Posté par le dans Mieux jouer au golf - Nos conseils techniques

Golfer dans son jardin (Kit de pratique d’un golfeur confiné #2)

Malgré le beau temps, le confinement continu. Le travail physique est désormais lancé comme une promesse de jours meilleurs. Désormais, il faut trouver des solutions pour continuer à développer ses habiletés. Heureux bénéficiaire d’un espace vert devant chez moi, me voilà lancé dans le développement de mon petit jeu. Thème du jour : Les approches levées courtes. L’occasion de découvrir les recommandations de Simon Camirand, Renaud Poupart et Philippe Bonfanti. Le récit de mes expérimentations de golfeur confiné… par Yannick Baduel.

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Voilà déjà 2 jours que j’ai attaqué le programme physique de Benjamin AÑORGA - tel que décrit dans la première partie de ce dossier en plusieurs parties - autant dire que même si je m’entraîne et pratique régulièrement, cela faisait un moment que je n’avais pas eu l’occasion de mobiliser mes muscles de manière spécifique.

Un réveil musculaire qui ne devrait que faciliter l’atteinte des objectifs, dès que le confinement sera levé, en plus d’amener un peu d’énergie pendant ces jours de confinements...

Mettre son corps en mouvement, c’est aussi faire du bien au cerveau, et améliorer la qualité du sommeil.

Premier jour : Focus sur le travail technique “dans le jardin”.

On a vu fleurir de nombreuses images de golfeurs ayant réaménagé leur jardin en zones d’approches.

Chaque situation personnelle présente son lot d’opportunités, la partie commune d’une résidence, un bout de terrasse ou de jardin...

L’objectif est d’imaginer des situations de jeux, afin de continuer à développer ses habiletés.

En effet, certains professionnels considèrent que si vous arrêtez de vous entraîner pendant 45 jours, il vous faudra tout autant de temps pour retrouver votre niveau de jeu initial, avant cette pause forcée.

De quoi se motiver pour ne pas perdre le bénéfice du travail hivernal réalisé en plein froid, et dans des conditions de jeu difficiles… cela serait rageant.

Confiné dans la maison de campagne de mes beaux-parents, j’ai la chance d’avoir une zone de “petit rough” pour travailler le contact de balle, avec pour cible le boulodrome familial.

Le boulodrome mesure 12 mètres de long, et la zone de rough est à 7 mètres de celui-ci.  

J’ai établi la situation de jeu suivante :

20 balles à jouer.

Un “drapeau” défini par une boule de pétanque.

Une zone cible définie par 2 séries de boules de pétanque, une première ligne 2 mètres avant le “drapeau”, une deuxième ligne 2 mètres après.

L’entrée de la zone cible se situe à 3 mètres du début du boulodrome, soit 10 mètres de la zone de jeu.

La situation est finalement beaucoup plus dure que je ne l’avais imaginé au début.

Le “green” est extrêmement ferme et roulant, une balle lobée dans la zone cible à tendance à trop rouler, et il n’est pas possible de faire une approche roulée, à cause de la poutre qui définit l’entrée de la zone.

La solution idéale : une balle basse avec autant de spin que possible, ou une balle lobée mais courte, dans les deux cas, ce n’est pas simple vu la distance.

Le problème majeur vient essentiellement de ma technique en elle-même.

Avoir un contact régulier est le premier point clé : Bien entendu, il faut éviter les tops, éviter les grattes... Mais surtout arriver avec une ouverture de face et plus largement de dynamique loft homogène.

A cette distance, les variations se font très vite ressentir, une face trop fermée et votre balle va trop loin, une face trop ouverte et vous restez courts.

Le deuxième point clé est d’avoir un rythme, une vitesse d'exécution et donc une amplitude constante ou tout du moins plus ou moins cohérente avec l’objectif.

Pour résumer : Développer une exécution juste et adaptée à la situation de jeu.

Ma première série m’a donné un résultat de 7 balles sur 20 dans la zone cible.

Les deuxièmes et troisièmes séries m’ont donné l’occasion d’expérimenter les variables et erreurs qui peuvent y être associées… balle en avant, au milieu ou en arrière du stance ? face plus ou moins ouverte à l’adresse ?

Mais aussi de mieux percevoir ou redécouvrir des principes à priori importants : Qualité de la traversée (ne pas s’arrêter à l’impact), hauteur de l’arc de swing, Lean shaft du club (le grip doit être en avant de la tête du club pour ne pas toper la balle).

La quatrième série a été significativement meilleure avec un score de 12 sur 20.

Au-delà de toute considération technique, mon sentiment est que l’amélioration est liée à une vitesse d'exécution plus “posée”, plus “flow”.

Mon point de chute cible n’est finalement qu’entre 7 et 10 mètres. Pourquoi aller vite quand on a peu de chemin à parcourir ?

Calmer le jeu m’a permis de mieux maîtriser mon exécution, d’avoir moins de variations dans la qualité de mon exécution.

Pas encore satisfait du résultat, et ne pouvant aller prendre un cours, je me décide à plonger dans l’univers des cours vidéo en ligne tels que Youtube en offre tant…

Que pouvons-nous y apprendre sur la technique de l’approche courte (chipping)?

