il a pourtant un grand rôle à jouer dans l’optimisation de la distance, ou plutôt, c’est l’optimisation du joueur ou couple joueur/driver qui peut le laisser penser.

Il y a donc bien une grande marge de progression de la distance pour les amateurs.

Trackman, aux premières loges de ces constats, nous explique que le meilleur moyen de réaliser ce potentiel, ou de réduire cet écart avec le potentiel, consiste, encore une fois, et sans surprise, à améliorer le Smash Factor.

Au driver, le smash factor (rapport entre la vitesse de swing et la vitesse de balle) idéal est à 1.50.

Selon Trackman, en moyenne, le smash factor des amateurs ne serait que de 1.42.

En tapant des balles plus au centre de la face (sur le sweet spot), sans augmenter la vitesse de swing, les amateurs pourraient augmenter la vitesse de balle de 8 mp/h (smash factor à 1.50), tout en réduisant mécaniquement le spin de 30%.

Cumulé à un meilleur centrage, et moins de spin, le fait d’augmenter l’angle de lancement au driver d’au moins deux degrés, en demandant aux amateurs de « swinguer plus vers le ciel » et moins vers la terre, pourrait justement permettre ce gain de 38 mètres.

Quel serait le bon exemple à suivre ?

De ma propre expérience, améliorer le smash factor n’est pas quelque chose qui se réalise si facilement, et en claquant dans les doigts.

Le fitting du driver paraît déjà un incontournable.

Ensuite, il faut vraiment réaliser un important travail sur la technique pour améliorer le point de contact de la balle dans la face.

Se servir d’un modèle de swing pourrait être une bonne solution ou chemin à suivre.

Prendre en référence le swing de Dustin Johnson ou celui de Rory McIlroy paraît totalement illusoire pour 99,9% des amateurs.

Les pros du PGA Tour sont pourtant l’idéal à rechercher. Ils ont justement ce swing puissant et qui semble parfait.

Pourtant, en matière d’efficacité au driver, les pros du PGA Tour sont moins performants que les joueuses du LPGA Tour !

Les chiffres sont très instructifs !

Les copains de McIllroy and co prennent le centre de la face pour générer en moyenne 2,35 mètres pour un miles par heure de vitesse de swing produit.

Schématiquement, cela veut dire que si un golfeur pro tape à 100 mp/h de vitesse de swing, il va produire une distance de 235 mètres.

Comme il swingue plus souvent à 120 mp/h, cela donne 283 mètres !

Selon Jaacob Bowden qui a réalisé la même étude sur des golfeurs amateurs, en comparaison, nous produisons en moyenne 2,09 mètres par mp/h de vitesse de swing.

Si je swingue à 100 mp/h, cela veut dire que je vais potentiellement envoyer ma balle à 209 mètres.

Une simple amélioration de ce ratio, par exemple 2,19 mètres, pourrait me permettre de gagner 10 mètres, sans augmenter la vitesse de swing.

Oui, mais comment faire ?

Il y a un exemple de performance à suivre, et plus accessible pour les amateurs : Les filles du LPGA Tour !

Elles swinguent sensiblement à la même vitesse par rapport aux amateurs masculins, à savoir 94 mp/h.

Par contre, elles centrent encore beaucoup mieux la balle dans la face, notamment par rapport aux hommes sur le PGA Tour, avec un ratio de 2,41 mètres par mp/h de vitesse de swing.

Soit 241 mètres pour 100 mp/h de vitesse de swing !

Par conséquent, en moyenne, les golfeuses du LPGA tour sont devant de 23 mètres par rapport aux golfeurs amateurs masculins.

Il faut donc comprendre que la vitesse de swing n’est pas tout au golf, surtout pour les amateurs !

En swinguant plus lentement, mais avec une plus grande efficacité, vous pouvez gagner beaucoup de distance.

Selon des mesures faites avec un radar Foresight Sports, en réduisant la vitesse de swing de 2 mp/h sur un golfeur amateur, vous pourriez tout de même gagner 18 mètres de distance supplémentaire, et ce, en réduisant le spin donné à la balle, en augmentant l’angle de lancement, et en tapant la balle de manière plus square dans la face.

Plus que la vitesse de swing élevée, il faut chercher à optimiser le couple joueur/driver pour réellement gagner de la distance, sans trop changer son swing ou le rendre plus rapide.

De nombreuses études ont déjà démontré que l’adaptation du matériel améliorait de manière indéniable la distance au drive.

La dernière étude du National Clubfitting Chain Club Champion statue sur le fait que 78% des golfeurs bénéficient du fait d’utiliser des drivers les plus récents pour un gain moyen de 9 mètres.

Cela peut paraître confusant, alors que plus haut dans cet article, on rapporte que les amateurs ne progressent pas réellement en distance réelle sur le parcours.

Il faudrait donc pouvoir faire le distinguo entre, les golfeurs qui se font sérieusement fittés pour le driver, par rapport aux autres, ou alors considérer que peu d’amateurs jouent avec des drivers réellement adaptés, ce qui pourrait expliquer une relative baisse des distances moyennes.

En réalité, il y a beaucoup de conjectures… La réalité, c’est que les moyennes de distances avec le driver ne progressent pas à l’heure actuelle.

Pour avoir fait beaucoup de tests avec des drivers, il est effectivement avéré qu’il existe des set-ups (manches, têtes, grips…) qui donnent des smash factor plus élevés, et plus réguliers.

Plutôt que d’opter pour le driver qui donne la balle la plus longue avec un smash factor parfois moins élevé, il semblerait qu’il vaille mieux opter pour un driver qui vous donne un smash factor toujours le plus élevé possible, même si la vitesse de swing n’est pas au maximum.

C’est cela le principal enseignement à retenir de cet article.

Par rapport aux drivers que j’ai testé en 2019, cette logique serait plus favorable à Titleist, Srixon et Cobra, et moins à TaylorMade et Ping.

Deux éléments jouent une importance considérable en dehors du swing du golfeur, le poids et la dimension de la tête.

Dans les deux cas, si la dimension et le poids sont plus élevés, la vitesse de swing sera plus lente, mais le smash factor sera plus élevé, car le moment d’inertie plus élevé va mieux stabiliser la tête à l’impact.

On retrouve ces tendances chez Titleist avec le TS2 ou Cobra avec le King F9. A l’inverse, les têtes TaylorMade et Ping misent plus sur la vitesse de swing avec des profils plus légers.

Quoi qu’il en soit, les chiffres cités plus haut laissent penser qu’il y a une marge de progression importante pour la distance au drive, mais que paradoxalement, pour le moment, nous les amateurs ne l’exploitons pas réellement et complètement.

Les raisons peuvent être multiples : Prenons-nous suffisamment de leçons ? Jouons-nous avec du matériel vraiment adapté ? Etc.

Crédit photo : Rich Graessle/Icon Sportswire

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 5 sur 1 votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.