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Comment devenir très précis dans le domaine du petit-jeu ? La solution de Dustin Johnson

Comment devenir très fort dans le domaine du petit-jeu ? La solution de Dustin Johnson

Depuis 2016, l’américain Dustin Johnson a pris une nouvelle dimension. Vainqueur de son premier majeur (US Open), couronné numéro un mondial à l’occasion du Genesis Open 2017, depuis trois ans, DJ fait partie des rares golfeurs à être capable de gagner plusieurs tournois dans la même saison. Connu pour être l’un des plus longs frappeurs du circuit professionnel, ce n’est pourtant pas dans ce domaine où il a fait un bond en avant. Pour l’avoir vu suivi de près sur le parcours, c’est largement autour du green qu’il a pris une nouvelle assurance. Sa méthode pourrait bien inspirer tous les amateurs…

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Dustin Johnson : Une progression qui ne doit rien au hasard, et pas seulement à son driver…

En l’espace de seulement 5 ans, l’américain Dustin Johnson, plus connu pour être un long-frappeur, est passé du rang de bon joueur sur le PGA Tour à force dominante du circuit.

Longtemps considéré comme un espoir des années 2000 (aujourd’hui 34 ans), il aura attendu la trentaine pour s’assagir, se poser dans la vie, et se fixer comme véritable objectif de devenir le meilleur golfeur du monde.

Sans doute inspiré par l’exemple de son illustre beau-père, la star du hockey outre-Atlantique, Wayne Gretsky, Dustin s’est mué en véritable leader du golf américain, tout en restant très « cool » sur le parcours.

Pour y parvenir, il ne s’est pas mis à taper plus fort.

Comme l’illustre ci-dessus ce tableau des moyennes annuelles au drive en yards fournies par le PGA Tour, Dustin Johnson n’a pas connu une progression spectaculaire de sa distance moyenne.

Au contraire, sur 5 ans, elle est restée stable entre 311 et 317 yards par saison.

De même que la précision au drive reste comprise entre 55 et 58% de fairways pris en régulation.

Ce n’est donc pas le point fort « historique » du champion qui explique comment il s’est transformé de joueur régulièrement dans le top-20/ top-30 mondial à numéro 1.

Si en 2018, il paraît un peu « rentré dans le rang », et dépassé par Brooks Koepka ou Justin Rose, Dustin Johnson n’a pas réellement moins bien joué ou sous-performé. Il a simplement fait preuve de moins de constance dans les grands rendez-vous. Il a parfois manqué de réussite, comme par exemple à Akron dans le cadre du championnat du monde Bridgestone où il alterné l’exceptionnel avec le moyen.

On pourrait aussi dire que cette année, il a été contraint de partager l’affiche, car ses rivaux ont été d’un niveau assez fantastique, comme par exemple Justin Thomas, Brooks Koepka ou Justin Rose.

Son secret pour devenir numéro un mondial

C’est dans le domaine du petit-jeu que Dustin Johnson a le plus progressé, et cumulé à son talent avec le driver, il est devenu un joueur à la fois complet et redoutable.

Ci-dessus, les pourcentages de réussites dans le domaine du « scrambling » sur le PGA Tour pour Dustin Johnson. Il s’agit du nombre d’opportunités de sauver le par ou de faire mieux avec une approche et un putt, classé par rapport à la distance au green.

En l’espace de 5 ans, Dustin Johnson a réalisé des progrès spectaculaires, et durables.

Alors qu’en matière de putting, il arrive que les meilleurs joueurs du monde connaissent des hauts et des bas, on peut s’apercevoir du fait que Dustin Johnson a progressé constamment de 59 à 63% pour le nombre d’approches-putts victorieuses.

Il a surtout progressé depuis toutes les distances répertoriées par le PGA Tour.

Par exemple à plus de 27 mètres du green, il est passé de 28 à 35% de PARs sauvés.

En nombre de situations d’approches-putts, avec ce second tableau, on peut constater qu’il doit sauver le par ou mieux dans près de 300 cas par an.

Le PGA Tour a recensé 58 parties de 18 trous joués en 2018 par Dustin Johnson, soit un total de 1044 trous.

Le petit-jeu pèse donc au moins 30% de la performance de l’américain.

Près de la moitié de ses approches-putts ont été à réaliser entre 9 et 18 mètres du green, soit entre 1 à 2 clubs de marge d’erreurs par rapport au choix du club initial pour attaquer le drapeau, sur le coup précédent.

Une zone où justement Dustin Johnson est passé de 61% de réussite en 2014 à 65% en 2018 !

Quatre points de mieux sur ce qui représente 50% de son enjeu le plus fréquent.

Comment a-t-il fait ?

Il est devenu un monstre de réussite avec un wedge en mains.

