Peut-on gagner beaucoup de distance et facilement, en se servant de sons ?

La semaine passée, nous vous avons proposé un premier sujet consacré à un protocole d’entraînement mis au point par un pianiste de renom taiwanais, Chia Chou, et présenté sur le site acceleraze.com. L’auteur de cette méthode est tout à fait convaincu du bien-fondé de son approche, pour notamment aider des golfeurs de tous niveaux, à gagner en vitesse de swing, et donc en distance. Pour approfondir ce sujet, j’ai testé cette méthode au drive. Je vous présente ci-après les résultats que j’ai obtenu, sachant qu’au départ, j’étais plutôt prudent…

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Quand Yannick Baduel m’a présenté son projet d’article relatant l’expérience d’un pianiste de renom qui avait décidé de venir en aide aux golfeurs, j’ai immédiatement trouvé que ce sujet était original, et passionnant.

Cependant, quand il m’a présenté le fond, et notamment la promesse de gains de distances, je dois avouer avoir été plutôt dubitatif, et même très sceptique.

Dans le cadre de ce premier article, Yannick m’a demandé de me prêter à un premier test pour contrôler avec le Trackman, l’incidence d’un son bien précis, sur ma capacité à produire plus de distance.

Au moment de driver, et plus particulièrement au moment d’impacter la balle avec la face de mon club, je devais dire et presque crier « Paaaoooowwww », ce qui devait agir comme un électrochoc, et augmenter ma capacité à mettre de la force dans la balle.

Après avoir tapé des balles d’échauffements, j’ai donc fait ce premier test à haute voix, puis je devais refaire le test en me répétant ce mot « paow » dans ma tête, tout en exécutant le swing.

Aux termes de l’exercice, je n’ai pas trouvé d’incidence de ce son « paow » sur ma vitesse de swing au drive ou ma distance.

Ce premier test me confortait dans ma première idée qui était d’être très circonspect.

Pour poursuivre l’essai, et notamment mon raisonnement, j’ai augmenté volontairement mon amplitude de swing, et en même temps mon intensité, et là, oui, j’ai notablement augmenté ma vitesse de swing, et ma distance.

Pour schématiser, c’est comme si je savais swinguer à 90/100% de mon potentiel, et j’essayais ensuite de swinguer à 110%.

Sans surprise, et selon ma logique, j’augmentais ainsi la vitesse de swing. Vous me direz, pourquoi ne pas toujours swinguer à 110%, si cela fonctionne ?

Par peur de perdre encore davantage le contrôle de la balle… A quelle vitesse de swing, mon swing va dérailler, cela a été l’objet d’un précédent article…

Yannick a alors remonté cette information au pianiste, qui fut assez embarrassé qu’un testeur, un journaliste mais surtout un simple golfeur amateur ne puisse pas vérifier tout le bien-fondé de son enseignement.

Dans une grande majorité des cas, quand pour un produit ou un service, nous n’arrivons pas à démontrer un bénéfice, le sujet s’arrête là, et aussi parce que l’interlocuteur en face ne cherche pas à nous convaincre.

Le cas présent, Chia Chou a demandé à me parler, et avant cela, il m’a même demandé de lui envoyer une vidéo de mon swing.

Il voulait s’assurer que je produisais bien ce qu’il demandait, et aussi comprendre qu’elle était la nature de mon swing.

Finalement, il ne m’avait jamais vu jouer, et n’avait peut-être pas imaginé que Yannick me demanderait de vérifier sa méthode.

À la suite de l’envoi de cette vidéo que je lui ai adressé assez rapidement, Chia Chou nous a sollicité en visio-conférence,  pour à la fois m’expliquer sa méthode en direct, l’importance de synchronisation du « son » avec mon geste, et surtout me proposer le « son » le plus adapté pour mon geste.

Son objectif était qu’en ma qualité de « journaliste », je puisse vérifier le bien-fondé de sa méthode, et pour cela, il m’a consacré plus d’une heure de son temps.