Pour essayer de trouver des solutions, je me suis appuyé sur les vidéos de trois enseignants :

Simon Camirand

Renaud Poupart

Philippe Bonfanti

Préliminaire : Renaud Poupart dans une de ses vidéos - bien que plus destinée aux approches roulées - nous rappelle l’importance de la ligne d’épaule.

L’arc du swing suit la ligne d’épaule.

La première faute à éviter est donc d’avoir une épaule droite plus basse que la gauche.

C’est pour cela que la plupart des enseignants vous invitent souvent à mettre plus de poids sur la jambe avant (55 à 60%).

Cela vous garantit d’avoir une ligne d’épaule neutre à descendante vers la balle.

A partir de là, plusieurs organisations devant la balle diffèrent selon la technique proposée

Simon Camirand nous fait donc une première proposition pour une technique qui se veut plus simple, et pour débuter ce type de coup.

Il s’agit de se rapprocher significativement de la balle, afin de verticaliser le shaft.

Ce faisant, vous aller « verticaliser » le plan. Le chemin du club sera ainsi beaucoup plus linéaire.

Pour l’enseignant, cela va permettre de gommer les erreurs, et risques possibles liés aux swings en arc que l’on peut avoir lors d’une organisation traditionnelle.

En conséquence, le club est pris dans le bas du grip, ce qui va de soit, si l’on veut pouvoir garder les épaules relâchées.

En se rapprochant de l’endroit où repose la tête du club, vous rapprochez naturellement vos mains de la tête du club.

L’objectif est de faire une balle qui s’arrête rapidement.

Pour cela, il nous suggère d’ouvrir la tête du club avec les stries qui regardent vers le ciel.

En voulant garder la face orientée vers la cible, cela va faire reculer le shaft vers l’arrière. Pour se réorganiser autour du club, vous allez devoir vous aligner vers la gauche de la cible.

Le stance est plutôt étroit, et il nous incite à mettre la balle au centre du stance.

Il suffit ensuite de swinguer, le pro insiste pour ne pas mettre les poignets en action, pour maintenir au mieux l’organisation de la face dans la traversée.

Philippe Bonfanti nous propose une deuxième solution, avec une approche très différente pour réaliser des approches courtes.

Pour sa part, il insiste sur le fait de ne pas chercher à faire de divot.

Pour cela, il nous propose de faire travailler le bounce du club : C’est à dire que le club doit arriver ouvert à l’impact, et glisser sur le sol, et non attaquer la balle avec l'arête de la face du club (ce qui provoquerait un divot).

L’objectif est notamment d’avoir plus de marges d’erreur que si le joueur venait attaquer le sol avec l’arête du club (risque de grattes).

Pour démontrer que cette technique peut même se faire sur un sol très ras, il fait une démonstration sur un green... L’arc du swing est donc très tangentiel, il nous fait d’ailleurs remarquer que dans ce cas, le bounce du club va toucher le sol avant la balle, et longer le sol pendant 10-15 centimètres.

Pour réaliser une approche levée, il nous propose de positionner la balle dans l’avant du stance, plutôt à l’intérieur du talon gauche, sans jamais dépasser la hauteur de l’épaule gauche.

Proposant également d’ouvrir la face du club, pour que la balle puisse mieux monter, il va corriger le problème d’orientation de la face que cela génère, en baissant le club vers le sol. La face va se redresser, et pointer vers la cible.

Contrairement à Simon Camirand, il n’ouvre pas son stance. Les pieds, les hanches et les épaules sont parallèles à la ligne de jeu.

Pour accompagner le fait de baisser la position des poignets, il nous propose encore de nous éloigner un peu de la balle, et d’avoir une largeur de stance, entre largeur des hanches et largeur des épaules.

Cela va rendre la position à l’adresse plus confortable, et va aplatir l’arc de swing.

Les pointes de pieds sont légèrement ouvertes (canard).

Dans sa vidéo, il illustre également la variation des hauteurs de trajectoires par des intentions différentes, dans la largeur de sortie de l’arc de swing, et en particulier, autour de la position de sortie des mains.

Pour une balle basse : Un arc de swing ample avec très peu d’actions des mains, les bras sont tendus et les mains sont loin du corps, à hauteur du milieu du buste.

A l’inverse, pour une balle haute, les mains restent près du corps, et demeurent basses (haut de la cuisse), les bras sont plus fléchis, et la tête du club dépasse très rapidement les poignets.

 

Au niveau de la rotation du corps, il insiste pour un rotation d’un bloc - voir les mains en avance sur les hanches - mais surtout de bien finir le mouvement pour se trouver face à la cible.

Il appuie sur la nécessité d’expérimenter, pour trouver la combinaison qui vous convient le mieux, et selon les trajectoires recherchées : Club plus ou moins couché / redressé, balle plus ou moins à droite / gauche dans le stance, arc de swing en sortie plus ou moins ample, plus ou moins haut / bas.

