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Pourquoi je tape mes wedges à gauche, alors que je suis plutôt un joueur qui tape droit ?

C’est une question posée par un abonné de JeudeGolf.org, à la suite de la parution de l’article sur les trajectoires de balles, votre meilleur entraîneur. Sans avoir la possibilité de voir ce golfeur, de le tester au trackman, ou d’être enseignant, on peut toutefois imaginer quelques éléments de réponses qui peuvent être utiles à tous, et s’agissant d’un plein coup de wedge à 60 ou 80 mètres. Qu’est-ce qui peut faire taper un wedge à gauche de la cible quand on est droitier ?

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Avant de démarrer, il est bon de rappeler que selon la longueur des clubs de golf, nous n’avons pas exactement la même posture, notamment au niveau de l’inclinaison du dos, et qu’un paramètre est essentiel à la réussite d’un coup de golf, le lie… comment le club se pose au sol.

C’est indispensable pour un contact solide, et plus de précision avec un fer, mais aussi avec un wedge.

Le bon lie varie selon les joueurs, et notamment à cause de la taille, la posture, la longueur des bras, et la distance à laquelle on se tient par rapport à la balle.

Il y a toujours quelques paramètres à vérifier pour comprendre la trajectoire d’une balle, sachant que pour un wedge, il n’y a pas la notion de Gear Effect, qui comme pour le driver, vient s’ajouter en plus comme facteur agissant sur la trajectoire.

En premier lieu, vérifier le centrage de la balle dans la face peut-être un premier élément à regarder.

Vous pouvez utiliser une étiquette collée sur la face ou une bombe de couleur pour justement établir la zone d’impact moyenne.

Correctement paramétré, le Trackman 4 délivre cette information pour comprendre le pourquoi d’un smash factor élevé ou un taux de spin incohérent avec la nature du coup réalisé.

Pour un golfeur disons droitier, qui aurait pour son jeu de fers, une tendance à taper relativement droit, mais constaterait que ce ne serait subitement plus le cas avec un wedge 52 ou 54 degrés, et en situation de plein coup, en plus de la qualité du centrage, il faut donc vérifier le chemin du club, et la position de la face à l’impact.

Les explications par rapport aux trajectoires de balles peuvent être de plusieurs types.

Précisons qu’un wedge est effectivement un club qui commence à vraiment se différencier d’une série de fers.

Cette affirmation devrait être fausse, mais à bien regarder dans vos sacs, on peut commencer à s’apercevoir que vous êtes une majorité, à jouer des clubs de plus en plus fermés.

Il y a encore 15 ans, on pouvait trouver des fers 7 avec un loft de 35 ou 36 degrés, et sans offsets pour corriger un éventuel slice.

Aujourd’hui, le succès des séries « Improvments » est tel que la plupart des golfeurs utilisent des fers 7 dont le loft est plus souvent compris entre 28,5 et 30,5 degrés.

En partant du principe qu’un loft de fer va de 4 en 4 ou de 5 en 5, pour un fer 7 à 30 degrés, le fer 9 pourrait être entre 38 et 40 degrés, et le pitch entre 42 ou 44 degrés.

SI on admet qu’un wedge 52 degrés, est bien un wedge d’un loft réel de 52 degrés, par rapport au fer 7, il y a tout de même 22 degrés d’écarts en moyenne, et surtout plusieurs « inches » de moins pour la longueur du manche.

Est-ce que le joueur prend bien cela en compte au moment d’adresser la balle ?

Bien qu’il soit de coutume de dire que nous avons tous notre swing, le même pour tous les clubs, ce n’est pas exactement la vérité.

Le plan du club se modifie justement par la longueur du manche, qui varie selon les lofts.

Il n’est pas acquis qu’un golfeur amateur qui joue un fer 7 de 30 degrés déroule le même plan de swing, avec un wedge beaucoup plus court, et beaucoup plus ouvert, et en tout cas, pas sans ajustement à l’adresse par rapport à la balle.

