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Race to Dubaï 2015: La dernière ligne droite

Race to Dubaï 2015: La dernière ligne droite

Jeudi 29 octobre, le premier tour du Turkish Airlines Open marquera le début des play-offs de la Race to Dubaï, série finale de l’European Tour, circuit professionnel de golf. C’est l’occasion s’intéresser aux favoris de l’édition 2015. C’est aussi le moment de s’interroger sur la viabilité du circuit européen et l’état de forme des meilleurs joueurs de Ryder Cup.

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La Turquie marque la première étape d’une série finale qui va en compter quatre dont un épilogue à Dubaï, le DP World Tour Championship du 19 au 22 novembre prochain pour sacrer le meilleur golfeur du circuit européen.

Circuit européen qui ne veut pas dire que tous les joueurs sont systématiquement en provenance du vieux-continent ou du Royaume-Uni ou que toutes les épreuves se disputent sur le sol européen.

Quatre des dix meilleurs au classement général viennent d’Afrique du Sud (Louis Oosthuizen et Branden Grace), de Thaïlande (Thongchai Jaidee) et d’Inde (Anirban Lahiri).

Après 44 tournois disputés à travers le monde, qui peut l’emporter ?

Vainqueur à Hong-Kong du dernier tournoi de la saison régulière, l’anglais Justin Rose, tout juste remonté au 8ème rang mondial fait figure d’homme en forme.

Surtout que sa victoire n’est pas totalement le fruit du hasard. Depuis plusieurs jours, Rose semble avoir modifié son jeu, et en particulier, gagner en distance, au point de bluffer les meilleurs dans ce registre, à commencer par le leader de la Race, Rory McIlroy.

Aussi bien au Frys.com Open disputé aux Etats-Unis qu’en Asie, Justin Rose a fait preuve de nouvelles dispositions au driving.

Quatrième de la Race, il n’a pourtant participé qu’à 12 tournois en 2015, privilégiant clairement le PGA Tour.

Au moins, on peut se consoler en se disant qu’il a joué le jeu contrairement à Paul Casey qui a carrément renoncé à traverser l’Atlantique à plusieurs reprises dans l’année.

Ceci dit que vaut la 4ème place de Justin Rose quand l’essentielles de ses performances européennes ont été réalisées….aux Etats-Unis.

Mis à part sa victoire à Hong-Kong, Justin Rose a pris des points au Masters (T2), au US PGA (T4), et au Bridgestone (T3), sans oublier sa performance à la maison, sixième du British, un majeur qui compte pour les deux tours, USA et Europe.

Néanmoins, Rose a la meilleure moyenne de score de l’ensemble des 300 golfeurs qui ont officié cette année sur le circuit européen (69,61).

Cet indicateur parmi d’autres révèle la qualité du jeu de l’anglais, natif de Johannesbourg, sur la saison.

Et quelque part, le vainqueur de la Race devrait être le meilleur golfeur sur la saison, et pas seulement celui qui sera en forme sur le dernier tournoi !

Le public turc ne pourra pas partager ce point de vue, puisque Rose ne sera pas de la partie. En effet, les règles de la Race vont permettre à Rose de ne pas s’aligner cette semaine.

Avec 500 000 € de retard sur le leader du classement, Rory McIlroy, un autre européen à avoir peu joué en Europe, Rose peut prendre le risque de louper une épreuve sur quatre, et toutefois conserver ses chances.

A moins qu’il ne fasse pas réellement cas de ce titre ?

Dans ce cas, McIlroy qui lui sera bien présent en Turquie pourrait avoir un boulevard devant lui pour sauver sa saison.

En début d’année, il avait clairement focalisé sur le fait de vouloir remporter son premier Masters.

Finalement impuissant contre l’imprévisible Jordan Spieth, et seulement quatrième à Augusta, Rory a connu une année divisée en deux parties.

Le début marqué par deux victoires sur le circuit européen (Abu Dhabi et le Dubaï Desert Classic), dans la foulée de son excellente fin de saison 2014, et juste avant le Masters.

Il donnera encore le change au Cadillac avec un brillant succès sur le championnat du monde de match-play.

Puis une deuxième partie de saison beaucoup plus discrète avec une 106ème place au BMW PGA Championship de Wentworth, tournoi qu’il avait brillamment dominé un an plus tôt.

En fait, les prémisses de cette saison ratée pour le désormais numéro 3 mondial, dépassé par Jordan Spieth et Jason Day sont apparues très tôt dans l’année avec comme illustration ce fameux jeté de club au Doral.

Quelques semaines avant le Masters, McIlroy est apparu crispé. Bien qu’il n’ait pas démérité à Augusta contre un Spieth dans la forme de sa vie, Rory n’a pas été à son meilleur niveau.

Il est coutumier du fait ! McIlroy connait souvent des périodes de haut et bas dans une même saison.

Sa blessure intervenue peu avant le dernier majeur de la saison n’a rien arrangé. Depuis, il n’a pas encore réussi à remettre en marche la machine à gagner.

