Faire un chip plutôt qu’un pitch en bord de green ?

Lors d’une récente partie de golf, alors que les conditions automnales s’imposent à nous sur les parcours, ayant manqué le green d’un par-3 à 160 mètres, et me trouvant à 15 mètres du drapeau, j’opte comme peut-être trop souvent pour un wedge 54 degrés. J’avais pris le soin de mesurer mes distances moyennes pour chacun de mes wedges (50, 54 et 58). Seulement concentré sur la distance à parcourir, j’ai oublié un élément fondamental du petit-jeu : Le lie !

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Ne plus perdre de coups en bord de green...Grrrr

Après m’être correctement placé pour exécuter mon coup, dans l’obligation de faire approche-putt pour sauver le par, je lance le backswing et au moment de contacter la balle, mon wedge 54 degrés avec un bounce de seulement 10 degrés se plante dans le sol ! La balle ne parcoure que quelques centimètres !

Comment perdre un coup bêtement… et faire monter la frustration.

Dans ma partie, un golfeur très expérimenté, 70 ans, et plus de 40 ans de golf à son crédit, Joseph m’interpelle « Quel club avez-vous choisi ? » Je lui réponds un wedge, et ce dernier me rappelle une évidence !

Dans cette situation, le plus simple aurait été de prendre un pitching wedge pour faire rouler la balle d’environ 50% de la distance, une règle pourtant bien connue de beaucoup de golfeurs amateurs, et que j’avais pourtant un peu oublié.

Ayant à répéter le coup, je me suis docilement exécuté, et suivi l’avis de mon sage partenaire. Comme je ne m’étais plus entraîné à ce type de coups depuis longtemps, j’ai mal géré la distance.

Cependant, aucun risque de planter le club dans le sol, et si le contrôle de la distance n’était pas optimum, le résultat était de toute façon bien meilleur que le précédent, et finalement moins stressant.

Sur les trous restants, j’ai usé et abusé du pitch sur toutes mes situations en bords de greens, malheureusement très nombreuses en cette saison, où je n’arrive pas encore à caler mon jeu de fers, en fonction du manque de roule des fairways.

De 10 à 25 mètres, j’ai utilisé le pitch systématiquement, alors qu’auparavant j’aurai varié entre 50,54 et 58, en me contentant de répéter des amplitudes de quart ou demi-swing, pour faire les distances.

En ne prenant plus qu’un club, avec un loft de 46 degrés, le pitch, je devais sortir de ma logique mêlant loft et amplitude pour essayer d’être plus instinctif (moins mathématique) avec seulement un club dont il fallait surtout contrôler la roule forcément plus importante.

Avec un peu d’entraînement, on peut rapidement viser un point intermédiaire et virtuel sur le green, et in fine, contrôler toutes les distances de 5 jusqu’à 25 mètres au moins.

Cette anecdote pour expliquer mon envie de faire davantage de recherche sur le sujet « plutôt chip ou pitch ».

Déjà premier paradoxe linguistique, un pitching wedge sert à faire un chip alors qu’un wedge sert à faire un pitch ! L’inverse aurait été plus simple à retenir.

Pour Xavier Bretin, consultant JeudeGolf, et enseignant au Golf de La Sorelle, les coups autour du green sont toujours une question de contrôle.

Quelle amplitude dois-je donner au backswing, combiné à quel club utiliser, pour produire la meilleure combinaison de vol de balle, et de roulement ?

Les pitchs produisent peu de temps en l’air et plus de roule. Les chips sont nécessaires quand un golfeur veut lever la balle, et la faire rouler moins longtemps.

Dans le premier cas, pourquoi faire lever la balle quand il n’y pas d’obstacles à passer. Dans le second cas, justement, ne pas trop faire rouler quand on appréhende des conditions de roules délicates.

Pour faire le bon choix, il existe une formule facile à mémoriser : La formule ou méthode 6-8-10 !

Ci-dessus, ce petit tableau résume grosso modo le comportement d’une balle de golf avec les trois clubs pour faire un chip (6, 8 et 10).

10 étant l’ancien nom pour le pitching wedge…

La méthode s’adapte aussi en fonction du green en face de vous, pente montante ou descendante, vitesse de green lente ou rapide.

Cette méthode est basée sur un rythme de swing normal, et des greens plats.

Plats ? C’est finalement assez rare sur un parcours. C’est pourquoi, il faut savoir ajuster le choix de clubs en conséquence.

