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Roughs difficiles sur le parcours: Comment lire et bien sortir?

Roughs difficiles sur le parcours: Comment lire et bien sortir?

Le rough fait sans doute bien plus parti de la vie du golfeur ou de la golfeuse qu’il ou elle ne le souhaiterait. Bien sûr, les pros y vont de temps en temps, et s’en sortent plutôt bien. En revanche, pour les amateurs, c’est une autre histoire, déjà qu’il faut arriver à retrouver la balle. C’est une autre histoire, car il y a une étape qui est parfaitement maîtrisée par le pro, et assez souvent ignorée par l’amateur : l’analyse du lie, de la position de la balle, et de la hauteur de l’herbe pour déterminer le coup à jouer.

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Avec ce nouveau sujet, Michel Delbos, consultant pour JeudeGolf.org et fondateur de la GolfTraining School du Golf du Beaujolais vous présente trois grands cas de figures, et trois organisations adaptées.

Avant cela, nous avons voulu décrire différentes situations dans le rough, et vous quantifier l’écart de performance entre une balle sur le fairway, et une balle avec la même distance à parcourir, mais cette fois dans le rough

Pourquoi le rough est un problème sur le parcours ?

Par définition, le rough est la partie la plus extérieure du fairway. Ce qui le distingue, c’est le fait que l’herbe n’est pas coupée, et le terrain préparé, dirons-nous optimisé pour taper des coups de golf.

Sans être la jungle, pour beaucoup d’amateurs, se trouver dans le rough est souvent synonyme d’un coup de perdu, et même parfois plus.

Deux raisons à cela, l’herbe plus haute va le plus souvent s’intercaler entre la face du club et la balle. Au passage, elle freine l’accélération du club, s’entremêlant avec le shaft et la tête, mais elle altère aussi le fonctionnement des rainures sur la face, et la capacité à donner du spin.

Résultat, non seulement, le rough enlève de la distance, mais aussi du contrôle de trajectoire et de profondeur.

Illustrons ce fait précisément avec les données des joueurs professionnels sur le PGA Tour, qui bien que plus affûtés que les amateurs subissent le même problème.

En 2016, et sur une vingtaine de parties de 18 trous déjà disputés depuis le début de saison, le joueur le plus précis à 100 - 125 yards, soit 90-110 mètres, et depuis le fairway, n’est autre que l’anglais Paul Casey qui arrive à 3,2 mètres du trou en moyenne.

Il devance Luke Donald, et Adam Scott de quelques centimètres.

Retenons que les meilleurs arrivent à 3,2 mètres depuis le fairway quand le centième meilleur joueur arrive à 5.8 mètres.

Vous en conviendrez sans doute ! C’est un écart très relatif mais terriblement déterminant quand il faut jouer sous le par.

Prenons maintenant la même distance (100 à 125 yards ou 90 à 110 mètres), mais cette fois depuis le rough !

Cette fois, le centième meilleur joueur du PGA Tour est plutôt 8.5 mètres du trou !

Soit une perte de précision de 46% pour la même distance.

Ceci étant dit, les professionnels n’ont pas tout à fait le même problème que les amateurs.

Alors que nous allons perdre de la distance brute depuis le rough par rapport au fairway, et être dans 80 à 90% des cas, plus courts par rapport à notre cible, les pros savent mieux gérer la problématique de la distance.

En revanche, comme nous, le fait de taper une balle depuis le rough a forcément une incidence sur le taux de spin donné à la balle, et c’est ce qui explique pourquoi le centième joueur sur le PGA Tour perd au moins 3 mètres par rapport à la cible.

Le problème de la perte de contrôle du spin venant de l’herbe se glissant entre la balle et les rainures de la face ou simplement en freinant la pénétration de la tête jusqu’au contact.

Alors quelles sont les questions fondamentales à se poser une fois dans le rough ?

Il faut lire la position de la balle selon trois paramètres :

  1. Dans quelle direction pousse l’herbe ?
  2. Quelle est sa hauteur ?
  3. Et plus important, est-ce que l’herbe est mouillée ou sèche ?

Prenons le cas de figure d’un rough sec et clairsemé

Dans ce cas, et quand il s’agit de touffes ou même d’herbes jaunies, la balle a toutes les chances de fuser, et encore plus si l’herbe est couchée en direction de la cible.

Il est alors recommandé de prendre un club plus court que d’habitude.

Pour un pro comme Padraig Harrington, il peut lui arriver de taper son fer 8, 60 mètres plus loin dans cette configuration.

Prenons le cas de figure d’un rough mouillé et touffu

Soit le cas exact inverse du premier, et en fait, le cas le plus compliqué !