Pour avoir fait le test de mon côté, avec un wedge 52 degrés, mon plan de swing naturel et moyen est plutôt de 65 degrés, tandis que ce même plan de swing avec un fer 7 (loft 32 degrés) toujours naturellement, et sans bricoler le swing, est de 55 degrés.

Je ne dis pas que c’est la raison.

Je me pose la question de savoir, si à force de jouer des clubs de plus en plus fermés, nous ne dégradons pas notre habitude à taper des clubs très ouverts, et par exemple, des wedges de 52, 56 ou 60 degrés.

Pour approfondir le sujet, j’ai donc mené mes propres tests, afin de tenter de reproduire des balles qui partent à gauche de la cible avec un sandwedge 52 degrés (je suis droitier).

Je remercie la question de notre abonné, car je suis rentré dans cet exercice avec la naïveté nécessaire, et j’ai donc appris des choses que je compte bien vous partager ci-après.

Test de référence

Ci-dessus, j’ai commencé par réaliser une série de référence, pour jauger de l’état de mon plein coup standard, et par exemple avec wedge 52 degrés Callaway Jaws, récemment arrivé au studio, et d’une longueur de 35,5 inches, lie « standard » de 64 degrés.

Tous les tests ci-dessous seront réalisés avec le même club, sans aucun changement apporté à ce dernier.

Sur ce graphique, je vous illustre à gauche les trajectoires pour 10 balles, et à droite, le centrage moyen de ces 10 mêmes balles dans la face.

Premier constat : SI les balles sont centrées dans la face, le chemin de déplacement du club est intérieur-extérieur pour 4 degrés en moyenne, alors que la face est légèrement ouverte à 1 degré.

La plupart des balles sont dans l’axe du fairway à 82 mètres.

Premier Test : Chemin trop intérieur-extérieur

Constatant qu’avec ce club, mon chemin était plutôt intérieur-extérieur, et pour 4 degrés, je me suis demandé ce qui se passerait si j’aggravais le chemin de club, et encore plus intérieur-extérieur.

Pour cela, il me suffisait de déplacer le club dès l’entame du backswing plus près de mon corps, comme si je cherchais à faire tourner le club autour de moi.

Le résultat est immédiat. Le chemin passe en moyenne à 6,6 degrés intérieur-extérieur, soit pratiquement 50% plus intérieur, et dans ce cas, la balle qui est toujours centrée dans la face à l’impact part nettement à gauche du fairway.

Le rapport « face to path » du chemin à la face s’est en fait accentué.

Dans le test de référence, il était faible (-3 degrés).

Dans ce nouveau cas, il faut ajouter que la face se ferme à l’impact de -3,6 degrés à gauche, ce qui est lié à mon intention d’intérioriser mon chemin.

Le chemin et la face sont dans ce cas intimement liés. Le rapport « face to path » est alors de -10 degrés !

Cette exagération entraîne la balle qui part à gauche.

A noter, pour un club dont le lie est annoncé à 64 degrés, alors que sur un coup normal pour moi, le lie dynamique est annoncé à 62 degrés, avec cette « technique », le lie dynamique diminue encore (59 degrés).

Première hypothèse : Pour un droitier, le chemin de club est trop intérieur-extérieur, ce qui amène à fermer la face, et/ou à réduire le lie.

Pourtant, la balle est toujours centrée dans la face.

Deuxième test : Balle en talon

Dans ce deuxième cas de figure, j’ai volontairement adressé la balle en posant le club sur le talon de manière très prononcée, et sans autre changement sur le swing.

La pointe du club se relève vers le ciel.

Le chemin de club revient dans son orientation naturelle (autour de 3 degrés intérieur-extérieur), signe que je n’ai pas autrement manipulé le club, et donc le test.

C’est bien l’impact de la balle proche du talon qui justement ferme la face, et entraîne une balle qui se courbe à gauche.

Je ne dis pas que notre golfeur pose le club en talon de manière aussi exagérée, cependant, cet exemple nous rappelle l’importance de bien poser le club droit au sol.

