Posté par le dans Mieux jouer au golf - Nos conseils techniques

Améliorer le contrôle de ses chips en bord de green

Peut-être vous êtes-vous déjà entraîné aux abords d’un putting-green où les chips sont autorisés, et visé une cible pour y envoyer une majorité de balles autour, pensant que votre technique était satisfaisante. De là, vous partez sur le parcours pour jouer vos 18 trous, confiant et sûr de vous, et à la première occasion de chip-putt pour sauver un par ou mieux, le résultat est l’exact inverse de votre entraînement… Dans ce nouvel article, je vous propose de vous présenter le cas de Laurent A., auteur sur ce site, en ma qualité de consultant, et coach au Golf de la Sorelle.

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L'analyse du coach Xavier Bretin sur les chips en bords de greens

Comme moi, Laurent utilise le système Arccos Caddie, et en ma qualité de coach, j’ai une fonction qui me permet d’accéder, avec son accord, à ses statistiques de jeux, notamment pour constater ou pas, les progrès que mon élève peut réaliser.

Joueur classé 15, depuis quelques temps, Laurent ne progresse pas, et ne voit pas son niveau de jeu moyen s’améliorer.

Son swing s’est pourtant nettement amélioré ces derniers mois. Cependant, plusieurs compartiments le pénalisent comme la précision au drive, une tendance à manquer les greens court à gauche, et surtout une statistique de chip-putt inférieure à 16%.

Pour un golfeur amateur dont l’index se situerait en-dessous ou à 18, le joueur de bogey, et bien que l’on puisse toujours souhaiter progresser dans tous les compartiments, du driving au putting, le chipping ne peut être ignoré.

Quand je regarde les statistiques de Laurent, et que j’arrive au chipping pour constater que sur ces dernières parties, il enregistre 0 chip-putt sur 7, 8 ou même 9 trous, il ne peut pas envisager de réellement améliorer sa carte de score.

Son jeu long et son jeu d’approches ont certes certaines qualités, mais tout simplement pas suffisantes encore pour lui permettre de scorer plus bas.

Lui, comme beaucoup d’amateurs ont absolument besoin de réussir un, deux, trois ou plus de chip en bord de greens pour sauver un, deux, trois ou même le double de coups sur une carte de score, et en tout cas si tel est l’objectif.

Après tout, tous les golfeurs ne sont pas obsédés par le score.

C’est cependant le cas de la majorité des élèves qui viennent me voir, et Laurent en fait partie.

Pour avoir suivi Laurent sur l’une de ses parties et pendant 18 trous, une simple observation m’a permis de comprendre qu’entre le practice et le parcours, il ne réalise pas du tout le même geste, mais alors pas du tout !

C’est une première information à prendre en compte pour moi.

Ensuite, son système de chipping se révèle assez compliqué. Il est très ouvert à la cible par l’alignement de ses pieds et de son bassin, et avec une balle trop pied droit, dans un souhait de faire une balle basse.

A l’inverse, son pied gauche n’est pas naturellement ouvert à la cible, et au contraire, rentre vers l’intérieur de son stance, comme dans une position en chasse neige. Droitier, cela restreint la rotation de son bassin.

Surtout, il n’est pas du tout relâché, et ses bras sont très crispés sur le club.

Pour l’avoir suivi sur plusieurs parties, j’ai été témoin à de nombreuses reprises de coup gratté, topé, hors de contrôle alors qu’il n’avait plus qu’un chip à réaliser pour terminer le trou avec un score honorable.

Quand je l’interroge Laurent, il consent « trimbaler » avec lui des années de « coups ratés » dans ce domaine, et à chaque expérience supplémentaire, cela ajoute un peu plus de peur de l’échec sur le coup suivant.

En résumé, c’est le stéréotype complet du golfeur qui n’a pas de bonnes sensations, et pire, une expérience si négative qu’aucune confiance n’est pour l’instant possible.

Après cette fameuse partie, nous avons pris quelques balles, et nous nous sommes dirigés vers un putting-green pour travailler spécifiquement ce compartiment du jeu.

Laurent doit avoir pour objectif de sauver entre 3 et 4 chip-putt par partie. 0, ce sera l’assurance de ne pas faire descendre sa carte de score.

Dans chip-putt, bien entendu, il y a putt ! Sauver des PARs dans une situation de bord de green repose bien sur deux compétences : Autour et sur le green.

En matière de putting, Laurent est plutôt un putter convenable avec une moyenne de 31 à 37 putts par parties. Il pourrait justement encore réduire cet écart. Cependant, ce n’est pas le domaine qui le pénalise le plus.

C’est bien le chip qui ne rentre pas régulièrement dans une zone de moins d’un mètre autour du drapeau qui pose un problème, et lui laisse, au pire, un second chip à refaire, ou au mieux un putt trop long pour espérer n’en faire qu’un seul.