En plus de bombarder des drives à plus de 300 mètres au carry, il a ajouté une certaine forme de finesse dans son jeu de wedges.

Autant cela va être difficile de vous conseiller de lancer votre tête de driver à plus de 125 mph (201 km/h), autant le travail réalisé par Dustin Johnson pour mieux scorer au petit-jeu est complètement envisageable par un golfeur amateur ou une golfeuse.

Ce n’est pas qu’une question de technique.

Dustin Johnson est connu pour fortement fermer la face au sommet de son swing, un peu comme Lee Trevino avant lui, un autre excellent joueur de wedges.

Pour le célèbre enseignant anglais Martin Hall, ce mouvement peut favoriser une rotation du corps sans trop agir avec les mains.

Un autre célèbre golfeur a peut-être inspiré Dustin Johnson. Il s’agit de l’anglais Nick Faldo qui contrôlait la distance de ses coups de wedges par l’amplitude de sa rotation corporelle.

Il obtenait ainsi une très grande précision des écarts de distances entre chaque coup.

Sur un parcours de golf, être capable de doser avec précision une approche depuis n’importe quelle position peut être un avantage redoutable, surtout pour un golfeur capable de transformer des trous de 450 mètres en petits par-4 !

Pour Martin Hall, Dustin Johnson est justement fantastique pour sa capacité à gérer son corps, et notamment sa vitesse de rotation. « La plupart des golfeurs essaient d’accentuer la rotation, et pour résultats, soit ils en font trop, soit au mauvais moment, et par conséquent, ils ne sont pas correctement ajustés avec le sol. »

Ce n’est donc pas tout à fait le swing de Dustin Johnson qu’il faut chercher à reproduire pour améliorer ses statistiques au petit-jeu.

Ce que ne dit pas Martin Hall, c’est qu’il n’y a pas de magie derrière les progrès de l’américain, qui au contraire, a travaillé toutes ses distances au Trackman.

Etalonner ses coups à toutes les distances à moins de 50 mètres

Schématiquement et simplement, à moins de 50 mètres du green, il a mesuré tous ses clubs, et tous ses mouvements, pour savoir dans n’importe quelle situation, quel club, et quel coup sortir.

Cette approche, très mathématique, et très rigoureuse de son petit-jeu, lui a permis de mémoriser la solution adaptée en face de chaque nouveau problème posé sur le parcours.

Cet exemple milite largement pour vous inciter à prendre au moins une leçon avec un pro-enseignant équipé comme Dustin Johnson d’un radar de mesure, et de lui demander tout simplement de mesurer avec vous, la distance moyenne d’une dizaine de coups avec différents clubs.

Je me suis prêté à l’exercice pour étalonner mon petit-jeu.

Je vous propose la méthode suivante : Vous prenez vos clubs pour jouer des approches depuis un lie normal, et vous testez trois à quatre mouvements différents.

Pour ma part, j’ai utilisé trois mouvements avec les mains sur le bas du grip : un huitième de swing (le club se déplace d’à peine 20 centimètres au backswing… il longe le sol et les poignets ne s’arment pas), un quart de swing (le club est amené parallèle au sol avec un léger armement des poignets), et la balle positionnée derrière le pied droit pour favoriser un coup punché avec un élan d’un huitième de swing. Puis j’ai utilisé un dernier mouvement, le quart de swing avec les mains en haut du grip.

Entre le bas et le haut du grip, vous modifiez l’amplitude du geste, et donc la vitesse de swing.

Entre un huitième ou un quart de swing, vous modifiez aussi l’amplitude et donc la vitesse du swing.

En plaçant la balle en arrière du pied droit, on favorise un type de coup punché où la balle part en avant, tout en tournant dans un sens qui lui donne du spin vers l’avant (topspin), et non pas vers l’arrière (backspin).

C’est un coup qui favorise le roulement de la balle sur le sol.

Choisissez pour vous les mouvements que vous maîtrisez le mieux sur le parcours ou qui sont les plus fréquents.

Personnellement, autour du green, pour maximiser le contrôle de la face à l’impact, j’opte souvent pour les mains tout en bas du grip.

Quelle que soit votre méthode, il est surtout important que vous ne changiez que très peu de paramètres.

Par exemple, je ne joue pas sur la fermeture du loft…

Si vous commencez à intégrer trop d’éléments variables dans votre préparation, cet exercice de mesure de vos distances moyennes à reproduire sur le parcours ne présente aucun intérêt.

L’idée de Dustin Johnson consiste à rendre le coup prévisible.

Pour ma part, j’ai suivi sa méthode d’entraînement avec trois wedges (50, 56 et 60 degrés) et avec quatre autres clubs (Pitch, fer 9, 8, et 7) pour me constituer une grille à mémoriser, ou à emmener sur le parcours, comme un road book.