Un club excessivement posé en talon entraîne la fermeture de la face.

Troisième test : Le rough

Ce test correspond à une situation que je rencontre plus souvent sur le parcours, et bien que mon swing me permette normalement de lancer droit dans l’axe.

Dans le rough, comme pour beaucoup d’amateurs, ma face de club se referme à l’impact, et entraîne des balles directement à gauche.

Dans cet exercice, j’ai donc reproduit une situation de balle enfoncée dans le rough, en allant jusqu’à marcher dessus pour m’assurer que le lie ne me soit pas favorable.

On peut voir ici que mon chemin de club n’est vraiment pas à l’origine de trajectoires à gauche. Il est au contraire proche de neutre.

Au passage, avec la balle enfoncée dans le rough (pas des hautes herbes), on peut noter que mon angle d’attaque est plus difficilement négatif (-0,4 degrés).

C’est encore une fois principalement la face qui se referme nettement à l’impact (-7,5 degrés) qui lance les balles à gauche.

En plus de lancer à gauche, pas de scoop, à cause du rough, je perds en vitesse de balle, en distance (près de 10 mètres) et en spin (près de 1000 tours).

Pour notre testeur, il faut aussi se poser la question du lie qui influe donc fortement sur la trajectoire de la balle.

Quatrième test : Comment contrer le rough ?

Ce n’est pas vraiment un test au sens exact.

Avec cette série, toujours dans le rough, et toujours avec la balle enfoncée, j’ai ouvert la face à l’adresse pour contrer le phénomène de fermeture à l’impact.

Cela semble bien être la meilleure solution pour résoudre le problème de la face qui se ferme trop.

En effet, au lieu de -7 degrés à gauche, avec le même geste, face ouverte, cette fois à l’impact, pas de crainte d’un slice puisque la face est en réalité square à l’impact (0 degré).

En revanche, je ne résous évidemment pas la question de la perte de distance…

Cinquième test : Des frappes en pointe

Toujours en cherchant des raisons de balles tapées à gauche du fairway, j’ai essayé de reproduire ce qui se passerait si pour notre golfeur en exemple, il s’agissait tout simplement de balles tapées en pointe.

Dans ce cas, et c’est loin d’être le plus simple à reproduire, le risque est élevé de toucher la balle avec le bord extérieur du wedge, et de toper la balle complètement à droite.

En m’organisant avec la pointe du club en face de la balle à l’adresse, je n’ai pourtant pas complètement réussi à toucher toutes les balles en pointe. On peut voir qu’assez rapidement, je les reprends dans le centre de la face.

Cependant, une telle organisation, et volonté de toucher en pointe induit des frappes qui referment à nouveau la face, et expliquent des balles à gauche.

On en revient au centrage de la balle dans la face. Si notre golfeur frappe trop près de la pointe, il peut être amené à lancer plutôt à gauche.

Souvent, travailler en exagération inverse permet de constater un changement, si c’est bien le problème.

Le cas présent, adresser la balle entre le centre et le talon peut être un moyen d’observer si les balles partent dans l’axe… Comme les autres hypothèses, à tester…

Sixième test : Balle trop pied gauche (pour un droitier)

De tous les cas de figures, le test de la balle en face du pied gauche, pour exagérer une balle trop en avant du stance (toujours pour un droitier) est largement l’exemple où les balles partent le plus nettement à gauche de la cible.

Les balles sont tapées entre le centre de la face et le talon, mais surtout la face est extrêmement fermée à l’impact.

Ici, la face est fermée à plus de 11 degrés sur la gauche !

Pour notre golfeur, il convient donc aussi de vérifier la position de sa balle dans son stance.

Septième test : Retaper dans l'axe

A ce stade du test, j’ai voulu me rassurer sur ma capacité à taper droit, en appliquant plusieurs petits principes vus plus haut : Une balle adressé au centre de la face, au centre de mon stance, le club bien posé et non pas en talon, en lançant le club plus à l’extérieur de ma ligne naturelle (plus loin de moi), en tournant les hanches avant de lancer le downswing, et sur lie normal (pas dans le rough).

