Entrainement au chipping pendant le confinement

Julien Guerrier, Gregory Havret, Raphael Jacquelin, quelques-uns des meilleurs golfeurs français sont comme 67 millions de français, confinés à leur domicile, et privés de jouer au golf. Peut-être plus encore que les 417 000 licenciés golf, la passion du jeu les démange suffisamment pour qu’ils improvisent des situations de jeux depuis n’importe quel lieu dans ou autour de leur maison, jardin, piscine ou salle de bain. Pendant cette période de confinement forcée, j’ai justement testé un exercice de chipping en indoor pour tenter de progresser.

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Progresser dans le petit-jeu pendant le confinement

Comme sans doute beaucoup de golfeurs, j’ai quelques accessoires qui permettent de s’entraîner au golf en indoor, et plus pour travailler en hiver. Jamais je n’imaginais devoir trouver des entraînements palliatifs pour cause de confinement.

Dans le domaine du putting, il y a le traditionnel tapis de putting. Pour le long jeu, c’est particulièrement compliqué de faire du driving dans le salon ou dans le jardin.

Les jeux de golf sur console sont rarement satisfaisants.

Finalement, les situations de petit-jeu, et en particulier le chipping, sont les plus propices pour conserver un minimum de sensations avec le club de golf, et en particulier, les wedges.

Si les professionnels consacrent une bonne partie de leur temps à s’entraîner à moins de 15 mètres du green, pour nous les amateurs, il faut avouer que c’est plus rare.

Le confinement est donc une bonne occasion de tenter de devenir un champion des petits coups, avec ou sans matériel, avec ou sans jardin, et à condition de faire un minimum attention au mobilier.

Pour commencer, je voudrais vous dissuader de commander sur Internet le fameux filet qui apparaît comme par enchantement sur toutes nos pages de réseaux sociaux depuis quelques jours.

Le filet d’entraînement vendu, un peu à tous les prix, entre 65 et 100 euros est une véritable m… que j’avais d’ailleurs acheté bien avant d’équiper le studio de JeudeGolf avec du matériel professionnel.

Pénible à monter, j’en avais détruit deux avant de comprendre que ce n’était pas un produit sérieux pour taper des coups de golf, à plus de 90 mph.

Il existe aussi des cages parfois vendues entre 400 et 600 euros. Je n’ai jamais testé, mais je suis tout autant dubitatif.

La problématique numéro un, ce n’est pas la structure, mais la qualité du filet pour arrêter des balles qui sur moins de 5 mètres peuvent atteindre 150 mph (au drive).

Pour vous donner un ordre d’idée, au moment d’équiper le studio JeudeGolf.org avec une toile spéciale (achetée autour de 800 euros), nous avions aussi compléter le dispositif d’un filet spécial, lui aussi autour de 800 euros.

Pour réaliser un espace de frappe sécurisé et qui arrête réellement les balles de golf, toile et filet doivent être utilisés en combinaison. Le budget, bien négocié, c’est minimum 1600 euros.

C’est pourquoi, je voudrais vous inviter à la prudence concernant des filets vendus 65 ou même 400 euros, sauf si comme Raphael Jacquelin, c’est pour faire swinguer votre fils ou votre fille de moins de 16 ans.

En revanche, pour moins de 30 euros, vous pourrez trouver sur Amazon, tant qu’ils livrent, des filets d’entraînements dédiés au chipping qui valent le coût.

Pour ma part, j’ai depuis quelques années un filet triple fonction qui n’a jamais donné de signes de fatigues ou d’usures précoces.

Trois faces pour justement trois exercices que j’ai testé ou redécouvert pendant le confinement.

La première face correspond à une cible avec des zones de précisions : Large, moyenne et petite.

On va passer très rapidement cette première possibilité d’entrainement, car elle présente un grand désavantage : Les balles rebondissent sur la toile, et cela ne me paraît pas le meilleur conseil, en intérieur, dans un salon, ou dans une pièce avec du mobilier sensible.

En revanche, les deux autres faces sont tout aussi ludiques, et utiles.

Classique, vous avez une face en filet avec une poche au milieu qui doit peut-être mesurée 10 centimètres de large, et 10 centimètres de haut.

L’idée, c’est de viser la poche, en sachant que la zone de ratée est le filet plus large, ce qui permet de limiter les risques pour le reste de la pièce.

Plus difficile, la deuxième face comporte 3 petites poches de haut en bas pour travailler différentes hauteurs de trajectoires. J’y viendrai après.

Pour cet entraînement, vous pouvez soit jouer en indoor, et selon la distance dont vous disposez dans une pièce.

Pour ma part, j’ai fait le test dans le studio et sur une longueur de 7 mètres. 