Ci-dessus, l’exemple d’un tableau qui synthétise en mètres mes moyennes de distances sur 10 balles (carry+roule) avec les différents clubs joués, et selon les différentes organisations que j’avais envie de retenir.

J’obtiens ainsi du sandwedge 60 degrés au fer 7, mes différentes distances moyennes de 10 à 43 mètres.

Comme l’ex-numéro un mondial, avec une telle grille, je réduis l’incertitude au moment de jouer une future approche sur le parcours.

Autre bénéfice de cet exercice que vous pourrez reproduire en vous assurant de pouvoir mesurer efficacement vos distances, je constate qu’à partir du fer 7, je perds beaucoup précision et en longueur.

Alors que du plus petit club au plus long, on serait en droit d’espérer une progression constante des distances, dans mon cas, j’ai plafonné avec le fer 8.

Je suis amené à penser que plus le loft se ferme, et plus il faut de qualité de contrôle du club pour obtenir le résultat désiré.

Au-delà du fer 8, les clubs ne sont plus tout à fait des clubs d’approches adaptés à un chip, surtout quand mon fer 7 est fermé à 31 degrés contre 33 degrés pour un fer 7 plus classique ou de type lame.

Ce petit détail du loft des clubs prend toute son importance dans cet exercice.

Plus que le numéro, c’est le loft qui est à prendre en compte dans le choix du club pour réaliser une approche précise.

Autre phénomène à prendre en compte, entre un wedge et un fer, le comportement de la balle va être sensiblement différent.

Alors que le wedge lève la balle de sorte qu’elle roule peu, à l’inverse, un fer va moins lever la balle, et celle-ci va plus rouler.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, il faut distinguer la distance au carry de la roule.

Ici, je n’ai pas voulu compliquer.

Je n’étais intéressé que par le fait de créer une grille simple à emmener sur le parcours, pour aider à choisir le club et le coup, selon une distance par rapport au green.

Troisième remarque, à l’aide du tableau ci-dessus, on peut voir qu’il n’existe pas qu’une seule solution pour faire une distance donnée.

En fait, plus on ajoute de critères ou de techniques différentes, et plus on risque de croiser les solutions.

Par exemple, pour un coup à 20 mètres, je peux taper un petit fer 8 punché ou un quart de swing avec mon wedge 50 degrés.

En distance totale, le résultat devrait être équivalent.

Bien sûr que les pros comme Dustin Johnson ont une technique parfaite ou comme l’explique Martin Hall, un secret qui fait leur force, mais plus sûrement, ils ont une méthode qui passe par la connaissance exacte du coup à taper, selon la distance à parcourir.

Cette méthode est à notre portée.

Cela passe peut-être par un cours de golf spécifique avec un pro ou la location d’un radar pour ne pas perdre trop de temps à étalonner en allant mesurer pas à pas chaque balle.

Les balles de practices n’ont d’ailleurs pas nécessairement le bon rendement pour transposer les mesures sur le parcours.

A retenir

A vous de construire votre propre tableau, avec les distances au carry ou à la roule selon votre choix, et avec vos mouvements les plus fréquents.

L’application de cette méthode est un excellent moyen de revoir ses gammes au petit-jeu.

Cela m’a permis de mieux comprendre la relation entre ouverture des pieds et des hanches avec la longueur du club pour taper des approches de type « chip » plus en ligne avec la cible.

Autrement dit, plus le club se ferme (fer 7) et plus il faut compenser le chemin par rapport à la position de la face à l’impact, pour que le rapport chemin sur face favorise un départ de la balle dans l’axe.

Sans cette compensation, si vous jouez un chip de fer 7 (31 degrés) comme un chip de wedge 60 degrés, vous ne prenez pas assez en compte, les 29 degrés d’écarts entre les deux clubs, et pour ma part, cela peut se traduire par des balles qui partent de plus en plus à droite de la cible, surtout si je n’ouvre pas mes hanches à gauche de la cible avec le fer 7.

C’est un autre sujet, mais c’est typiquement quelque chose que vous pouvez constater avec un radar, au moment de répéter des chips à des distances différentes, et avec des clubs de plus en plus fermés.

Autre phénomène, en mesurant les chips par tranches de 10 balles, on découvre parfois de petites aberrations, comme par exemple un sandwedge 60 degrés qui va plus que le 56 degrés, ou le fer 7 qui ne va pas nécessairement plus loin que le fer 8 ! La technique du joueur vient perturber la théorie. C’est aussi cela qui est intéressant à vérifier en pratique.

Crédit photo : JB Autissier/Panoramic/Icon Sportswire

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