Huitième test : Pas de rotation du bas du corps

Après m’être « rassuré », l’exercice précédent m’a justement inspiré ce nouveau test.

Que se passe-t-il quand je joue seulement avec les bras, en bloquant les hanches.

Dans ce cas, on ne parle plus de rotation. Le bas du corps est bloqué !

A la limite, c’est sans impact sur le chemin du club, en revanche, le fait de swinguer seulement avec les bras ferme complètement la face dans la zone d’impact !

Sans l’action des hanches, c’est comme si le club tournait autour du corps, et enroulait les balles à gauche.

Notre golfeur doit donc aussi questionner la rotation de ses hanches avec un wedge, même si cette action peut paraître moins prononcée par rapport à un coup de fer.

Neuvième test : Chemin extérieur-intérieur

De là, j’ai encore eu l’idée de chercher un exemple complètement inverse à mon propre mode de fonctionnement, celui d’un golfeur dont le swing est naturellement extérieur-intérieur.

En lançant complètement les bras à l’extérieur de ma ligne naturelle vers la cible, j’ai créé un chemin de club extérieur-intérieur de -5 degrés.

Si la face est ouverte à l’impact, c’est alors la condition pour taper un slice.

Cependant, avec un wedge, cette organisation a encore tendance à me faire fermer la face à l’impact.

Moins que le chemin, cela étant, les balles partent toujours à gauche de ma cible.

Cet exemple démontre que si votre chemin est intérieur-extérieur ou extérieur-intérieur, mais toujours avec une face fermée à l’impact, pointant à gauche, la balle a tout de même de fortes chances d’aller à gauche du fairway.

En conclusion, il existe beaucoup de raisons pour expliquer des coups de wedges qui partent à gauche.

Sans radar, au practice, vous pouvez faire des séries de 5 ou 10 balles, et observez les trajectoires selon les exagérations que vous pourriez tenter, et pour corriger, travailler dans un schéma inverse pour sentir les différences.

Pour ma part, ce mode de fonctionnement ou de recherches des fautes a été un excellent moyen de me rappeler les fondamentaux pour taper un bon coup de wedge. 

Sans connaître le swing de notre golfeur, ni l’avoir fait passer au trackman, je ne peux pas apporter la moindre réponse précise ou exacte. Je ne peux qu’émettre des hypothèses qu’il lui faudra ou qu’il vous faudra tester.

Dans le titre de l’article qui correspond à la question complète de notre abonné, le fait de taper des coups de fers droits n’est pas une garantie d’y parvenir avec un club plus court, ou le fait de s’ajuster avec un wedge.

Entre son coup de fer 7 et son coup avec un wedge, il y a forcément quelque chose qui se décale ou se dégrade… J’en reviens à ma première remarque. A force de tous utiliser des clubs de plus en plus fermés, avons-nous perdu l’habitude de jouer des wedges très ouverts ?

En admettant que ce joueur ne présente pas un chemin de club exagérément intérieur-extérieur ou extérieur-intérieur, il faut chercher pourquoi la face se referme à l’impact : Lie, adresse, centrage…

En résumé, on ne manque pas de solutions pour envoyer des balles à gauche !

A tester par les amateurs concernés pour identifier quelles pourraient être la ou les causes…

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #1 Wedges et longs fersgolfnswing@gmail.com 07-10-2019 01:16
Quand le club est plus long, et que l'on va tout droit, si l'on ne modifie pas les éléments de la posture à l'adresse, on va mécaniquement à gauche avec les wedges.
Ceci est dû à ce que, avec un angle d'attaque descendant, plus le shaft est court, plus le plan est vertical, ce qui modifie sensiblement le chemin du club vers la gauche (pour un droitier) . Par ailleurs plus le loft est élevé, plus le chemin devient dominant... Et ça part à gauche !

Solution simple : abaisser le lie des wedges.

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