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La technique de Jack Nicklaus pour toucher plus de greens en régulations

La technique de Jack Nicklaus pour toucher plus de greens en régulation

Le 21 janvier 2017, le Golden Bear a fêté ses 77 ans. Toujours alerte, Jack William Nicklaus, la figure emblématique du golf dans le monde depuis près de 50 ans, est loué et même envié pour ses 18 victoires acquises en majeur, un record toujours inégalé depuis 1986. Greg Norman, Nick Faldo et plus récemment Tiger Woods auraient bien aimé prendre sa place tout en haut de la pyramide des légendes. Pour Richard Hurvitz, 73 ans, consultant sur notre site, ancien joueur sur le tour américain en même temps que Nicklaus, Jack avait une approche très pragmatique du jeu…une approche qui aurait beaucoup de sens pour beaucoup d’amateurs…

Richard Hurvitz et l’attaque de greens selon Jack Nicklaus

J’ai rendez-vous avec Ricard Hurvitz pour travailler sur une nouvelle série de vidéos afin d’illustrer sa rubrique « Secrets de Richard ».

Bien qu’en région lyonnaise le soleil soit de nouveau de la partie après une période de grisaille, il ne fait pas assez chaud pour réchauffer une atmosphère bien hivernale. Le thermomètre affiche -2 degrés à la levée du jour.

Pas un temps à mettre un américain dehors…

Vêtu d’un pull en maille qui ne semble pas avoir d’âge, il m’avoue d’ailleurs non sans fierté l’avoir acheté au club-house de Saint-Andrews pour sa deuxième participation au British Open, aux côtés des stars de l’époque, Johnny Miller, Tom Kite ou encore l’ours blond, Nicklaus.

C’était il y a déjà près de 40 ans.

Richard est intarissable sur cette époque.

Dans ses yeux bleus, on discerne facilement l’émerveillement, et la passion qu’il a eu de jouer aux côtés des meilleurs de son époque, et même d’apprendre auprès d’eux.

Il n’est jamais prétentieux à ce sujet.

Au contraire, il n’est pas avare d’anecdotes, car il a une envie sincère de partager ce qu’il a appris sur un jeu qu’il vénère.

Après une bonne heure et demi de travail en sa compagnie, la caméra éteinte, j’étais prêt à ranger mes équipements quand je lui ai demandé un conseil pour mon propre jeu.

Je dois admettre que je suis souvent bluffé par sa simplicité, et sa capacité à inventer des solutions efficaces pour chaque situation de jeu.

Richard est un « instinctif observateur » qui n’a jamais cessé de s’inspirer de ses mentors pour créer ses propres recettes au fil du temps.

Dans son approche, et je ne sais pas si on peut parler de pédagogie, tant il semble spontané et naturel avec ses conseils.

Il me semble qu’il lui suffit de me dire une ou deux petites choses, et cela me paraît à la fois simple à effectuer, et du coup, j’en ressens souvent le bénéfice immédiatement.

Avec Richard, une idée en amène toujours une autre. Il a suffi que je lui demande pourquoi malgré sa précédente correction, je recommençais à balancer des balles à gauche pour qu’il me conte une nouvelle anecdote à propos de Jack Nicklaus, et sa façon d’aborder l’attaque des greens.

Une approche à la fois simple et d’une efficacité redoutable…

Un jour en Floride, sur le parcours du PGA National près de Palm Beach, notre coach était réuni avec d’autres pros autour de Jack Nicklaus. Ce dernier expliquait son approche du golf, et notamment comment il attaquait les greens avec autant d’efficacité et de régularité.

Pour Richard, cette phrase sonne toujours aujourd’hui comme une sacrée évidence. Elle a changé sa façon de jouer.

« Il y a un endroit sur le green où je n’ai jamais vu d’obstacles ou de dangers particuliers : C’est au centre du green ! » lui asséna l’ours blond.

Jack Nicklaus au centre du green pour son putt sur le trou 16 de son dernier British Open à Saint-Andrews

Avant d’attaquer chaque green, Nicklaus s’est toujours évertué à viser le centre du green, considérant qu’à droite ou à gauche, un coup un peu hors de la trajectoire, et ce n’est plus un putt, mais une approche, ou pire une sortie de bunker ou une balle dans un obstacle d’eau.

Bien évidemment, avec une approche aussi défensive, Nicklaus n’aurait certainement pas gagné 18 majeurs, surtout que les drapeaux sont rarement situés au centre des greens.

La tactique de Nicklaus ne consistait pas seulement à minimiser les risques en visant le centre du green, mais à simplement modifier l’angle de la face en fonction de la position du drapeau sur le green.

Si le drapeau était à gauche du green, Nicklaus visait en direction du centre du green, mais fermait légèrement la face de son club, en faisant délicatement pivoter son grip dans ses mains pendant le set-up. C’était en fait le seul changement qu’il opérait avant de jouer son coup.

Idem, si le drapeau était à droite du green, sauf que cette fois, il lui suffisait d’ouvrir légèrement la face.

Dans les deux cas, la balle commencait sa trajectoire en direction du centre du green puis bifurquait en direction du drapeau.