Leader de la Race en ayant disputé deux fois moins de tournois que son principal challenger, Danny Willett, toute la question sera justement de savoir si un Willett ou un Rose seront en mesure d’aller le chercher dans les derniers mètres de la course.

Enfin dernier golfeur que nous souhaitons mettre en lumière, justement Danny Willett qui occupe la deuxième place du classement.

Il aura été le grand bonhomme de 2015. Sans des règles du jeu un peu farfelues qui permettent à des golfeurs de ne pas jouer à temps complet sur le circuit, ou de marquer des points sur les championnats du monde joués aux Etats-Unis, Willett sera le leader légitime de cette Race, et meilleur joueur du circuit européen.

Totalement dévoué à l’Europe, Willett a réalisé une saison exceptionnelle, et même intelligente. Au lieu de se disperser à jouer sur tous les circuits, il a principalement concentré son attention sur la Race pour remporter deux victoires (Nedbank et Omega Masters).

Bien lui en a pris puisqu’il est à ce jour 26ème mondial…comme quoi il n’est pas indispensable de jouer à plein temps aux USA pour faire un bond au niveau international !

Sixième à Saint-Andrews, sa meilleure performance en majeur, il a réussi à briller dans les grands rendez-vous, et le peu de fois où il a joué aux USA (3ème du Cadillac).

Jeudi, il sera dans la partie de McIlroy pour le premier tour du Turkish. A lui de démontrer qu’il peut aller chercher la victoire finale !

Carton rouge : L’organisation du tour européen

C’est toujours le gros point noir du calendrier du golf mondial. La cohabitation de deux grands tours mondiaux (PGA et European Tour) démontre chaque année ses limites, en particulier, pour les meilleurs européens qui veulent jouer sur les deux tours.

On ne cesse de compter des exemples de golfeurs qui s’y sont brûlés les ailes : Colsaerts, McDowell, mais aussi Poulter, Donald, Kaymer, Dubuisson ont tous peu à peu rencontrés des difficultés sportives à force de s’épuiser à traverser plusieurs fois par an l’Atlantique.

La situation est telle que cela pourrait mettre à mal l’équipe européenne de Ryder Cup qui ira défier les USA à Hazeltine en 2016.

Un talent européen comme Paul Casey a même décidé de ne plus jouer en Europe pour se consacrer exclusivement au circuit le plus prolifique, le PGA Tour.

Il devient de plus en plus urgent de réformer le circuit professionnel mondial, et de rééquilibrer son fonctionnement pour plus d’équité et d’intérêt sportif.

Il faut être honnête ! La Race to Dubaï représente un intérêt relatif, et fait même office de tour au rabais ou de seconde division.

Les meilleurs golfeurs sont tentés d’aller jouer sur le PGA Tour. Pas seulement parce qu’il s’agit du circuit le mieux doté financièrement, mais c’est aussi le circuit le plus suivi par les médias, et le public.

C’est aussi là où se concentrent les meilleurs golfeurs du monde, et la terre d’accueil de trois majeurs sur quatre.

Malheureusement au 21ème siècle, le golf de haut niveau est un sport américain. C’est-à-dire trop déséquilibré vers le pays qui compte le plus grand nombre de golfeurs.

Dans les années à venir, le développement du golf en Asie pourrait contribuer à redistribuer les cartes sans pour autant remettre en question l’histoire, et notamment les majeurs disputés aux USA.

En revanche, le PGA Championship pourrait commencer par se délocaliser dans le monde entier, et un cinquième majeur pourrait voir le jour en Asie, un peu comme Evian a su se hisser au rang de majeur féminin.

Tout pousse à réforme le golf mondial, et à unifier les tours pour plus de lisibilité et de cohérence sportive.

Tout, sauf les intérêts particuliers du PGA Tour, et de l’European Tour qui luttent pour prendre l’ascendant l’un sur l’autre, plutôt que d’unir sincèrement leurs forces.

La PGA veut imposer son modèle au reste du monde, et resté le nez sur son nombril. L’European Tour refuse de voir la réalité en face, et créé chaque année de nouvelles entorses à son règlement pour masquer la fuite de ses talents.

Tout ceci a été masqué par les victoires successives de l’Europe en Ryder Cup !

Au vue du niveau de forme des meilleurs européens comme McIlroy, Garcia, McDowell, Dubuisson, Kaymer, Poulter ou encore Westwood, le système en place montre qu’il est au bout du rouleau.

Dans un an, l’Europe pourrait être en position de faiblesse à Hazeltine pour défendre la Ryder Cup avec une équipe amputée de ses meilleurs joueurs.

Ce carton rouge aurait pu aller aux deux tours (PGA et European), cependant, la PGA n’a pas modifié ses règles. C’est bien l’European tour qui a permis à certains joueurs de bénéficier d’exemptions pour masquer la fuite en avant inexorable des meilleurs talents.

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