Le club risque d’accrocher, et de se retourner. Il est aisé d’imaginer comment l’herbe va venir s’intercaler entre la face du club et la balle.

Dans cette situation, il est quasiment impossible de toucher la balle proprement, et même dans le centre du sweet spot.

Déjà, c’est une première raison de perte de distance !

Ensuite, la tentation est grande de « cogner » pour se sortir de là.

Sauf que si le club se retourne à l’impact avec le sol, il partira à gauche avec un effet négatif sur la trajectoire désirée.

Au contraire, dans cette situation, il est recommandé de légèrement faiblir son grip, pour empêcher la face de se fermer, tout en comptant sur l’énergie déployée pendant le swing, pour la remettre dans l’axe.

Prenons le cas d’une balle enfoncée dans le rough et alors que l’herbe pousse dans la direction inverse de votre cible

Dans le premier cas de figure, nous avons vu qu’une balle qui pousse dans votre sens, va favoriser une balle fusante.

Ici, c’est inverse, et au contraire, la balle a des chances de sauter à droite à l’impact, et ce sous l’effet de la face qui va être ralentie et ouverte par l’herbe.

Roughs difficiles sur le parcours: Comment lire et bien sortir?

Comme dans le cas précédent, inutile de penser que vous pourrez toucher la balle proprement.

Il faudra donner plus de puissance, car la balle risque de sortir lentement.

Pour ainsi dire, c’est un peu comme une sortie de bunker, sauf que dans ce cas, vous essayez de contacter la balle directement.

Pour la suite de ce sujet, nous confions la plume à Michel Delbos, qui en plus, vous illustre son propos au travers d’une vidéo spécialement réalisée pour l’occasion.

Les variantes d’organisations qui correspondent à des situations différentes dans le rough

Je vais vous présenter trois situations distinctes :

  • Balle enfoncée
  • Balle en suspension
  • Balle enfoncée et loin du green

Pour chacune de ces trois situations, il convient d’adopter trois organisations radicalement différentes.

J’en conviens pour un amateur, c’est une cause de troubles ou d’hésitations, car il ne faut pas seulement mémoriser un swing, mais adapter un swing à chaque situation.

C’est aussi dans ce domaine que les meilleurs golfeurs font la différence.

Pour la première situation, quand la balle est enfoncée dans le rough, il convient de respecter trois choses :

En premier lieu, je dois me placer par rapport à la balle (set-up). La balle devra être plutôt positionnée en face ou proche de mon pied arrière afin de favoriser un contact plus rapide de la tête de club avec la balle ou plutôt un contact plus vertical.

Deuxièmement, il convient de placer la tête de club, et en particulier la face. Celle-ci doit être ouverte (pointer vers le ciel).

Troisièmement, le poids du corps doit être légèrement porté sur l’avant, toujours dans le but de favoriser un angle d’attaque de la balle plus vertical. Soit 65% du poids du corps porté sur la jambe avant.

Pourquoi l’angle d’attaque doit être plus vertical ? C’est justement ce paramètre qui va permettre en l’accentuant de créer les conditions de lancement de la balle depuis une position enfoncée dans le rough.

A l’inverse, avec un angle d’attaque conventionnel ou plus flat, le club va être beaucoup trop freiné avant l’impact avec la balle. Dans ce cas, vous risquez même de ne pas sortir la balle sur plus de quelques mètres ou en tout cas, de ne pas parcourir la distance désirée.

C’est le principal problème posé par la balle enfoncée, et qui demande cette organisation particulière pour rechercher un contact club/balle plus rapide ou plus direct.

Deuxième cas de figure, la balle en « suspension » qui nécessite une toute autre organisation.

Dans ce cas de figure, le poids du corps est à 50/50% sur les appuis, et la balle est toujours plutôt pied arrière.

La face de club est beaucoup plus square derrière la balle.

Enfin, à travers cette mise en place, votre angle d’attaque va être beaucoup plus flat, et moins direct.

Troisième cas de figure, la balle est de nouveau enfoncée, mais le green est à 25/30 mètres. Vous avez besoin de sortir, et de faire rouler la balle plus longtemps.

Comme pour la première situation, vous allez porter le poids du corps plutôt sur la jambe avant.

Les mains doivent se positionner devant la balle, et cette dernière plutôt pied arrière, toujours pour favoriser un angle d’attaque plus vertical.

La grande différence avec la première situation, c’est que vous n’allez pas ouvrir la face de club.

Ce faisant, la balle va énormément rouler après le rebond.

J’espère qu’avec ces conseils, et la vidéo, le rough n’aura plus de secret pour vous, et que vous avez perçu l’importance de l’analyse avant l’action.


Bon golf,

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