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Comment Rory McIlroy travaille la balle autour du green

Comment Rory McIlroy travaille la balle autour du green ?

On parle beaucoup de McIlroy, l’un des meilleurs golfeurs du monde pour sa puissance au drive, mais on oublie assez souvent qu’en plus de driver long, McIlroy est un excellent joueur de wedges, et plus globalement, assez bon autour du green quelles que soient les situations. Pour caricaturer, il est un peu le stéréotype du golfeur qui joue un par-4 en drive-wedge-putt, et puis birdie ! Intéressons-nous à la partie approche autour du green de son jeu, comment il travaille la balle, et ce qu’un amateur pourrait en déduire pour son jeu…

Sommaire

  1. McIlroy, un excellent travailleur de balle !
  2. Cas d’école : Drive-wedge-putt
  3. Comment choisir la bonne approche ?
  4. Moins de spin…plus de roule ?

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Le meilleur driver du monde, mais aussi l’un des meilleurs dans les approches !

Vainqueur de la Fedex Cup 2016, soit l’équivalent de l’ordre du mérite du meilleur golfeur sur le circuit américain, McIlroy a remporté quelques belles victoires, mais plus globalement, sur la saison, il a obtenu des performances excellentes dans différents compartiments du jeu.

Effectivement, pour la longueur au drive, Rory s’est classé à la neuvième position avec une moyenne de 306 yards.

Si on s’intéresse à la nouvelle statistique du PGA Tour qui permet d’évaluer si un joueur gagne ou perd des coups dans un compartiment précis du jeu (off the tee, approche vers le green, autour du green, putting, du tee au green, et total des coups), pour la catégorie « off the tee » qui veut dire depuis le tee de départ vers le trou, et quel que soit le club, McIlroy a tout simplement été le numéro 1, à savoir celui qui sur le tee, réussit le plus de coups décisifs pour la suite.

Ce constat étant posé, McIlroy qui a donc l’avantage par rapport à tous les autres golfeurs dès le départ, ne se cantonne pas à seulement bien lancer.

S’agissant de la statistique des coups gagnés autour du green, encore une fois, une donnée qui est plus généraliste, et plus facile à interpréter que le joueur qui approche le mieux à 5 mètres, à 10 mètres ou à 25 mètres, McIlroy se classe dans les 40 premiers sur plus de 200 joueurs.

Quand vous couplez son habileté sur le tee de départ, et ce qu’il fait autour du green, pas étonnant qu’il se classe toujours en 2016, deuxième pour la moyenne de birdies par parties (soit 4,42 !).

Cas d’école : Drive-wedge-putt

Prenons une situation de jeu à 90 mètres du drapeau, une situation qui est assez fréquente pour McIlroy sur un par-4 d’environ 360/370 mètres.

Après son drive, et si ce dernier a trouvé le fairway, ce qui lui arrive dans 61% des cas, selon les statistiques du PGA Tour, plusieurs options techniques se présentent à lui.

Il admet lui-même, du fait de la très grande vitesse de swing dont il dispose, qu’il est tout à fait capable de donner beaucoup de rotation à la balle, ce que nous appelons communément le spin.

Soit McIlroy décide de dépasser le trou, et faire revenir la balle en arrière, comptant justement sur l’important montant de spin donné à la balle.

Soit McIlroy opte pour une balle plus rasante (angle de lancement moins haut et donc angle d’atterrissage moins prononcé) pour que la balle se pose et roule jusqu’au drapeau.

Dans les deux cas, même pour un pro, c’est quelque chose qui est difficile à atteindre dans 100% des cas, alors pour un amateur qui joue régulièrement autour de 24, la part d’imprécision est tout de même assez grande.

Dans le premier cas, tous les pros sont unanimes.

Donner beaucoup de spin à la balle n’est pas qu’une question de technique, comme si elle était innée à la limite de la magie.

D’ailleurs, les pros sont moins obsédés par le fait de donner du spin à la balle que les amateurs peuvent l’être.

Depuis quelques années, les nouvelles balles premium sont devenues tellement performantes pour prendre des effets, qu’ils en arrivent à ne plus vouloir privilégier ce type de coups, la balle reculant justement beaucoup trop.

S’agissant des balles, les pros privilégient des balles premium types Pro V1 ou Pro V1X, Z-Star, Chrome Soft, TP5... pour surtout donner des effets latéraux aux balles, et bien plus que frontaux !

Bref, pour McIlroy et la première option, toujours est-il qu’il considère que pour donner beaucoup de spin, il va lui falloir donner beaucoup de vitesse à la balle, mais le matériel sera aussi prépondérant.

Christian Cevaer, réputé pour le petit jeu, est le premier à témoigner du fait qu’il faut trois conditions : une bonne balle, un bon green, et un bon wedge avec des rainures « en pleines formes ».

Comment choisir la bonne approche ?

Pour choisir entre l’option beaucoup de spin et balle haute pour une balle qui spinne en arrière versus l’option moins de spin et balle basse pour une balle qui roule, McIlroy évalue déjà la situation du drapeau sur le green.

Première condition, il faut qu’il y ait beaucoup de place derrière le drapeau pour poser la balle et qu’elle revienne.

Autrement dit, cette option est éliminée sur toutes les positions de drapeaux en fond de green !