Par visio-conférence, et donc à distance, depuis le studio JeudeGolf pour ma part, je devais taper des drives en suivant ses directives… sonores.

Après avoir identifié le fait que je ne prononçais pas le terme PAOW avec exactitude, le virtuose a surtout approfondi et individualisé l’approche me concernant.

Je me suis engagé moralement vis-à-vis de lui de ne pas dévoiler l’intégralité du contenu qu’il m’a transmis, et qui fait en réalité partie de ce qu’il vend normalement à un client, son catalogue de sons.

Cependant, je peux vous témoigner de l’expérience, et vous dire que ce qui me paraissait « tiré par les cheveux » a soudainement présenté un intérêt mathématique finalement évident pour moi.

Comme beaucoup d’amateurs, mon swing de golf présente beaucoup d’imperfections et d’irrégularités.

Parmi ces imperfections, j’ai souvent entendu dire de regards extérieurs, et notamment des golfeurs amateurs qui avaient pu partager une partie de golf avec moi, que mon swing paraissait très rapide, et même trop.

Pour mettre des mots plus précis, ces regards qualifiaient surtout mon backswing de trop rapide. C’est sans doute, et d’ailleurs la cause d’une grande irrégularité pour moi…

Chia Chou a donc utilisé la vidéo que je lui avais envoyé pour découvrir mon swing, et la première chose qu’il a vu est justement ce problème de rythme, entre le backswing, et le downswing.

Pour schématiser, mon backswing se passe sur un temps de 1, et mon downswing se déroule sur un temps de…. 1 !

Mon backswing est aussi rapide que mon downswing, alors que sans être pro-enseigant de golf, nous savons que la vitesse du backswing n’est en rien pertinente pour générer de la distance.

Distance, rythme, son… et si finalement tous ces éléments étaient bien liés entre eux ?

Et si rythme et son surtout étaient liés ?

C’est là qu’une petite lumière s’est allumée dans mon esprit.  

Le premier objectif du pianiste a donc été de me faire prendre conscience de ce premier problème, qui de son point de vue, ne me fait pas gagner de la distance, mais au contraire m’en coûte.

Avec ses mots à lui, sa méthode, et surtout son « son », je devais passer d’un tempo de 1 pour 1 à 2 pour 1, et donc ralentir mon backswing.

C’est là qu’il m’a offert le son adapté à mon swing pour gérer ce tempo.

C’est ce son que je me suis engagé à ne pas dévoiler.

Ce son fait partie d’un catalogue de plus de 200 « sons » qu’il a lui-même mis au point, pour traiter les problématiques de milliers de golfeurs différents.

J’ai donc swingué à nouveau au studio, en produisant cette fois deux sons, un son nouveau au backswing, et le son « paow » à l’impact.

L’objectif de le faire dans un premier temps à haute voix ne servait qu’à l’assurer du fait que je prononçais les bons sons, et au bon moment.

Dans son cas, plus que l’observation du swing, il doit avoir une bonne oreille.

Dans le mien, je devais chercher à bien répéter le son, tout en le coordonnant avec mon geste, alors que tout cela était plutôt nouveau pour moi.

Une fois le contrôle de cohérence effectué, je pouvais swinguer sans avoir à répéter les sons à haute voix.

En effet, point important, même si c’est utile au départ de produire les sons à haute voix, selon Chia Chou, cela consomme de l’énergie, et donc le plus optimum consiste à utiliser ses sons dans sa tête.

Alors qu’au moment de mon premier test, sans penser à la problématique du rythme du backswing et du downswing, en essayant de répéter le seul mot « paow » ma vitesse de swing était restée constante, autour de 102 mph avec le driver.

Au cours de la deuxième séance, et en présence de Yannick, ma vitesse de swing du moment est passée en quelques swings de 101 à 107 mph ! (Veuillez excuser ma dispersion, j'étais surtout focalisé sur la vitesse, et pas nécessairement la précision)

Je préfère vous parler ici de vitesse de swing pure, plutôt que de distance, même si pour vous illustrer, cela veut dire des drives plus longs de 30 mètres, soit 250 mètres au lieu de 220.