L’intérêt de cette méthode est sa simplicité, notamment pour s’en souvenir sur le parcours. Pour que cela fonctionne, il faut s’entraîner un minimum en amont, et mesurer la longueur de ses coups.

Une fois sur le parcours, vous pouvez vous adapter.

Surtout, l’intérêt de cette méthode est surtout de limiter les risques de planter le club dans le sol, dans la mesure où on cherche surtout à longer le sol, alors qu’à l’inverse, avec un wedge, on attaque le sol.

Attaquer le sol n’a rien d’insurmontable, mais à la différence de la méthode précédente, effectivement, il faut gérer un paramètre en plus : Le lie.

Le paramètre que j’ai parfois, dans le feu de l’action, tendance à oublier.

Vous vous en doutez, j’ai été testé la théorie avec le Trackman pour vérifier.

Petit élément qui n’est pas anodin concernant la méthode 6-8-10, plus le loft se ferme, et plus il faut se placer à l’adresse avec les hanches tournées vers la cible, sinon, le chemin du club sur une amplitude relativement courte à tendance à faire un lancement de club vers l’extérieur de la ligne, et donc pour un droitier, vous faire envoyer les balles à droite.

C’est un détail, mais il faut y penser, notamment avec le fer 6.

J’ai donc exécuté des chips avec 3 clubs (6, 8 et 10/pitch), mais j’ai aussi varié 2 amplitudes (un quart, et demi-swing qui chez moi correspond au club parallèle au sol à la fin de sa course).

Le tableau ci-dessus synthétise la réalité de ce qui se passe pour moi quand je fais des chips ou des pitchs.

Premier enseignement, un chip n’est pas nécessairement joué avec un angle d’attaque du club vers le sol franchement différent par rapport à un pitch avec un wedge, notamment quand dans les deux cas, la balle est positionnée à l’arrière du stance. Soit autour de –5 degrés d’angle d’attaque descendant vers la balle !

Second enseignement, le point de contact du club est un peu plus après la balle pour un chip par rapport à un pitch à amplitude de geste équivalente, soit 16 centimètres après la balle pour le chip, et 12 centimètres après la balle pour le pitch, et malgré un angle d’attaque comparable.

Avec le wedge, le rebond intervient donc plus tôt.

Troisième enseignement logique, le loft dynamique donné au club est plus faible pendant un chip par rapport à un pitch.  En « respectant » les clubs, le wedge ou le Pitch, l’écart est même constant autour de 8 degrés, aussi bien pour le loft du club, que le loft dynamique.

La compression de la balle est forcément meilleure avec le pitching wedge, du coup, les sensations sont aussi meilleures.

Quatrième enseignement, comme je le précisais plus haut, pour lancer la balle dans l’axe, plus le loft du club se ferme, je décale mon chemin de club de près de -8 degrés avec un fer 6 ou un fer 8. Ce n’est pas autant nécessaire avec le pitching wedge ou un sand wedge.

Cinquième et dernier enseignement, le plus important, le taux de roule avec un pitching wedge, selon 2 amplitudes oscille entre 37 et 44%. Ce n’est pas tout à fait du 50/50, bien que je comprenne l’utilité mémo-technique de la méthode.

Avec le fer 6, je n’ai pas réellement obtenu 75% de roule, ou 66% avec le fer 8.  Cependant, la proportion de roule augmente bien avec le loft du club qui se referme.

Si un chip avec un pitching wedge ne se plante pas vraisemblablement dans le sol, c’est donc le résultat d’un point bas de l’arc de swing qui est plus loin par rapport à un sandwedge, et surtout le club qui tolère plus facilement ce coup.

Revers de la médaille de la méthode favorable au chipping, je trouve moins de précision sur une dizaine de coups, et par rapport au fait de réaliser un pitch avec un wedge, qui permet d’arrêter la balle plus facilement dans une même zone.

On en vient à la réelle distinction entre chipping et pitching.

La première méthode est largement plus facile à maîtriser pour un amateur, et tolère un mouvement moins précis.

Attention, toutefois, il existe d’autres risques d’erreurs, comme une balle tapée en pointe ou sur le manche, des erreurs toujours liées à la concentration…

A l’inverse, le pitching avec un wedge est nettement plus précis, mais demande plus de maitrise, et surtout de bien prendre en compte le lie sous la balle.

A vous de choisir votre meilleure méthode pour approcher de 15 à 45 mètres du green…

Crédit photo : Scott W. Grau/Icon Sportswire

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