La distance fait la difficulté. Faire varier la distance entre 3 et 7 mètres est un premier thème d’exercices.

Vous prenez 10 balles, et vous essayez de les faire rentrer dans le plus petit des filets, de la face dite classique, de ce filet à 3 faces.

La distance est donc un premier paramètre à faire varier pour diversifier l’exercice.

L’autre variante peut venir des clubs utilisés. Je vais supposer que pendant cette période de confinement, vous avez accès à votre sac de golf.

Pour cet exercice, vous pouvez utiliser du pitch au 60 degrés. En fait, à vous de vous tester avec les clubs de votre choix.

Pour ma part, je me suis amusé/entraîné pendant 2 heures à 7 mètres, en changeant seulement les clubs (pitch, 50, 52, 54, 56, 58 et 60) … comme vous vous en douterez peut-être, j’en ai profité pour brancher le Trackman, et faire des observations sur les trajectoires pour chaque club…

Comme rentrer un long putt, quand vous parvenez à faire tomber une balle dans le plus petit filet central, votre objectif, vous éprouvez le même moment fugace de plaisir.

L’exercice n’est pas si facile, et c’est pour cela que les pros cités plus haut se donnent à cœur joie de faire des tricks shots compliqués, pour essayer de rentrer la balle dans une cible compliquée.

Au-delà de nous maintenir en éveil technique, de nous occuper, de nous procurer du plaisir ou de penser à autre chose, ces exercices vont être très bénéfiques pour notre petit-jeu, une fois que nous aurons la chance de retrouver les parcours.

Il y a une troisième variante que j’ai voulu intégrer à mon jeu : Le sol ou plutôt le lie. Dans le studio, j’avais conservé une chute de gazon synthétique censé reproduire le rough.

Pour cet exercice, je l’ai majoritairement utilisé pour m’entraîner avec une balle relativement portée.

Vous noterez que c’est le cas de l’entraînement de Julien Guerrier, puisqu’il est dans son jardin. Je précise que cet exercice se réalise aussi très bien dans un jardin. La seule chose, c’est qu’il ne faut pas oublier que vous pouvez être susceptible de faire des divots, et donc d’arracher du gazon.

C’est à vous de voir en fonction de l’état de votre jardin, et de ce que vous en attendez.

Dans de l’herbe à vache haute, je voudrais aussi vous sensibiliser aux coups topés et des balles qui partent hors de contrôle. On doit avant tout penser à la sécurité des personnes autour de nous. Une balle de golf, même sur un chip à 10 mètres part potentiellement à une vitesse de 20 mph (32kmh).

En indoor, si vous n’avez pas un petit tapis de gazon synthétique (on pouvait en trouver chez Castorama ou encore sur Amazon), vous pouvez réaliser l’exercice directement sur la moquette (attention au frottement du club sur des moquettes sensibles).

Pour ma part, j’ai ajouté une variante à mon exercice en allant d’abord sur le petit carré de gazon synthétique, puis directement sur la moquette.

Sur la moquette, cela demande plus de précision pour bien amener le club sous la balle. Je considère que c’est un lie plus difficile.

J’en viens au point clé technique que j’ai relevé en réalisant ces exercices

Au-delà du bénéfice du jeu, qui consiste à faire rentrer une balle dans un filet, il y a au moins 3 paramètres techniques clés à maîtriser :

La régularité de la vitesse de swing pour maximiser la précision de la distance.

Le chemin de club

Et le contrôle de la face dans la zone d’impact, ces deux éléments pour contrôler la précision latérale.

L’exercice du filet implique bien deux objectifs : La distance et la dispersion.

A ces trois paramètres, j’ajoute la hauteur de trajectoire, et justement en faisant varier le choix de clubs (lofts).

A 7 mètres, paradoxalement, c’est plus facile de rentrer la balle directement dans le filet avec un wedge 52 degrés et sur une trajectoire plus tendue, par rapport à un wedge 60 degrés, avec une trajectoire légèrement plus lobée.

Tiens, cela me permet d’induire encore une variante dans l’exercice. Avec le 60 degrés, vous pouvez essayer de rentrer la balle directement dans le filet, ou après rebond !

Bref, cet exercice nous demande donc 3 compétences : La régularité de la vitesse de swing, le contrôle du chemin de club, et le contrôle de la face.

Pour le premier, il faut se focaliser sur deux choses : L’amplitude du mouvement le plus constant possible, et son rythme.

Le fait de répéter le même coup à plusieurs reprises permet justement de caler sa vitesse.

Sur 56 balles, ma vitesse de swing a commencé à être naturellement un peu trop rapide, soit 20 à 21 mph pour une distance au carry à 6/7 mètres.

Au bout d’une trentaine de shots, elle n’était plus que de 16 à 17 mph, amplement suffisante.