La vitesse de swing n’est pas le seul facteur qui peut agir sur la distance. Il faut prendre en compte la vitesse de balle, et donc la qualité du centrage de la balle dans la face, les angles des trajectoires, et encore le spin.

Cela étant, la production d’un son approprié participe à un gain réel et mesurable de vitesse de swing, et donc de distance.

Ce qui me va mieux dans le déroulé de cette histoire, c’est que j’y ai trouvé une explication purement logique, et pas farfelue.

Les sons ont pour but d’agir, en tout cas dans mon cas, sur mon rythme interne, et notamment de l’améliorer.

En passant de 1 temps pour 1, à 2 temps pour 1, entre backswing et downswing, oui, il est objectivement possible d’augmenter l’efficacité du geste.

Circonspect au départ, je suis dorénavant beaucoup plus convaincu, et pas seulement par les chiffres, mais aussi par le rapport de causes à effets, entre l’aide qu’apporte un son adapté sur ma capacité interne à gérer mon rythme.

Gérer le rythme de son propre swing, c’est finalement quelque chose qui n’a rien de si évident, surtout pour un golfeur amateur, et qui comme moi, n’est pas un sportif de haut niveau, très habitué à utiliser son corps dans l’espace, pour faire de la performance super-optimisée.

Chaque année, je teste des produits et des services qui visent à améliorer la performance au golf, et dans une majorité des cas, je n’arrive pas à prouver l’efficacité de ces produits et services, qui usent et abusent du terme Game-Changer.

Dans ce cas, à la fois, j’ai fini par comprendre la logique de l’approche, mais aussi à la vérifier avec un potentiel non négligeable.

Cela étant, si ma vitesse de swing au drive est en rythme de croisière actuellement entre 100 et 103 mph, par le passé, et justement en cherchant à repousser mes limites, j’ai déjà drivé entre 105 et 108 mph, mais seulement ponctuellement…

A ce stade, la méthode Acceleraze m’a permis de modifier notablement ma vitesse de swing au cours d’une même séance d’entraînement, et finalement « en pilotant » cette augmentation.

A la fin de notre visio-conférence, Chia Chou m’a donc proposé de poursuivre l’expérience pour me prouver qu’il pouvait me permettre d’aller encore plus loin, et donc de gagner encore plus de vitesse de swing, ce qui est le cœur de son offre auprès des golfeurs qu’il accompagne déjà.

Dois-je m’attendre à swinguer à plus de 110 mph ?

Cela devrait faire l’objet d’un prochain article, et d’une suite à cet entraînement un peu particulier.

Par le passé, j’ai déjà testé des outils comme « SuperspeedGolf » et finalement « la grande idée » de Bryson DeChambeau qui explique à juste titre que pour swinguer vite sur le parcours, il faut déjà s’entraîner à swinguer très vite à l’entrainement.

Ce qui milite pour la méthode Acceleraze, c’est qu’il ne m’a pas fallu des heures d’entraînements pour gagner en vitesse de swing, ou m’astreindre à un programme de 15 à 25 minutes d’exercices tous les jours pour grignoter petit à petit un gain de vitesse de swing.

La méthode du pianiste me parait plus « naturelle » bien que je me demande si, passer de 100 mph à 110 mph n’aura pas des conséquences sur mon dos, surtout que je ne suis pas un sportif régulier et qui travaille en salle spécifiquement pour préparer mon corps à ces vitesses...

Quoi qu’il en soit, se servir du son pour gagner rapidement en vitesse de swing me paraît désormais une approche crédible, car elle traite surtout du rythme.

A suivre…

Crédit photo : Bob Kupbens/Icon Sportswire

En complément, je vous ajoute une nouvelle vidéo que j'ai réalisé quelques jours plus tard, au moment où j'essayais à nouveau la méthode, mais cette fois au practice, et sous la pluie...

Peut-être, noterez une petite différence de rythme au moment du backswing...

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