Inversement, elle est très intéressante sur les drapeaux positionnés à l’entrée des greens !

Dans ce cas, McIlroy fait le commentaire suivant « Quand il y a de la place derrière le drapeau, je sélectionne mon sandwedge de 56 degrés. Je me positionne de sorte que j’ai la balle un peu plus à l’arrière de mon stance, et je réalise un swing agressif, surtout à l’impact. »

Mais qu’est-ce que cela veut dire un swing agressif ?

Il faut taper comme un bûcheron ? Il faut accélérer comme un fou ?

Non, pour McIlroy, cela veut dire « Je retiens mon club aussi longtemps que possible au sommet du swing, et avant de relâcher mon club au downswing. » C’est donc une accentuation du « retard » qui lui permet de donner plus de vitesse à la balle que la normale dans la zone d’impact.

Le piège pour un amateur avec ce type de coups, c’est bien entendu de se tromper de club !

Ce conseil du champion s’applique surtout pour des wedges et dans une optique de donner beaucoup de spin.

A l’inverse, si vous essayez avec un fer 7, vous donnerez naturellement moins de spin, et vous aurez moins de chance de contrôler la trajectoire de votre balle.

Quoi qu’il en soit, à 90 ou 80 mètres du drapeau, le choix du club est prépondérant.

Si, pour faire cette distance, vous avez besoin d’un fer 9, mieux vaut ne pas choisir cette organisation.

Ceci dit, peu importe la distance, si pour vous un coup de wedge 56 degrés rime avec 45 mètres, alors le conseil de McIlroy reste pertinent.

Cette technique dépend de votre capacité à porter la balle. Il suffit de l’adapter à vos distances.

Précision qu’apporte McIlroy « Cette façon de faire influe directement sur mon angle d’attaque qui devient plus vertical, et justement permet au wedge de passer sous la balle de sorte à lui donner un maximum de friction avec la face. »

Si vous avez déjà joué au ping-pong, imaginez que vous tenez votre raquette à la verticale, et au moment de servir, vous coupez la balle sur sa partie inférieure de sorte qu’elle va tourner sur elle-même en arrière, et non pas vers l’avant (alors que vous l’envoyez pourtant vers l’avant)…c’est tout simplement le processus du backspin.

A noter, quand le joueur choisit une telle option, vous verrez qu’il crée un impact avec le sol plus puissant, plus profond, et le divot est plus important.

Idem sur le green, le pitch (dans le cas où le green est de bonne qualité) est beaucoup plus profond. La balle arrive de plus haut, et au contact du green, elle créé là-aussi une friction plus importante.

Cet effet backspin associé à un angle d’atterrissage qui n’est pas comme une pierre qui tombe à la verticale, mais forcément légèrement de biais, fait que la balle s’appuie dans un premier temps sur le terrain pour repartir en arrière selon la vitesse et le nombre de rotation de la balle.

En réalité, tous les joueurs amateurs peuvent donner du backspin.

Il n’y a rien de magique.

Seulement, quand vous êtes à 90 mètres du drapeau, vous n’avez pas généralement une caméra qui filme l’arrivée de votre coup pour que vous puissiez distinctement le voir. Mais surtout, à la différence d’un McIlroy, il y a des chances que vous donniez juste moins de vitesse de balle, moins de rotations, et un angle d’atterrissage moins prononcé.

Toujours à la différence de McIlroy, vous ne jouez peut-être pas toutes les semaines sur des parcours préparés pour des tournois de haut niveau.

Moins de spin…plus de roule

Deuxième option, McIlroy cherche donc à poser la balle sur le green puis la faire rouler jusqu’au drapeau.

« Pour réaliser ce coup, je choisis un pitch de 48 degrés. Mon tempo est alors totalement différent. En fait, il est beaucoup plus lent avec un caractère moins explosif. Je cherche à lancer la balle vers l’avant alors que mon club créé un divot moins important. Toutefois, moins explosif ne veut pas dire moins ferme. La balle va juste voler plus bas. Le spin donné à la balle sera moindre mais suffisant pour qu’elle s’arrête plus tardivement sur le green. »

En-dehors de ces deux aspects stratégiques, Rory McIlroy fait la recommandation suivante à l’attention des amateurs : « Si vous avez du mal à apprécier le maniement de vos wedges, je vous recommande vraiment d’être dans la décontraction. Si vous deviez avoir un mot en tête au moment de jouer ce type de coup, visualisez quelque chose qui symbolise la détente pour vous. A l’inverse, quand vous êtes tendu, avec un wedge, cela ne pardonne pas. Il n’y a pas vraiment de mystère ou de truc caché, la clé, c’est d’être détendu, les bras relax, et d’éliminer toute tension. Il faut chercher la fluidité au moment de l’impact, et se concentrer pour finir bien en équilibre.

Pour travailler la précision, McIlroy utilise un petit « truc ». Il plante un tee ou une pièce de monnaie 30 centimètres devant sa balle et entre celle-ci et sa cible, pour se forcer à finir son geste au-dessus de ce petit objet.

Concernant la distance, McIlroy est plutôt adepte de gérer sa vitesse de swing au lieu de modifier l’amplitude.

Entre 75 et 90 mètres, son amplitude de swing avec un wedge est à peu près similaire, en revanche, il swingue un peu plus vite à 90 m par rapport à un coup pour 75 m.


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