A mi-chemin entre les 2 enseignants précédents, Renaud Poupart propose une troisième approche plus classique, pour réaliser ce qu’il appelle un minilob, une organisation qui semble plus souvent pratiquée sur les parcours, avec :

Une face ouverte, point commun entre les 3 propositions

Un stance de la largeur des hanches

Un stance ouvert pour compenser l’organisation de la face du club (idem Camirand)

Un club qui repose naturellement : organisation standard du shaft - ni baissé, ni redressé

Une balle à droite du milieu du stance

Un swing le long du stance pour couper d’autant plus la balle et limiter la roule

Des bras qui restent près du corps pendant le mouvement.

Afin d’éviter des erreurs de contacts ou une prise de risque trop grande, il propose de swinguer en ayant l’image d’un grand putt, le club va ainsi longer le sol.

C’est une manière d’imager la construction d’un swing plus plat, pour favoriser une face qui glisse le long du sol.

En ce sens-là, le club fonctionne plus sur le bounce, et comme Bonfanti peut le proposer.

Retour dans le jardin…

J’ai expérimenté tour à tour les trois approches, et autant dire que le résultat était proche du catastrophique

Le bénéfice usuel de la nouveauté : Faire pire pour faire mieux ?

La méthode de Simon Camirand ne m’a pas convenu du tout

Le geste très linéaire apporte une mécanique qui ne me permet pas de m’engager vers la cible.

De plus, je n’ai jamais réussi à trouver une qualité de contact satisfaisante.

Mon hypothèse est que la surface du club en relation avec le sol étant plus réduite, je ne ressens plus le sol et je perds mes repères.

Le discours reste séduisant, aussi peut être qu’il me faudrait insister, pour trouver de la satisfaction dans cette technique ?

Le fait d’avoir les mains basses sur le club m’a donné le sentiment d’un meilleur contrôle du club dans l’espace, et permis un dosage plus cohérent avec la distance à parcourir.

L’approche de Philippe Bonfanti n’a pas été non plus un grand succès à son démarrage

J’ai eu du mal à m’installer devant la balle, cela ne m'était pas naturel de m’éloigner de la balle pour baisser mes mains.

De plus, la sortie avec un arc de swing court avait tendance à me faire relever trop vite ou à toper la balle.

Il m’a fallu également un peu de temps, pour trouver la promesse de tolérance, et dans le fait de faire travailler le bounce, plus que l’arête du club.

La proposition de rester aligné à la cible (et une fois le côté “bizarre” de voir la face ouverte) m’a donné le sentiment que l’aire de dispersion de mes coups était meilleure.

L’approche de Renaud Poupart, m’a donné au démarrage un sentiment plus familier, et par une organisation devant la balle plus proche des enseignements que j’avais déjà pu recevoir

Cependant, j’ai noté que le fait d’être ouvert à la cible me posait un problème de relation face du club / chemin, notamment le fait de swinguer vers la gauche de la cible pour aller à la cible ne me paraissait pas logique au premier abord.

L’idée d’un grand putt était positive pour la maîtrise du tempo et de l’énergie à mettre dans le coup.

Aucune de ces méthodes ne m’a donc donné un sentiment magique à l’essai.

Sentant bien que chacune de ces approches pouvait néanmoins venir enrichir mon swing, j’ai essayé de rentrer dans une logique d’expérimentation, comme d'ailleurs proposé par Bonfanti à la fin de sa vidéo.

Considérer les variables, et les combiner pour trouver un chemin qui me convienne

Une première série m’a permis de construire une combinaison qui m’a donné satisfaction

Un stance d’une largeur médiane entre épaules et hanches - pour être un peu plus bas sur les appuis

Une balle à l’intérieur du pied gauche

Une face ouverte

Un club grippé un peu plus bas (mais pas complètement)

Un stance aligné vers la cible

Un club “bas” pour équilibrer face ouverte et alignement à la cible

Une amplitude dans l’axe de la cible, type “grand putt”

L’idée d’une traversée le long du sol

Un arc de swing en sortie court avec des mains qui restent basses

Un rotation du corps en bloc vers la cible

Ce “mix” est finalement assez proche de l’enseignement de Philippe Bonfanti, avec deux modulations : Un club grippé court, un montée “grand putt”.

Le plus dur a été de réussir à rester bas sur les appuis tout au long de la traversée et jusqu’au finish, avant de s’engager vers la cible, et ce, afin de garantir un bon contact et une bonne traversée.

Une fois ces réglages réalisés, j’ai reproduit une série de 20 balles avec la même mise en place que précédemment.

J’ai réussi à mettre 17 balles sur 20 dans la cible, une progression que j’ai trouvé significative, bien qu’il reste à l’inscrire dans la durée.

Au-delà du résultat, le plus satisfaisant a été de sentir une forme de contrôle dans la réalisation du coup.

Le fait de ne plus (ou moins) avoir peur d’un résultat imprévisible favorise la confiance dans la réalisation du coup, selon moi, et donc en améliore mécaniquement sa réalisation.

Ce que j’ai appris de cette revue des trois méthodes de trois enseignants différents :

Expérimentez les variables, pour trouver le système qui vous amène de la confiance dans votre jeu. 

Sans doute une démarche à explorer sur d’autres secteurs de jeu...

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