La solution préconisée

Pour le cas de Laurent qui est peut-être reproductible auprès de plusieurs d’entre vous, la première chose consiste à simplifier son système de chipping : Stance parallèle à la ligne de jeu, et pied gauche légèrement ouvert vers la cible, avec la balle au milieu des pieds.

Objectif : Plus de relâchement, et chercher un meilleur contact avec le sol.

Nous avons donc mis en place quelques petites corrections, et pas nécessairement ouvert un chantier complexe :

Ecartement des pieds relativement faible

Balle au centre du stance

Légère ouverture du pied gauche vers la cible, car Laurent avait tendance à faire l’inverse (par conséquent, cela bloque légèrement la hanche gauche, et limite la rotation).

Les mains en avant sur le manche par rapport à la balle.

Les appuis sur la jambe gauche.

Le club positionné légèrement sous le sternum.

De là, je lui ai surtout demandé de déplacer le club moins avec les mains, et plus avec le corps.

Plus concrètement, avec les bras à l’élan, puis avec le corps au retour.

Pour actionner le corps, je lui demande de tourner la tête avant que le club ne touche la balle.

Je lui fait faire quelques swings d’essais, et avec comme consigne de regarder le drapeau avant l’impact, et de se concentrer sur la sensation d’un club qui circule à la vitesse du corps.

Le mouvement semble lent. Il n’y a pas d’accélération avec les mains, mais par inertie de la rotation du corps.

Les mains ne devant pas aller plus vite que le corps. C’est-à-dire que les mains ne doivent pas ramener le club dans la zone d’impact plus vite que la rotation du corps.

Surtout, je voulais qu’à la fin du backswing, et avant de relancer le club vers le sol, Laurent A. se focalise sur le fait de tourner la tête vers la cible, et bien avant que son club ne touche le sol.

Vous pouvez essayer de votre côté, et même swinguer en regardant la cible pendant tout le mouvement, sans jamais regarder la balle à vos pieds.

Cela vous surprendra peut-être, mais vous découvrirez peut-être que l’on n’a pas besoin de garder la tête sur la balle pour la frapper !

J’ai demandé à Laurent de jouer une vingtaine de balles sans objectif de cible ou de distance, afin de le concentrer sur ce mouvement.

Les bras dans un sens, puis la tête tourne, ce qui entraîne le corps, et permet au club de descendre sur la balle.

Sans contrôle du club par les mains, le club arrive de manière plus descendante dans la zone d’impact, et grâce à l’avance que le corps a pris sur la tête du club.

On peut aussi dire « dans l’autre sens ».

Le club arrive plus descendant sur la balle, et grâce au retard de la tête de club par rapport au corps.

Cela étant, très rapidement, Laurent a amélioré son contact, créant un léger divot au sol, ce qu’il ne faisait pas du tout dans sa précédente organisation.

Avec ces changements, Laurent avait tout simplement repris le contrôle sur son coup.

Par conséquence, il aura plus de chances de réaliser la bonne distance, et le bon coup sur le parcours.

Faire le bon diagnostic

Avec cet exemple, je voulais souligner ce que je vois trop souvent autour des greens avec des amateurs qui jouent de manière trop figés, trop raides, ce qui leur demande de beaucoup jouer avec les mains.

Certains arrivent d’ailleurs à obtenir des résultats assez bons. Je parle en termes de balles autour d’un trou quand il répète plusieurs fois d’affilés autour d’une même cible, et surtout avec un lie correct.

Sur le parcours, vous n’avez pas deux occasions de réussir un chip ! C’est déjà une grosse différence avec l’entraînement en répétition au practice.

Vous pouvez être trompé, par ce type de session d’entraînement, qui vous donne le sentiment de réussir ce coup.

Surveillez la qualité de votre divot au sol. Si vous n’en faites pas, c’est que votre swing est trop tangentiel. Peut-être jouez-vous trop avec les mains ?

A l’inverse, si vous plantez le club dans le sol, cela peut être aussi pour cette raison, et c’est pourquoi je préfère un chip réalisé avec le corps.

Aux termes de la séance, Laurent est reparti avec un cahier des charges de choses à travailler pour qu’il les intègre.

Comme je le dis souvent : Les vidéos, les magazines, les livres oublient souvent de dire que pour faire un changement de swing, c’est souvent long, difficile, frustrant... mais que le jeu en vaut la chandelle.

J’ai mis un an pour passer d’un slice contrôlé à des trajectoire en draw réguliers.

Un an à changer mon dynamic loft au moment de l’impact, et une saison entière de ski lorsque j’ai débuté le diplôme de ski, pour avoir les pieds écartés de la largeur de mon bassin.

Laurent joue depuis des années les chips avec ses mains. Il ne va pas du jour au lendemain défaire cette habitude pour la remplacer par une meilleure.

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