Sur les 20 dernières balles, ma vitesse oscillait très peu. C’est le premier bénéfice de cet exercice quand on garde la cible à la même distance.

Parce que j’ai utilisé le Trackman, et la fonction caméra intégré (je vous suggère de vous filmer de derrière avec votre iPhone), j’ai constaté que je déplaçais mon club avec un take-away très/trop intérieur.

Je vous donne une petite astuce. Pour un coup tapé à moins de 10 mètres, plus le déplacement du chemin de club est en ligne avec la cible, moins vous aurez besoin de manipuler la face pour ramener la balle vers la cible.

Pour ce faire, alors que mon take-away est court, je place une bouteille d’eau de 2 litres à 1,5 mètres derrière ma balle, en ligne avec ma cible. Mon club doit se déplacer vers cette bouteille d’eau, ce qui a pour mérite d’éviter que je déplace le club trop à l’intérieur ou trop à l’extérieur de ma ligne de jeu.

On ne se voit pas jouer. Sans la vidéo au ralenti, je n’aurai pas vu que je déplaçais le club trop à l’intérieur.

Une fois le chemin calé, j’ai swingué en moyenne sur un chemin de club de 0 degré !

Il ne me restait plus qu’à penser au dernier élément déterminant pour rentrer mes balles dans le filet : la face de club.

Naturellement, ma faute la plus fréquente consiste à fermer la face de club à l’impact car je veux trop jouer avec les mains, et surtout quand mon chemin de club est trop intérieur.

Quand le chemin est calé avec le repère de la bouteille, je n’ai plus qu’à faire attention de ne pas trop vite faire passer la main droite par-dessus la main gauche à l’impact.

Je chercher à garder ma face de club ouverte vers le ciel pour que la face reste plutôt ouverte.

Sur un chemin neutre, ma face de club est en moyenne ouverte de 1.5 degrés. A 7 mètres, pour un chemin de club neutre, une face 1.5 degrés ouverte donne un écart à la cible de seulement 20 centimètres !

Je vais peut-être manquer le centre du filet, mais admettez que c’est assez proche pour un golfeur amateur, et suffisant pour bien travailler son chipping.

Vitesse, chemin de club et face, avec cet exercice de chipping, vous travaillez trois éléments clés que vous pourrez naturellement retrouver autour d’un vrai green.

Avec cet exercice, c’est l’occasion de devenir très bon à moins de 10 mètres.

Sachant que vous pouvez encore faire varier l’exercice en jouant sur l’ouverture de votre wedge ou en changeant de wedge.

Pour ma part, par manque d’entrainement spécifique sur cette distance, via le système Arccos, je note que sur mes dernières parties jouées sur le parcours, dans 43% des cas, j’étais trop court, dans 29% des cas trop long, dans 28% des cas trop à gauche ou à droite (sur 126 coups mesurés).

C’est clairement un secteur du jeu qui me coûte beaucoup de points (entre 3 et 5 sur 18 en moyenne).

En résumé :

Accessoires : 1 filet + 1 tapis (liens vers Amazon donnés à titre indicatif et non sujet à rémunération de la part d'Amazon).

Un filet placé à 7 mètres (faire varier les distances entre 3 et x distance selon votre place)

Une dizaine de balles de golf sur un tapis pour légèrement porter la balle

Enlever le tapis pour jouer sur un lie moins favorable (Attention à la moquette)

Faire varier les coups en changeant les clubs (du pitch au lob wedge) ou en jouant sur l’ouverture du club.

Chercher à faire rentrer la balle dans le plus petit filet.

Faire tomber la balle directement dans le filet ou après rebond.

Changer la cible pour augmenter la difficulté (tourner le filet vers la partie avec les 3 petits filets)

Placer une bouteille d’eau derrière soi pour vérifier le chemin du club

Se filmer de derrière pour vérifier le déplacement du club.

Comptez les balles qui rentrent dans la cible.

Bénéfices :

Sur plus de 50 balles, je n’ai mis aucune balle à plus de 20 centimètres à droite ou à gauche, et donc pratiquement toujours dans le « gros » filet.

En revanche, j’ai dispersé entre 7 et 12 mètres de profondeur (selon la mesure du trackman). L’enjeu, c’est bien le contrôle de la profondeur par la vitesse de swing (amplitude et rythme).

Au bout d’un certain nombre de balles, j’ai diminué mon amplitude et mon rythme pour améliorer le contrôle de mes distances. C’est le but ultime de cet exercice.

Jouer plus avec le corps, moins avec les bras (cf. article de Xavier Bretin sur le chipping).

En deux heures, j’ai tapé une centaine de balles et obtenu le sentiment d’avoir améliorer mon contrôle.

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