Richard ajoute que la balle ne tourne pas…elle tombe depuis son point le plus haut vers le côté correspondant à la position de la face.

Avec cette façon de faire, vous visez le centre du green dans 100% des cas.

En modifiant seulement l’angle de la face, et surtout sans changer votre swing, ce qui équivaut à une approche technique simple, au mieux, la balle termine sa course en roulant vers le drapeau, au pire, votre coup manqué termine au centre du green…loin de tous les dangers.

Comme on dit souvent au golf, vous jouez le coup en prévision du suivant.

En l’occurrence, le coup suivant sera un putt, et non pas un pitch ou pire.

En essayant de répéter ce geste avec un radar trackman, effectivement, j’ai pu immédiatement constater que la trajectoire de mes balles démarrait bien en ligne, avant de finir en courbe à gauche ou à droite, selon une ouverture de –5 à +5 degrés.

Bien entendu, il s’agit de déplacement légèrement la face du club, sinon vous risquez de trop accentuer l’effet donné à la balle.

A la différence d’une organisation pour faire du draw ou du fade, vous n’avez pas à modifier votre position à l’adresse, pas plus que vous n’avez à modifier votre geste.

C’est seulement la face du club qui décide de la fin de la trajectoire de la balle, cette phase comprise entre le point le plus haut de la balle dans les airs, et le point de chute.

Bien évidemment, une autre stratégie aurait pu consister à taper des balles sur la cible, à droite ou à gauche du green…

La différence entre les deux façons de faire réside dans la simplicité, et surtout la marge d’erreur.

Lors d’une précédente interview avec Tom Ayling, actuel cadet d’Alexander Levy, ce dernier m’avait expliqué qu’avec le pro, au moment d’attaquer un green, la question qui se posait toujours était « Où vaut-il mieux rater ? ».

A savoir, même les pros d’aujourd’hui réfléchissent à la marge d’erreur s’agissant d’une cible parfois à plus de 130 mètres.

Appliqué à des amateurs, c’est parfois le raisonnement autour de cette fameuse marge d’erreur qui nous fait le plus souvent défaut.

Où se trouve l’obstacle le plus dangereux ? Est-ce le bunker à gauche ou le plan d’eau à droite ?

En visant le centre du green, vous n’êtes pas certain de résoudre cette question à 100%. Un imprévu peut toujours arriver, mais vous diminuez une part du risque. C’est aussi ce qu’on appelle le « golf pourcentage ». Pour scorer plus bas, je me donne le plus de chances de jouer mes meilleurs coups.

Illustration de l’approche Nicklaus

Concrètement, pour vous illustrer la technique de Nicklaus exprimée par Richard Hurvitz, deux tentatives de ma part pour travailler la balle en conséquence, soit une gauche, et une à droite.

Pour le premier shot, le début de la trajectoire de ma balle est clairement en ligne avec le centre du green, mais parce que j’ai, dès ma position d’adresse, légèrement fermée la face de mon club, en fin de course, la balle commence à tomber sur la gauche.

Ci-dessus, je vous ai entouré les deux données intéressantes sur ce swing.

Le chemin de club est orienté 9,1% à droite. La face du club est à l’impact orientée à gauche de 0,9 degrés. Cette légère distorsion suffit à ramener la balle à gauche de la cible.

Il se trouve que naturellement, mon chemin de club est très orienté à droite.

Sur le deuxième écran, n’étant pas professionnel,j'ai eu plus de mal à aller contre mon profil naturel.

J’ai tout simplement plus de difficulté à créer la courbe inverse. C'est peut-être la seule limite de cette tactique héritée de Nicklaus que j'ai voulu illustrer avec ce deuxième exemple.

Malgré tout, même si ma balle part à droite de ma cible, elle finit par légèrement tombée à droite de ma propre trajectoire. L'effet fonctionne...

A l’inverse, l’angle de ma face de club est ouvert à 5,8 degrés au moment de l’impact alors que le chemin de club est orienté à seulement 5,4 degrés. C’est ce léger écart de 0,4 degrés qui contribue à favoriser une trajectoire droite-droite.

J’aurai aimé vous présenter un exemple où le chemin de club est à 0 avec une face à 5 degrés. L’illustration aurait été encore plus parlante.

Il se trouve qu’un golfeur comme Martin Kaymer, plusieurs fois vainqueurs en majeur, est un golfeur qui joue dans un profil naturel en fade.

Quand il a voulu travailler pour devenir un joueur de draw, en vue de remporter le Masters, il a tout bonnement perdu son swing. C’est difficile d’aller contre son profil naturel.

Toutefois, l’approche de Nicklaus qui m’a été rapportée par Richard présente un grand intérêt au risque de me répéter.

Vous ne changez rien d’autre que la position de la face derrière la balle ! Pas de jeu avec les pieds ! Pas de manipulation du plan de swing ! Pas de tentative pour altérer le release !

Dès ma prochaine partie sur le parcours, promis, j’essaierai l’approche de Nicklaus.

Vous aurez peut-être l’occasion avant moi…

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